PHILOSOPHER – HUME


« Tout raisonnement probable n’est rien d’autre qu’une espèce de sensation. Ce n’est pas seulement en poésie et en musique que nous devons suivre notre goût et notre sentiment, c’est également en philosophie. Lorsque je suis convaincu d’un principe, ce n’est qu’une idée qui me frappe plus fortement » – Hume, D. (1739-1740). Traité sur la nature humaine. 1. 3. 8.

David Hume naît le 7 mai 1711 et meurt le 25 août 1776. Il est issu d’une famille de la petite noblesse de la région des Borders en Écosse. Philosophe, économiste et historien, il est considéré comme un des penseurs les plus importants des Lumières écossaises (avec Adam Smith et Thomas Reid). Il est également considéré comme un des plus grands parmi les philosophes et écrivain·e·s de langue anglaise. Il fonde l’empirisme moderne (avec Locke et Berkeley). De par son scepticisme, c’est un des plus radicaux. Il s’oppose tout particulièrement à Descartes et aux philosophies considérant l’esprit humain d’un point de vue théologique ou métaphysique. Il ouvre ainsi la voie à l’application de la méthode expérimentale pour comprendre les phénomènes mentaux. Hume a une influence profonde sur Kant, sur la philosophie analytique du début du 20e siècle et sur la phénoménologie. Longtemps, il n’a cependant été retenu de sa pensée qu’un simple scepticisme destructeur (« David Hume », 2019).

Comme nous le verrons, Hume a contribué à l’essor de nouvelles connaissances ainsi qu’au développement de la méthode scientifique. Mais il est loin d’être exempt de critique. Sa philosophie n’est que peu subversive et ses failles servent les dominants. Critiquer Hume c’est s’attaquer à un courant de pensée très fécond : l’empirisme. En séparant perception et réalité, l’empirisme tend vers un certain dualisme ainsi qu’un idéalisme lorsque les perceptions et les idées qui en découle sont privilégiées sur la réalité. Ces conceptions en accord avec la culture religieuse de l’époque rejettent en effet la notion de nature ou de réalité pour se limiter à ce qu’on en perçoit, ce qui a de lourdes conséquences sur sa philosophie. Hume se contente de formaliser les régularités des phénomènes sans jamais pouvoir en expliquer les causes réelles. Ses conceptions conservatrices de l’esthétique en sont un bon exemple. Elles ne font que légitimer les normes de son époque sans réellement expliquer ce qui fait le beau. De même, son utilitarisme moral légitime avant tout le développement de l’économie en se désintéressant de la réalité douloureuse et inégalitaire. Hume légitime par exemple la colonisation de l’Écosse. Pour civiliser les Écossai·se·s en évitant le chaos social d’un conflit ouvert, il propose aux autorités britanniques de pousser les chef·fe·s de clans à privilégier les rapports économiques sur les rapports de clan. Il légitime l’État, la propriété et le système judiciaire parce que ce sont des choses très utiles pour les dominant·e·s alors que nous ferions mieux de nous en passer. Critiquons radicalement Hume et son empirisme. Contre toute vision dominatrice et mutilante, affirmons ce qu’est réellement le monde.

L’EMPIRISME CONTRE LA MATIÈRE

Au 18e siècle, un ensemble d’intellectuel·le·s que l’on appelle les Lumières veulent promouvoir les connaissances pour dépasser l’obscurantisme des institutions religieuses. Parmi les Lumières, les Écossai·se·s comme Hume sont en nombre. Iels influencent des auteur·ice·s dans toute l’Europe notamment via une série de clubs qui se développent en Écosse. Le premier apparaît à Édimbourg vers 1710. De nombreux sujets y sont discutés : politique, science, philosophie. Ces clubs contribuent ainsi fortement à la vie intellectuelle du pays (« Lumières écossaises », 2019). Newton y a une forte influence. En 1687, il décrit, après une série d’expérience, la loi universelle de la gravitation et pose ainsi les bases de la mécanique classique : les mêmes lois naturelles gouvernent le mouvement des objets terrestres et célestes. En concurrence avec les avancées de Leibniz, il crée le calcul infinitésimal. De plus, il développe en optique une théorie de la couleur basée sur l’observation d’un prisme décomposant la lumière blanche en un spectre visible. Ainsi, il convainc par le moyen d’expérience et fait la promotion de la méthode expérimentale (« Isaac Newton », 2019). Hume s’inspire grandement des travaux de Newton pour développer des sciences humaines qui, selon lui, devrait primer sur les sciences naturelles. Dans cette perspective, il veut repenser le traité de Newton sur la nature, toute en rejetant la notion même de nature (Schliesser & Demeter, 2020). Hume essaie ainsi d’introduire la méthode expérimentale dans la philosophie morale sans faire référence à une nature humaine (« David Hume », 2019).

Hume est empiriste. L’empirisme est un terme issu du latin « empiricus » : « expérience ». Il désigne une démarche qui s’intéresse à l’expérience avant tout à travers notre propre instrument de connaissance : l’esprit. Ainsi, un des concepts primordiaux de Hume est celui de perception. Hume définit deux sortes de perceptions : les impressions et les idées. Les impressions comporteraient « nos sensations, passions et émotions, telles qu’elles font leur première apparition dans l’âme ». Les idées, elles, seraient « les images affaiblies des impressions dans la pensée et le raisonnement ». Impressions et idées seraient ainsi les seules sources de nos connaissances. Leurs « associations » constitueraient l’intégralité de nos connaissances du monde empirique, moral et intellectuel. Hume renforce ainsi les thèses du philosophe anglais John Locke (1632-1704), qui réfute le concept « d’idées innées » de Descartes et affirme que toute connaissance est acquise par l’expérience. Locke compare la conscience à une table rase (« Tabula rasa »), c’est-à-dire à une page blanche sur laquelle viendrait s’imprimer les expériences (« David Hume », 2019). Un bon exemple de l’empirisme de Hume est son scepticisme religieux. Pour lui, l’origine de la religion serait à chercher dans l’Histoire et dans nos sensations. Nous représenter les anges « purement élevés » ne serait ainsi qu’une inversion de notre expérience de l’attraction terrestre (Menneteau, 2009). Un autre exemple de son scepticisme est son rejet de l’idée du « moi » en tant qu’âme ou substance. Il considère plutôt que l’identité personnelle se constitue à travers le vécu des individus. Dans cette conception où le monde est d’abord perçu à travers l’esprit, toute philosophie se rapporte donc à une Philosophie de l’Esprit (« David Hume », 2019).

Hume ne cherche pas à connaître la substance du monde. Il n’accorde que peu d’intérêt à l’ontologie, terme issu du grec ancien ontos « être » et logos « discours », qui désigne l’étude de ce qu’est le monde. Selon lui, le monde pourrait aussi bien être déterminé par des idées que par la matière. « Le début du mouvement dans la matière elle-même est a priori aussi concevable que sa communication par l’esprit et l’intelligence. » – Hume, D. (1779). Dialogues sur la religion naturelle. Hume s’intéresse seulement à la méthode d’élaboration des connaissances, c’est-à-dire à l’épistémologie, terme issu du grec ancien epistémê « connaissance » et logos « discours ». Mais si l’étude méthodique des phénomènes est fondamentale, parce qu’elle se limite à la perception, elle ne nous apprendrait rien sur le monde en soi. Hume décrit alors les choses par ce qu’il en perçoit : leurs changements. Les choses se comprendraient par ce qu’elles font, non par ce qu’elles sont. Dans cette conception, tout pourrait bien être fait de fromage (comme le dit Putnam cité par Kistler, 2013), cela n’aurait pas d’importance, car l’attention ne devrait se porter que sur les changements. Aujourd’hui, une partie des scientifiques qui étudie la cognition s’inspire de cette perspective. Ces derniers dissocient d’une part les processus physiologiques s’activant à la vision d’une couleur et d’autre part « l’effet que ça fait » de voir une couleur. Cet « effet » est séparé du corps qui le produit, et il est considéré comme profondément subjectif. Cette expérience subjective est nommée « qualia ». En adoptant cette conception de l’esprit, ces scientifiques se désintéressent des processus cérébraux ou les minorent. Cependant « l’effet que ça fait » ne peut être compris séparément des processus matériels. Le cerveau ne « produit » pas la pensée, il pense. Faire l’impasse sur les questions ontologiques conduit à considérer la perception comme quelque chose de distinct et de surajouté à la matière. Ce serait une sorte de dualisme qui obscurcit le raisonnement en produisant de nouveaux mystères comme celui de la connexion entre le corps et l’esprit (Drapeau Vieira Contim et Ludwig, 2013 ; Mahner, 2013). Nos sensations ne sont pas celles d’un esprit immatériel mais celles de nos corps bien réels. Pour cela nous pouvons connaître leurs mécanismes et ainsi nous comprendre nous-même et le monde qui nous entoure d’autant mieux.

En plaçant l’esprit au centre, la réflexion de Hume tend vers un certain idéalisme : les perceptions et donc les « idées » structureraient la réalité. C’est notamment la conception de son contemporain George Berkeley (1685 – 1753), philosophe et évêque anglican irlandais. Ce dernier est souvent classé dans les empiristes entre John Locke et David Hume. Il défend l’immatérialisme qui se résume par la formule « être, c’est être perçu ou percevoir ». Selon Berkeley, les individu·e·s ne connaîtraient que des sensations et les idées qui en dérivent. Les entités générales tel « la matière » ne serait qu’une abstraction. À la différence de Hume qui se désintéresse des questions ontologiques et n’affirme donc rien avec certitude à ce sujet, Berkeley affirme que le monde objectif n’existe pas (« George Berkeley », 2019). De ce point de vue, la réalité ne serait que le rêve de Dieu. De nos jours, cette conception est reprise dans un style plus contemporain : la réalité ne serait que le rêve de la machine au sein duquel nous vivons une existence virtuelle (Chazal, 2013). Curieusement, celleux qui adoptent cette conception ne se demande pas où se trouve le serveur informatique qui fait fonctionner cette réalité virtuelle… Nous pouvons aussi comparer l’empirisme de Berkeley à la philosophie solipsiste dans laquelle la réalité ne serait qu’une illusion de votre seul esprit. Là encore, parce que cette philosophie à une dimension ontologique, elle se distingue de celle de Hume. En revanche, elle a une certaine cohérence avec la philosophie de ce dernier à un niveau épistémologique : toute connaissance serait avant tout relative au sujet connaissant. Un certain relativisme a donc marqué la postérité de Hume. Dans sa philosophie, l’existence de la réalité est toujours incertaine et précaire.

