ANTIFASCISTE – Révolutionnaire ou rien


ANTIFASCISTE

– RÉVOLUTIONNAIRE OU RIEN –

« Cinq juin 2013, le jeune syndicaliste antifasciste Clément Méric meurt sous les coups d’Esteban Morillo, sympathisant de Troisième voie. Tout au long du procès aux assises, début septembre 2018, le Comité pour Clément organise de nombreux événements dont un meeting, le 8, à la Bourse du travail de Paris. Les rangs étaient clairsemés, à l’heure où les gouvernements d’Europe ouvrent leur portes à l’extrême droite en tolérant génération identitaire dans les alpes, à l’heure où des occupations d’universités (Montpellier, Lille, Strasbourg, Angers, Tolbiac…) sont évacuées par des groupuscules fascistes, où le lycée autogéré de Paris est attaqué, où le groupuscule Action des forces opérationnelles prévoit des attentats, où des êtres humains sont chassés par des néonazis à Chemnitz, et sans parler de la confusion et du nationalisme des gilets jaunes.. Les thèmes de l’extrême droite structurent tout le débat public. Les groupes antifascistes peinent à mobiliser. Le combat antifasciste est relégué alors qu’il a toutes les raisons d’être central. »

Fascisme : Restructuration autoritaire d’un capitalisme en crise. Cette définition nous est offerte par le triptyque brossé par Emilio Gentile dans Qu’est-ce que le fascisme ? Histoire et interprétation : « l’essence totalitaire du fascisme » est articulée autour de ses trois dimensions constitutives : l’organisation (mouvement de masse où prévalent des jeunes organisés en parti milice et fondant son identité sur le sens de la camaraderie et une volonté de destruction de la démocratie parlementaire), la culture (mythique, identitaire et excluante, anti-égalitaire et hierarchique) et les institutions (appareil policier, parti unique, symbiose entre le parti et l’État, corporatisme économique, esprit impérialiste) ». C’est une base solide pour expliciter le combat antifasciste.

J’ai découvert l’antifascisme et sa force théorique à nuit debout. Cette lutte m’a sorti d’un marasme subjectiviste et m’a appris ce que signifie politiquement la solidarité. l’antifascisme m’a appris à discerner les monstres qui se cache dans le clair/obscur des illusions, des espoirs déchues et de la colère. J’ai appris à regarder de face l’horreur de ce monde et sa banalité, la souffrance et la douleur qu’il a produit et tend à produire encore, et ce que le combattre implique, dans sa chair, dans son cœur, dans ses relations. Il y a bien pire que la violence, son injustice continue. Dans la situation actuel d’effondrement la lutte antifasciste est criante d’actualité et aucune révolution ne saurait se passer de son expérience. Parce que lutter contre toute obéissance, contre toute autorité et ses ravages est une nécessité : Je suis antifasciste. Ne pas l’être c’est fermé les yeux sur la trajectoire abominable du capitalisme, c’est laisser crever les autres dans le confort de l’apathie.

IDÉOLOGIE ET EXTRÊME DROITE

Le soir même de la mort de clément méric, les chaînes de TV l’évoquent comme un « fait divers » et offrent une tribune au chef de bande Serge Ayoub pour défendre les meurtriers du jeune homme. Militants d’extrême droite et antifascistes deviennent les faces d’une même pièce. Ils sont rangés au rayon « extrémistes » par la classe médiatique, politique ainsi que les institutions qui dressent une chaîne d’équivalence entre deux systèmes de valeurs radicalement opposées. Cet affligeant relativisme oublie un peu vite que les morts sont toujours antifascistes. En France, depuis 1986, sur 29 morts provoqués par les « extrêmes », quatre assassinats sont imputables à Action directe, deux morts sont dues à des néonazis et enfin 23 à l’extrême droite radicale. Cet affligeant relativisme trouva un développement dans la gauche radicale à travers l’article de Pierres Carles qui inverse agresseurs et agressés faisant du prolétaire, Morillo, la victime aux réactions primaires et ataviques, du bourgeois cultivé, Clément Méric. Les jalons étaient posés pour que Serge Ayoub, lors du procès aux Assises en 2018, ose une autre inversion : « comme disait Churchill, les fascistes aujourd’hui, ce sont les antifas ». Citation mal attribuée dont la paternité revient au populiste américain, « dictateur de la Louisiane » Huey Pierce Long. L’ancien leader de Troisième Voie a fait lors du procès la réclame de son idéologie mais aussi de ses méthodes faites d’inexactitude, de falsification et de confusion. Disserter sur l’indécence de cette excuse sociologique faite aux meurtriers serait de l’ordre de la digression.

Il résonne une petite musique anti-moderne devenue symphonie contre les Lumières et l’idée de progrès, pour un retour à la stratification sociale et l’homogénéité ethnique d’Ancien Régime, pour l’anti-intellectualisme, pour le règne de l’identité sur les luttes sociales. Leur critique des Lumières n’est pas celle de révolutionnaires ayant perçus que celles-ci charriaient le colonialisme, la démocratie acritique, les inégalités sociales… Non, cette critique réactionnaire veut un retour à une société d’ordres structurée par l’autorité. Depuis les années 2000, internet et les réseaux sociaux sont massivement envahis par une extrême droite diverse pourvue d’une excellente maîtrise des techniques de communication. Elle sait à merveille influencer et diffuser leurs idéologies « prêtes à penser » sans grande assise argumentative si ce n’est un fort penchant pour le complotisme et une chasse en meute sur les réseaux sociaux. L’archétype est fdesouche, et plus encore Égalité et Réconciliation, le site offensif de « réinformation» d’Alain Soral affublé du slogan « Gauche du travail et droite des valeurs », premier site internet politique en visite.

Certains éditoriaux et articles du Figaro, de Valeurs actuelles, de l’Express, de Marianne, du Point diffusent quotidiennement la peur du musulman et un projet de société passéiste. De nouveaux venus décident de se spécialiser sur ce marché de l’information et de servir de courroie de transmission à ce programme. Il s’agit de Causeur, la Figarovox (2014), le comité Orwell (2015). En totale consanguinité sociale avec les élites économiques et politiques, leurs éditorialistes deviennent des portes paroles « respectables » à la radio, à la télévision et dans la presse écrite. Ils œuvrent collectivement à « une libération de la parole » permettant de tenir des propos ouvertement sexistes, homophobes et racistes. Cette attitude deviendrait une résistance héroïque au « camp du Bien », au « politiquement correct ». Ils ouvrent les vannes aux pensées fascistes, réactionnaires, d’extrême droite, de nationalisme républicain… C’est le nouveau champ de la rebelle attitude conservatrice qui lèverait des tabous posés par « la révolution sociétale » de 1968. En somme, une libération sous forme de mise au carcan. Les attentats de 2015 – pour lequel Marine Le Pen est conviée — consacre aussi un relativisme total entre toute opinion au nom de la sacro sainte liberté d’expression avec le fameux « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire » attribué à tort à Voltaire. Cette antienne citation est répétée par les réactionnaires et les nationaux républicains de tous poils pour étendre la liberté d’expression jusqu’aux opinions punies par le code pénal — ce qui n’empêche nullement leurs émetteurs de squatter toujours l’espace médiatique. La liberté d’expression, ce n’est pas « cinq minutes pour Hitler, cinq minutes pour les juifs », comme dirait l’autre. Cette vision nie les rapports de force matérielle du capitalisme, les inégalités et l’antagonisme entre les classes. Mais la liberté ce n’est pas la liberté d’oppresser et d’exploiter, la liberté d’expression ce n’est pas d’insulter une catégorie de personnes et affirmer son infériorité.

Les personnes travaillées au corps par ces différents réseaux vont pouvoir accepter largement une mise sous cloche du pays dans une bulle sécuritaire initiée par l’État dit d’urgence. Les digues sautent et beaucoup de catégories de pensées morales et mentales sont structurées par l’extrême droite autour de la figure du « profiteur » des aides sociales, du migrant contre le chômeur du cru, de l’armée à envoyer en banlieue, de l’insensibilité au sort inhumain fait aux réfugiés, de la normalisation des ségrégations raciales et spatiales, de l’idée que la présence des populations extra-européennes mettrait en péril le modèle européen de civilisation, le compromis fordiste voire l’État providence… Tous ces éléments alimentent un racisme structurel voire culturel, donnent du crédit politique à la rhétorique du FN et désamorcent donc d’éventuels réflexes de solidarité et de fraternité. Dans les mentalités et le débat public, le mode de vie des musulmans devient différent de celui du commun et mettrait en péril le modèle culturel occidental. Ce nouvel étalonnage aboutit par exemple au phénomène du pinkwashing soit la pseudo défense des femmes et des personnes homosexuelles — populations méprisées et détestées auparavant — qu’ils faudraient défendre contre « le fascisme vert » des populations « allogènes » essentialisées comme masculinistes, homophobes et antisémites. Il a été mis en œuvre lors des « agressions de Cologne » qui fut une grande kermesse de la convergence entre souverainistes, républicains de gauche et extrême droite réactionnaire comme fasciste. Ce racisme — qui ratisse large — n’a plus recours à des arguments biologiques mais éthno-différentialistes et culturels. Il se projette en terme de cultures et de mode de vie appelant à défendre une communauté fantasmée de mœurs (arts de la table, espace public, mixité de genres…). C’est l’apport d’Alain de Benoist faisant de chaque culture des espaces à protéger hermétiquement (chacun chez soi) avec en épée de Damoclès la peur d’un « grand remplacement », mythe forgé par Renaud Camus.
Les thèmes de l’extrème droite s’étende sur tout l’échiquier politique. La France Insoumise remplacerait le clivage gauche – droite par une offre politique et un clivage simplifiés opposant l’oligarchie (vue comme « les 1% » auquel est accolé très souvent le terme de mondialiste) au peuple (vu comme « les 99% ») qui cristalliserait magiquement une foule conscientisée de dominés. Dans leur cadre de pensée, la composition et le concept de peuple deviennent une entité morale indiscutable. Cette notion de peuple qui masque toutes les divisions sociales, divisions de classe, de genre de race sous le drapeau nationale ouvre un boulevard à l’extrême droite. Exit la lutte des classes et la conflictualité sociale. Les populistes de gauche sont pour une démocratie radicale mais pas intégrale. C’est une démocratie acritique qui s’opérerait dans une fusion de la société civile au sein de l’État — totalement idéalisé — comme le montre son usage excessif des référendums. Cette pratique référendaire n’ouvre pas un processus de dialogue et d’élaboration consensuelle mais a pour effet limité de faire valider leur vision de l’intérêt du peuple.

