POURQUOI PROUVER QUE DIEU N’EXISTE PAS ?


Il y a quelque temps, KaleidosPop a parlé d’athéisme militant et je voulais vous partager ma réponse.

Il reproche à certain·e·s militant·e·s athée de s’acharner à prouver que Dieu n’existe pas. Il leur est alors opposé que l’on ne peut pas prouver que quelque chose n’existe pas et que la religion serait, avant tout, un rapport intime et personnel de l’ordre du spirituel et de l’immatériel.

KaleidosPop est athée mais à vrai dire, je trouve cette position plus proche de l’agnosticisme. J’aimerais proposer un autre argumentaire, radicalement athée mais qui ne sombre pas dans les dérives d’un certain athéisme militant qui est dénoncé ici à raison.

POURQUOI PROUVER QUE DIEU N’EXISTE PAS ?

En effet, on ne peut pas prouver que quelque chose n’existe pas. Mais cela ne doit pas être un appel a l’ignorance, car le revers de ce principe est que l’on peut et doit prouver que ce dont on parle existe. C’est le principe de la charge de la preuve : la charge de la preuve revient à celui qui affirme.

En l’absence de preuve fiable et solide, il est donc plus raisonnable de présumer que Dieu n’existe pas (Mahner, 2013). Ce n’est pas à nous athée de prouver que dieu n’existe pas, mais aux religieux d’être convaincant•es, ce qu’iels ne sont pas.

Après j’ai beau considérer que les religions ont tort, je suis lucide sur le fait que ce qui se joue ici ne sont pas des considérations ontologiques, il ne s’agit pas d’avoir raison. La religion en tant que phénomène social, et donc pleinement matériel, a d’autres raisons.

Au-delà du fait que comprendre les origines de la religion chez Homo sapiens est passionnant, son existence est à comprendre au présent. La religion fournie des références culturelles commune, légitime des rapports sociaux, réponds à des besoins psychologique et bien d’autres… (Bourrat, 2011)

Afin de réduire l’influence de la religion, il me semble alors plus efficace de partager librement les connaissances et d’œuvrer à un monde égalitaire, qui ne mobilisera pas des prétendus forces supérieures pour légitimer une quelconque hiérarchie sociale.

Il me semble même que vu l’état actuel du monde, et la place que prend la religion dans les problématiques de racisme et de géopolitique, il est, au mieux, on ne peut plus niais d’argumenter contre les religions sur un registre ontologique.

Il s’agit de comprendre réellement les enjeux que recouvre la confessionnalisation des problématiques politiques sans jamais, évidemment, confondre la lutte contre les religions, et la lutte contre les religieu•ses. Et être vigilant à ne pas donner de la voix à nos ennemies.

(« Mais pourquoi le « bouc émissaire » est-il devenu « musulman » et n’est pas resté « arabe », « travailleur immigré » ou « immigré » tout court ? »
Extrait de :
Classe / Race – faux dilemme, vrais problèmes.
https://m.youtube.com/watch?v=JnfvOy6bw9g )

RÉFÉRENCES :

Bourrat, P. (2011). Chapitre 37. L’évolution de la religion d’un point de vue darwinien : synthèse des différentes théories. Dans : éd., Les mondes darwiniens (pp. 1091-1121). Paris: Éditions Matériologiques. https://doi.org/10.3917/edmat.heams.2011.02.1091 » https://www.cairn-sciences.info/les-mondes-darwiniens-volume-2–9782919694402-page-1091.htm

Mahner, M. (2013). Chapitre 1. Le rôle du naturalisme métaphysique en science. Dans : Marc Silberstein éd., Matériaux philosophiques et scientifiques pour un matérialisme contemporain. Volume 1 : Sciences, ontologie, épistémologie (pp. 29-70). Paris : Editions Matériologiques. doi : 10.3917/edmat.silber.2013.01.0029. https://www.cairn.info/materiaux-philosophiques-et-scientifiques-vol-1–9782919694518-page-29.htm

Le thread de KaleidosPop :

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PHILOSOPHER – HUME


« Tout raisonnement probable n’est rien d’autre qu’une espèce de sensation. Ce n’est pas seulement en poésie et en musique que nous devons suivre notre goût et notre sentiment, c’est également en philosophie. Lorsque je suis convaincu d’un principe, ce n’est qu’une idée qui me frappe plus fortement » – Hume, D. (1739-1740). Traité sur la nature humaine. 1. 3. 8.

David Hume naît le 7 mai 1711 et meurt le 25 août 1776. Il est issu d’une famille de la petite noblesse de la région des Borders en Écosse. Philosophe, économiste et historien, il est considéré comme un des penseurs les plus importants des Lumières écossaises (avec Adam Smith et Thomas Reid). Il est également considéré comme un des plus grands parmi les philosophes et écrivain·e·s de langue anglaise. Il fonde l’empirisme moderne (avec Locke et Berkeley). De par son scepticisme, c’est un des plus radicaux. Il s’oppose tout particulièrement à Descartes et aux philosophies considérant l’esprit humain d’un point de vue théologique ou métaphysique. Il ouvre ainsi la voie à l’application de la méthode expérimentale pour comprendre les phénomènes mentaux. Hume a une influence profonde sur Kant, sur la philosophie analytique du début du 20e siècle et sur la phénoménologie. Longtemps, il n’a cependant été retenu de sa pensée qu’un simple scepticisme destructeur (« David Hume », 2019).

