CLASSE – GENRE : PLUS QU’UNE INTERSECTION


Au cours de leur vie, une femme sur sept (14,5 %) et un homme sur vingt-cinq (3,9 %) déclarent avoir vécu au moins une forme d’agression sexuelle (hors harcèlement et exhibitionnisme). Les femmes sont 6 fois plus souvent victimes de viol ou de tentative de viol que les hommes. Les violences sexuelles que subissent les femmes sont non seulement beaucoup plus fréquentes, mais elles se produisent dans tous les espaces de vie et tout au long de la vie. Pour quasiment toutes les violences sexuelles subies par les femmes, les auteurs sont des hommes (entre 94 et 98 % des cas). Dans 90% des cas, les victimes connaissent leur agresseur. Dans 37% des cas l’auteur est le conjoint, dans 17% des cas c’est quelqu’un d’autre qui vit à la maison. Dans 36% des cas c’est une personne connue de la victime, mais qui n’habite pas avec elle.

Andrea Dworkin écrivait en 1983 : « Nous utilisons les statistiques non pour essayer de quantifier les blessures, mais pour simplement convaincre le monde qu’elles existent bel et bien. Ces statistiques ne sont pas des abstractions. » Les choses ne changent pas et, en 2018, nous passons encore un temps infini, à tenter de convaincre que les violences sexuelles existent. Les statistiques ne suffisent pas, les témoignages ne suffisent pas, les analyses ne suffisent pas ; j’en viens à penser que seule la parole des violeurs pourrait convaincre que nous ne mentons pas, nous n’exagérons pas, nous n’en rajoutons pas. Je cherche encore, au vu de ce qui attend les femmes qui parlent des violences de genre qu’elles peuvent subir, quel intérêt elle aurais à le faire.

Malgré qu’on ai fait de moi un homme, qu’on m’est appris à m’affirmer, à couper la parole, qu’on m’emploie plus volontiers, que je peux me déplacer dans la rue sans avoir peur et bien d’autres choses encore, malgré que je profite de ce statut, j’en veux la fin, je veux que cela cesse. Ce statut n’est que le reflet d’une hiérarchie sociale effroyable. Dans cette société, chaque plaisir a le goût du sang et l’amertume de la douleur. Je veux la fin de toute hiérarchie car toute cette souffrance est insoutenable, injuste et cruelle, je pleure de voir mes amies, ceux que j’aime, ou simplement des innocentes souffrir de cette hiérarchie sociale mutilante et meurtrière. Je suis anarchiste et je ne serais libre que lorsque toutes et tous nous le serons.

Dans une perspective d’abolition des genres au profit de la conception d’individus libres et divers, je préférerais ne pas employer les termes d’homme et de femme. Je voudrais que chacun puisse être ce qu’ille souhaite, chaque jour différent, sans sexualité définie une fois pour toute. Libre d’être à l’écoute de ses désirs. Des désirs pour des personnes, quelle que soit la boite dans laquelle nous avons été rangé.e.s. Mais nous grandissons dans un mode de classement binaire, sans appel, où l’on opère quasi-systématiquement les personnes qui naissent avec un sexe indéfini au mépris total de leur choix futur. Où le modèle de réussite et de normalité est l’hétérosexualité et la parentalité, travailler, se reproduire, travailler encore et se reproduire encore. Le capitalisme s’est basé sur la famille comme mode d’organisation sociale généralisée afin de se garantir une population destinée soit à être la main d’œuvre de masse soit l’élite dirigeante, tous unis dans le mythe de la consommation et du progrès. Si le modèle de la famille avec le père producteur qui assure les revenus et la mère pondeuse au foyer, reproductrice, semble aujourd’hui en pleine fragmentation – du moins dans les sociétés occidentales comme on les connaît – le capital, qu’il le crée ou en soit la conséquence, trouve toujours de nouvelles manières de tirer profit du sexisme. Quel que soit notre genre, il y a toujours quelque chose à nous vendre. Des pilules amaigrissantes aux abonnements dans des clubs de fitness, en passant par les séances chez le psy pour régler les problèmes de couple. Nos sexes, nos corps, nos frustrations sont de véritables mines d’or et nous enchaînent à nos propres oppressions. Performants, beaux, sveltes, sportifs, à la fois père, mère et travailleurs, nous devrions travailler sans compter et avoir encore le courage de baiser comme dans les pornos de masse en rentrant, nous devrions être tout ce que cette société exige de nous. S’attaquer au patriarcat, c’est dynamiter une des bases qui permet à ce monde de se maintenir. Et à l’inverse, aucun changement réel de l’existant ne peut avoir lieu sans le priver d’un de ses appuis les plus ancrés et les mieux intériorisés. Nous naissons en plein dedans. Dans une société hiérarchisée où un certain nombre de catégories de personnes possèdent le pouvoir d’exercer une autorité. Et ce pouvoir passe par un certain nombre d’actes destinés à conditionner les personnes, à les soumettre, à leur rappeler sans arrêt de se plier à la norme. Que l’on soit fille ou garçon, les rapports de domination font partie intégrante du monde dans lequel nous grandissons.