De cette critique découle des paradigmes inconséquents car incomplets, des stratégies autoritaires n’abolissant pas les structures qui fondent les rapports matériels de production et enfin un objectif et un projet de société qui se limitent à modifier les processus constituants sans toucher aux rapports sociaux capitalistes et au capital. Au lieu de l’attaquer, elle demande gentiment une régulation keynesienne du système bancaire et une meilleure redistribution des surplus du travail charriant au passage d’éventuelles dérives complotistes contre le nomadisme mondialisé appliquées aux financiers et extensibles à d’autres. Cette critique tronqué du capitalisme n’offre pas d’horizon émancipateur ne provoquant que des abstentions ou pire des conversions vers le RN.

La peste brune semble mondiale comme le montre une étude IPSOS réalisée pour l’ONG Human Rights Watch qui conclut à un recul de l’adhésion aux principes démocratiques dans de nombreux pays dont la France. Cet état de fait permet en retour un raidissement de l’appareil d’État sans susciter la moindre émotion ou inquiétude.

UN RAIDISSEMENT DE L’ÉTAT, VERS L’AUTORITARISME

Les rapports d’exploitation capitalistes traversent différents systèmes d’oppression pour mettre en œuvre une lutte entre les classes sociales à travers des catégorisations naturalisées par le capitalisme : la race, le sexe, le genre… Ces catégorisations sont consubstantielles aux rapports sociaux d’exploitation qui se reproduisent et se coproduisent mutuellement. Ces rapports s’expriment à travers les institutions du Capital — l’argent, la valeur, la marchandise, le travail, l’État —, véritables machines de reproduction sociale par son emprise croissante sur les sociétés. On insistera ici sur l’institution étatique, l’État étant considéré comme foncièrement fasciste par les antifas. S’il ne l’est pas encore, il tend à le devenir par une rigidification progressive de son appareil qui s’est accélérée avec l’instauration de l’État d’urgence. Il a permis d’élargir et d’intensifier le contrôle social afin de faciliter l’adoption de politiques d’austérité malgré les mobilisations, dont la répression s’est accrue. L’ensemble des partis font cause commune avec le capital et ses instances représentatives.

Focalisons-nous sur la justice et la police. Pour ce qui est de la Justice, l’État d’urgence a servi à museler les contestations écologiques (COP21) et sociales (Loi travail) en les criminalisant par le raffinement des moyens répressifs du maintien de l’ordre, par l’organisation d’une judiciarisation accrue (interdictions individuelles de manifester, perquisitions administratives, assignations à résidence), par l’extension croissante des marges d’action de l’anti-terrorisme et des personnes considérées comme telles (perquisition, « neutralisation judiciaire préventive »…). Lors des comparutions immédiates ou des affaires plus médiatiques (quai de Valmy, Lycée Arago), les simples notes blanches des renseignements sont recevable, les enquêtes sociales font prévaloir la psychologisation des prévenus sur les faits, les juges suivent très souvent les réquisitions du procureur. L’intentionnalité présumée devient presque recevable. Il faut reconnaître que prise en étau entre des syndicats policiers d’extrême droite et un pouvoir politique à la dérive laissant ces derniers s’autonomiser, la Justice peine à défendre ses propres marges de manœuvre. Cela réactualise les mots de Bakounine sur la justice de classe : « Le Droit n’est que le fait illustré par la force » ou encore ceux de Kropotkine : « Si vous cherchez la justice, attendez – vous à subir l’iniquité ». Pour ce qui est de la Police, l’État d’urgence a puisé dans le système de domination coloniale (Rigouste) pour augmenter son emprise sur le corps social. L’État accompagne le processus d’indépendance de la police pour générer une société sécuritaire usant de la violence pour assurer la reproduction sociale tout en privatisant les communs c’est-à-dire l’accès à des formes de vie autonomes. Elle le fait par un contrôle social accru dans les quartiers populaires dont elle intensifie le quadrillage. L’État d’urgence a été un accélérateur et un diffuseur augmentant l’intensité, les cibles, l’arsenal technique de répression du corps policier et la criminalisation de comportements auparavant légaux. Plusieurs organisations observatrices se sont inquiétées de l’évolution sécuritaire de la France : l’ONU sur les droits humains, l’ACAT sur le maintien de l’ordre, Amnesty international.

Justice et Police sont deux structures complémentaires avec au bout du chemin la prison. La police régule quand l’appareil judiciaire, lui, assure sa gestion légitime et légale a posteriori. Leurs cibles sont les non-assimilables comme les travailleuses du sexe, les sdf, les racisés. Ce sont des rouages systémiques d’un racisme structurel appliqué à certains segments de la population en particulier non-blancs appréhendés comme dangereux, exploitables, expulsables du logement, du territoire ou en prison selon leurs statuts. Ces populations sont d’abord reléguées dans des quartiers populaires périphériques historiquement placés dans des dispositifs de contrôle (les anciennes zones urbaines sensibles). Ces lieux concentrent les processus ségrégatifs raciaux et sociaux dans l’espace avant de devenir le gisement d’éventuelles gentrifications comme va l’être le 93 dans la décennie qui vient. L’ensemble de ces instituions et politiques publiques instaurent chez les non concernés un syndrome de banalité du mal sur le traitement inhumain fait aux migrants dans la rue et dans les centres de rétention administrative (prison de fait sans le statut, extension infinie de la durée de rétention…). Mais encore, ce syndrome normalise et étend le contrôle des corps et des esprit sur les classes appréhendées comme subalternes. Les privilégiés ont intégré que leur statut ne peut perdurer qu’en renforçant l’inégalité chez les autres. Par exemple en réaction à un ciblage quotidien des autorités, les habitants des quartiers populaires intériorisent — de manière consciente ou inconsciente — un processus de criminalisation qui suit le continuum police-justice-prison.

Par le biais de l’hégémonie culturelle d’extrême droite, l’extension et la densité de la sphère répressive s’accroît et réalimente en retour cette hégémonie. La boucle est bouclée et Marine Le Pen rafle la mise. En 2017, elle déclarait avoir des hauts fonctionnaires et des fonctionnaires prêts à travailler pour elle. Le FN avait déjà essayé de tisser des réseaux autour de la fonction publique territoriale pour ses futures mairies. Avec les réseaux Racine (enseignants), Audace (entrepreneurs) et Marianne (étudiants), l’extrême droite tente de monter au sein des institutions de l’État comme elle a pu le faire sur son versant coercitif avec plus de 51 % des militaires et policiers disant voter pour elle. L’appareil d’État se fige et s’ossifie créant une sorte d’autoritarisme de basse intensité avec une terreur systèmique (Sidanius et prato), une emprise sur la société encore relative et des contre-pouvoirs nombreux mais de plus en plus désuets. Nous ne sommes pas dans un état fasciste mais un étatisme autoritaire ou encore un « État sécuritaire permanent » drapé de principes républicains conservant les droits fondamentaux et les libertés publiques pour mieux les amenuiser, les conditionner, en limiter l’usage tout en s’accaparant au passage des sphères sociales et économiques. N’importe qui un peu engagé dans un terrain de lutte contre cet accaparement a pu observer soit son écrasement violent, soit pire encore l’organisation en amont de l’impossibilité de la mener. Le cadre brossé par ces différents éléments montre une transition éventuelle vers un fascisme . Cette situation pose de manière encore plus impérieuse la nécessité d’un contre projet réellement émancipateur