L’EMPIRISME CONTRE LA RÉALITÉ

Son refus des questions ontologiques a de lourdes implications épistémologiques. La philosophie de Hume s’oppose à la conception réaliste selon laquelle la réalité existe indépendamment de ce que nous en percevons. Ainsi, Hume développe un certain anti-réalisme : nous pourrions comprendre le monde sans comprendre ce qu’il est réellement. Dans cette conception, Hume affirme que la causalité n’existerait pas réellement. Elle existerait seulement dans notre esprit. Elle ne serait qu’une croyance fondée sur l’habitude. Prenons l’exemple d’un corps en mouvement qui en percute un autre. Le premier ne causerait pas le mouvement du second : ce ne serait qu’une suite d’évènements ordonnés dans le temps. Ce ne serait qu’une simple corrélation à laquelle nous serions habitué·e·s (Sagaut, 2008-2009). Hume nous met ainsi en garde contre les généralisations abusives, comme le serait justement la notion de cause et de réalité selon lui. C’est d’ailleurs pour s’opposer à cette idée que Kant a réalisé son œuvre. Selon ce dernier, la causalité, et un certain nombre d’autres catégories, ne serait pas de simples idées subjectives mais plutôt des idées transcendantales, c’est-à-dire des idées au fondement de tout entendement. Plus récemment de nombreux auteurs et autrices se sont inspiré·e·s de Hume, notamment au sein du Cercle de Vienne (1929-1936), un groupement de savants et de philosophes qui visait à développer une conception scientifique du monde, et parmi elleux plus particulièrement Ernst Mach. Selon lui, la science organiserait rationnellement les relations entre nos sensations et le concept de réalité objective ne serait pas utile en science. Dans son ouvrage La mécanique (1871) il ajoute : « Il n’y a aucune cause ni aucun effet dans la nature […]. [Elles] n’existent que dans l’abstraction que nous effectuons afin de reproduire mentalement les faits » (« Empirisme logique », 2019).

Hume a raison de mettre en garde contre les généralisations abusives : aucune accumulation d’expérience ne suffit seul à produire de nouvelles connaissances. Et en effet, les scientifiques ne font pas qu’ordonner nos perceptions pour produire des connaissances : en plus de formuler des hypothèses et de vérifier leur correspondance avec la réalité, ils et elles utilisent des opérations logiques et des outils mathématiques qui ne sont pas à strictement parler de l’ordre de l’empirique. La racine carrée de 2 par exemple, ou d’autres concepts mathématiques encore plus abstrait comme les nombres imaginaires ne correspondent à aucune perception bien qu’ils soient utiles. Les empiristes minorent l’importance des raisonnements logiques dont sont capables nos cerveaux. D’ailleurs cette mise en garde contre les généralisations abusives peut aussi se retourner contre l’empirisme : si l’expérience ne peut produire seul des connaissances, alors aucun empiriste ne devrait se permettre de formuler de grand principe comme iels le font (Bunge 2008). Dans la même perspective, Hume nous met en garde quant à la possibilité de faire des prédictions à partir d’expérience passé : un ensemble d’expérience passé ne suffirait pas à justifier une prédiction. Cela ne ferait effectivement que projeter notre habitude passée sur le futur alors que quelque chose de nouveau pourrait advenir. Ainsi, même si nous n’avons observé que des cygnes blancs, peut être que le prochain sera noir. Hume a cependant tort d’abandonner toute tentative de justification. Si nous pouvons prédire que le Soleil se lèvera demain par exemple, ce n’est pas simplement car il l’a toujours fait précédemment. Nous pouvons le prédire car nous pouvons l’expliquer : une prédiction se justifie par une explication. Or, il se trouve qu’une explication entend décrire réellement le monde. Elle est plus ou moins vraie selon si elle correspond plus ou moins effectivement au processus réel (Bunge, 2012). Ainsi, le Soleil se lève parce que la rotation de la Terre détermine réellement ce cycle-là, jour après jour. Et il se lèvera demain que nous le percevions ou non. Tout comme la lune existe même si personne ne la regarde, comme le disait Einstein. La science, grâce à sa méthode, nous permet de penser les choses telles qu’elles sont réellement, même si ce n’est qu’imparfaitement et partiellement (Bunge, 2008).

Cette importance de la réalité dans l’élaboration de nos connaissances a notamment été explicitement défendue par Galilée. Son réalisme scientifique a été au centre de son tristement célèbre procès (1616). À la suite d’observation à la lunette astronomique, convaincue que le soleil était au centre de l’univers, il a développé un modèle mathématique bien meilleur que les autres pour décrire le mouvement des planètes. En réaction, l’inquisiteur de Galilée, le cardinal Bellarmin, a adopté le point de vue suivant : la tâche de l’astronome serait de rendre compte des apparences et non de découvrir comment les choses sont réellement. Afin que la nouvelle astronomie ne réfute pas les Écritures, l’Inquisition réclamait de Galilée qu’il déclare équivalentes les deux conceptions rivales au prétexte qu’elles étaient toutes deux compatibles avec les données. L’Église a mis fin à la controverse théologique, mais le réalisme scientifique a été justifié des années plus tard. La mécanique céleste newtonienne a justifié l’hypothèse héliocentrique : les planètes tournent réellement autour du Soleil car il est au moins mille fois plus massif (Bunge, 1993). Nos connaissances peuvent progresser et ne sont pas de simples généralisations, l’expression d’habitudes ou encore des vues de l’esprit si nous vérifions méthodiquement leurs correspondances avec la réalité. Il est alors intéressant de voir que la conception de Hume vient soutenir la conception religieuse du cardinal Bellarmin rejetant la notion de réalité. Même si pour l’époque le scepticisme de Hume à propos de la religion est progressiste, son anti-réalisme et son rejet du newtonisme sont réactionnaires (Bunge, 2016).

UN CLASSICISME EMPIRISTE

Une bonne illustration de l’épistémologie empiriste de Hume est sa conception esthétique. Il affirme que la beauté n’est pas dans les choses, mais dans les yeux des spectateur·ice·s. Il ne serait pas question de beauté en soi ou réelle : « Le plaisir et la douleur ne sont pas seulement les compagnons nécessaires de la beauté et de la laideur, ils en constituent l’essence même » – Hume, D. (1731). Traité de la nature humaine. II. Le beau serait une question de plaisir et de sensibilité de l’esprit humain. Néanmoins, l’art n’en resterait pas moins lié à des règles. Ces règles ne seraient pas issues d’une raison précédant toute expérience, au contraire elles seraient comprises par la répétition et le « raffinement des sens ». Le développement du goût serait une question d’éducation et de pratique répétée de l’art. Ainsi, le critique d’art devrait en formuler les règles, analyser les expériences pour y découvrir des régularités et rectifier ses propres règles pour tenir compte de tout ce qui plaît. Le bon goût esthétique consisterait donc en ce qui plaît dans tous les temps et dans tous les pays. Dans la perspective de Hume il est alors impossible de penser l’évolution des normes esthétiques sans référence à un bon goût abstrait et prétendument universelle. De manière cohérente avec sa conception de l’esthétique, Hume apprécie Virgile, Racine, Corneille, des auteurs du classicisme (Ruby, 2011). Les passions des héros et héroïnes de ce mouvement artistique sont souvent violentes et l’écriture des auteur·ice·s consiste à les rendre intelligibles. Le classicisme est caractérisé par des principes assez contraignants comme la règle des 3 unités au théâtre : unité de temps, de lieu et d’action. Ces règles doivent permettre la production d’œuvres de goût inspirées des modèles de l’art antique marqué par l’équilibre, la mesure et la vraisemblance (« Classicisme », 2020). Ainsi en érigeant le classicisme au rang de bon goût prétendument universel sa conception de l’esthétique apparaît avant tout comme un moyen de légitimer les normes artistiques des dominant·e·s.

Pour mettre l’accent sur l’expérience du beau à travers nos sens, notre plaisir et notre douleur, Hume rejette la notion de réalité et d’objectivité esthétique. Ce rejet est cohérent avec son empirisme mais c’est une erreur. Hume a raison de rejeter une conception absolue de la beauté existant indépendamment du spectateur et de la spectatrice, mais cela n’implique pas de rejeter la notion de réalité et d’objectivité (Boyd, 2005). Bien qu’une œuvre ne soit ni belle ni laide s’il n’existe personne pour en profiter, le spectacle est aussi réel que les spectateur·rice·s. Le beau existe réellement comme un rapport matériel impliquant différents objets et individu·e·s (Dutton, 2014). Nous pouvons ainsi analyser une œuvre non pas seulement à travers notre goût personnel, ou même collectif, mais aussi comme un objet avec des propriétés matérielles déterminantes, des qualités techniques, des effets physiologiques (Skov & Nadal, 2017) et des conséquences culturelles, économiques, sociales, politiques et même écologiques (Boyd, 2005 ; Sidanius & Pratto, 1999 ; Lorenz, 2021). L’art est une activité parmi d’autres qui ne se résume pas à quelques conventions de goût. Si l’effort esthétique consistait simplement à plaire à tout le monde, ou à quelques critiques hauts placé·e·s, les révoltes ne pourraient pas être belles. Et à l’inverse comment un éloge du fascisme pourrait-il être beau ? Même si cet éloge avait des qualités techniques et en l’occurrence littéraire, il n’y a rien de beau à légitimer la hiérarchie.

Dans une conception similaire à celle de Hume, certain·e·s auteur·ice·s contemporain analysent la culture en mettant l’accent sur la réception de certaines œuvres d’art et sur les interprétations qu’en font les spectateur·ice·s (Glevarec, Macé, & Maigret, 2011). Là encore une conception subjectiviste mène à se désintéresser des caractéristiques réelles des œuvres étudiées. Il ne s’agirait pas d’expliquer l’art mais de renseigner sur les interprétations que suscite l’œuvre. Dans cette conception, les méthodes des sciences naturelles ne pourraient d’ailleurs pas expliquer l’esthétique, car cette dernière serait au-delà de notre nature. Cela confine à une perspective dualiste dans laquelle les sciences sociales, comme celle étudiant l’art par exemple, sont séparées des sciences naturelles. Pourquoi Homo sapiens fait de l’art et certaine œuvre d’art en particulier reste alors un mystère. De même pour ce qui motive les personnes à rendre certains aspects du monde « spéciaux ». Si nous voulons réellement comprendre l’art, nous ferions pourtant mieux de l’analyser en tant qu’activité sociale parmi d’autres (Dissanayake, 2009).