Comme nous le verrons, Hume a contribué à l’essor de nouvelles connaissances ainsi qu’au développement de la méthode scientifique. Mais il est loin d’être exempt de critique. Sa philosophie n’est que peu subversive et ses failles servent les dominants. Critiquer Hume c’est s’attaquer à un courant de pensée très fécond : l’empirisme. En séparant perception et réalité, l’empirisme tend vers un certain dualisme ainsi qu’un idéalisme lorsque les perceptions et les idées qui en découle sont privilégiées sur la réalité. Ces conceptions en accord avec la culture religieuse de l’époque rejettent en effet la notion de nature ou de réalité pour se limiter à ce qu’on en perçoit, ce qui a de lourdes conséquences sur sa philosophie. Hume se contente de formaliser les régularités des phénomènes sans jamais pouvoir en expliquer les causes réelles. Ses conceptions conservatrices de l’esthétique en sont un bon exemple. Elles ne font que légitimer les normes de son époque sans réellement expliquer ce qui fait le beau. De même, son utilitarisme moral légitime avant tout le développement de l’économie en se désintéressant de la réalité douloureuse et inégalitaire. Hume légitime par exemple la colonisation de l’Écosse. Pour civiliser les Écossai·se·s en évitant le chaos social d’un conflit ouvert, il propose aux autorités britanniques de pousser les chef·fe·s de clans à privilégier les rapports économiques sur les rapports de clan. Il légitime l’État, la propriété et le système judiciaire parce que ce sont des choses très utiles pour les dominant·e·s alors que nous ferions mieux de nous en passer. Critiquons radicalement Hume et son empirisme. Contre toute vision dominatrice et mutilante, affirmons ce qu’est réellement le monde.

L’EMPIRISME CONTRE LA MATIÈRE

Au 18e siècle, un ensemble d’intellectuel·le·s que l’on appelle les Lumières veulent promouvoir les connaissances pour dépasser l’obscurantisme des institutions religieuses. Parmi les Lumières, les Écossai·se·s comme Hume sont en nombre. Iels influencent des auteur·ice·s dans toute l’Europe notamment via une série de clubs qui se développent en Écosse. Le premier apparaît à Édimbourg vers 1710. De nombreux sujets y sont discutés : politique, science, philosophie. Ces clubs contribuent ainsi fortement à la vie intellectuelle du pays (« Lumières écossaises », 2019). Newton y a une forte influence. En 1687, il décrit, après une série d’expérience, la loi universelle de la gravitation et pose ainsi les bases de la mécanique classique : les mêmes lois naturelles gouvernent le mouvement des objets terrestres et célestes. En concurrence avec les avancées de Leibniz, il crée le calcul infinitésimal. De plus, il développe en optique une théorie de la couleur basée sur l’observation d’un prisme décomposant la lumière blanche en un spectre visible. Ainsi, il convainc par le moyen d’expérience et fait la promotion de la méthode expérimentale (« Isaac Newton », 2019). Hume s’inspire grandement des travaux de Newton pour développer des sciences humaines qui, selon lui, devrait primer sur les sciences naturelles. Dans cette perspective, il veut repenser le traité de Newton sur la nature, toute en rejetant la notion même de nature (Schliesser & Demeter, 2020). Hume essaie ainsi d’introduire la méthode expérimentale dans la philosophie morale sans faire référence à une nature humaine (« David Hume », 2019).

Hume est empiriste. L’empirisme est un terme issu du latin « empiricus » : « expérience ». Il désigne une démarche qui s’intéresse à l’expérience avant tout à travers notre propre instrument de connaissance : l’esprit. Ainsi, un des concepts primordiaux de Hume est celui de perception. Hume définit deux sortes de perceptions : les impressions et les idées. Les impressions comporteraient « nos sensations, passions et émotions, telles qu’elles font leur première apparition dans l’âme ». Les idées, elles, seraient « les images affaiblies des impressions dans la pensée et le raisonnement ». Impressions et idées seraient ainsi les seules sources de nos connaissances. Leurs « associations » constitueraient l’intégralité de nos connaissances du monde empirique, moral et intellectuel. Hume renforce ainsi les thèses du philosophe anglais John Locke (1632-1704), qui réfute le concept « d’idées innées » de Descartes et affirme que toute connaissance est acquise par l’expérience. Locke compare la conscience à une table rase (« Tabula rasa »), c’est-à-dire à une page blanche sur laquelle viendrait s’imprimer les expériences (« David Hume », 2019). Un bon exemple de l’empirisme de Hume est son scepticisme religieux. Pour lui, l’origine de la religion serait à chercher dans l’Histoire et dans nos sensations. Nous représenter les anges « purement élevés » ne serait ainsi qu’une inversion de notre expérience de l’attraction terrestre (Menneteau, 2009). Un autre exemple de son scepticisme est son rejet de l’idée du « moi » en tant qu’âme ou substance. Il considère plutôt que l’identité personnelle se constitue à travers le vécu des individus. Dans cette conception où le monde est d’abord perçu à travers l’esprit, toute philosophie se rapporte donc à une Philosophie de l’Esprit (« David Hume », 2019).