LA NÉCESSITÉ DE L’ANTIFASCISME

Comme Daniel Guerin, les antifascistes considèrent que « L’antifascisme qui se borne à la défensive et ne vise pas à abattre le capitalisme lui-même, est illusoire et fragile, ». L’antifascisme serait une forme d’anticapitalisme qui se focalise sur ses effets les plus immédiats et les plus répressifs : les espaces et les moment dans lesquels le capitalisme, l’exploitation de classe, la domination de l’État s’expriment le plus âprement. Ils ont tout à fait à l’esprit que de manière générale et empirique, l’inaction fait monter l’extrême droite qui, elle, prospère sur l’aggravation de l’emprise capitaliste. Quand les mouvements sociaux sont forts stimulés par des formations révolutionnaires influentes organisées ou spontanées, les extremes droites battent en retraite et se rétractent. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à écouter les accents de revanche des partisans de Bolsonaro contre toutes celles et ceux qui ont mené des luttes sociales au Brésil. Raison pour laquelle, tout bon antifasciste a pour devoir d’être très actifs dans l’ensemble des luttes sociales. Ils portent une pratique active et quotidienne mettant au centre l’émancipation autogestionnaire et égalitaire, le fonctionnement horizontal, la prévalence de la solidarité, le communisme libertaire, la réquisition, le cosmopolitisme assumé. Cette action antifasciste s’exprime dans divers champs sociaux autour de l’information, la confrontation et la solidarité afin de contrer directement et le plus possible les divers registres d’oppressions systémiques. Tout en combattant les concrétisations matérielles du fascisme, les antifascistes combattent le fascisme contenu dans le capitalisme. Les antifascistes souhaitent offrir une alternative critique à la totalité sociale capitaliste aussi bien dans leurs vies quotidiennes que dans celles des autres qui le souhaitent. Ici, l’enjeu est de taille car il est en effet primordial que ce vœu soit partagé. La tolérance, l’absolution, le laisser faire face à la violence qui structure notre société est un choix éminemment politique de connivence avec un relant fasciste qui ne peut, dès lors, qu’étendre son spectre. Et cela dans des sociétés quotidiennement travaillées par l’apolitisme et le refus de l’engagement. Comme l’affirmait Pasolini dans Épigramme fasciste : « Il faut être très forts pour affronter le fascisme comme normalité, comme codification du fond brutalement égoïste d’une société ». La soumission à l’autorité est une banalité comme l’écrit Hannah Harendt nous rappelant un fait primordial : Les nazi sont des humains comme les autres. Milgram aura démontré à travers ses expérience la pertinence de ce fait propos. Dans les expériences de Milgram sur la soumission à l’autorité (Milgram, 1963, 1965,1974), les participants se sont vus ordonner d’administrer une série de chocs électriques d’intensité croissante à un autre participant (en réalité compère de l’expérimentateur). Les résultats montrent que 62.5%des participants ont été jusqu’à infliger plusieurs chocs potentiellement mortels (condition standard; Milgram, 1974).
Pour ce qui est de l’information, les militant.e.s surveillent et enquêtent sur les activités des individus comme des groupes d’extrême droite afin de les exposer localement et dans la sphère publique. Les militants — à titre personnel ou en tant que groupe — diffusent des argumentaires, informent sur les combats menés par des camarades en Turquie, en Grèce, en Russie…, appellent à des manifestations et à des rassemblements ou organisent des projections, des débats et des collages. De manière plus globale, des sites internet d’informations antifas comme REFLEXes, Fafwatch, Quartiers libres et La Horde documente les réseaux, l’idéologie, les méthodes de l’extrême droite. Notamment contre la tactique du confusionisme politique qui consiste à porter un discours d’extrême droite, sous des apparences de gauche voir même révolutionnaire, en parlant de système plutôt que de capitalisme, par exemple, ou encore, en parlant de peuple et de nationalisme pour masquer les divisions sociales auxquelles ils faut s’attaquer etc. Cette activité est essentielle en cette période de déni du fait fasciste. Elle créé les conditions objectives d’une autodéfense populaire.
Pour ce qui est de la confrontation, la question de l’action directe et de la violence se pose. L’extrême droite structure son identité et diffuse des rites autour d’une pensée autoritaire, d’un nationalisme impérialiste, de la virilité et de la militarisation avec en son centre une violence diffuse, radicale, viriliste et machiste. Elle l’utilise comme moyen d’imposer son idéologie mais aussi comme fin d’exclusion et d’élimination de l’autre non conforme à la norme raciale ou culturelle qu’elle sacralise. Elle veut dominer et humilier en imposant et en exerçant son pouvoir. C’est la base de son discours identitaire et d’une vision belliciste du monde. Face à eux, les antifascistes répondent par une auto-défense populaire. Celle-ci permet de contrer les attaques directes, de faire annuler des meetings ou des événements d’extrême droite et de faire fermer par l’organisation collective des locaux diffusant l’idéologie fasciste comme dernièrement le bastion social de Clermont Ferrand. La violence physique n’est pas le premier réflexe. Elle devient justifiable que si elle est stratégiquement obligatoire. L’appréciation de la violence se fait à l’aune des valeurs défendues et de leur lutte contre une organisation inégalitaire des sociétés qui spécifie selon les origines, le genre, le statut social, les papiers… « c’est toujours les dominants qui détermine le niveau de violence » – Mandela

Vient la solidarité, première arme des antifascistes. Leur action s’exprime d’abord dans leur quartier. Ils y œuvrent par le montage et l’animation de lieux de sociabilité en particulier quand ils ont un espace dédié (squat ou local). Les antifas apportent généralement un soutien local aux habitants des quartiers populaires traités comme des citoyens de seconde zone à travers des campagnes d’éducation et de sport, du soutien scolaire, de l’aide juridique, du suivi administratif, des luttes pour le logement, des aides aux migrants et aux réfugiés. Ils viennent physiquement en aide aux migrants quand ils sont attaqués par l’extrême droite à Calais ou pour faciliter la traversée des cols alpins depuis l’Italie. Ils se soutiennent aussi mutuellement en organisant l’antirépression par des soirées, des formations, des réflexes à acquérir. Ils proposent aussi un soutien actif aux prisonniers incarcérés. Cette valeur de solidarité n’est pas mineure, elle est constitutive de l’antifascisme. C’est par des solidarités transversales entre opprimé-es qu’on acquiert individuellement et collectivement une vue plus grande et une ouïe plus fine sur les discriminations et les stigmatisations vécues par d’autres minorités que la sienne. Se rendre utile à ces dernières si elles le demandent, c’est permettre une solidarité active et complexe adéquate pour répondre aux défis d’un antifascisme conséquent car embrassant la totalité des processus de fascisation à l’œuvre dans nos sociétés. Solidarités internationalistes également, ils nourrissent des liens actifs avec des antifascistes d’autres pays avec qui ils partagent les revendications d’abolition des frontières, de libre circulation, de solidarité internationale . Au sein de la division internationale du travail, les rapports néocoloniaux de production sont devenus une condition indispensable du confort des populations des pays dits développés.

les antifascistes radicaux ont choisi le mode organisationnel le plus apte à répondre aux exigences d’horizontalité et à celles de la nature multiple, complexe, hétérogène et vive de leur lutte. C’est à ce prix qu’ils accouchent et réveillent une intelligence collective ponctuée d’a-coups, de redéploiements, de fluctuations. Leur autonomie face aux autres partis est aussi un choix éthique puisque ces derniers participent soit au déploiement des thèmes fascistes soit à l’évidement de toute substance critique et systémique pour mieux condamner sur le registre moral « la bête immonde ». Cette autonomie répond aussi à un impératif de sécurité pour ses membres face aux groupuscules d’extrême droite et à une police réprimant avec excès toute forme d’action directe. Ce dernier point fait des antifascistes des militant.e.s de l’ombre revendiquant à la marge, de manière anonyme, une partie seulement de leurs actions. Confronté à des risques physiques ou d’emprisonnement, l’autonomie exige un engagement très poussé.

Cette autonomie antifasciste n’est pas qu’une volonté de ses militants, c’est aussi et surtout un héritage historique. Dans l’entre-deux-guerres, les partis ouvriers avaient organisé des groupements d’autodéfense en Italie avec les Arditi del Popolo et en Allemagne avec la Reichsbanner Schwarz-Rot-Gold (sociale-démocrate) et le Roter Frontkämpferbund (communiste). Elles ont été noyautées puis désavouées afin de les réduire à l’impuissance au nom de la lutte idéologique et légaliste. Hier comme aujourd’hui, un rassemblement plus large avec des alliées ou des partenaires est difficile car ces derniers — au-delà de l’absence totale de solidarité quand les antifascistes sont réprimés pour avoir lutter concrètement contre un groupuscule, un meeting, une manifestation — condamnent l’action directe lui préférant l’action symbolique. Ne partageant donc pas un minimum de références communes avec la plupart des autres organisations, les groupes antifascistes comptent plutôt sur leurs propres forces. Ils font à la rigueur des actions communes circonstancielles et ciblées. Privés de relais et surement trop peu liés entre eux, ces groupes se défendent difficilement face à des commentateurs politiques et médiatiques qui en font une cible privilégiée. Pour autant on peut se demander si cette logique autonome — à priori justifiée — n’entrave pas la formation d’un front social et politique antifasciste conséquent opérant un travail de masse, de classe et de terrain en lien avec des militants syndicalistes et associatifs comme peut tenter de le faire la coordination nationale contre l’extrême droite (Conex) depuis 2013. Cet objectif d’antifascisme unitaire et populaire devrait mêler diverses stratégies de manière solidaire pour sortir de la fracture historique entre antifascisme radical et antifascisme de masse. Face à la montée en puissance de l’extrême droite, cette alliance devient pressante afin d’être en capacité organisationnelle de la contrer et de développer dans tous les espaces (rues, murs, lieux de vie et de travail, internet…) et les champs (culturel, économique, social, idéologique, politique,…) possibles un antifascisme anticapitaliste et offensif. Un front de classe qui — s’il n’a pas encore des capacités de mobilisation de masse — existe déjà car derrière les masques et écharpes, sous les casquettes et les capuches, il y a des travailleurs sociaux et associatifs, des chômeurs, des professeurs, des précaires, des étudiants… Ils et elles sont tous et toutes engagé.e.s au-delà de la lutte contre l’extrême droite au nom de principes simples tels que la liberté et l’égalité. Face au fascisme et au racisme, on ne dialogue pas, on les combat ; leurs avancées sont faites de nos reculs.