UNE CHARITÉ INCONSÉQUENTE

Selon Hume, la source de la morale serait les passions. Si nous n’éprouvions pas du désir ou de l’aversion, nous n’agirions pas. Dans cette logique, la raison serait une passion moins turbulente, plus englobante, tempérée : « La moralité est donc plus proprement sentie que jugée. » – Hume, D. (1739-1740). Traité de la nature humaine. 3. 1. 2. La conception de la morale de Hume ne se base pas sur des règles préétablies, c’est une morale conséquentialiste : une action est morale quand ses conséquences sont bonnes. La notion d’utilité est alors fondamentale dans sa morale ainsi que dans son esthétique d’ailleurs (Brunet, 1965 ; « David Hume », 2019). Ce qui serait moral serait ce qui est utile à l’individu·e et à la société. Mais contrairement à d’autres utilitaristes comme Hobbes, il parle d’utilité sociale. Il insiste sur la « sympathie » et l’intérêt qu’on porte aux autres car aucune action humaine ne serait parfaitement isolée, elles entretiendraient toutes un rapport mutuel. Avec ces considérations, les utilitaristes devraient élargir leurs conceptions selon Hume. L’intérêt personnel serait pour lui un principe social. La situation donne d’ailleurs du crédit aux thèses de Hume. À l’époque le commerce anglais s’étend, non seulement en Europe, mais aussi dans le « Nouveau Monde ». Les comptoirs anglais se multiplient. À la fin du 16e siècle, la flotte anglaise comptait à peine 50 000 tonneaux. Elle en compte plus de 300 000 au milieu du 18e siècle, soit 6 fois plus. À noter que la production des matières premières et leurs débouchés sont assurés par l’accroissement rapide de l’Empire colonial. Par ailleurs, l’agriculture se développe, les procédés de cultures se perfectionnent, les activités marchandes se multiplient. Leurs impacts sociaux sont déterminants. Se développe alors un domaine d’étude indépendant : l’économie politique. En 1776, Adam Smith publie Richesse des nations, œuvre classique du genre. Nous pouvons justement y retrouver de nombreuses notes de Hume, son proche ami (Schatz, 1902).

Hume a raison de mettre l’accent sur l’importance des émotions dans notre morale. Elle est bien trop souvent conçue comme quelque chose d’avant tout rationnelle. Mais comme nous allons le voir, là encore il a tort de rejeter toute référence à la réalité : en effet selon Hume, les économistes et les politicien·ne·s n’auraient pas à se préoccuper du monde réel et du fondement des institutions, cela serait inconnaissable. S’iels ne s’occupaient que de ce qui est utile, leur tâche serait remplie (Schatz, 1902). Dans cette conception, l’économie apparaît comme un phénomène suffisant pour percevoir et comprendre le fonctionnement de la société. L’important, ce serait que ça tourne ! Pour les dualistes, les données économiques seraient suffisantes pour gouverner la société. Dans une sorte d’idéalisme, elle serait même plus que ça : tous ce qui ne serait pas pris en compte par l’économie n’existerait pas ou serait d’importance mineure. La réalité de tout travail, sa violence et son autorité seraient négligeables. D’ailleurs, placé·e·s dans une situation de dilemme moral, les individu·e·s adhérant à une morale utilitariste se distingue par une moindre aversion pour l’atteinte à autrui. C’est-à-dire que si tuer une personne pouvait en sauver d’autres plus estimé·e·s, alors ils et elles le feront plus facilement (Bandura, 1999). Nous pouvons aisément imaginer qu’exploiter les autres est un mal négligeable pour les utilitaristes. Hume légitime donc avant tout le développement de l’économie, et son insistance sur la sympathie ne change pas grand-chose.

Les rapports de productions sont douloureux et hiérarchiques, et l’économie est surtout un moyen de hiérarchisation sociale. C’est parce que tous ces chiffres dans les comptes en banques sont utilisés pour nous hiérarchiser qu’ils sont utiles pour les dominant·e·s. La monnaie et le mythe de sa valeur est surtout utile pour légitimer la hiérarchisation que l’économie institue. Cette réalité est négligée par les économistes. De même lorsque Hume parle de charité comme d’un devoir moral pour les plus riches, c’est avant tout à des fins de pacification sociale. Il adopte une posture faussement sympathique qui permet de ne pas s’interroger sur les causes de la guerre sociale et des inégalités : la hiérarchie. Quand la charité complaît les dominant·e·s dans leur rôle, elle n’a plus rien de moral. Au contraire, parce que la hiérarchie peut avoir une incidence considérable sur la santé des personnes, notamment en ce qui concerne les maladies liées au stress (Sapolsky, 2004), un acte réellement moral est égalitariste.

UN CONSERVATISME SYMPATHIQUE

Après la Bataille de Culloden (1746), bataille décisive dans la colonisation de l’Écosse, les autorités britanniques veulent supprimer la culture écossaise traditionnelle. Le port du tartan ou jouer de la cornemuse est interdit. Les chef·fe·s de clan sont poussé·e·s à se considérer propriétaires des terres qu’iels contrôlent. Ces terres étaient pourtant des biens communs. Iels transforment alors les terres en pâtures à moutons, plus rentables. Les habitant·e·s dépossédé·e·s sont ainsi forcé·e·s à l’exil. Certain·e·s habitant·e·s sont recrutés pour servir dans l’Empire britannique, d’autres émigrent au nord de l’Amérique et d’autres encore sont embauché·e·s dans les premières usines. C’est le début de la révolution industrielle écossaise (« Histoire de l’Écosse », 2019). Pour Hume, l’esprit de clan porte tous les signes d’une étape antérieure de la société qui agirait comme l’ennemi d’une grande société commerciale. Plutôt qu’une transformation ouvertement conflictuelle, Hume suggère alors une transformation économique. Là encore, un parallèle avec Newton est présent : comme la force gravitationnelle pour les planètes Hume conçoit l’argent comme une force active pour changer les sociétés. Son raisonnement est le suivant : parce que le sentiment familial ne serait pas inné et qu’il n’existerait qu’en raison de nos interactions répétées, si l’objet auquel nous sommes lié·e·s changeait, alors notre sentiment d’amour changerait aussi. Il faudrait alors selon Hume prévoir une stratégie économique qui lierait les futures augmentations de la productivité agricole des clans écossais à une politique qui fournirait, au-delà de la subsistance, des produits de base lucratifs. Il faudrait les faire adhérer et aimer cette grande société commerciale dont Hume soutient le développement. Son attitude vis-à-vis de l’Annexing Act (un ensemble de mesure concernant l’annexion de l’Écosse) au-delà du clivage monarchique contre républicain de l’époque, vise donc avant tout à limiter les guerres civiles et révolutions (Caffentzis, 2005). Il ne fait ainsi que légitimer la domination des autorités britanniques en pensant faire pour le mieux.

Pour Hume, l’État est un mal nécessaire. Il serait utile dans l’histoire de la société. Ce recours à la notion d’Histoire lui permet de justifier l’existence de l’État, sans se référer à des notions qu’il rejette comme la nature. Il en critique d’ailleurs l’usage par d’autres économistes, les physiocrates. Ainsi, la liberté humaine ne serait pas un principe de droit naturel. Ce ne serait pas un principe intangible et sacré. L’État garantirait simplement la bonne conciliation de la liberté avec l’utilité sociale, cela non par promesse ni par contrat, mais par convention (Schatz, 1902). Lorsque Hume légitime l’État comme garant historique du fonctionnement de la société, il légitime en réalité le développement des États-nations dans la violence et la contrainte (Kropotkine, 1906 ; Sidanius & Pratto, 1999). Hume adopte également un raisonnement similaire en ce qui concerne la propriété. Elle ne serait pas naturelle mais serait simplement utile pour stabiliser les relations humaines. Elle permettrait aux êtres humains de s’assurer de leurs biens. La division du travail étant alors possible, plus de biens, et de meilleure qualité, seraient produits. La population prospérant, l’État prospérerait aussi. Cette prospérité rendrait alors meilleurs les êtres humains, elle affinerait leur morale (Schatz, 1902). Mais la propriété est surtout utile pour instituer la hiérarchie, pour favoriser l’accès des dominant·e·s aux ressources et restreindre celui des dominé·e·s.

Hume s’oppose en revanche à l’esclavage : la liberté serait la source de la prospérité. Vivre au milieu « de la flatterie, de la soumission, [et] de l’avilissement », serait avilissant pour soi-même. Les rapports de maître·sse à esclave devraient donc être libres. Il faudrait servir librement. Il affirme d’ailleurs la fécondité de l’activité libre et des mécanismes sociaux harmonieux (Schatz, 1902). L’utilité sociale consisterait donc au concours libre de chacun·e dans un monde hiérarchique. Mais que signifie « agir librement » lorsqu’on ne l’est pas ? « Servir librement un·e maître·sse » n’est qu’une affirmation autoritaire fournissant une illusion de liberté rassurante. Il est souvent plus efficace de pousser les gens à se soumettre de leur propre volonté car les pratiques ouvertement autoritaires sont source de tensions, voire de conflits, et conduisent souvent à des surenchères (Joule & Beauvois, 2010). Cependant, une soumission librement consentie n’en est pas moins une soumission avec son cortège d’horreur. Le salariat n’est pas la liberté.