ÉLÉMENTS DU PATRIARCAT

On ne part pas d’une catégorie présupposée, les « femmes », pour expliquer pourquoi elles sont dominées, on part de la domination, d’un rapport social historique, pour produire la catégorie « des femmes ».

La famille apparaît des 16 aux 18éme siècles, comme l’institution la plus importante pour la propagation de la discipline capitaliste et patriarcal, et pour l’appropriation et la dissimulation du travail des femmes. Dans l’assignation d’une partie de l’humanité à la reproduction, la famille a était déterminante. En son sein pendant plusieurs siècles, les femmes avais le statut de mineure, dépendante et appartenant à la cellule qu’est la famille. Tout une législation institua cette division, privant les femmes de la gestion de leur propre argent, ou encore ne pouvant signer de contrat par exemple. Les femmes était exclu du salariat, ce qui fournissait la base nécessaire à leur assignation au travail reproductif et à leur surexploitation dissimulé dans l’industrie artisanale quand elle n’avais pas le choix, les écart pouvant être socialement sanctionné avec violence.

Dans le capitalisme l’assignation social des femmes à la reproduction est naturalisé, la fonction de la femme serait naturellement de faire des enfants, et ce serait ce qui les définit. Les femmes font des enfants, mais il n’y a rien là de naturel à ce que ce fait définisse une « catégorie sociale » plus que toute autre caractéristique ou détermination. Si « faire des enfants » devient la définition d’un groupe de personnes, les femmes, cela est une pure construction sociale. Construction qui implique l’appropriation des femmes et leur soumission à cette fonction. C’est cette appropriation qu’on appelle « genre ». Le genre n’est pas une construction sociale érigée sur la base de groupes déjà constitués par la nature. Si le genre n’existait pas, ce qu’on appelle le sexe serait dénué de signification, et ne serait pas perçu comme important : ce ne serait qu’une différence physique comme les autres.

Quand la distinction sociale met en scène une distinction anatomique, c’est-à-dire quand la distinction anatomique est construite comme distinction sociale, quand elle fait sens, il faut en rendre compte en tant que telle : une distinction anatomique qui fait sens. La perception de l’humanité comme partagée entre porteurs potentiels d’enfants et non-porteurs n’est pas une « perception spontanée », c’est une construction sociale, mais une fois cette construction sociale effectuée, on peut affirmer qu’il existe deux sexes et seulement deux. C’est une construction sociale objective.