Hume ne cherche pas à connaître la substance du monde. Il n’accorde que peu d’intérêt à l’ontologie, terme issu du grec ancien ontos « être » et logos « discours », qui désigne l’étude de ce qu’est le monde. Selon lui, le monde pourrait aussi bien être déterminé par des idées que par la matière. « Le début du mouvement dans la matière elle-même est a priori aussi concevable que sa communication par l’esprit et l’intelligence. » – Hume, D. (1779). Dialogues sur la religion naturelle. Hume s’intéresse seulement à la méthode d’élaboration des connaissances, c’est-à-dire à l’épistémologie, terme issu du grec ancien epistémê « connaissance » et logos « discours ». Mais si l’étude méthodique des phénomènes est fondamentale, parce qu’elle se limite à la perception, elle ne nous apprendrait rien sur le monde en soi. Hume décrit alors les choses par ce qu’il en perçoit : leurs changements. Les choses se comprendraient par ce qu’elles font, non par ce qu’elles sont. Dans cette conception, tout pourrait bien être fait de fromage (comme le dit Putnam cité par Kistler, 2013), cela n’aurait pas d’importance, car l’attention ne devrait se porter que sur les changements. Aujourd’hui, une partie des scientifiques qui étudie la cognition s’inspire de cette perspective. Ces derniers dissocient d’une part les processus physiologiques s’activant à la vision d’une couleur et d’autre part « l’effet que ça fait » de voir une couleur. Cet « effet » est séparé du corps qui le produit, et il est considéré comme profondément subjectif. Cette expérience subjective est nommée « qualia ». En adoptant cette conception de l’esprit, ces scientifiques se désintéressent des processus cérébraux ou les minorent. Cependant « l’effet que ça fait » ne peut être compris séparément des processus matériels. Le cerveau ne « produit » pas la pensée, il pense. Faire l’impasse sur les questions ontologiques conduit à considérer la perception comme quelque chose de distinct et de surajouté à la matière. Ce serait une sorte de dualisme qui obscurcit le raisonnement en produisant de nouveaux mystères comme celui de la connexion entre le corps et l’esprit (Drapeau Vieira Contim et Ludwig, 2013 ; Mahner, 2013). Nos sensations ne sont pas celles d’un esprit immatériel mais celles de nos corps bien réels. Pour cela nous pouvons connaître leurs mécanismes et ainsi nous comprendre nous-même et le monde qui nous entoure d’autant mieux.

En plaçant l’esprit au centre, la réflexion de Hume tend vers un certain idéalisme : les perceptions et donc les « idées » structureraient la réalité. C’est notamment la conception de son contemporain George Berkeley (1685 – 1753), philosophe et évêque anglican irlandais. Ce dernier est souvent classé dans les empiristes entre John Locke et David Hume. Il défend l’immatérialisme qui se résume par la formule « être, c’est être perçu ou percevoir ». Selon Berkeley, les individu·e·s ne connaîtraient que des sensations et les idées qui en dérivent. Les entités générales tel « la matière » ne serait qu’une abstraction. À la différence de Hume qui se désintéresse des questions ontologiques et n’affirme donc rien avec certitude à ce sujet, Berkeley affirme que le monde objectif n’existe pas (« George Berkeley », 2019). De ce point de vue, la réalité ne serait que le rêve de Dieu. De nos jours, cette conception est reprise dans un style plus contemporain : la réalité ne serait que le rêve de la machine au sein duquel nous vivons une existence virtuelle (Chazal, 2013). Curieusement, celleux qui adoptent cette conception ne se demande pas où se trouve le serveur informatique qui fait fonctionner cette réalité virtuelle… Nous pouvons aussi comparer l’empirisme de Berkeley à la philosophie solipsiste dans laquelle la réalité ne serait qu’une illusion de votre seul esprit. Là encore, parce que cette philosophie à une dimension ontologique, elle se distingue de celle de Hume. En revanche, elle a une certaine cohérence avec la philosophie de ce dernier à un niveau épistémologique : toute connaissance serait avant tout relative au sujet connaissant. Un certain relativisme a donc marqué la postérité de Hume. Dans sa philosophie, l’existence de la réalité est toujours incertaine et précaire.

L’EMPIRISME CONTRE LA RÉALITÉ

Son refus des questions ontologiques a de lourdes implications épistémologiques. La philosophie de Hume s’oppose à la conception réaliste selon laquelle la réalité existe indépendamment de ce que nous en percevons. Ainsi, Hume développe un certain anti-réalisme : nous pourrions comprendre le monde sans comprendre ce qu’il est réellement. Dans cette conception, Hume affirme que la causalité n’existerait pas réellement. Elle existerait seulement dans notre esprit. Elle ne serait qu’une croyance fondée sur l’habitude. Prenons l’exemple d’un corps en mouvement qui en percute un autre. Le premier ne causerait pas le mouvement du second : ce ne serait qu’une suite d’évènements ordonnés dans le temps. Ce ne serait qu’une simple corrélation à laquelle nous serions habitué·e·s (Sagaut, 2008-2009). Hume nous met ainsi en garde contre les généralisations abusives, comme le serait justement la notion de cause et de réalité selon lui. C’est d’ailleurs pour s’opposer à cette idée que Kant a réalisé son œuvre. Selon ce dernier, la causalité, et un certain nombre d’autres catégories, ne serait pas de simples idées subjectives mais plutôt des idées transcendantales, c’est-à-dire des idées au fondement de tout entendement. Plus récemment de nombreux auteurs et autrices se sont inspiré·e·s de Hume, notamment au sein du Cercle de Vienne (1929-1936), un groupement de savants et de philosophes qui visait à développer une conception scientifique du monde, et parmi elleux plus particulièrement Ernst Mach. Selon lui, la science organiserait rationnellement les relations entre nos sensations et le concept de réalité objective ne serait pas utile en science. Dans son ouvrage La mécanique (1871) il ajoute : « Il n’y a aucune cause ni aucun effet dans la nature […]. [Elles] n’existent que dans l’abstraction que nous effectuons afin de reproduire mentalement les faits » (« Empirisme logique », 2019).