Guillaume Deloison à partir d’un texte de Thomas Moreau

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LIVE 16/02/19 Projet, Anti-autoritaire, Psychologie et dominance sociale


 

Salut, je sais plus à combien de live je suis mais bref ici je parle de mes futurs projets, notamment des causeries, des formes de live collectif qui pourront voir le jour quand j’aurais changé d’ordinateur (surement avant l’été, j’espère), la réduction de nombre de vidéo plus formel comme à mon habitudes pour des raisons d’autres projet perso et de découverte théorique qui me prennent du temps, et aussi par envie de beaucoup plus travailler mes vidéos à l’avenir. Découverte théorique dont je vous partage quelques lignes pendant la suite du live notamment en abordant les recherches en psychologie sociales de Sherif et sa théorie du conflit réaliste, Tajfel et turner et la théorie de l’identifié sociale que l’on retrouve dans la théorie de la dominance sociales de Sidanius et pratto

Source:
Manifeste des chômeurs heureux:
https://inventin.lautre.net/livres/Le-manifeste-des-chomeurs-heureux.pdf
https://agitationautonome.com
http://sortirducapitalisme.fr/
Théorie de la dominance sociale:
http://www.prejuges-stereotypes.net/espaceDocumentaire/dambrunTDS.pdf
+Cadeau:
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01769505/document

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CLASSE – GENRE : PLUS QU’UNE INTERSECTION


Au cours de leur vie, une femme sur sept (14,5 %) et un homme sur vingt-cinq (3,9 %) déclarent avoir vécu au moins une forme d’agression sexuelle (hors harcèlement et exhibitionnisme). Les femmes sont 6 fois plus souvent victimes de viol ou de tentative de viol que les hommes. Les violences sexuelles que subissent les femmes sont non seulement beaucoup plus fréquentes, mais elles se produisent dans tous les espaces de vie et tout au long de la vie. Pour quasiment toutes les violences sexuelles subies par les femmes, les auteurs sont des hommes (entre 94 et 98 % des cas). Dans 90% des cas, les victimes connaissent leur agresseur. Dans 37% des cas l’auteur est le conjoint, dans 17% des cas c’est quelqu’un d’autre qui vit à la maison. Dans 36% des cas c’est une personne connue de la victime, mais qui n’habite pas avec elle.

Andrea Dworkin écrivait en 1983 : « Nous utilisons les statistiques non pour essayer de quantifier les blessures, mais pour simplement convaincre le monde qu’elles existent bel et bien. Ces statistiques ne sont pas des abstractions. » Les choses ne changent pas et, en 2018, nous passons encore un temps infini, à tenter de convaincre que les violences sexuelles existent. Les statistiques ne suffisent pas, les témoignages ne suffisent pas, les analyses ne suffisent pas ; j’en viens à penser que seule la parole des violeurs pourrait convaincre que nous ne mentons pas, nous n’exagérons pas, nous n’en rajoutons pas. Je cherche encore, au vu de ce qui attend les femmes qui parlent des violences de genre qu’elles peuvent subir, quel intérêt elle aurais à le faire.

Malgré qu’on est fait de moi un homme, qu’on m’est appris à m’affirmer, à couper la parole, qu’on m’emploie plus volontiers, que je peux me déplacer dans la rue sans avoir peur et bien d’autres choses encore, malgré que je profite de ce statut, j’en veux la fin, je veux que cela cesse. Ce statut n’est que le reflet d’une hiérarchie sociale effroyable. Dans cette société, chaque plaisir a le goût du sang et l’amertume de la douleur. Je veux la fin de toute hiérarchie car toute cette souffrance est insoutenable, injuste et cruelle, je pleure de voir mes amies, ceux que j’aime, ou simplement des innocentes souffrir de cette hiérarchie sociale mutilante et meurtrière. Je suis anarchiste et je ne serais libre que lorsque toutes et tous nous le serons. Lire la suite

PHILOSOPHER – FREUD


Vous savez…« L’homme énergique et qui réussit, c’est celui qui parvient à transformer en réalités les fantaisies du désir. »Freud.

Sigmund Freud est né le 6 mai 1856 à Freiberg (Autriche) et meurt le 23 septembre 1939 à Londres. Il est le fondateur de la psychanalyse.

La psychanalyse — dont l’idée a évolué depuis ses débuts, en 1896, aux derniers exposés de la plume de Freud, et ses continuateurs —est une conception globale de la psyché touchant à la vision même de l’humain. Son œuvre eu une très large influence jusqu’à nos jours.

J’ai toujours apprécié la psychologie, comprendre la psyché est un projet passionnant. Mais la psychanalyse m’a toujours laissé insatisfait. Et je sais maintenant pourquoi. Ses interprétations interchangeable, son individualisme méthodologique, et l’absence de référence aux processus concret que la psychanalyse n’entend cerner qu’avec des symboles, c’est cela qui ne m’a jamais satisfait et que je veux dépasser.

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PHILOSOPHER – NIETZSCHE


« Cette vie, telle que tu la vis actuellement, telle que tu l’as vécue, il faudra que tu la revives encore une fois, et une quantité innombrable de fois ; et il n’y aura en elle rien de nouveau, au contraire ! il faut que chaque douleur et chaque joie, chaque pensée et chaque soupir, tout l’infiniment grand et l’infiniment petit de ta vie reviennent pour toi, poussière des poussières ! il te faudrait aimer la vie, pour ne plus désirer autre chose que cette suprême et éternelle confirmation ! » Nietzsche

Friedrich Wilhelm Nietzsche est un philologue, philosophe, poète, pianiste et compositeur allemand. Il naît le 15 octobre 1844 à Röcken, en Prusse, et meurt le 25 août 1900 à Weimar, en Allemagne. L’œuvre de Nietzsche est essentiellement une généalogie de la culture occidentale moderne et de l’ensemble de ses valeurs morales, politiques, philosophiques et religieuses. Peu reconnu de son vivant, son influence a été et demeure importante au-delà même de la philosophie contemporaine.

Me confronter a sa pensée m’a beaucoup apporté. Je l’ai longtemps aimé et sa poésie se retrouve dans ce que j’écris, quand je parle de danse, quand je parle de chaos, de combat. J’ai appris des citations par cœur. Mais aujourd’hui, il a pour moi l’odeur du souffre. Ses formulations me suivent et j’en vois maintenant les pires aspects. Je traque les mots qui s’y réfèrent dans mes lignes car je veux écrire la beauté du monde et de la vie, la douleur et la rage en dehors de ses mots. Nous ne parlons pas de la même chose, sa liberté n’est pas la mienne.

NIETZSCHE

L’œuvre de Nietzsche se veut non-systémique, mais malgré ses contradictions il a une vrai cohérence que l’on retrouve dans ses attaques contre l’idéalisme et son concept d’esprit qu’il fait nature :

« Ce que l’on attribue communément à l’esprit me paraît composer l’essence de la vie organique ; dans les plus hautes fonctions de l’esprit, je ne trouve que des fonctions organiques sublimées »

Pour comprendre le monde il va donc développer plusieurs concepts, notamment celui central de volonté de puissance qui lui permettra de saisir la structure physique de l’esprit.

La volonté de puissance désigne une essence impérative d’accroissement de puissance, une loi déterminée de la nature exprimée par l’expression « être plus » : cet impératif pose alors la Volonté de puissance face à son devoir, devenir plus ou dépérir. Le surhomme est alors celui qui continuellement dépasse ses limites, l’être en croissance perpétuelle.

Ce devenir plus, cette manière de devoir toujours aller au-delà de soi, n’est cependant pas arbitraire, mais se produit selon une orientation, que Nietzsche nomme structure, et qui est donc une structure de croissance qui définit et fait comprendre comment une réalité devient ; c’est cette structure qui est sa réalité agissante, individuelle, qui est sa volonté de puissance.

Ce concept le mène à celui d’interprétation qui remet en question la vérité.

Nous n’avons aucune connaissance de quoi que ce soit en dehors de ce que nous percevons, et ce que nous percevons n’est rien d’autre que devenir. Cette perception n’est qu’une perspective. Il résulte de cette thèse selon Nietzsche qu’il ne peut y avoir de vérité, il n’y a que des interprétations. L’apparence, c’est la réalité. Il n’existe que le monde tel qu’il est. À partir de ce perspectivisme, Nietzsche estime que toute science est une simplification dérivée de nos sens. La sensibilité est donc pour lui supérieure à la science qui est insuffisante pour saisir le monde.

Ce perspectivisme lui permettra aussi de critiquer l’idéalisme comme nihilisme, comme négation du monde tel qu’il est au profit d’un monde éternel des idées. Toute notion universelle est pour lui métaphysique, comme si pour lui tout ce que nous pouvions avoir en commun ne pouvait être que des idées. L’idéaliste, le chrétien, le démocrate, le socialiste, l’anarchiste, la féministe, etc., sont alors, selon lui, tous dans une situation fausse relativement à la réalité telle qu’elle est.

Pour Nietzsche la capacité de regarder froidement la réalité, sans y projeter ses désirs et ses insatisfactions, est même une vertu philosophique nommée probité.

C’est avec cette approche qu’il va réaliser son œuvre « Généalogie de la morale » :

Pour faire la critique de la morale, Nietzsche procède à une généalogie. Il recherche dans le langage les premières expressions du phénomène. Il tire le fil déterminant des idées. Selon lui toutes les valeurs morales se ramènent à deux systèmes d’origine différente : la morale des faibles et la morale des forts. Le terme origine ne désigne pas ici l’apparition historique de ces systèmes, mais la volonté de puissance, la structure qui les engendre.

La morale des forts exalte la puissance, c’est-à-dire l’égoïsme, ou plaisir d’être soi, la fierté, l’activité libre et heureuse. La violence n’est pas une fin en soi, mais est le socle de l’élévation humaine, sans lequel l’homme se renie et se mutile en tant qu’animal. L’ensemble des instincts qui font voir la proximité de l’homme avec la bête doit être, pour Nietzsche, spiritualisé, car cette spiritualisation est une augmentation de la volonté de puissance.