Mais la distinction construite (traits physiques) n’est pertinente que pour la distinction elle-même. À partir de là, il faut se garder d’une « anthropologie des origines », le vrai point de départ de la compréhension de cette construction n’est pas dans une survivance passé mais dans les nécessités actuel du mode de production capitaliste : dans son rapport entre travail et population

Le capital s’efforce à la fois d’augmenter la population ouvrière et de rendre une partie de celle-ci surnuméraire et inutile. L’accumulation de valeur, de temps de production standardisé, c’est a dire de travaille, implique une reproduction standardisé. Cette gestion est nécessaire pour l’exploitation. La gestion de la population est déterminante pour le travail et son monde

Comment la force de travail elle-même est-elle produite ? Les travailleuses et les travailleurs n’apparaissent pas comme par magie sur le marché, frais et dispos à vendre leur force de travail au capitaliste. Le concept même de force de travail implique une hiérarchie social historiquement déterminé pour la constituer. Tout comme le travail en tant qu’activité standardisé, la force de travail comme quantité d’effort standard nécessite une discipline sociale strict. Une discipline militaire régler au rythme des horloges. Produire/reproduire/produire/reproduire, tous les jours, et toucher sa solde. Pour instituer la corvéabilité d’une masse suffisante d’individu, il a fallu toute une ingénierie social allant de la criminalisation des vagabond à la relégation social des femmes dans le foyer par différent moyens, menaces, motivation, sanction, misère, répression etc. Les hommes à la production, les femmes à la reproduction. Division sexuelle.

Avec l’introduction de l’assistance publique, l’état commença à revendiquer la « possession » de la force de travail, et une « division du travail » capitaliste fut institué au sein de la classe dominante, permettant aux employeurs de déléguer toute responsabilité quant à la reproduction des travaileurs, avec la certitude que l’état interviendrait, que ce soit avec la carotte ou le baton, pour faire face aux inévitables crises. Le modèle du contrat de travail dans la grande industrie urbaine s’imposa. Les femmes mariées et les jeunes furent placés en situation de subordination par rapport au chef de famille : si le mari travaille, la femme n’a pas droit au chômage. Jusqu’en 1965, les Femmes devaient avoir l’autorisation de leur mari pour être salariées, le devoir conjugal n’a été aboli qu’en 1990 et le viol conjugal n’a été reconnu par jurisprudence qu’en 1992. Les revendications formulées en termes de « droits sociaux » ont consolidé la division entre actifs et chômeurs, entre hommes et femmes, entre jeunes et adultes en prenant ces catégories comme point de départ. Les « droits sociaux » ont accentué les discriminations de sexe, d’âge, de secteur, de profession et achevèrent le processus d’étatisation et de « familiarisation » de la reproduction de la force de travail.

Ce faisant, l’assignation d’individu à la reproduction apparaît comme naturelle, mécaniquement nécessaire, comme allant de soi, comme une ressource social, même pas comme un travail et donc ne produisant même pas de valeur. Pour le porteur et vendeur de la force de travail, le travail de son épouse ne crée que du « temps libre ». Il ne crée aucune valeur supplémentaire par rapport à ce que serait la valeur de sa force de travail s’il s’occupait lui-même de sa reproduction. En revanche cela accroît le surtravail accaparé par le capitaliste qui échange le salaire contre la force de travail. Il accroît la quantité de travail au-delà du travaille nécessaire pour lui payer son salaire, pour lui permettre de revenir le lendemain. On bosse beaucoup plus facilement 12 heures par jour quand quelqu’un d’autres s’occupe de la bouffe et des enfants, et sinon il faudra bien payer quelqu’un moins que ce qu’on gagne. C’est tout cette hiérarchie qu’implique le salariat.