Par ailleurs, Hume affirme que la justice n’aurait aucune utilité dans une société d’abondance. La justice ne serait pas un instinct de l’être humain : ce ne serait qu’une production artificielle, culturelle. La justice ne servirait qu’à maintenir un certain statu-quo (Schatz, 1902). Cependant de nombreuses espèces non humaines très coopératives, semblent guidées par un ensemble d’attentes concernant le résultat de la coopération et la répartition des ressources. Le singe capucin brun (Cebus apella) par exemple, réagit négativement à la distribution inégale des récompenses dans les échanges avec un expérimentateur humain. Les singes refusaient de participer aux exercices s’ils voyaient un congénère obtenir une récompense plus attrayante pour un effort égal, et ce d’autant plus si le partenaire recevait une telle récompense sans aucun effort. Cela soutien la thèse d’une origine évolutive précoce et partagée de l’aversion pour l’iniquité (Brosnan & De Waal, 2003). La justice n’est donc pas une pure construction artificielle. En revanche il est vrai que comme l’État et la propriété, le système judiciaire sert avant tout à maintenir le statu-quo, c’est-à-dire à maintenir la hiérarchie sociale et à punir les pauvres (Sidanius & Pratto, 1999). Toutes ces choses sont très utiles pour les dominant·e·s, mais nous ferions mieux de nous en passer.

Il est impossible de porter une critique radicale en adoptant la perspective économique de Hume. Ce n’est pas simplement qu’il privilégie une approche quantitative insuffisante pour comprendre le monde ; d’autres économistes se croyant plus critique ont aussi pour objet d’étude les désirs et privilégient une approche qualitative (Cléro, 2002). Le problème n’est pas de privilégier les aspects quantitatifs ou qualitatifs de nos activités. Le problème c’est que les économistes se contentent de formaliser leur perception du monde, cela quand iels ne sombrent pas dans le dualisme ou même l’idéalisme (Marx, & Engels, 1846). Le problème c’est de ne pas réellement éclairer les processus douloureux qui maintiennent la hiérarchie et ainsi de ne pas briser les mythes qui la légitime.

CONCLUSION

Hume a marqué la philosophie. Il a contribué à l’essor des sciences. Mais Il a aussi actualisé des conceptions religieuses pouvant s’accorder avec les jeunes conceptions scientifiques de l’époque. Parce qu’il minore ou rejette la notion de réel, son empirisme se confine à des perspectives dualistes et idéalistes qui n’explique pas vraiment les choses. Ainsi il réduit l’art à ce qui plaît à tout le monde ou à quelques critiques hauts placés connaissant les conventions de goût mais sans réellement expliquer ce qui fait le beau. Ses préférences pour le classicisme expriment ainsi des conceptions esthétiques légitimant le bon goût de l’époque et son statu quo. D’autres part, sa notion de charité légitime la hiérarchie qui reste pour lui un mal nécessaire. Hume prône volontiers la liberté, mais en défendant entre autres la propriété, il affirme une conception autoritaire et conservatrice (Schatz, 1902).

Aujourd’hui encore, les libéraux pensent que le travail est une liberté. Celleux qui acceptent cela ne sont que des autoritaires qui s’ignorent. Parler de liberté ou d’égalité sans critiquer la hiérarchie, est une bouffonnerie. Penser que toute activité s’évalue en termes économiques n’est qu’un des mythes qui légitiment le statu quo. Les dominé·e·s peuvent bien faire les efforts qu’iels veulent, leur temps et leur vie sont négligés. Les dominant·e·s négligent tout ce qui les entoure. Alors, afin d’avoir une appréhension réaliste du monde, l’écologie doit faire la critique de l’économie. Et nous devons en prendre acte. L’important c’est que ça ne tourne plus ! La dégradation due aux activités humaines a un impact négatif sur le bien-être d’au moins 3,2 milliards de personnes et a poussé la planète dans une sixième extinction de masse des espèces. Environ 41 % des amphibiens et plus d’un quart des mammifères sont menacés d’extinction à court-terme. Les populations de poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles ont diminué de 60 % depuis 1970. 90 % des grands mammifères marins ont déjà disparu. Sans parler des insectes ou encore des plantes… Le capitalisme extermine 26 000 espèces par an (Campagne, 2017 ; CDP Report, 2017 ; Scholes et. al., 2018). Ces espèces ne reviendront pas. Notre écosystème n’est pas remplaçable. Il n’est pas à notre disposition. Ce n’est pas une simple ressource. Nous pouvons et nous devons stopper ce massacre. Abolissons la hiérarchie.

Guillaume Deloison – 2021

RÉFÉRENCES :

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Sidanius, J., & Pratto, F. (1999). Social Dominance : An Intergroup Theory of Social Hierarchy and Oppression. Cambridge : Cambridge University Press. doi : 10.1017/CBO9781139175043

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+Plus :

Ferrand, J. (2011, 1 mai) La généalogie de l’utilitarisme européen. Revue d’études benthamiennes. consulté le 04 août 2019. https://journals.openedition.org/etudes-benthamiennes/292 ; doi : 10.4000/etudes-benthamiennes.292

Blitman, D. (2010) Chomsky et l’empirisme : de la critique de l’empirisme au sens de l’innéisme et du rationalisme chomskyens. Histoire Épistémologie Langage. p. 139-167 : https://www.persee.fr/doc/hel_0750-8069_2010_num_32_1_3295

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IL Y A AUSSI DE BONS FLICS ? #NotAllCops


Aux États unis, certain·e·s flics ont posé un genou à terre en hommage à George Floyd. En France, on a vu des flics distribuer des bonbons dans la rue. Cela voudrait-il dire qu’il y a aussi des bons flics ?

IL Y A AUSSI DE BONS FLICS ? #NotAllCops

Alors pourquoi iels donnent des bonbons avec leurs uniformes ? Parce que ce sont de gentilles personnes ? Iels pourraient donner des bonbons sans uniforme, mais dans le contexte des violences policières actuelles, ce n’est pas anodin. C’est une stratégie bel et bien politique.

Se contenter de faire passer le message « on est pas tous méchant regarder moi je suis gentil·le » en distribuant des bonbons dans un contexte de violences policières quotidienne, d’affaire de meurtre commis par la police quasiment toutes les semaines ou au moins tous les mois (sans parler de George Floyd et le combat d’Assa Traoré pour son frère Adama, les images qui viennent de sortir sur Cedric Chouviat, les 1 ans de la mort de Steve Maia Caniço, la manif la semaine dernière pour Lamine Dieng… et je parle que d’événements de cette semaine et la liste est tellement longue… c’est abominable et je suis sur de pas être exhaustif (Bastamag, 2018). Bref, c’est vraiment répugnant et ça montre a quel point iels en ont rien à foutre des comportements problématiques de leurs collègues : ce qui importe c’est leur ego, leur propre image (Ce qui est un manque sidérant d’empathie pour les familles des victimes de meurtre policier). Iels privilégient la com’ plutôt que de régler le problème. Iels préfèrent renforcer la croyance selon laquelle la police est là pour protéger les gens. On a tous lu ça dans les livres pour enfant mais c’est évidemment faux. La police n’a pas été créée pour ça et n’a jamais eu cette fonction, ce n’est qu’un mythe. Sa fonction est de maintenir le statu quo. D’ailleurs c’est pareil pour la prison et le système pénale en général (Sidanius et Pratto, 1999). Après que les policier·es soit gentil ou non a coté n’a aucune importance, iels font leur travail, iels terrorisent les individus en bas de la hiérarchie sociale. Malheureusement cela laisse des marques et les policier·es endossent majoritairement des croyances légitimant la hiérarchie, iels ont des supers hauts scores d’autoritarisme de droite (Altemyer, 1981 ; Body Gendrot & Whitol de Wenden, 2003), votent à plus de 50 % pour le FN et quasiment tous pour un parti d’extrême droite (Leboucq, 2020). Et je passe sur leurs collaborations répétées avec des groupuscules d’extrême droite comme génération identitaire ou autre qu’iels protègent pendant les manifs (La horde, 2020).

Alors y a-t-il de bons flics ? La question n’est pas pertinente. Il n’y a pas de bonne police et toute perspective égalitaire passe par son abolition.

Guillaume Deloison

RÉFÈRENCES :

Bastamag (2018). Base de données. https://bastamag.net/webdocs/police/

Body Gendrot, S., Whitol de Wenden, C. (2003). Police et discriminations raciales : Le tabou français.

La horde (2020). Manif contre les violences policières à Paris : la provoc’ des identitaires tourne court. https://lahorde.samizdat.net/2020/06/14/manif-contre-les-violences-policieres-a-paris-la-provoc-des-identitaires-tourne-court/

Leboucq, F. (2020). Est-il vrai que les policiers et gendarmes votent à 75 % pour l’extrême droite, comme le dit Mélenchon ?. https://www.liberation.fr/checknews/2020/06/10/est-il-vrai-que-les-policiers-et-gendarmes-votent-a-75-pour-l-extreme-droite-comme-le-dit-melenchon_1790710

Sidanius, J., & Pratto, F. (1999). Social Dominance: An Intergroup Theory of Social Hierarchy and Oppression. Cambridge: Cambridge University Press. doi:10.1017/CBO9781139175043. https://www.cambridge.org/core/books/social-dominance/ADA29C256881001463D6E2777404DB95

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RÉALITÉ


RÉALITÉ est une lecture du texte de Mario Bunge (1993) Réalisme et Anti-Réalisme dans les Sciences Sociales. Cette lecture est entrecoupée d’une conversation avec mon amie Aurèle Decht sur la place du réalisme dans la lutte contre toute hiérarchie. La lecture donne des éléments de réflexion et la discussion illustre un vrai cheminement soulevant différentes thématiques. S’ouvre alors une réflexion mêlant philosophie, science, morale et politique.

Après les abominations du 20e siècle, et l’extermination de la moitié des espèces sur terre durant les dernières décennies, certain se donne des aires rebelles à critiquer la science et à la caricaturer comme la nouvelle religion. Des concepts comme l’objectivité, la vérité ou encore la réalité serait ringard et le summum de la modernité serait d’être ouvert à la spiritualité pour ne pas dire au mysticisme. Ainsi depuis les années 60 certains sociologues dans l’air du temps recycle certaines épistémologies hostiles aux sciences : le subjectivisme, le conventionnalisme, le fictionnisme, le constructivisme social, le relativisme et l’herméneutique. Bunge critique ces approches et explique que toute activité scientifique adopte une épistémologie réaliste, même tacitement. En parallèle nous développons au cours de notre discussion avec Aurèle Decht, pourquoi toute perspective égalitariste et anarchiste devrait endosser un réalisme scientifique.