Hume a raison de mettre en garde contre les généralisations abusives : aucune accumulation d’expérience ne suffit seul à produire de nouvelles connaissances. Et en effet, les scientifiques ne font pas qu’ordonner nos perceptions pour produire des connaissances : en plus de formuler des hypothèses et de vérifier leur correspondance avec la réalité, ils et elles utilisent des opérations logiques et des outils mathématiques qui ne sont pas à strictement parler de l’ordre de l’empirique. La racine carrée de 2 par exemple, ou d’autres concepts mathématiques encore plus abstrait comme les nombres imaginaires ne correspondent à aucune perception bien qu’ils soient utiles. Les empiristes minorent l’importance des raisonnements logiques dont sont capables nos cerveaux. D’ailleurs cette mise en garde contre les généralisations abusives peut aussi se retourner contre l’empirisme : si l’expérience ne peut produire seul des connaissances, alors aucun empiriste ne devrait se permettre de formuler de grand principe comme iels le font (Bunge 2008). Dans la même perspective, Hume nous met en garde quant à la possibilité de faire des prédictions à partir d’expérience passé : un ensemble d’expérience passé ne suffirait pas à justifier une prédiction. Cela ne ferait effectivement que projeter notre habitude passée sur le futur alors que quelque chose de nouveau pourrait advenir. Ainsi, même si nous n’avons observé que des cygnes blancs, peut être que le prochain sera noir. Hume a cependant tort d’abandonner toute tentative de justification. Si nous pouvons prédire que le Soleil se lèvera demain par exemple, ce n’est pas simplement car il l’a toujours fait précédemment. Nous pouvons le prédire car nous pouvons l’expliquer : une prédiction se justifie par une explication. Or, il se trouve qu’une explication entend décrire réellement le monde. Elle est plus ou moins vraie selon si elle correspond plus ou moins effectivement au processus réel (Bunge, 2012). Ainsi, le Soleil se lève parce que la rotation de la Terre détermine réellement ce cycle-là, jour après jour. Et il se lèvera demain que nous le percevions ou non. Tout comme la lune existe même si personne ne la regarde, comme le disait Einstein. La science, grâce à sa méthode, nous permet de penser les choses telles qu’elles sont réellement, même si ce n’est qu’imparfaitement et partiellement (Bunge, 2008).

Cette importance de la réalité dans l’élaboration de nos connaissances a notamment été explicitement défendue par Galilée. Son réalisme scientifique a été au centre de son tristement célèbre procès (1616). À la suite d’observation à la lunette astronomique, convaincue que le soleil était au centre de l’univers, il a développé un modèle mathématique bien meilleur que les autres pour décrire le mouvement des planètes. En réaction, l’inquisiteur de Galilée, le cardinal Bellarmin, a adopté le point de vue suivant : la tâche de l’astronome serait de rendre compte des apparences et non de découvrir comment les choses sont réellement. Afin que la nouvelle astronomie ne réfute pas les Écritures, l’Inquisition réclamait de Galilée qu’il déclare équivalentes les deux conceptions rivales au prétexte qu’elles étaient toutes deux compatibles avec les données. L’Église a mis fin à la controverse théologique, mais le réalisme scientifique a été justifié des années plus tard. La mécanique céleste newtonienne a justifié l’hypothèse héliocentrique : les planètes tournent réellement autour du Soleil car il est au moins mille fois plus massif (Bunge, 1993). Nos connaissances peuvent progresser et ne sont pas de simples généralisations, l’expression d’habitudes ou encore des vues de l’esprit si nous vérifions méthodiquement leurs correspondances avec la réalité. Il est alors intéressant de voir que la conception de Hume vient soutenir la conception religieuse du cardinal Bellarmin rejetant la notion de réalité. Même si pour l’époque le scepticisme de Hume à propos de la religion est progressiste, son anti-réalisme et son rejet du newtonisme sont réactionnaires (Bunge, 2016).