La morale des faibles est l’expression d’un ressentiment : le ressentiment est l’affect d’une volonté vaincue qui cherche à se venger, c’est-à-dire qu’il est le symptôme d’une vie décroissante, qui ne s’est pas épanouie. Cette vengeance s’exprimera par des valeurs créées pour lutter contre les forts, en dévalorisant leur puissance, les présentant comme des méchants par exemple. Ainsi, selon Nietzsche, la pitié, l’altruisme, l’égalité qui supposent des catégories métaphysiques comme l’idée qu’il y aurait une essence une et universelle de l’homme relève d’un ressentiment, d’une insatisfaction vis à vis de la réalité ; mais sous ces valeurs illusoires fermente une haine impuissante qui se cherche un moyen de vengeance et de domination selon lui.

L’égalité entre hommes et femmes par exemple est alors pour Nietzsche une injustice démocratique, un préjugé chrétien, une idée qui a des racines théologico-morales, et qui n’a de ce fait, aucun rapport avec la réalité naturelle. Homme et femme, selon lui, possèdent l’un sur l’autre un pouvoir de domination spécifique qui les opposent et les réunissent tour à tour

Finissons sur le concept, reprit de la Grèce antique, que Nietzsche développe à la fin de sa vie, l’éternel retour. Ce concept lui permet d’exprimer sa vision de l’univers, et une certaine synthèse de sa pensée.

« Homme ! Ta vie tout entière sera de nouveau retournée comme le sablier et s’écoulera toujours de nouveau. Puisses-tu alors retrouver chaque souffrance et chaque plaisir, chaque ami, chaque ennemi et chaque espoir, chaque erreur, chaque brin d’herbe, chaque rayon de soleil, la série intégrale de toute choses. » Nietzsche.

Avant de faire la critique de Nietzsche, résumons sa pensée :

Pour Nietzsche c’est donc la volonté de puissance en mouvement qui structure le monde et croît, pas par une simple volonté, mais comme logique naturelle et déterminée, c’est l’esprit qui s’est fait nature.

Pour faire la critique de sa pensée, commençons par étudier le contexte matériel dans lequel elle apparaît.

Nous sommes déjà à plus de 60 ans de la révolution française, encore plus de la révolution anglaise, et la logique marchande est devenue déterminante pour tout régime politique ; empire, république comme monarchie. C’est de moins en moins l’ordre divin et religieux qui structure le monde, mais plutôt l’homme et sa production. Il ne s’agit plus de respecter un ordre éternelle et supérieur, mais d’être compétitif, d’être soi même supérieur ; supérieur sur le marché qui s’unifie dans toute l’Europe et les colonies.

Luttant contre l’obscurantisme, les sciences s’annonçaient comme émancipatrices des abstractions divines. Mais dans les usines elles accompagnent surtout une standardisation sans cesse croissante, une élimination toujours plus grande des qualités personnelles et humaines des travailleurs. Le processus du travail est de plus en plus morcelé, divisé en fonctions techniques spécialisées se répétant mécaniquement. Dans ces conditions le temps n’est plus qu’abstraction, plus que quantité, heure de travail, l’homme n’est plus que fonction, machine, simple agent. Les journées se répètent, le monde change et le mode de production capitaliste se développe partout.

L’exploitation s’est instituée dans la colonisation. Plus de 200 ans de violence dans les colonies on déterminé les fonctionnements d’une exploitation mondiale, universelle. L’économie, en tant que logique de la production des marchandises, logique du marché,compétitive, hiérarchise donc le monde et les population. L’idéologie raciste se justifie par un ordre divin,mais de plus en plus c’est le recours a une hiérarchie naturelle qui intervient comme justification. L’exploitation raciste apparaît comme allant de soi pour l’économie, comme naturelle.

Les ouvriers n’ont sur les choses produites et consommées, qu’une vision étroite, individuelle et séparée, sans qu’aucune perspective d’ensemble ne puisse s’imposer sur le pourquoi et le comment d’une telle production et d’une telle consommation. L’individu apparaît comme séparé de la société, la subjectivité semble indépassable.

Mais les exploités continuent d’opposer des résistances. Le mouvement ouvrier marquera l’histoire, toute comme les luttes anti-coloniales et les luttes féministes. Autant d’oppositions avec lesquelles le capitalisme doit composer, adaptant ses formes d’exploitation. Constituant des conditions d’existence mondiale, le mode de production capitaliste s’affirme comme naturel.

Critique de Nietzsche

Nietzsche a une très large influence, ses multiples citations parfois contradictoires permettent de lui faire dire n’importe quoi. Pourtant malgré ces apparences, il semble clair que son œuvre a une certaine cohérence qu’il s’agit de critiquer radicalement. On ne peut faire appel à Nietzsche de façon conséquente sans critiquer ses aspects les plus abominables.

Dans la Généalogie de la morale, Nietzsche présente la manière dont le judaïsme originel proposa puis imposa l’inversion totale de toutes les valeurs alors établies. La morale des guerriers, des conquérants, des seigneurs, se vit transmuée en son exact contraire. Là où il s’agissait, pour la noblesse originelle, d’affirmer la puissance de subjuguer et de dominer, la capacité à célébrer la vie et la passion, mais aussi la puissance de détruire, d’anéantir le « faible », il s’agit pour le « peuple juif », peuple d’esclave, de valoriser l’opprimé, le « faible ». C’est une pure vertu négative qui se substitue alors à l’énergie positive et surabondante du noble selon Nietzsche.

Est nihiliste, dans le vocabulaire nietzschéen, ce qui est négation, dépréciation de la vie, de l’existence éprouvée en première personne, ce qui s’oppose à l’amor fati, au fait d’affirmer et de louer constamment ce qui arrive, y compris les pires souffrances. Nietzsche fait donc de la violence des dominants, une violence naturelle qu’il faudrait simplement accepter, s’y opposer étant alors négation.

Pour Nietzsche, le capitalisme, sous ses aspects impersonnels, aurait donc pour fondement une dynamique nihiliste « juive » interne au christianisme, simple couronne de fleur jetée sur la « haine juive ». Certain iront jusqu’à désigner « le » Juif comme fonction de l’abstraction marchande. Mais si le capitalisme et ses abstractions sont destructrice, cela tient beaucoup plus des conditions matérielles d’existence dans les usines, dans les villes, dans un monde qui se fait usine, qu’a un quelconque « esprit juif » totalement idéalisé. Si le capitalisme s’étend dans la violence et colonise le monde, cela tient plus à la logique déterminé d’accumulation du capital, qu’à un quelconque complot juif mondial.

Cette généalogie est donc des plus idéaliste, mais Nietzsche voulant combattre tout idéalisme prétend que cette dynamique serait matérielle. Le combat entre la judéité et la noblesse serait donc incarné par un combat intérieur à chaque conscience ; être « anti-juifs », cela renverrait donc à une forme de haine de soi, condamnable chez Nietzsche. Mais d’autres n’hésite pas à faire incarner cette « esprit juif » par des communautés historiques concrètes qui doivent alors faire face à une haine souvent meurtrière.

Même si Nietzsche ne va pas jusque là, sa généalogie reste structurellement antisémite, et développe une approche complètement abstraite et mystique « du juif ». Beaucoup de « Nietzschéens » se désintéressent à tort de telles dérives antisémites que l’on ne peut pourtant pas ignorer.

Il nous faut aussi critiquer les aspects négationnistes de la pensée de Nietzsche. Son concept d’interprétation nie toute forme de lien commun, n’y voyant qu’une tendance moraliste et abstraite, comme si tout ce que l’on pouvait avoir en commun ne pouvait être que des idées. Cette approche lui permet d’affirmer toute subjectivité. Ce perspectivisme permet de nier l’existence même de fais historiques. Dans cette perspective, on peut tout nier en y substituant n’importe quelle interprétation.

« Je me suis toujours efforcé de me prouver l’innocence du devenir [..] L’objective absence de valeur de toute notion de culpabilité et l’idée du caractère subjectif, montre le caractère nécessairement injuste et illogique de toute vie. »

Nietzsche reconnaît la lutte, mais pour lui cette lutte est naturelle, éternelle et indépassable. Nietzsche fait de la violence la base des rapports humain, qu’ils prennent la forme de la violence colonialiste, patriarcale, comme de la compétition économique. La volonté de puissance, qui se nommerait bien mieux, volonté de pouvoir ne fait donc de la lutte des classes, de l’accumulation capitaliste qu’un processus naturelle. Parce que la domination serait déterminée, naturelle, elle serait fatale, selon lui, mais ce qui a été fait peut être défait. Qu’une hiérarchie soit naturelle ne fonde en rien sa validité. La volonté de puissance n’exprime que la dynamique atroce du capitalisme

Nietzsche martèle « la nécessité  de  l’anéantissement  de  millions de ratés ». Ces propos ne sont pas sans rappeler les thèses spenceriste ou eugéniste qui se développe dans le même temps. Le rapport de Nietzsche au colonialisme, à l’impérialisme, à l’esclavage (qu’il juge nécessaire pour toute culture), et son mépris du socialisme et de la démocratie, indiquent que ces propos ne sont donc peut-être pas que de simples « métaphores ».