Depuis l’industrialisation, les femmes ont été « soit poussées hors du travail ou de certains travaux par les hommes – tactique de l’exclusion – soit maintenues dans les emplois inférieurs et mal payés – tactique de la ségrégation […]. Cette tactique des hommes organisés, dans des syndicats locaux ou nationaux, […] est moins visible aujourd’hui, mais n’a pourtant pas disparu […]. Les syndicats ne font rien pour éliminer, ni même pour réduire la segmentation sexuelle de l’emploi, qui a pour résultats que les femmes qui sont sur le marché du travail sont, dans l’ensemble, payées 30 % de moins que les hommes, dans tous les pays européens » Et « cette différence s’explique par la discrimination pure et simple. « à travail égal » – mais il y a de moins en moins de travaux « égaux », c’est-à-dire appelés de la même façon qu’ils soient occupés par une femme ou par un homme ; par la ségrégation verticale : les femmes dans chaque profession ou catégorie socioprofessionnelle occupent les positions les plus basses ; par la ségrégation horizontale : l’existence de branches où il n’y a que des femmes, et où sont la majorité des femmes, et qui sont globalement sous-payées ». Et ce, sans compter un chômage supérieur du côté des femmes, et un temps partiel imposé. A cela s’ajoute le travail domestique producteur de marchandises, produit du travail « bel et bien porté et vendu sur le marché, mais pas par elle. Il est vendu comme le travail du mari, et elles n’ont aucun droit sur le revenu engendré par leur travail. Aucun salaire, ni aucun droit à une retraite. Leurs droits à la sécurité sociale, qu’il s’agisse d’assurance-maladie ou de retraite, sont dits « dérivés ».

 

Rien ne peut offrir réparation de ce que l’on a enduré. Condamner des humains, fussent-ils d’immondes pourceaux, à l’enfermement, ne guérit pas les traumatismes, pas plus que cela n’empêche d’autres viols de se produire, à chaque instant, partout dans le monde, depuis trop longtemps. Au mieux, on met hors d’état de nuire certaines personnes pendant un temps donné, mais on n’attaque absolument pas le problème à sa racine sociale : le fonctionnement patriarcal qui donne aux hommes le droit de laisser libre cours à leurs soi disant « instincts » de domination.
Il est atroce de voir comment ce monde se sert des violences sexuelles comme justification hideuse pour l’existence de ses prisons, qui lui servent pourtant bien plus à enfermer les pauvres, les sans papiers et les réfractaires qu’à protéger les femmes de leurs pères, de leurs frères, amis et amants.
Combien de fois, en distribuant des tracts contre la taule, on me ressort cet argument : « Mais si vous aviez été violée, vous souhaiteriez tout de même que votre agresseur soit puni non ? » Hé bien non ! Si l’on veut s’attaquer à la question du viol, il faut s’attaquer à la domination masculine, désolée. Parce que la prison ne fait rien comprendre à personne. Valider le système carcéral empêche de se poser les bonnes questions, et de faire le ménage dans sa propre maison.

LA RÉVOLUTION FEMINISTE….

Il ne peut y avoir d’émancipation des individus vivant comme individus singuliers, sans abolition des identités sexuelles. Il faut parvenir à penser par quel processus social on parvient à la situation où la distinction entre les sexes n’a plus de pertinence sociale, ne donne plus lieu à aucune classification, où toute hiérarchie social est abolie.

Le « genre » n’est pas qu’une assignation dans les discours, mais un ensemble de contraintes matérielles différenciées à partir de l’enfance : assignation aux tâches ménagères des petites « filles », liberté de mouvement laissée aux petits « garçons », etc. Le « genre » ne se défait pas individuellement au travers d’une redéfinition identitaire individuelle : Il ne s’agit évidemment surtout pas de critiquer les personnes transgenres, mais de montrer les limites structurelles à leur émancipation du fait de l’existence bien « matérielle » du patriarcat. Seule l’abolition du patriarcat et du système de genre permettra, de mettre fin aux assignations de genre (et aux genres eux-mêmes d’ailleurs). Le changement doit prendre place aussi bien au niveau des structures sociales que des interactions sociales et de l’individue. Ainsi, si ma façon de vivre (et quelle qu’elle soit) ne sera jamais une solution à l’oppression patriarcale, je la considère comme faisant toutefois partie du combat. Les rapports femmes/hommes sont politiques, qu’ils se déroulent dans la rue ou dans un lit, le pouvoir des uns ne disparaît pas à l’antre de l’affectif et du « privé ».