UN CLASSICISME EMPIRISTE

Une bonne illustration de l’épistémologie empiriste de Hume est sa conception esthétique. Il affirme que la beauté n’est pas dans les choses, mais dans les yeux des spectateur·ice·s. Il ne serait pas question de beauté en soi ou réelle : « Le plaisir et la douleur ne sont pas seulement les compagnons nécessaires de la beauté et de la laideur, ils en constituent l’essence même » – Hume, D. (1731). Traité de la nature humaine. II. Le beau serait une question de plaisir et de sensibilité de l’esprit humain. Néanmoins, l’art n’en resterait pas moins lié à des règles. Ces règles ne seraient pas issues d’une raison précédant toute expérience, au contraire elles seraient comprises par la répétition et le « raffinement des sens ». Le développement du goût serait une question d’éducation et de pratique répétée de l’art. Ainsi, le critique d’art devrait en formuler les règles, analyser les expériences pour y découvrir des régularités et rectifier ses propres règles pour tenir compte de tout ce qui plaît. Le bon goût esthétique consisterait donc en ce qui plaît dans tous les temps et dans tous les pays. Dans la perspective de Hume il est alors impossible de penser l’évolution des normes esthétiques sans référence à un bon goût abstrait et prétendument universelle. De manière cohérente avec sa conception de l’esthétique, Hume apprécie Virgile, Racine, Corneille, des auteurs du classicisme (Ruby, 2011). Les passions des héros et héroïnes de ce mouvement artistique sont souvent violentes et l’écriture des auteur·ice·s consiste à les rendre intelligibles. Le classicisme est caractérisé par des principes assez contraignants comme la règle des 3 unités au théâtre : unité de temps, de lieu et d’action. Ces règles doivent permettre la production d’œuvres de goût inspirées des modèles de l’art antique marqué par l’équilibre, la mesure et la vraisemblance (« Classicisme », 2020). Ainsi en érigeant le classicisme au rang de bon goût prétendument universel sa conception de l’esthétique apparaît avant tout comme un moyen de légitimer les normes artistiques des dominant·e·s.

Pour mettre l’accent sur l’expérience du beau à travers nos sens, notre plaisir et notre douleur, Hume rejette la notion de réalité et d’objectivité esthétique. Ce rejet est cohérent avec son empirisme mais c’est une erreur. Hume a raison de rejeter une conception absolue de la beauté existant indépendamment du spectateur et de la spectatrice, mais cela n’implique pas de rejeter la notion de réalité et d’objectivité (Boyd, 2005). Bien qu’une œuvre ne soit ni belle ni laide s’il n’existe personne pour en profiter, le spectacle est aussi réel que les spectateur·rice·s. Le beau existe réellement comme un rapport matériel impliquant différents objets et individu·e·s (Dutton, 2014). Nous pouvons ainsi analyser une œuvre non pas seulement à travers notre goût personnel, ou même collectif, mais aussi comme un objet avec des propriétés matérielles déterminantes, des qualités techniques, des effets physiologiques (Skov & Nadal, 2017) et des conséquences culturelles, économiques, sociales, politiques et même écologiques (Boyd, 2005 ; Sidanius & Pratto, 1999 ; Lorenz, 2021). L’art est une activité parmi d’autres qui ne se résume pas à quelques conventions de goût. Si l’effort esthétique consistait simplement à plaire à tout le monde, ou à quelques critiques hauts placé·e·s, les révoltes ne pourraient pas être belles. Et à l’inverse comment un éloge du fascisme pourrait-il être beau ? Même si cet éloge avait des qualités techniques et en l’occurrence littéraire, il n’y a rien de beau à légitimer la hiérarchie.

Dans une conception similaire à celle de Hume, certain·e·s auteur·ice·s contemporain analysent la culture en mettant l’accent sur la réception de certaines œuvres d’art et sur les interprétations qu’en font les spectateur·ice·s (Glevarec, Macé, & Maigret, 2011). Là encore une conception subjectiviste mène à se désintéresser des caractéristiques réelles des œuvres étudiées. Il ne s’agirait pas d’expliquer l’art mais de renseigner sur les interprétations que suscite l’œuvre. Dans cette conception, les méthodes des sciences naturelles ne pourraient d’ailleurs pas expliquer l’esthétique, car cette dernière serait au-delà de notre nature. Cela confine à une perspective dualiste dans laquelle les sciences sociales, comme celle étudiant l’art par exemple, sont séparées des sciences naturelles. Pourquoi Homo sapiens fait de l’art et certaine œuvre d’art en particulier reste alors un mystère. De même pour ce qui motive les personnes à rendre certains aspects du monde « spéciaux ». Si nous voulons réellement comprendre l’art, nous ferions pourtant mieux de l’analyser en tant qu’activité sociale parmi d’autres (Dissanayake, 2009).