Conclusion

Nietzsche malgré ses attraits poétiques est théoriquement très problématique dans une perspective émancipatrice. Sa critique de la civilisation axée sur la morale, et la morale juive en particulier, fonde dans sa pensée une tendance antisémite que Heidegger n’aura d’ailleurs pas hésité à pousser jusqu’à ses plus abominables conclusion. Il critique la société, le système, mais jamais le capitalisme, il n’envisage jamais de dépasser le capitalisme mais plutôt naturalise le développement de ce système destructeur. Il est structurellement incapable de sortir de l’idéalisme malgré sa volonté de le dépasser, il ne fait que l’actualiser, pour le pire. Dans cette perspective, la terre peut bien brûler, tant que les dominants sont libres de dominer.

Des notions issues de la théologie, de la religion, se présentent comme naturelles, fonctionnelles. Le formalisme qui en découle, à travers la structure de la volonté de puissance ne fait qu’accompagner le développement historique du mode d’exploitation. Malgré l’intérêt poétique ou symbolique que peut avoir cette pensée, elle n’offre aucune perspective d’émancipation de l’organisation social qui détruit aujourd’hui le vivant.

Nous ne lutterons pas contre le capitalisme en abandonnant tout lien commun, en proclamant la subjectivité, un perspectivisme absolue, mais par l’analyse rationnelle des situations concrètes dans lesquelles se fonde le commun. La liberté n’est pas la domination, jour après jour après jour. Détruisons nos hiérarchies et nous serons des primates libres, ensemble.

Guillaume Deloison

 

Source :

Wikipédia – Nietzsche
https://fr.wikipedia.org/wiki/Friedrich_Nietzsche

Nietzsche et l’idéologie négationniste moderne. Critique radicale du nietzschéisme.
http://benoitbohybunel.over-blog.com/2018/01/nietzsche-et-l-ideologie-negationniste-moderne.critique-radicale-du-nietzscheisme.html

L’antisémitisme « métaphysique », et son lien avec une critique idéaliste, théologico-politique, du capitalisme:
http://benoitbohybunel.over-blog.com/2016/11/l-antisemitisme-est-le-projet-des-defenseurs-de-la-soumission-universelle.html

Affirmer la vie, le désir et le sens de la terre. Apports et limites de la critique nietzschéenne du nihilisme (bouddhisme, christianisme, socratisme):
http://benoitbohybunel.over-blog.com/2015/05/le-desir-ne-doit-pas-etre-ma-souffrance-mais-ma-chance.html

À propos de Nietzsche, Hegel et le fascisme allemand, de Georg Lukács :
https://www.contretemps.eu/nietzsche-hegel-fascisme/

Freud et Nietzsche – François Requet:
https://journals.openedition.org/philosophique/125

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Live 27/11 Confusion et Révolution


Live 27/11 Confusion et Révolution

Ce soir on parle gilet jaune, confusionnisme et et révolution entendu comme abolition de toute hiérarchie et du travail

Dans la premiére demi heure je donne des élèments d’analyse des gilets jaunes pour ensuite analyser une vidéo « confusioniste » et la critiquer point par point en contraste avec une critique radical du travail et des hiérarchies

Classes d’encadrement et prolétaires dans le « mouvement des gilets jaunes »:
Classes d’encadrement et prolétaires dans le « mouvement des gilets jaunes »

Notes sur les classes moyennes et l’interclassisme:
Notes sur les classes moyennes et l’interclassisme

Entre Macron et Mélenchon, les classes moyennes salariées:
http://sortirducapitalisme.fr/231-entre-macron-et-melenchon-les-classes-moyennes-salariees

CRITIQUE DE LA DEMOCRATIE:

CRITIQUE DE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION:

Sur heidegger:

CRITIQUE DU TRAVAIL:

cartographie de l’extrême droite française (printemps 2018):
http://lahorde.samizdat.net/2018/03/13/cartographie-de-lextreme-droite-francaise-printemps-2018/

 

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Live 13/11 Flux De Réflexion et Antispécisme


3éme live, cette fois sur mon portable, on parle du 17novembre, de mes futures productions, de science, de théories de la dominance sociale, d’antispécisme, de morale et d’éthique…etc avec Eva, Fraglord et Lucie

Théorie de la dominance sociale:
http://www.prejuges-stereotypes.net/espaceDocumentaire/dambrunTDS.pdf
Critique-ception:
https://guillaumedeloison.wordpress.com/2018/11/05/critique-ception/
Sur les liens entre sexisme/racisme/spécisme
C&P_specisme
Declaration de cambridge sur la conscience:
www.cahiers-antispecistes.org/declaration-de-cambridge-sur-la-conscience/
Earthling vostfr:
https://www.youtube.com/watch?v=2-Is7ZcacOU
Deep-green-resistance:
http://partage-le.com/
Jihem Doe:
https://www.youtube.com/channel/UCL4aDumq1DvTw2Jp7rF87jQ
A privileged vegan:
https://www.youtube.com/user/Highonfruit1
Antastesia:
https://www.youtube.com/user/Apn9a
Okja:
https://www.youtube.com/watch?v=AjCebKn4iic
L214:
https://www.l214.com/

 

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CRITIQUE-CEPTION


CRITIQUE-CEPTION

critique de la critique de la critique

Le texte qui va servir de point de départ à notre réflexion sur les déterminations sociales de la critique est de Elsa Rambaud, « La petite critique, la grande et la révolution ». Pour une acception non normative de la critique», issu de la Revue française de science politique publié en 2017. Dans ce texte, Rambaud remet en question la définition de la critique en analysant le bien fondé de ses critères d’acception. Après avoir relativisé les critères d’émancipation et de révolution lié à la critique, l’auteure nous invite à pratiquer une étude non-normative de la critique

Nous allons, dans un premier temps, reconstitué l’argumentation de l’auteure, avant d’ouvrir à une réflexion critique sur sa posture théorique.

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DAWLA – Crise capitaliste au moyen orient


D A W L A

C R I S E   C A P I T A L I S T E   A U   M O Y E N   O R I E N T

Au Nord, un premier front, la région Kurde, les forces du PYD/YPG se sont saisies de l’opportunité historique d’obtenir une région indépendante. Un deuxième front est celui de la vaste zone allant de la Syrie à l’Irak, tenu par l’État Islamique (EI), qui aujourd’hui semble nettement s’essouffler sous les coups de la coalition internationale. De ces deux fronts, le régime  syrien s’est rapidement retiré, se concentrant sur la Syrie « utile », celle des grandes villes et des ports, où est située l’essentiel de l’activité économique du pays. Si on considère l’ensemble du tableau, on est face à ce qui se présente empiriquement comme un éclatement généralisé, une situation purement anomique. Dès lors le bombardement d’Alep et les tirs de roquettes des rebelles sur les zones tenues par le régime, revêtent la même nature « barbare » que les exactions de l’EI, avec l’idée que c’est bien toujours ce qui se passe dans ces pays-là.

Analyser les événements au moyen orient avec des éléments d’ordre macro-économique et géopolitique n’est pas suffisant: la question du « croissant chiite », celle des hydrocarbures transitant par la Syrie, les bases militaires russes et les diverses rivalités internationales jouent alors le rôle de deus ex machina du ce drame. Qu’en 2011, des milliers de personnes soient descendues dans les rues chaque vendredi pour manifester sous les balles du régime, et qu’en Palestine ou se batte avec des pierres ne s’explique plus dès lors que par le fanatisme des manifestants, guidé par l’action d’ organisations secrètes: tout le reste n’est plus qu’économie, diplomatie, rapports commerciaux entre États. Quand on n’a pas affaire carrément à une rhétorique complotiste on a bien souvent affaire à une analyse de type marxiste vulgaire, qui revient à dévoiler une série de déterminations qui prennent leur source dans ce qu’il est convenu d’appeler « l’économie ». Ce n’est pas un hasard si toutes ces analyses reviennent le plus souvent à soutenir le régime el-Assad, c’est-à-dire le statu quo : « l’économie » est une pensée de l’ordre. 

Ce qu’il nous faut tenter de saisir, c’est en quoi les conflits aux moyen orient s’inscrivent dans le moment présent de la crise mondiale du capital, comprise non seulement comme crise économique mais aussi comme crise sociale, dans les conditions particulières de ces société. Il nous faudra saisir les déterminations de cette crise, sans ramener à un seul facteur – que ce soit la religion ou le pétrole – l’explosion sociale généralisée qu’est toute guerre civile. Tentons de saisir en quoi ce moment est aussi le nôtre.

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CHRONIQUES DES MONDES PROBABLES


CHRONIQUES DES MONDES PROBABLES

Cette œuvre littéraire se présente comme un voyage interplanétaires, à la rencontre de formes de vie que l’imaginaire déploie sur les reliefs.
Plusieurs passages des fiches Wikipédia sur les planètes du système solaire sont directement insérés dans le récit. Ces informations servent de base et de contraintes créatrices pour imaginer des plantes, des insectes et des animaux uniques.

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CHRONIQUES DES MONDES PROBABLES

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CONTRE LA GAUCHE DU CAPITAL


CONTRE LA GAUCHE DU CAPITAL

L’idée de révolution semble s’être dissoute en l’air, de même que toute critique radicale du capitalisme. Bien sûr, on admet généralement qu’il y aurait de nombreux détails à changer dans l’ordre du monde. Mais sortir du capitalisme tout court ? Et pour le remplacer par quoi ? Qui pose cette question risque de passer soit pour un nostalgique des totalitarismes du passé, soit pour un rêveur naïf. Mais au regard de notre situation écologique et sociale il est bien nécessaire de porter une critique radicale du capitalisme, de mettre à nu son caractère destructeur, et en même temps historiquement limité.