Certains se réjouissent que quelques femmes prennent d’assaut les conseils d’administration. Ceux-ci, et leurs terrains de golf adjacents, ont été pendant des siècles des bastions du privilège mâle des classes dirigeantes. Les femmes PDG agiront-elles dans l’intérêt de toutes les femmes ? Le message central qui nous vient de cette nouvelle génération de femmes PDG est que le travail, toujours plus de travail, émancipera les femmes. Mais se faisant elle ne remette pas en cause la hiérarchie sociale et son fondement, l’exploitation, le travail et tout ce qui lui est nécessaire. Position bien évidemment plus simple à tenir quand on est PDG. Le mode de production capitaliste ne peut pas plus abolir le travail domestique qu’abolir la division genrée de l’humanité ou la famille, ils sont définitoires de cette marchandise si particulière qu’est la force de travail.

Même une soi-disant égalité entre groupe des « femmes » et groupe « des hommes » serait insatisfaisante, puisqu’elle nierait l’origine sociale de ces groupes, et surtout leur origine hiérarchique. Et une erreur est de considérer implicitement « que les groupes […] ne viennent en rapport qu’une fois constitués […]. Ne pas s’interroger sur l’origine de ces groupes [qu’il s’agisse des « sexes », des « races » ou des « nations »], c’est admettre que cette origine est « naturelle » ».Mais c’est dans le même moment et par le même mouvement que les groupes sont créés et sont créés dominants ou dominés »

…ET SA NÉCESSITÉ

Depuis le milieu des années 1970, dans le cours de la restructuration du mode de production capitaliste toutes les modifications de l’emploi et du marché du travail ont eu pour but et contenu d’introduire le chômage, la précarité, la flexibilité, au cœur de l’emploi salarié. Le système de segmentation de la force de travail cible des populations et des zones catégorisé comme particulières (quartiers, cités, ghettos). Se cristallisent ainsi des catégories de plus en plus nombreuses à l’intérieur de la force de travail globale disponible et des politiques différenciés de rapport au salariat. Alors qu’au début des années 70, les « exclus » sont considérés et construits comme une population résiduelle par rapport à la logique générale du rapport entre emploi salarié et chômage, avec la restructuration du marché du travail le principe d’hétérogénéité et de segmentation de la force de travail l’emporte. L’effondrement du modèle de l’emploi masculin, salarié, à temps complet, lié à un établissement, s’accompagne de la croissance du travail féminin, du temps partiel (les deux ayant tendance à être identique), de l’intérim, de l’usine éclatée, de la sous-traitance, c’est-à-dire d’un foisonnement de situations intermédiaires. L’accumulation du capital ne se bouclant plus sur une aire nationale, chaque Etat ne peut donc plus considérer le salaire « comme un investissement » selon la formule fordiste. L’emploi et la valeur de la force de travail deviennent une variable d’ajustement dans la concurrence extérieure, toute politique de relance et de traitement social du chômage est condamnée. C’était l’époque de Barre, Thatcher et Reagan. Ce sont tous les modèles sociaux, les modalités dynamiques de l’exploitation de la force de travail et de sa reproduction, hérités un peu partout dans le monde capitaliste développé des années 30 et de l’immédiat après-guerre, qui disparaissent.

Dans cette dynamique, les femmes sont particulièrement touchées. Ces phénomènes ne sont pas la conséquence d’une conspiration menée par les capitalistes les plus rapaces, mais résulte de l’essoufflement de la dynamique capitaliste entière. L’État n’a jamais été l’adversaire du capital ou du marché, mais leur a toujours préparé les bases et les infrastructures. Il n’est pas une structure « neutre » qui pourrait être mise au service de l’émancipation. L’état moderne, même si les citoyens se le réapproprient, reste soumis à la nécessité de reproduire les travailleurs, n’est que le gestionnaire du capital, un monstre public administrant le privée, et modifier ses institutions ou sa constitution, en superficie, ne change pas cette dimension. Réclamer l’égalité sans remettre en question les divisions sur lesquelles reposent ses inégalité n’a rien de réaliste, c’est croire que ce mode de production mondial peut prospérer indéfiniment. Ont ne peut pas lutter contre le sexisme sans s’attaquer à la hiérarchie social qui la produit, sans s’attaquer à la division social entre production et reproduction, privée et public, sans mettre à jour l’antagonisme inclus dans le salaire, comme reproduction de la force de travail. Cette antagonisme est, et devra être, un élément déterminant de l’abolition du salariat.