UNE CHARITÉ INCONSÉQUENTE

Selon Hume, la source de la morale serait les passions. Si nous n’éprouvions pas du désir ou de l’aversion, nous n’agirions pas. Dans cette logique, la raison serait une passion moins turbulente, plus englobante, tempérée : « La moralité est donc plus proprement sentie que jugée. » – Hume, D. (1739-1740). Traité de la nature humaine. 3. 1. 2. La conception de la morale de Hume ne se base pas sur des règles préétablies, c’est une morale conséquentialiste : une action est morale quand ses conséquences sont bonnes. La notion d’utilité est alors fondamentale dans sa morale ainsi que dans son esthétique d’ailleurs (Brunet, 1965 ; « David Hume », 2019). Ce qui serait moral serait ce qui est utile à l’individu·e et à la société. Mais contrairement à d’autres utilitaristes comme Hobbes, il parle d’utilité sociale. Il insiste sur la « sympathie » et l’intérêt qu’on porte aux autres car aucune action humaine ne serait parfaitement isolée, elles entretiendraient toutes un rapport mutuel. Avec ces considérations, les utilitaristes devraient élargir leurs conceptions selon Hume. L’intérêt personnel serait pour lui un principe social. La situation donne d’ailleurs du crédit aux thèses de Hume. À l’époque le commerce anglais s’étend, non seulement en Europe, mais aussi dans le « Nouveau Monde ». Les comptoirs anglais se multiplient. À la fin du 16e siècle, la flotte anglaise comptait à peine 50 000 tonneaux. Elle en compte plus de 300 000 au milieu du 18e siècle, soit 6 fois plus. À noter que la production des matières premières et leurs débouchés sont assurés par l’accroissement rapide de l’Empire colonial. Par ailleurs, l’agriculture se développe, les procédés de cultures se perfectionnent, les activités marchandes se multiplient. Leurs impacts sociaux sont déterminants. Se développe alors un domaine d’étude indépendant : l’économie politique. En 1776, Adam Smith publie Richesse des nations, œuvre classique du genre. Nous pouvons justement y retrouver de nombreuses notes de Hume, son proche ami (Schatz, 1902).

Hume a raison de mettre l’accent sur l’importance des émotions dans notre morale. Elle est bien trop souvent conçue comme quelque chose d’avant tout rationnelle. Mais comme nous allons le voir, là encore il a tort de rejeter toute référence à la réalité : en effet selon Hume, les économistes et les politicien·ne·s n’auraient pas à se préoccuper du monde réel et du fondement des institutions, cela serait inconnaissable. S’iels ne s’occupaient que de ce qui est utile, leur tâche serait remplie (Schatz, 1902). Dans cette conception, l’économie apparaît comme un phénomène suffisant pour percevoir et comprendre le fonctionnement de la société. L’important, ce serait que ça tourne ! Pour les dualistes, les données économiques seraient suffisantes pour gouverner la société. Dans une sorte d’idéalisme, elle serait même plus que ça : tous ce qui ne serait pas pris en compte par l’économie n’existerait pas ou serait d’importance mineure. La réalité de tout travail, sa violence et son autorité seraient négligeables. D’ailleurs, placé·e·s dans une situation de dilemme moral, les individu·e·s adhérant à une morale utilitariste se distingue par une moindre aversion pour l’atteinte à autrui. C’est-à-dire que si tuer une personne pouvait en sauver d’autres plus estimé·e·s, alors ils et elles le feront plus facilement (Bandura, 1999). Nous pouvons aisément imaginer qu’exploiter les autres est un mal négligeable pour les utilitaristes. Hume légitime donc avant tout le développement de l’économie, et son insistance sur la sympathie ne change pas grand-chose.

Les rapports de productions sont douloureux et hiérarchiques, et l’économie est surtout un moyen de hiérarchisation sociale. C’est parce que tous ces chiffres dans les comptes en banques sont utilisés pour nous hiérarchiser qu’ils sont utiles pour les dominant·e·s. La monnaie et le mythe de sa valeur est surtout utile pour légitimer la hiérarchisation que l’économie institue. Cette réalité est négligée par les économistes. De même lorsque Hume parle de charité comme d’un devoir moral pour les plus riches, c’est avant tout à des fins de pacification sociale. Il adopte une posture faussement sympathique qui permet de ne pas s’interroger sur les causes de la guerre sociale et des inégalités : la hiérarchie. Quand la charité complaît les dominant·e·s dans leur rôle, elle n’a plus rien de moral. Au contraire, parce que la hiérarchie peut avoir une incidence considérable sur la santé des personnes, notamment en ce qui concerne les maladies liées au stress (Sapolsky, 2004), un acte réellement moral est égalitariste.

UN CONSERVATISME SYMPATHIQUE

Après la Bataille de Culloden (1746), bataille décisive dans la colonisation de l’Écosse, les autorités britanniques veulent supprimer la culture écossaise traditionnelle. Le port du tartan ou jouer de la cornemuse est interdit. Les chef·fe·s de clan sont poussé·e·s à se considérer propriétaires des terres qu’iels contrôlent. Ces terres étaient pourtant des biens communs. Iels transforment alors les terres en pâtures à moutons, plus rentables. Les habitant·e·s dépossédé·e·s sont ainsi forcé·e·s à l’exil. Certain·e·s habitant·e·s sont recrutés pour servir dans l’Empire britannique, d’autres émigrent au nord de l’Amérique et d’autres encore sont embauché·e·s dans les premières usines. C’est le début de la révolution industrielle écossaise (« Histoire de l’Écosse », 2019). Pour Hume, l’esprit de clan porte tous les signes d’une étape antérieure de la société qui agirait comme l’ennemi d’une grande société commerciale. Plutôt qu’une transformation ouvertement conflictuelle, Hume suggère alors une transformation économique. Là encore, un parallèle avec Newton est présent : comme la force gravitationnelle pour les planètes Hume conçoit l’argent comme une force active pour changer les sociétés. Son raisonnement est le suivant : parce que le sentiment familial ne serait pas inné et qu’il n’existerait qu’en raison de nos interactions répétées, si l’objet auquel nous sommes lié·e·s changeait, alors notre sentiment d’amour changerait aussi. Il faudrait alors selon Hume prévoir une stratégie économique qui lierait les futures augmentations de la productivité agricole des clans écossais à une politique qui fournirait, au-delà de la subsistance, des produits de base lucratifs. Il faudrait les faire adhérer et aimer cette grande société commerciale dont Hume soutient le développement. Son attitude vis-à-vis de l’Annexing Act (un ensemble de mesure concernant l’annexion de l’Écosse) au-delà du clivage monarchique contre républicain de l’époque, vise donc avant tout à limiter les guerres civiles et révolutions (Caffentzis, 2005). Il ne fait ainsi que légitimer la domination des autorités britanniques en pensant faire pour le mieux.