Il ne s’agit évidemment pas de promouvoir une perspective autoritaire et élitiste des sciences comme tour d’ivoire délivrant ses connaissances à la plèbe. La science avance avec la critique. C’est d’ailleurs bien triste de devoir le rappeler car il est vrai que la critique n’est plus immédiatement associé à la science. Et même si ce n’est pas le sujet de la vidéo, il faudrait effectivement développer sur cet état de fait qui n’est pas dépourvue de sens à une époque ou la majeure partie des scientifiques a abandonné le registre de l’insubordination.

Mario Augusto Bunge, (1919-2020) est un physicien et philosophe argentin. Son œuvre philosophique s’inscrit dans la pensée matérialiste, et plus précisément dans le courant évolutionniste du matérialisme scientifique. Il s’opposait au régime militaire du Groupe d’officiers unis, et considérait que « la guerre contre le fascisme impliquait le combat philosophique contre l’irrationalisme. »

Si vous préférez vous pouvez directement lire le PDF du texte de Mario Bunge :
Bunge, M. (1993). Réalisme et Anti-réalisme dans les Sciences Sociales. Theory and decision

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CONTRE LES PSEUDO-ECOLOGIES D’EXTRÊME DROITE


 

L’extrême droite se définit comme un ensemble de courants politiques œuvrant à accentuer la hiérarchie sociale. Iels s’accordent sur une vision du monde autoritaire mais la place de la nature dans leur discours change selon les situations politiques. Aujourd’hui, quelle place prend la nature dans leurs discours pseudo-écologistes ? Quel horizon écologique leur opposer ? Lire la suite

PSYCHANALYSE / SCIENCE & ANARCHISME


Avec Armaruak et Reflexion Faite on parle de psychanalyse. Après avoir critiqué le bien-fondé scientifique de ce courant, nous élargirons la réflexion sur la place que prend la psychanalyse à gauche de l’échiquier politique et notamment avec les théories marxistes. Il sera aussi par la suite question de notre rapport à la science en tant qu’anarchiste.

Armaruak : https://twitter.com/armaruak
Reflexion Faite : https://www.youtube.com/channel/UCb4GwqOR5bIUHpvDS_UOC1A

RÉFÉRENCES :
Arte. (2018). Propaganda, la fabrique du consentement.
Bakounine, M. (1882). Dieu et l’état. https://www.youtube.com/watch?v=Jc4IWUfua9g
Bakshi, R., Czarnecki, D., Shaikh, Z. A., Priore, R. L., Janardhan, V., Kaliszky, Z., Kinkel, P. R.(2000). Brain MRI lesions and atrophy are related to depression in multiple sclerosis. NeuroReport. 11. 6. p 1153-1158 https://journals.lww.com/neuroreport/Abstract/2000/04270/Brain_MRI_lesions_and_atrophy_are_related_to.3.aspx
Bunge, M. (1981). Le matérialisme Scientifique. Syllepse.
Bouveresse, J. (1999). Prodiges et vertiges de l’analogie. éd. Raisons d’agir.
Catherine Meyer – Le livre noir de la psychanalyse
Depardon, R. (2017).12 jours.
Kling, A. S., Metter, E. J., Riege, W. H., & Kuhl, D. E. (1986). Comparison of PET measurement of local brain glucose metabolism and CAT measurement of brain atrophy in chronic schizophrenia and depression. The American Journal of Psychiatry, 143(2), 175–180. https://psycnet.apa.org/record/1986-17378-001
Le phallus et le néant. https://lephallusetleneant.com/
Pálsson, S., Aevarsson, Ó, & Skoog, I. (1999). Depression, cerebral atrophy, cognitive performance and incidence of dementia: Population study of 85-year-olds. British Journal of Psychiatry, 174(3), 249-253. doi:10.1192/bjp.174.3.249 https://www.cambridge.org/core/journals/the-british-journal-of-psychiatry/article/depression-cerebral-atrophy-cognitive-performance-and-incidence-of-dementia/C6F4A5A049AB93C3393ACC2F107A6D3C
Ponce, C. & Arellano Hernández, A. (2015). Articulation science et société : un guide méthodologique pour les étues sociales des sciences et technologies: À propos de Dominique VINCK (2015). Ciencias y sociedad. Sociología del trabajo científico. Barcelona, Gedisa. Revue d’anthropologie des connaissances, vol. 9, 4(4), 503-511. doi:10.3917/rac.029.0503. https://www.cairn.info/revue-anthropologie-des-connaissances-2015-4-page-503.htm
Robert, S. (2014). Les déconvertis de la psychanalyse. Dragonbleu TV. https://www.youtube.com/watch?v=LgD9I31JD30
Robert, S. (2019). Hold up sur la psychologie. https://www.youtube.com/watch?v=uHKxxjB3kps
Robert, S. (2019). Le mur : l’autisme à l’épreuve de la psychanalyse. Dragon Bleu TV. https://www.youtube.com/watch?v=PS2dlJh5U60
Sapolsky, R. M. (2005). The influence of social hierarchy on primate health. Science. 308. https://pdfs.semanticscholar.org/7536/e80f645c536ba6445be569ecec8b8e68dcad.pdf
Sapolsky, R. B. (2004). Social Status and Health in Humans and Other Animals. https://www.researchgate.net/publication/228982398_Social_Status_and_Health_in_Humans_and_Other_Animals
Sidanius, J., & Pratto, F. (1999). Social Dominance: An Intergroup Theory of Social Hierarchy and Oppression. Cambridge: Cambridge University Press. doi:10.1017/CBO9781139175043
Zététique :
Hygiéne Mentale https://www.youtube.com/user/fauxsceptique
Esprit critique https://www.youtube.com/channel/UC0yPCUmdMZIGtnxSnx5_ifA
Le CorteX https://cortecs.org/

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PHILOSOPHER – VOLTAIRE


« L’esprit d’une nation réside toujours dans le petit nombre, qui fait travailler le grand, est nourri par lui, et le gouverne. Certainement cet esprit de la nation chinoise est le plus ancien monument de la raison qui soit sur la terre » – Voltaire. (1756). Essai sur les mœurs et l’esprit des nations

François-Marie Arouet, dit Voltaire, naît le 21 novembre 1694 à Paris. Il meurt dans la même ville le 30 mai 1778 à 83 ans. C’est un écrivain et philosophe français. Représentant le plus connu de la philosophie des Lumières, anglomane, Voltaire est féru d’arts et de sciences. Il est en faveur d’une monarchie libérale, éclairée par les philosophes. Son œuvre littéraire est riche et variée. Par sa production théâtrale importante, ses longs poèmes épiques, telle La Henriade, et ses œuvres historiques, il est l’un des écrivains français les plus célèbres du 18e siècle (« Voltaire », 2019).

Voltaire n’est qu’une sale merde. C’est facile de jouer les rebelles quand on n’est qu’un bouffon de grande renommée. Je le hais car il fait de la liberté et de la raison des inepties mutilantes. Attaquons radicalement ses conceptions d’une rageante actualité. C’est l’autorité sous un masque hypocrite. Lire la suite

PHILOSOPHER – DIDEROT


« À qui, barbares, ferez-vous croire qu’un homme peut être la propriété des souverains ; un fils, la propriété d’un père ; une femme, la propriété d’un mari ; un domestique, la propriété d’un maître ; un nègre, la propriété d’un colon ? » – Diderot. (1770). L’histoire des Deux Indes

Denis Diderot, naît le 5 octobre 1713 à Langres et meurt le 31 juillet 1784 à Paris. C’est un écrivain, philosophe et encyclopédiste français des Lumières. Il est romancier, dramaturge, conteur, essayiste, dialoguiste, critique d’art, critique littéraire et traducteur. Il pose les bases du drame bourgeois au théâtre, révolutionne le roman avec Jacques le fataliste et participe au développement de la critique dans ses Salons. De plus, il supervise la rédaction d’un des ouvrages les plus marquants de son siècle : la célèbre Encyclopédie. Il vit sous la menace de la répression. En 1749, Il fit 3 mois de prison au château de Vincennes. Diderot préfère alors fonder ses espoirs dans la publication posthume de certains de ses textes. Ce n’est qu’à la fin du 19e siècle que son travail accède effectivement à la postérité. (« Denis Diderot », 2019).

J’ai beaucoup de tendresse pour Diderot. Il démontre une force et une détermination sublime. Face à son œuvre, je me sens son ami. Je partage ses douleurs ; celles qu’impliquent la lutte pour la liberté. J’écris ces lignes en son honneur. Étudions la fécondité de sa philosophie sans l’idéaliser. Cela lui aurait plu. Lire la suite

Révolutions, contre-révolutions et guerres de l’Algérie à l’Iran et de Syrie au Yémen (2011-2019)


Une discussion de Guillaume Deloison et d’Armand Paris de Sortir du capitalisme autour des révolutions, des contre-révolutions et des guerres de l’Algérie à l’Iran et de Syrie au Yémen des premiers « Printemps arabes » à nos jours.

L’émission comporte :

Une définition des caractéristiques communes de l’espace allant de l’Algérie à l’Iran et de la Syrie au Yémen, aux racines des soulèvements de cette région : héritage colonial ou semi-colonial, sous-industrialisation, prédominance du capitalisme d’Etat et rentier (hydrocarbures, construction, tourisme), dépendance aux importations, à l’envoi d’argent des diasporas et aux institutions internationales (FMI), chômage et travail informel massifs, fortes inégalités ;

Une description du cycle révolutionnaire et contre-révolutionnaire en Egypte (2011-2013) et de ses composantes : prolétariat urbain, prolétariat industriel, classes moyennes, commandement militaire, président et ses proches, classe politique, capitalistes de connivence, capitalistes indépendants ;

Une analyse du rôle contre-révolutionnaire des impérialismes régionaux et internationaux depuis 2011 ;

Une critique du conspirationnisme d’Etat et de gauche « anti-impérialiste » et des lectures orientalistes des soulèvements et des conflits, vus sous un prisme confessionnaliste, ethniciste, romantique révolutionnaire, sécuritaire ou encore islamophobes ;

Une analyse des positions de l’extrême-droite soralienne et des rouges-bruns vis-à-vis des soulèvements ;

Une évaluation critique des réalisations du PYD au Rojava ;

Une discussion des luttes et des problèmes écologiques (correctif à ce sujet), des gauches et des perspectives politiques dans cette région du monde ;

Une analyse des causes de l’échec des modernisations de rattrapage « socialistes » des années 1960-1970 en Égypte, en Syrie, en Irak et en Algérie ;

Une description des modalités d’intégration au capitalisme mondial des pays de cette région du monde ;

Une analyse de Daech comme un État de milices rebelles islamistes armées plutôt que comme fasciste, et de l’islamisme comme mouvement d’opposition néo-conservateur, interclassiste, hégémonique face à un nationalisme arabe en crise de légitimité, et promoteur d’un dépassement illusoire des difficultés socio-économiques au travers d’un capitalisme pieux, donc « vertueux », « moral » et charitable ;

Une conclusion sous forme d’un bilan des révolutions et des contre-révolutions, avec des perspectives au sujet de l’évolution politique future de cette région.