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CLASSE / RACE : FAUX DILEMME, VRAI PROBLÈME


CLASSE / RACE : FAUX DILEMME, VRAI PROBLÈME

Pour certain le racisme n’a jamais ségrégué les personnes en « communautés distinctes », il faut « l’action d’individus » plus ou moins malintentionnés vis-à-vis de la lutte de classe, de la classe ouvrière et ses institutions pour que tels malheurs arrivent, pour que la lutte des classes soit effacé par la lutte des races.

Comme s’il n’y avait pas eu d’ « affaires du foulard », de déclarations gouvernementales lors des grèves de l’automobile au début des années 1980, de débats sur la construction de mosquées et des menus de substitution dans les cantines scolaires, de tapages médiatiques autour des perquisitions administratives et des assignations à résidence, comme si la « double peine » et l’inflation du soupçon administratif à chaque étape de la vie quotidienne n’existé pas, comme si personne n’aurait entendu parler de l’effondrement des « Twin Towers » sans les xénophobes et les xénophiles, sans qui également le massacre du Bataclan serait sans doute resté « confidentiel ».

Mais pourquoi le « bouc émissaire » est-il devenu « musulman » et n’est pas resté « arabe », « travailleur immigré » ou « immigré » tout court ? La « décomposition du mouvement ouvrier » est un facteur objectif bien général et bien antérieur à la fabrication du musulman comme marqueur racial. Les causes de la « culturalisation » de l’immigré et de sa descendance puis la confessionnalisation de cette « culturalisation » sont des processus réels de la crise et de la restructuration des années 1970 aux années 1980, le regroupement familial, les « deuxième et troisième générations » pour exemple… étudions ces processus. Lire la suite

CRITIQUE DE LA DEMOCRATIE


CRITIQUE DE LA DEMOCRATIE

 

Depuis une trentaine d’années en France, toute la conflictualité sociale paraît devoir s’exprimer à travers les luttes de la fonction publique, par le biais de grandes grèves orchestrées par les syndicats, dans ce qu’on appelle des mouvements sociaux. La plupart de ces mouvements ont eu pour enjeu de s’opposer à une réforme touchant le service public, ou la gestion par l’Etat de différents éléments ayant trait à la reproduction globale de la force de travail (assurance chômage, sécurité sociale, retraites, etc.) Dans ces luttes c’est affirmé un citoyenisme qui entend faire de la democratie, le moyen indépassable du changement social.

La « démocratie représentative », c’est-à-dire l’État capitaliste parlementaire, n’a plus de légitimité chez une part grandissante des gens, d’où un engouement toujours plus fort des déçu-e-s pour un mot d’ordre, celui de « démocratie directe ». Le mot d’ordre de « démocratie directe » peut être effectivement une étape vers une critique émancipatrice des hiérarchies et de l’État, et témoigne assez souvent d’une authentique volonté d’égalité réelle ( quoi que pas toujours, l’extrême-droite s’en servant de plus en plus comme cheval de Troie de diffusion de ses idées). Les « assemblées générales » (AG), sont souvent nécessaires dans une lutte, mais leurs répétition et leur mystification comme incarnation de la democratie est elle un moyen de lutte émancipateur, cette forme de democratie est elle même un horizon souhaitable ? Lire la suite

A BAS LES RESTAURANTS


 
« Y’en a marre ! Ce sera le dernier client chiant. Le dernier connard de gérant. La dernière engueulade avec un collègue. Le dernier plat puant de moules. La dernière fois que tu te brûles ou te coupes parce que tu es dans le speed. La dernière fois que tu te promets que tu donnes ta démission demain et que tu te retrouves à promettre la même chose, deux semaines plus tard. Un restaurant est un endroit misérable. »
 
« Notre lutte n’est pas contre le geste de couper des légumes, de laver la vaisselle, de verser de la bière ni même de servir de la nourriture à d’autres personnes. Elle est contre la façon dont tous ces actes se rassemblent dans un restaurant, séparés d’autres actes, pour faire partie de l’économie et faire croître le capital. Le point de départ et de fin de ce processus est une société de capitalistes et de personnes obligées de travailler pour eux. Nous voulons une fin à cela. Les luttes des travailleurs de restaurant visent ultimement à créer un monde sans restaurants et sans travailleurs. »
 

COMBAT AVEC BOURDIEU, CA TOURNE MAL!! [CRITIQUE DE LA SOCIOLOGIE]


Pierre Bourdieu, dans l’œuvre « Questions de sociologie » s’intéresse aux processus même des sciences. Selon l’auteur ce qui circule entre les chercheurs et les non-spécialistes, ou même entre une science et les spécialistes des autres sciences, ce sont, au mieux, les résultats, mais jamais les opérations. On n’entre jamais dans les cuisines de la science. Ce sont donc ces secrets de métier, ces recettes de fabrication, ces tours de main, que Pierre Bourdieu tente de livrer dans cette œuvre. Il y développe particulièrement tout un passage sur la place de la sociologie dans la société. C’est cette extrait qui va nous intéresser. Bourdieu aborde plusieurs notion et opère des distinctions précises lui permettant d’ancrer sa position dans un débat que l’on peut qualifier d’historique : La place de la science, du savoir, dans la société. A partir de cette extrait nous ferons la critique de la sociologie avec des auteurs comme Weber, Lukacs et Marx.

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CRITIQUE DE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION


CRITIQUE DE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION

On entend beaucoup parler de liberté d’expression ces derniers temps. Que ce soit avec le massacre de Charlie Hebdo ou quand votre oncle raciste se plaint « qu’on peut plus rien dire de toute façon ! ». La liberté d’expression semble attaquée de toute part et à travers elle c’est notre « démocratie » capitaliste en elle-même qui semble en danger. Revenons donc sur ce concept.

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PHILOSOPHER 15# | Le temps des machines – Bergson et Heidegger


Dans cette épisode on aborde le temps et les machines à travers 2 auteurs apriori semblable mais franchement opposés: Bergson et Heidegger. Qu’est ce que « la durée pure », une « temporalité authentique »? Quel lien entre les machines et notre rapport au temps? Qu’est ce que l’homme dans le temps? Plein de questions qui opposeront une pensée potentiellement émancipatrice, et une pensée réactionnaire qui sera aux racines philosophiques d’un capitalisme autoritaire et nationaliste: le nazisme.

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LECTURE 5# | LIBÉRONS-NOUS DU TRAVAIL – Précariat et ubérisation – M.A.R.


Nous sommes désormais moins prolétaires que précaires, et le précariat est à interroger comme catégorie de sous-prolétariat qui tend à se généraliser. A la différence du « lumpen-prolétariat » pensé par Marx comme « soupape » à même de « flexibiliser » ledit coût du travail pour le patronat et réserve de force de travail, le précariat désignerait une nouvelle condition générale du capitalisme post-moderne. En effet, il s’agit moins de vendre sa force de travail pour se faire exploiter que de s’auto-exploiter. C’est ce qu’on commence à appeler « l’uberisation » de la société, produit de la désintégration du statu quo de la réalité du travail salarié jusque-là.

Source du M.A.R.:
https://mouvanarev.wordpress.com/2017/12/11/liberons-nous-du-travail/comment-page-1/#comment-21

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LECTURE 4# | Critique du travail – Benoît Bohy-Bunel


Dans un contexte où la catégorie du « travail », comme projet matériel, produit des suicides toujours plus fréquents, des burn out, des inégalités toujours plus fragrantes, des législations toujours plus scandaleuses (loi El Khomri, lois Hartz allemandes, Jobs act italien, loi Peeters belge, etc.), un chômage de masse, une misère, toujours plus criante, des formes d’exclusion, de racismes, de discriminations patriarcales toujours plus abjectes, des désastres écologiques irréversibles, il ne devrait pas être si difficile d’appeler à son abolition! Hélas, reste difficile, dans les faits, car les discours conservateurs et idéologiques des politicard de l’extrème droite à l’extrème gauche, les écrans de fumée du travaillisme, sont ce qui demeure le plus massivement « visible ». Brisons ces écrans!

Source et blog de Benoît Bohy-Bunel:
http://benoitbohybunel.over-blog.com/2016/10/la-critique-radicale-du-travail-et-son-incompatibilite-structurelle-avec-le-principe-spectaculaire.html

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CONQUÉRIR NOTRE AUTONOMIE


CONQUÉRIR NOTRE AUTONOMIE

On bétonne, la planète surchauffe, les écosystème sont exterminés. Nos conditions de vies sont de plus en plus fragiles, et tout espoir d’amélioration a disparu.On ne revendique plus le maintien de l’emploi mais des indemnités, on ne revendique rien mais on se révolte contre tout ce qui fait nos conditions d’existence. Quel sens peut avoir une grève corporatiste quand on sait que l’on aura 36 taffs différents dans une vie ? Alors comment construire la société de demain ?

Dans cet effondrement, ce documentaire critique présente les moyens théoriques et pratique de construire une société égalitaire et libertaire, de conquérir notre autonomie. Différentes pensées critique sont abordées pour construire une stratégie efficace, pour que le vivant se déploie face au système marchand dans sa totalité. Il nous faut maintenant réfléchir à ce que pourrait être une société sans travail – ce qui ne veut pas dire sans production, mais sans usines, sans chronomètres, sans souffrances.

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Poème écologique sur la 7ème


J’ai récupéré l’audio avec le poème que beaucoup de gens trouvent un peu absurde et mystérieux. J’ai fais ce montage pour montrer à quel point il me semble clair

Guillaume Deloison

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LECTURE #3 : Qu’est-ce que l’écologie sociale ? – Murray Bookchin


LECTURE #3 : Qu’est-ce que l’écologie sociale ? – Murray Bookchin

L’écologie sociale appréhende notre société comme un ensemble liés et divers. En étendant le concept d’écologie au social, Murray Bookchin en fait un outil déterminant pour analyser les rapports de dominations de notre modernité capitaliste. Comme arme théorique, l’écologie sociale permet, de plus, de déployer une société libérée de toute autorité, de toute domination.
Largement méconnue en France, Murray Bookchin est un auteur libertaire fondamentale de notre époque qui a déjà influencé de nombreuses luttes à l’internationale.