Pour Hume, l’État est un mal nécessaire. Il serait utile dans l’histoire de la société. Ce recours à la notion d’Histoire lui permet de justifier l’existence de l’État, sans se référer à des notions qu’il rejette comme la nature. Il en critique d’ailleurs l’usage par d’autres économistes, les physiocrates. Ainsi, la liberté humaine ne serait pas un principe de droit naturel. Ce ne serait pas un principe intangible et sacré. L’État garantirait simplement la bonne conciliation de la liberté avec l’utilité sociale, cela non par promesse ni par contrat, mais par convention (Schatz, 1902). Lorsque Hume légitime l’État comme garant historique du fonctionnement de la société, il légitime en réalité le développement des États-nations dans la violence et la contrainte (Kropotkine, 1906 ; Sidanius & Pratto, 1999). Hume adopte également un raisonnement similaire en ce qui concerne la propriété. Elle ne serait pas naturelle mais serait simplement utile pour stabiliser les relations humaines. Elle permettrait aux êtres humains de s’assurer de leurs biens. La division du travail étant alors possible, plus de biens, et de meilleure qualité, seraient produits. La population prospérant, l’État prospérerait aussi. Cette prospérité rendrait alors meilleurs les êtres humains, elle affinerait leur morale (Schatz, 1902). Mais la propriété est surtout utile pour instituer la hiérarchie, pour favoriser l’accès des dominant·e·s aux ressources et restreindre celui des dominé·e·s.

Hume s’oppose en revanche à l’esclavage : la liberté serait la source de la prospérité. Vivre au milieu « de la flatterie, de la soumission, [et] de l’avilissement », serait avilissant pour soi-même. Les rapports de maître·sse à esclave devraient donc être libres. Il faudrait servir librement. Il affirme d’ailleurs la fécondité de l’activité libre et des mécanismes sociaux harmonieux (Schatz, 1902). L’utilité sociale consisterait donc au concours libre de chacun·e dans un monde hiérarchique. Mais que signifie « agir librement » lorsqu’on ne l’est pas ? « Servir librement un·e maître·sse » n’est qu’une affirmation autoritaire fournissant une illusion de liberté rassurante. Il est souvent plus efficace de pousser les gens à se soumettre de leur propre volonté car les pratiques ouvertement autoritaires sont source de tensions, voire de conflits, et conduisent souvent à des surenchères (Joule & Beauvois, 2010). Cependant, une soumission librement consentie n’en est pas moins une soumission avec son cortège d’horreur. Le salariat n’est pas la liberté.

Par ailleurs, Hume affirme que la justice n’aurait aucune utilité dans une société d’abondance. La justice ne serait pas un instinct de l’être humain : ce ne serait qu’une production artificielle, culturelle. La justice ne servirait qu’à maintenir un certain statu-quo (Schatz, 1902). Cependant de nombreuses espèces non humaines très coopératives, semblent guidées par un ensemble d’attentes concernant le résultat de la coopération et la répartition des ressources. Le singe capucin brun (Cebus apella) par exemple, réagit négativement à la distribution inégale des récompenses dans les échanges avec un expérimentateur humain. Les singes refusaient de participer aux exercices s’ils voyaient un congénère obtenir une récompense plus attrayante pour un effort égal, et ce d’autant plus si le partenaire recevait une telle récompense sans aucun effort. Cela soutien la thèse d’une origine évolutive précoce et partagée de l’aversion pour l’iniquité (Brosnan & De Waal, 2003). La justice n’est donc pas une pure construction artificielle. En revanche il est vrai que comme l’État et la propriété, le système judiciaire sert avant tout à maintenir le statu-quo, c’est-à-dire à maintenir la hiérarchie sociale et à punir les pauvres (Sidanius & Pratto, 1999). Toutes ces choses sont très utiles pour les dominant·e·s, mais nous ferions mieux de nous en passer.

Il est impossible de porter une critique radicale en adoptant la perspective économique de Hume. Ce n’est pas simplement qu’il privilégie une approche quantitative insuffisante pour comprendre le monde ; d’autres économistes se croyant plus critique ont aussi pour objet d’étude les désirs et privilégient une approche qualitative (Cléro, 2002). Le problème n’est pas de privilégier les aspects quantitatifs ou qualitatifs de nos activités. Le problème c’est que les économistes se contentent de formaliser leur perception du monde, cela quand iels ne sombrent pas dans le dualisme ou même l’idéalisme (Marx, & Engels, 1846). Le problème c’est de ne pas réellement éclairer les processus douloureux qui maintiennent la hiérarchie et ainsi de ne pas briser les mythes qui la légitime.