Émission sur le site Sortir du capitalisme avec ses sources :
http://sortirducapitalisme.fr/emissions/304-revolutions-contre-revolutions-et-guerres-de-l-algerie-a-l-iran-et-de-syrie-au-yemen-2011-2019

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Réponse à Monsieur Phi : Le Vrai Problème Avec Aristote


Une petite vidéo rapide pour répondre à Monsieur Phi et sa vidéo « Le pire scientifique de l’histoire ? Ft. DirtyBiology ». Il répond à Bruce de la chaine E-penser qui se moque d’Aristote. Monsieur Phi réhabilite donc le prestige d’Aristote en tant que scientifique. Je fais cette vidéo pour exposer le vrai problème avec Aristote.

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GUILLEMET N°3


Cette fois on s’intéresse à:
Cultural studies, Anthologie – Hervé Glevarec & al.
Pour une technologie libératrice – Murray Bookchin
Morality and social instinct, continuity with the other primates – F. de Waal

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GUILLEMET N°2


Cette fois on s’intéresse à:
Bolo’ Bolo’ – P.M.
La brochure de the anarchist library – La société contre l’État de Pierre Clastres
Liberté et déterminisme : un point de vue neurobiologique est il possible ? – Delphine Blitman

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PHILOSOPHER – FOUCAULT


« Je ne peux m’empêcher de penser à une critique qui ne chercherait pas à juger, mais à faire exister une œuvre, un livre, une phrase, une idée ; elle allumerait des feux, regarderait l’herbe pousser, écouterait le vent et saisirait l’écume au vol pour l’éparpiller. Elle multiplierait non les jugements, mais les signes d’existence ; elle les appellerait, les tirerait de leur sommeil. Elle les inventerait parfois ? Tant mieux, tant mieux. La critique par sentence m’endort ; j’aimerais une critique par scintillements imaginatifs. Elle ne serait pas souveraine ni vêtue de rouge. Elle porterait l’éclair des orages possibles. » – Michel Foucault

Paul-Michel (dit Michel) Foucault est un philosophe français né le 15 octobre 1926 à Poitiers et mort le 25 juin 1984 à Paris. Il est généralement connu pour ses critiques des institutions sociales, principalement celles de la psychiatrie, de la médecine et du système carcéral. Mais aussi pour ses développements sur l’histoire de la sexualité, et ses théories concernant le pouvoir et les relations complexes entre pouvoir et connaissance. Associé aux débuts du Centre universitaire expérimental de Vincennes, il est ensuite, de 1970 à 1984, titulaire d’une chaire au Collège de France qu’il intitule « Histoire des systèmes de pensée ». Militant politique dans les années 1970, il participe aux premiers mouvements de soutien aux travailleurs immigrés et fonde le Groupe d’information sur les prisons pour donner la parole aux prisonniers sur leurs conditions de vie. D’abord associé au structuralisme, Foucault est aujourd’hui rattachée au post-structuralisme et à la philosophie postmoderne. Figure phare de la French theory, son travail reste relativement fécond dans le monde académique notamment anglo-saxon, par-delà les spécialisations disciplinaires. The Times Higher Education Guide le décrit en 2009 comme l’auteur en sciences humaines le plus cité au monde.

Ses développements théoriques m’ont souvent laissé de marbre. Mais certains éléments factuels, et certain thèmes ont retenu mon attention. Ils ont nourri ma réflexion comme ils ont nourri de nombreux mouvements de lutte. Mais ces conceptions ne me suffisent pas, sa critique du pouvoir n’en a que la posture. Elle peut nous plonger dans un marasme autoritaire dont il serait impossible de sortir. Aiguisons notre regard dans ce brouillard. Lire la suite

PHILOSOPHER – MARX


« Pour nous, le communisme n’est pas un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel des choses. » Karl Marx.

Karl Marx, naît le 5 mai 1818 à Trêves en Rhénanie et meurt le 14 mars 1883 à Londres. Il est historien, journaliste, philosophe, sociologue, économiste, essayiste, théoricien de la révolution, socialiste et communiste. Connu pour sa conception matérialiste de l’histoire, sa description des rouages du capitalisme, et pour son activité révolutionnaire au sein du mouvement ouvrier, il a notamment participé à l’Association internationale des travailleurs. Marx a eu une grande influence sur le développement ultérieur des sciences humaines et sociales. Ses travaux ont influencé de façon considérable le XXe siècle, au cours duquel de nombreux mouvements révolutionnaires se sont réclamés de sa pensée.

Marx a été déterminant dans l’évolution de ma pensée. Ces réflexions critiques hantent nombre de mes écrits. Mais la plupart des Marxistes m’agacent. J’ai sûrement plus lu de commentaires de ces textes que sa propre prose. Ses édifices théoriques sont bien souvent tenus plus par son nom que par les faits. Marx répugnerait le marxisme, c’est certain. Il faut le critiquer, il faut le dépasser et faire de son matérialisme, plus qu’une posture. Vivifions sa pensée.

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GUILLEMET N°1


Nouveau format assez simple. Je vous partage mes lectures du moment :
Mona Chollet – Sorcières
Noam Chomsky – Raison et liberté
Guide du jardinage biologique
Marc Silberstein – Matériaux philosophique et scientifique pour un matérialisme contemporain

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ANTIFASCISTE – Révolutionnaire ou rien


ANTIFASCISTE

– RÉVOLUTIONNAIRE OU RIEN –

« Cinq juin 2013, le jeune syndicaliste antifasciste Clément Méric meurt sous les coups d’Esteban Morillo, sympathisant de Troisième voie. Tout au long du procès aux assises, début septembre 2018, le Comité pour Clément organise de nombreux événements dont un meeting, le 8, à la Bourse du travail de Paris. Les rangs étaient clairsemés, à l’heure où les gouvernements d’Europe ouvrent leur portes à l’extrême droite en tolérant génération identitaire dans les alpes, à l’heure où des occupations d’universités (Montpellier, Lille, Strasbourg, Angers, Tolbiac…) sont évacuées par des groupuscules fascistes, où le lycée autogéré de Paris est attaqué, où le groupuscule Action des forces opérationnelles prévoit des attentats, où des êtres humains sont chassés par des néonazis à Chemnitz, et sans parler de la confusion et du nationalisme des gilets jaunes.. Les thèmes de l’extrême droite structurent tout le débat public. Les groupes antifascistes peinent à mobiliser. Le combat antifasciste est relégué alors qu’il a toutes les raisons d’être central. »

Fascisme : Restructuration autoritaire d’un capitalisme en crise. Cette définition nous est offerte par le triptyque brossé par Emilio Gentile dans Qu’est-ce que le fascisme ? Histoire et interprétation : « l’essence totalitaire du fascisme » est articulée autour de ses trois dimensions constitutives : l’organisation (mouvement de masse où prévalent des jeunes organisés en parti milice et fondant son identité sur le sens de la camaraderie et une volonté de destruction de la démocratie parlementaire), la culture (mythique, identitaire et excluante, anti-égalitaire et hierarchique) et les institutions (appareil policier, parti unique, symbiose entre le parti et l’État, corporatisme économique, esprit impérialiste) ». C’est une base solide pour expliciter le combat antifasciste.

J’ai découvert l’antifascisme et sa force théorique à nuit debout. Cette lutte m’a sorti d’un marasme subjectiviste et m’a appris ce que signifie politiquement la solidarité. l’antifascisme m’a appris à discerner les monstres qui se cache dans le clair/obscur des illusions, des espoirs déchues et de la colère. J’ai appris à regarder de face l’horreur de ce monde et sa banalité, la souffrance et la douleur qu’il a produit et tend à produire encore, et ce que le combattre implique, dans sa chair, dans son cœur, dans ses relations. Il y a bien pire que la violence, son injustice continue. Dans la situation actuel d’effondrement la lutte antifasciste est criante d’actualité et aucune révolution ne saurait se passer de son expérience. Parce que lutter contre toute obéissance, contre toute autorité et ses ravages est une nécessité : Je suis antifasciste. Ne pas l’être c’est fermé les yeux sur la trajectoire abominable du capitalisme, c’est laisser crever les autres dans le confort de l’apathie.

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CLASSE – GENRE : PLUS QU’UNE INTERSECTION


Au cours de leur vie, une femme sur sept (14,5 %) et un homme sur vingt-cinq (3,9 %) déclarent avoir vécu au moins une forme d’agression sexuelle (hors harcèlement et exhibitionnisme). Les femmes sont 6 fois plus souvent victimes de viol ou de tentative de viol que les hommes. Les violences sexuelles que subissent les femmes sont non seulement beaucoup plus fréquentes, mais elles se produisent dans tous les espaces de vie et tout au long de la vie. Pour quasiment toutes les violences sexuelles subies par les femmes, les auteurs sont des hommes (entre 94 et 98 % des cas). Dans 90% des cas, les victimes connaissent leur agresseur. Dans 37% des cas l’auteur est le conjoint, dans 17% des cas c’est quelqu’un d’autre qui vit à la maison. Dans 36% des cas c’est une personne connue de la victime, mais qui n’habite pas avec elle.