Cette vidéo est une lecture d’une grande partie du livre auquel j’ai recouper quelques parties pour réduire la durée de la vidéo

Vous pouvez trouver l’œuvre complète ici:
https://inventin.lautre.net/livres/Bookchin-qu-est-ce-que-l-ecologie-sociale.pdf

 

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Guillaume Deloison

PHILOSOPHER 14# | L’idéalisme allemand – Kant et Hegel


PHILOSOPHER 14# | L’idéalisme allemand – Kant et Hegel

 

Dans cette épisode on aborde l’idéalisme allemand à travers 2 grands auteurs: Kant et Hegel. Qu’est ce que « l’entendement », qu’est-ce que la raison, qu’est-ce que la science, la dialectique ou encore quel importance peut avoir l’histoire dans notre compréhension du monde et de l’Esprit comme réactualisation du concept de Dieu. Plein de questions qui détermine de grands axes de pensée contemporain ou la liberté est abstraite et la raison est oppressive.

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LECTURE 2#| Complet/ Autonomie individuelle et force collective – Alexandre Skirda


LECTURE 2#| Autonomie individuelle et force collective – Alexandre skirda

 

Lecture de « Autonomie individuelle et force collective.
Les anarchistes et l’organisation. » d’Alexandre Skirda

20 étapes déterminantes dans l’histoire de l’anarchisme depuis ses origines jusqu’à 1968. Les pensées de grands noms anarchistes sont étudiées comme Bakounine, Kropotkine, Malatesta, Pouget, Makhno mais aussi Proudhon, Stirner, Voline, et bien d’autres. De la propagande par le fait, à l’action directe syndicaliste, les grands concepts anarchistes sont étudiés au regard de l’histoire et de leurs spécificités organisationnelles. Comment constituer un mouvement anarchiste souple et puissant, c’est à cette question que l’histoire nous apporte des éléments de réponses.

Cette adaptation a été réalisée en recoupant certaine partie au texte d’origine pour des questions de longueur, l’œuvre complète est ici:
https://fr.scribd.com/document/53691656/Autonomie-Individuelle-et-Force-Colletive-Les-anarchistes-et-l-organisation-de-Proudhon-a-nos-jours

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LECTURE 2#| 20/20: Se donner les moyens de ses fins


LECTURE 2#| 20/20: Se donner les moyens de ses fins

Lecture de « Autonomie individuelle et force collective.
Les anarchistes et l’organisation. » d’Alexandre Skirda

Vingtième partie sous forme de conclusion. Nous avons étudier l’histoire du mouvement anarchiste en France, Espagne et Russie. Nous avons appris beaucoup et il s’agit maintenant de s’organiser, fort de cette expérience passé. L’anarchisme social au sens large a ouvert la voix à des pratiques émancipatrices, elle a était l’expérimentation la plus authentique d’abolition de la société de classe. Il s’agit aujourd’hui de lui redonner sa place dans l’histoire pour relever les défis écologiques de notre temps

Cette adaptation a été réalisée en recoupant certaine partie au texte d’origine pour des questions de longueur, l’œuvre complète est ici:
https://fr.scribd.com/document/53691656/Autonomie-Individuelle-et-Force-Colletive-Les-anarchistes-et-l-organisation-de-Proudhon-a-nos-jours

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LECTURE 2#| 19/20: La sortie du tunnel : mai 1968


LECTURE 2#| 19/20: La sortie du tunnel : mai 1968

Lecture de « Autonomie individuelle et force collective.
Les anarchistes et l’organisation. » d’Alexandre Skirda

Dix-neuvième partie sur un retour en force de l’anarchisme. Le mai 68 français voit le retour des drapeaux noir, du lyrisme révolutionnaire. La critique de la vie quotidienne semble ouvrir les champs du possible. Malheureusement le mouvement anarchiste passera dans cette évènement comme un ectoplasme. La Fédération Anarchiste possède maintenant des bons moyens de propagande, espérons et construisons un mouvement libertaire puissant.

Cette adaptation a été réalisée en recoupant certaine partie au texte d’origine pour des questions de longueur, l’œuvre complète est ici:
https://fr.scribd.com/document/53691656/Autonomie-Individuelle-et-Force-Colletive-Les-anarchistes-et-l-organisation-de-Proudhon-a-nos-jours

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LECTURE 2#| 18/20: L’OPB et la FCL (Fédération Communiste Libertaire)


LECTURE 2#| 18/20: L’OPB et la FCL (Fédération Communiste Libertaire)

Lecture de « Autonomie individuelle et force collective.
Les anarchistes et l’organisation. » d’Alexandre Skirda

Dix-huitième partie sur une période peu connu de l’anarchisme. Après la seconde guerre mondiale une fédération anarchiste est fondé sous de bon auspices. Malheureusement l’organisation se désagrégera jusqu’à devenir des chapelles groupusculaires. Les anarchistes mènerons cependant une vrai lutte de classe, renouvelant leur pensée et s’impliquant contre le colonialisme français.

Cette adaptation a été réalisée en recoupant certaine partie au texte d’origine pour des questions de longueur, l’œuvre complète est ici:
https://fr.scribd.com/document/536916…

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LECTURE 2#| 17/20: La CNT-FAI en 1936-1939


LECTURE 2#| 17/20: La CNT-FAI en 1936-1939

Dix-septième partie sur un évènement fort pour l’anarchisme. La terre promise de l’anarchie était l’Espagne, depuis longtemps les espagnoles se préparaient et face au fascisme, les anarchistes passent à l’action. Une expérience riche pour le mouvement, autant du point de vue de l’organisation des communes, que pour la défense de la révolution. Malgré tout, les anarchistes seront réprimé-e-s, la collaboration avec les républicains les fragilisera et la révolution échouera. Ce qui fut réalisé restera dans les mémoires.

Cette adaptation a été réalisée en recoupant certaine partie au texte d’origine pour des questions de longueur, l’œuvre complète est ici:
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LECTURE 2#| 16/20: Le débat sur la plate-forme


LECTURE 2#| 16/20: Le débat sur la plate-forme

Seiziémisme partie sur un débat important pour l’avenir de l’anarchisme. Le groupe Dielo Trouda veut construire par un débat collectif, une forme d’organisation pour l’anarchie, enrichie par les expériences passées. De grands noms de l’anarchisme y répondront et l’influence des fraternités Bakouniniste est présente. Ce débat inspirera tout une génération de militant.

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POLITIQUER 2# Les Dissociés – Critique du film et de la valeur


POLITIQUER 2# Les Dissociés – Critique du film et de la valeur

Faisons une critique du film des Suricates, « Les Dissociés ».
Les héros de ce film sont ils des strat-upeurs transhumanistes? Les corps, c’est des ressources naturelles? Est-ce que le communisme c’est la mise en commun des corps?

Le scenario, basé sur la dissociation des consciences d’avec les corps va nous servir de parabole pour développer une critique politique, une critique de la valeur marchande.

+Plus:
http://www.palim-psao.fr/2015/03/presentation-de-la-wertkritik.html

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LE TEMPS


LE TEMPS

LE TEMPS-01

 

« Le temps » prend toujours un S car toujours il est divers. Pluie, vent, soleil, joie, ennui, le temps n’est jamais le même, il est toujours pluriel. Un jour, peut être, il perdra son S, lorsque ce temp abstrait, ce temp des horloges, toujours identique à lui même, linéaire, monotone, dominera tout. Il n’y aura plus qu’un temp, celui de l’usine.

Guillaume Deloison

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LECTURE 2#| 11/20: Le congrès anarchiste international d’Amsterdam


LECTURE 2#| 11/20: Le congrès anarchiste international d’Amsterdam

Lecture de « Autonomie individuelle et force collective.
Les anarchistes et l’organisation. » d’Alexandre Skirda

Onzième partie sur un évènement important pour l’anarchisme. Le congrès international d’Amsterdam, 3 jours d’échanges qui fonderons pour l’anarchisme des principes fondamentaux qui incarne l’expérience accumulée du mouvements depuis des décennies. Auto-critique sur la dérive du bombisme, la problématiques du syndicalisme et encore d’autres sujets.

Cette adaptation a été réalisée en recoupant certaine partie au texte d’origine pour des questions de longueur, l’œuvre complète est ici:
https://fr.scribd.com/document/536916…

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Guillaume Deloison

PHILOSOPHER 13# | La modernité – Science et humanisme


PHILOSOPHER 13# | La modernité – Science et humanisme

Dans cette épisode on aborde la philosophie moderne à travers 2 grands auteurs: Descartes et Spinoza. Qu’est ce que l' »individu », qu’est-ce que la raison, ou encore quel relation entre le déterminisme et la volonté, la pensée de l’homme. Plein de questions qui détermine de grands axes de pensée contemporain

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POURQUOI SOMMES NOUS ATTIRÉS PAR L’ARGENT | 8# Philo et Politique


Notre société serait elle possédé par un pouvoir obscur contenu dans l’encre des billets? Le problème est bien sur beaucoup plus structurel. Le capitalisme est structuré sur la propriété privée, et donc son accumulation. Dans cette épisode on étudie donc les fonctionnement de cette oppression, ses racines, et comment s’en libérer

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