Plutôt que de critiquer le travail et les divisions social qu’il implique, certain regrettent que les femmes n’ai pas plus accès au travail. Si la production a besoin de travailleurs-euses sur un marché – qu’il soit anonyme ou « planifié » – cela comporte inévitablement la subordination de certain individu, la division social entre production et reproduction. Depuis 68 et la fin de l’identité ouvrière, c’est cette contradiction que font apparaître les féministes. Il est souvent bon que la contradiction apparaisse. Ceux qui accusent le féminisme de battre en brèche l’universalisme du prolétariat ne font bien souvent en réalité que réduire au silence et masquer les divisions sociales derrière le mythe d’un prolétariat homogène, qu’évidemment ils ont le plaisir de représenter, des cadavres dans la bouche. A vrai dire tout les discours qui proclame la clarté des catégorie comme si on était juste français, juste femme, juste noir et pas tout ça en même temps, tout les discours qui nie l’implication réciproque des différentes catégorie social, ou qui tout au plus les collectionnent ; tout ces discours ne sont bon qu’a se trouver une place au parti socialiste, ne sont bon que pour ceux qui veulent être représentant, ne sont bon que pour les petits chef-fe-s. On ne peut pas faire comme si les divisions ne reposaient sur rien, n’étaient pas objectives et même fondamentale malgré nos situation commune d’exploités. L’unité ne se fera que dans l’abolition de ce qui nous divise, dans la révolution. L’abolition du capitalisme ne peut pas s’envisager aujourd’hui sans remettre en question sa reproduction, c’est à dire sans être révolution féministe.

Guillaume Deloison

Théorie Communiste 23 :
https://sites.google.com/site/theoriecommuniste/la-revue/tc-23

Théorie Communiste 24 :
https://sites.google.com/site/theoriecommuniste/la-revue/tc-24

L’Avant-propos de Ronan David à l’ouvrage « Simone de Beauvoir aujourd’hui » de Roswitha Scholz :
http://sd-1.archive-host.com/membres/up/4519779941507678/Preface_de_Ronan_David_au_livre_de_Roswitha_Scholz_Simone_de_Beauvoir_aujourdhui-2_1.pdf

A propos d’autonomie, d’amitié sexuelle et d’hétérosexualité :
https://infokiosques.net/spip.php?article473

Combien de temps 580 000.- Crépe georgette:
http://www.crepegeorgette.com/2016/11/25/violence-sexuelles/

“Qui ne dit mot consent” – Considérations sur le viol et le patriarcat :
https://infokiosques.net/lire.php?id_article=1260

Christine Delphy – L’ennemi principal. Penser le genre :
http://sortirducapitalisme.fr/notes-de-lecture/237-christine-delphy-l-ennemi-principal-penser-le-genre-4

Qu’est-ce que la théorie de la reproduction sociale ?:
https://autonomiedeclasse.wordpress.com/2018/05/26/quest-ce-que-la-theorie-de-la-reproduction-sociale/

Silvia federicci – Caliban et la sorcière
Une virulente critique de “CALIBAN….” :
https://dndf.org/?p=16654
Biologie, essentialisme – Nature, écologisme, sexisme, racisme, spécisme :
https://cortecs.org/cours/biologie-essentialisme-nature-ecologisme-sexisme-racisme-specisme/

+Plus :
Sélection commentée de ressources sur la notion de genre :
https://cortecs.org/bibliotex/pour-en-savoir-plus-sur-la-notion-de-genre/
Le travail du sexe contre le travail :
http://revueperiode.net/le-travail-du-sexe-contre-le-travail/

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