Andrea Dworkin écrivait en 1983 : « Nous utilisons les statistiques non pour essayer de quantifier les blessures, mais pour simplement convaincre le monde qu’elles existent bel et bien. Ces statistiques ne sont pas des abstractions. » Les choses ne changent pas et, en 2018, nous passons encore un temps infini, à tenter de convaincre que les violences sexuelles existent. Les statistiques ne suffisent pas, les témoignages ne suffisent pas, les analyses ne suffisent pas ; j’en viens à penser que seule la parole des violeurs pourrait convaincre que nous ne mentons pas, nous n’exagérons pas, nous n’en rajoutons pas. Je cherche encore, au vu de ce qui attend les femmes qui parlent des violences de genre qu’elles peuvent subir, quel intérêt elle aurais à le faire.

Malgré qu’on ai fait de moi un homme, qu’on m’ai appris à m’affirmer, à couper la parole, qu’on m’emploie plus volontiers, que je peux me déplacer dans la rue sans avoir peur et bien d’autres choses encore, malgré que je profite de ce statut, j’en veux la fin, je veux que cela cesse. Ce statut n’est que le reflet d’une hiérarchie sociale effroyable. Dans cette société, chaque plaisir a le goût du sang et l’amertume de la douleur. Je veux la fin de toute hiérarchie car toute cette souffrance est insoutenable, injuste et cruelle, je pleure de voir mes amies, ceux que j’aime, ou simplement des innocentes souffrir de cette hiérarchie sociale mutilante et meurtrière. Je suis anarchiste et je ne serais libre que lorsque toutes et tous nous le serons. Lire la suite

PHILOSOPHER – FREUD


Vous savez…« L’homme énergique et qui réussit, c’est celui qui parvient à transformer en réalités les fantaisies du désir. »Freud.

Sigmund Freud est né le 6 mai 1856 à Freiberg (Autriche) et meurt le 23 septembre 1939 à Londres. Il est le fondateur de la psychanalyse.

La psychanalyse — dont l’idée a évolué depuis ses débuts, en 1896, aux derniers exposés de la plume de Freud, et ses continuateurs —est une conception globale de la psyché touchant à la vision même de l’humain. Son œuvre eu une très large influence jusqu’à nos jours.

J’ai toujours apprécié la psychologie, comprendre la psyché est un projet passionnant. Mais la psychanalyse m’a toujours laissé insatisfait. Et je sais maintenant pourquoi. Ses interprétations interchangeable, son individualisme méthodologique, et l’absence de référence aux processus concret que la psychanalyse n’entend cerner qu’avec des symboles, c’est cela qui ne m’a jamais satisfait et que je veux dépasser.

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PHILOSOPHER – NIETZSCHE


« Cette vie, telle que tu la vis actuellement, telle que tu l’as vécue, il faudra que tu la revives encore une fois, et une quantité innombrable de fois ; et il n’y aura en elle rien de nouveau, au contraire ! il faut que chaque douleur et chaque joie, chaque pensée et chaque soupir, tout l’infiniment grand et l’infiniment petit de ta vie reviennent pour toi, poussière des poussières ! il te faudrait aimer la vie, pour ne plus désirer autre chose que cette suprême et éternelle confirmation ! » Nietzsche

Friedrich Wilhelm Nietzsche est un philologue, philosophe, poète, pianiste et compositeur allemand. Il naît le 15 octobre 1844 à Röcken, en Prusse, et meurt le 25 août 1900 à Weimar, en Allemagne. L’œuvre de Nietzsche est essentiellement une généalogie de la culture occidentale moderne et de l’ensemble de ses valeurs morales, politiques, philosophiques et religieuses. Peu reconnu de son vivant, son influence a été et demeure importante au-delà même de la philosophie contemporaine.

Me confronter a sa pensée m’a beaucoup apporté. Je l’ai longtemps aimé et sa poésie se retrouve dans ce que j’écris, quand je parle de danse, quand je parle de chaos, de combat. J’ai appris des citations par cœur. Mais aujourd’hui, il a pour moi l’odeur du souffre. Ses formulations me suivent et j’en vois maintenant les pires aspects. Je traque les mots qui s’y réfèrent dans mes lignes car je veux écrire la beauté du monde et de la vie, la douleur et la rage en dehors de ses mots. Nous ne parlons pas de la même chose, sa liberté n’est pas la mienne.

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CRITIQUE-CEPTION


CRITIQUE-CEPTION

critique de la critique de la critique

Le texte qui va servir de point de départ à notre réflexion sur les déterminations sociales de la critique est de Elsa Rambaud, « La petite critique, la grande et la révolution ». Pour une acception non normative de la critique», issu de la Revue française de science politique publié en 2017. Dans ce texte, Rambaud remet en question la définition de la critique en analysant le bien fondé de ses critères d’acception. Après avoir relativisé les critères d’émancipation et de révolution lié à la critique, l’auteure nous invite à pratiquer une étude non-normative de la critique

Nous allons, dans un premier temps, reconstitué l’argumentation de l’auteure, avant d’ouvrir à une réflexion critique sur sa posture théorique.

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DAWLA – Crise capitaliste au moyen orient


D A W L A

C R I S E   C A P I T A L I S T E   A U   M O Y E N   O R I E N T

Au Nord, un premier front, la région Kurde, les forces du PYD/YPG se sont saisies de l’opportunité historique d’obtenir une région indépendante. Un deuxième front est celui de la vaste zone allant de la Syrie à l’Irak, tenu par l’État Islamique (EI), qui aujourd’hui semble nettement s’essouffler sous les coups de la coalition internationale. De ces deux fronts, le régime  syrien s’est rapidement retiré, se concentrant sur la Syrie « utile », celle des grandes villes et des ports, où est située l’essentiel de l’activité économique du pays. Si on considère l’ensemble du tableau, on est face à ce qui se présente empiriquement comme un éclatement généralisé, une situation purement anomique. Dès lors le bombardement d’Alep et les tirs de roquettes des rebelles sur les zones tenues par le régime, revêtent la même nature « barbare » que les exactions de l’EI, avec l’idée que c’est bien toujours ce qui se passe dans ces pays-là.

Analyser les événements au moyen orient avec des éléments d’ordre macro-économique et géopolitique n’est pas suffisant: la question du « croissant chiite », celle des hydrocarbures transitant par la Syrie, les bases militaires russes et les diverses rivalités internationales jouent alors le rôle de deus ex machina du ce drame. Qu’en 2011, des milliers de personnes soient descendues dans les rues chaque vendredi pour manifester sous les balles du régime, et qu’en Palestine ou se batte avec des pierres ne s’explique plus dès lors que par le fanatisme des manifestants, guidé par l’action d’ organisations secrètes: tout le reste n’est plus qu’économie, diplomatie, rapports commerciaux entre États. Quand on n’a pas affaire carrément à une rhétorique complotiste on a bien souvent affaire à une analyse de type marxiste vulgaire, qui revient à dévoiler une série de déterminations qui prennent leur source dans ce qu’il est convenu d’appeler « l’économie ». Ce n’est pas un hasard si toutes ces analyses reviennent le plus souvent à soutenir le régime el-Assad, c’est-à-dire le statu quo : « l’économie » est une pensée de l’ordre. 

Ce qu’il nous faut tenter de saisir, c’est en quoi les conflits aux moyen orient s’inscrivent dans le moment présent de la crise mondiale du capital, comprise non seulement comme crise économique mais aussi comme crise sociale, dans les conditions particulières de ces société. Il nous faudra saisir les déterminations de cette crise, sans ramener à un seul facteur – que ce soit la religion ou le pétrole – l’explosion sociale généralisée qu’est toute guerre civile. Tentons de saisir en quoi ce moment est aussi le nôtre.

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CONTRE LA GAUCHE DU CAPITAL


CONTRE LA GAUCHE DU CAPITAL

L’idée de révolution semble s’être dissoute en l’air, de même que toute critique radicale du capitalisme. Bien sûr, on admet généralement qu’il y aurait de nombreux détails à changer dans l’ordre du monde. Mais sortir du capitalisme tout court ? Et pour le remplacer par quoi ? Qui pose cette question risque de passer soit pour un nostalgique des totalitarismes du passé, soit pour un rêveur naïf. Mais au regard de notre situation écologique et sociale il est bien nécessaire de porter une critique radicale du capitalisme, de mettre à nu son caractère destructeur, et en même temps historiquement limité.

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CLASSE / RACE : FAUX DILEMME, VRAI PROBLÈME


CLASSE / RACE : FAUX DILEMME, VRAI PROBLÈME

Pour certain le racisme n’a jamais ségrégué les personnes en « communautés distinctes », il faut « l’action d’individus » plus ou moins malintentionnés vis-à-vis de la lutte de classe, de la classe ouvrière et ses institutions pour que tels malheurs arrivent, pour que la lutte des classes soit effacé par la lutte des races.

Comme s’il n’y avait pas eu d’ « affaires du foulard », de déclarations gouvernementales lors des grèves de l’automobile au début des années 1980, de débats sur la construction de mosquées et des menus de substitution dans les cantines scolaires, de tapages médiatiques autour des perquisitions administratives et des assignations à résidence, comme si la « double peine » et l’inflation du soupçon administratif à chaque étape de la vie quotidienne n’existé pas, comme si personne n’aurait entendu parler de l’effondrement des « Twin Towers » sans les xénophobes et les xénophiles, sans qui également le massacre du Bataclan serait sans doute resté « confidentiel ».

Mais pourquoi le « bouc émissaire » est-il devenu « musulman » et n’est pas resté « arabe », « travailleur immigré » ou « immigré » tout court ? La « décomposition du mouvement ouvrier » est un facteur objectif bien général et bien antérieur à la fabrication du musulman comme marqueur racial. Les causes de la « culturalisation » de l’immigré et de sa descendance puis la confessionnalisation de cette « culturalisation » sont des processus réels de la crise et de la restructuration des années 1970 aux années 1980, le regroupement familial, les « deuxième et troisième générations » pour exemple… étudions ces processus. Lire la suite

CRITIQUE DE LA DEMOCRATIE


CRITIQUE DE LA DEMOCRATIE

Depuis une trentaine d’années en France, toute la conflictualité sociale paraît devoir s’exprimer à travers les luttes de la fonction publique, par le biais de grandes grèves orchestrées par les syndicats, dans ce qu’on appelle des mouvements sociaux. La plupart de ces mouvements ont eu pour enjeu de s’opposer à une réforme touchant le service public, ou la gestion par l’Etat de différents éléments ayant trait à la reproduction globale de la force de travail (assurance chômage, sécurité sociale, retraites, etc.) Dans ces luttes c’est affirmé un citoyenisme qui entend faire de la democratie, le moyen indépassable du changement social.

La « démocratie représentative », c’est-à-dire l’État capitaliste parlementaire, n’a plus de légitimité chez une part grandissante des gens, d’où un engouement toujours plus fort des déçu-e-s pour un mot d’ordre, celui de « démocratie directe ». Le mot d’ordre de « démocratie directe » peut être effectivement une étape vers une critique émancipatrice des hiérarchies et de l’État, et témoigne assez souvent d’une authentique volonté d’égalité réelle ( quoi que pas toujours, l’extrême-droite s’en servant de plus en plus comme cheval de Troie de diffusion de ses idées). Les « assemblées générales » (AG), sont souvent nécessaires dans une lutte, mais leurs répétition et leur mystification comme incarnation de la democratie est elle un moyen de lutte émancipateur, cette forme de democratie est elle même un horizon souhaitable ? Lire la suite

A BAS LES RESTAURANTS


 
« Y’en a marre ! Ce sera le dernier client chiant. Le dernier connard de gérant. La dernière engueulade avec un collègue. Le dernier plat puant de moules. La dernière fois que tu te brûles ou te coupes parce que tu es dans le speed. La dernière fois que tu te promets que tu donnes ta démission demain et que tu te retrouves à promettre la même chose, deux semaines plus tard. Un restaurant est un endroit misérable. »
 
« Notre lutte n’est pas contre le geste de couper des légumes, de laver la vaisselle, de verser de la bière ni même de servir de la nourriture à d’autres personnes. Elle est contre la façon dont tous ces actes se rassemblent dans un restaurant, séparés d’autres actes, pour faire partie de l’économie et faire croître le capital. Le point de départ et de fin de ce processus est une société de capitalistes et de personnes obligées de travailler pour eux. Nous voulons une fin à cela. Les luttes des travailleurs de restaurant visent ultimement à créer un monde sans restaurants et sans travailleurs. »
 

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COMBAT AVEC BOURDIEU, CA TOURNE MAL!! [CRITIQUE DE LA SOCIOLOGIE]


Pierre Bourdieu, dans l’œuvre « Questions de sociologie » s’intéresse aux processus même des sciences. Selon l’auteur ce qui circule entre les chercheurs et les non-spécialistes, ou même entre une science et les spécialistes des autres sciences, ce sont, au mieux, les résultats, mais jamais les opérations. On n’entre jamais dans les cuisines de la science. Ce sont donc ces secrets de métier, ces recettes de fabrication, ces tours de main, que Pierre Bourdieu tente de livrer dans cette œuvre. Il y développe particulièrement tout un passage sur la place de la sociologie dans la société. C’est cette extrait qui va nous intéresser. Bourdieu aborde plusieurs notion et opère des distinctions précises lui permettant d’ancrer sa position dans un débat que l’on peut qualifier d’historique : La place de la science, du savoir, dans la société. A partir de cette extrait nous ferons la critique de la sociologie avec des auteurs comme Weber, Lukacs et Marx.

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CRITIQUE DE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION


CRITIQUE DE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION

On entend beaucoup parler de liberté d’expression ces derniers temps. Que ce soit avec le massacre de Charlie Hebdo ou quand votre oncle raciste se plaint « qu’on peut plus rien dire de toute façon ! ». La liberté d’expression semble attaquée de toute part et à travers elle c’est notre « démocratie » capitaliste en elle-même qui semble en danger. Revenons donc sur ce concept.

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PHILOSOPHER 15# | Le temps des machines – Bergson et Heidegger


Dans cette épisode on aborde le temps et les machines à travers 2 auteurs apriori semblable mais franchement opposés: Bergson et Heidegger. Qu’est ce que « la durée pure », une « temporalité authentique »? Quel lien entre les machines et notre rapport au temps? Qu’est ce que l’homme dans le temps? Plein de questions qui opposeront une pensée potentiellement émancipatrice, et une pensée réactionnaire qui sera aux racines philosophiques d’un capitalisme autoritaire et nationaliste: le nazisme.

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LECTURE 5# | LIBÉRONS-NOUS DU TRAVAIL – Précariat et ubérisation – M.A.R.


Nous sommes désormais moins prolétaires que précaires, et le précariat est à interroger comme catégorie de sous-prolétariat qui tend à se généraliser. A la différence du « lumpen-prolétariat » pensé par Marx comme « soupape » à même de « flexibiliser » ledit coût du travail pour le patronat et réserve de force de travail, le précariat désignerait une nouvelle condition générale du capitalisme post-moderne. En effet, il s’agit moins de vendre sa force de travail pour se faire exploiter que de s’auto-exploiter. C’est ce qu’on commence à appeler « l’uberisation » de la société, produit de la désintégration du statu quo de la réalité du travail salarié jusque-là.

Source du M.A.R.:
https://mouvanarev.wordpress.com/2017/12/11/liberons-nous-du-travail/comment-page-1/#comment-21

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LECTURE 4# | Critique du travail – Benoît Bohy-Bunel


Dans un contexte où la catégorie du « travail », comme projet matériel, produit des suicides toujours plus fréquents, des burn out, des inégalités toujours plus fragrantes, des législations toujours plus scandaleuses (loi El Khomri, lois Hartz allemandes, Jobs act italien, loi Peeters belge, etc.), un chômage de masse, une misère, toujours plus criante, des formes d’exclusion, de racismes, de discriminations patriarcales toujours plus abjectes, des désastres écologiques irréversibles, il ne devrait pas être si difficile d’appeler à son abolition! Hélas, reste difficile, dans les faits, car les discours conservateurs et idéologiques des politicard de l’extrème droite à l’extrème gauche, les écrans de fumée du travaillisme, sont ce qui demeure le plus massivement « visible ». Brisons ces écrans!

Source et blog de Benoît Bohy-Bunel:
http://benoitbohybunel.over-blog.com/2016/10/la-critique-radicale-du-travail-et-son-incompatibilite-structurelle-avec-le-principe-spectaculaire.html

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CONQUÉRIR NOTRE AUTONOMIE


CONQUÉRIR NOTRE AUTONOMIE

On bétonne, la planète surchauffe, les écosystème sont exterminés. Nos conditions de vies sont de plus en plus fragiles, et tout espoir d’amélioration a disparu.On ne revendique plus le maintien de l’emploi mais des indemnités, on ne revendique rien mais on se révolte contre tout ce qui fait nos conditions d’existence. Quel sens peut avoir une grève corporatiste quand on sait que l’on aura 36 taffs différents dans une vie ? Alors comment construire la société de demain ?

Dans cet effondrement, ce documentaire critique présente les moyens théoriques et pratique de construire une société égalitaire et libertaire, de conquérir notre autonomie. Différentes pensées critique sont abordées pour construire une stratégie efficace, pour que le vivant se déploie face au système marchand dans sa totalité. Il nous faut maintenant réfléchir à ce que pourrait être une société sans travail – ce qui ne veut pas dire sans production, mais sans usines, sans chronomètres, sans souffrances.

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PHILOSOPHER 14# | L’idéalisme allemand – Kant et Hegel


PHILOSOPHER 14# | L’idéalisme allemand – Kant et Hegel

Dans cette épisode on aborde l’idéalisme allemand à travers 2 grands auteurs: Kant et Hegel. Qu’est ce que « l’entendement », qu’est-ce que la raison, qu’est-ce que la science, la dialectique ou encore quel importance peut avoir l’histoire dans notre compréhension du monde et de l’Esprit comme réactualisation du concept de Dieu. Plein de questions qui détermine de grands axes de pensée contemporain ou la liberté est abstraite et la raison est oppressive.

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POURQUOI SOMMES NOUS ATTIRÉS PAR L’ARGENT | 8# Philo et Politique


Notre société serait-elle possédée par un pouvoir obscur contenu dans l’encre des billets ? Le problème est bien sûr beaucoup plus structurel. Le capitalisme est structuré sur la propriété privée, et donc son accumulation. Dans cet épisode on étudie donc les fonctionnements de cette oppression, ses racines, et comment s’en libérer

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PHILOSOPHER 12# | Le médiéval – Église et état


PHILOSOPHER 12# | Le médiéval – Église et état

Dans cette épisode on aborde la philosophie médiéval à travers 2 grands auteurs: Saint Augustin et Thomas d’Aquin. Qu’est-ce que dieu, qu’est-ce que l’âme, ou encore quel relation entre le déterminisme et la volonté de dieu. Plein de questions qui traversent cette période de 1000 ans

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COMMENT DÉTRUIRE LE GAME POLITIQUE | 7# Philo et Politique


La politique se résume aujourd’hui à un jeu médiatique. Les mythes sont le corps de leurs discours, analysons donc le mythe du progrès et le mythe de la liberté. Entre une gestion omnisciente et un chantage systémique, le peuple subit alors l’oppression sous le masque d’un double mythe. Détruisons donc ce game politique par un argumentaire révolutionnaire puissant.

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KROPOTKINE – LE SALARIAT | LECTURE 1#


KROPOTKINE – LE SALARIAT | LE SALARIAT

Lecture et illustration du célèbre texte anarchiste de Kropotkine : Le salariat.
Le texte original est disponible içi: https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Salariat
Kropotkine nous livre ici une critique du communisme autoritaire tel qu’il est envisagé par les collectivistes pour remettre en question le régime parlementaire, régime bourgeois de la révolutions française qui a largement montré ses dérives ainsi que le système du salariat, lui aussi profondément capitaliste que l’on sera obliger d’abandonner pour fonder une société réellement basée sur l’égalité et la nécessité des besoins plutôt que sur le mérite, qui est toujours le voile des privilèges.
Toute anachronisme n’est que pure fatalité

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Pourquoi la surveillance de masse est une erreur ?


Pourquoi la surveillance de masse est une erreur ?

Dans d’anciennes civilisations, il était jugé nécessaire de faire des sacrifices humains pour unique solution face à une catastrophe. Le temps a passé, mais le sacrifice est encore une solution très prisée. A la différence que cette fois, sur l’autel, il s’agit de notre liberté individuelle, la surveillance de masse pour lame, La peur pour raison.

surveillance caméra sécurité 1984

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