CONCLUSION

Hume a marqué la philosophie. Il a contribué à l’essor des sciences. Mais Il a aussi actualisé des conceptions religieuses pouvant s’accorder avec les jeunes conceptions scientifiques de l’époque. Parce qu’il minore ou rejette la notion de réel, son empirisme se confine à des perspectives dualistes et idéalistes qui n’explique pas vraiment les choses. Ainsi il réduit l’art à ce qui plaît à tout le monde ou à quelques critiques hauts placés connaissant les conventions de goût mais sans réellement expliquer ce qui fait le beau. Ses préférences pour le classicisme expriment ainsi des conceptions esthétiques légitimant le bon goût de l’époque et son statu quo. D’autres part, sa notion de charité légitime la hiérarchie qui reste pour lui un mal nécessaire. Hume prône volontiers la liberté, mais en défendant entre autres la propriété, il affirme une conception autoritaire et conservatrice (Schatz, 1902).

Aujourd’hui encore, les libéraux pensent que le travail est une liberté. Celleux qui acceptent cela ne sont que des autoritaires qui s’ignorent. Parler de liberté ou d’égalité sans critiquer la hiérarchie, est une bouffonnerie. Penser que toute activité s’évalue en termes économiques n’est qu’un des mythes qui légitiment le statu quo. Les dominé·e·s peuvent bien faire les efforts qu’iels veulent, leur temps et leur vie sont négligés. Les dominant·e·s négligent tout ce qui les entoure. Alors, afin d’avoir une appréhension réaliste du monde, l’écologie doit faire la critique de l’économie. Et nous devons en prendre acte. L’important c’est que ça ne tourne plus ! La dégradation due aux activités humaines a un impact négatif sur le bien-être d’au moins 3,2 milliards de personnes et a poussé la planète dans une sixième extinction de masse des espèces. Environ 41 % des amphibiens et plus d’un quart des mammifères sont menacés d’extinction à court-terme. Les populations de poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles ont diminué de 60 % depuis 1970. 90 % des grands mammifères marins ont déjà disparu. Sans parler des insectes ou encore des plantes… Le capitalisme extermine 26 000 espèces par an (Campagne, 2017 ; CDP Report, 2017 ; Scholes et. al., 2018). Ces espèces ne reviendront pas. Notre écosystème n’est pas remplaçable. Il n’est pas à notre disposition. Ce n’est pas une simple ressource. Nous pouvons et nous devons stopper ce massacre. Abolissons la hiérarchie.

Guillaume Deloison – 2021

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Lorenz, D. (2021). De la censure au blockbuster. Étude culturelle des comics de super-héros en France. https://www.theses.fr/s115801

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Marx, K. & Engels, F. (1846). L’idéologie allemande. https://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450000c.htm

Menneteau, P. (2009). David Hume et l’essor du modèle scientifique au XVIIIe siècle dans les Dialogues sur la religion naturelle. Études écossaises. mis en ligne le 30 avril 2010, consulté le 04 août 2019. https://journals.openedition.org/etudesecossaises/185

Ruby, C. (2011). L’expérience du spectateur, dans le programme « esthétique » humien. Le Philosophoire, 36(2), 179-206. doi : 10.3917/phoir.036.0179. https://www.cairn.info/revue-le-philosophoire-2011-2-page-179.htm

Sagaut P. (2008-2009). Introduction à la pensée scientifique moderne. Université Pierre et Marie Curie – Paris 6. https://www.lmm.jussieu.fr/~sagaut/epistemologie-v14.pdf

Sapolsky, R.(2004). Social Status and Health in Humans and Other Animals. Annu. Rev. Anthropol. 33. 393-418. 10.1146/annurev.anthro.33.070203.144000. https://www.researchgate.net/publication/228982398_Social_Status_and_Health_in_Humans_and_Other_Animals

Schatz, A. (1902). L’oeuvre économique de David Hume. Paris. https://philotra.pagesperso-orange.fr/schatz_oeuvre_eco_hume.htm

Schliesser, E., Demeter, T. (2020). Hume’s Newtonianism and Anti-Newtonianism. https://plato.stanford.edu/entries/hume-newton/

Scholes, R. J., Montanarella, L., Brainich, E., Brainich, E., Barger, N., ten Brink, B., … Willemen, L. (Eds.) (2018). IPBES (2018): Summary for policymakers of the assessment report on land degradation and restoration of the Intergovernmental Science – Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services. Bonn, Germany : Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services. https://research.utwente.nl/en/publications/ipbes-2018-summary-for-policymakers-of-the-assessment-report-on-l

Sidanius, J., & Pratto, F. (1999). Social Dominance : An Intergroup Theory of Social Hierarchy and Oppression. Cambridge : Cambridge University Press. doi : 10.1017/CBO9781139175043

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+Plus :

Ferrand, J. (2011, 1 mai) La généalogie de l’utilitarisme européen. Revue d’études benthamiennes. consulté le 04 août 2019. https://journals.openedition.org/etudes-benthamiennes/292 ; doi : 10.4000/etudes-benthamiennes.292

Blitman, D. (2010) Chomsky et l’empirisme : de la critique de l’empirisme au sens de l’innéisme et du rationalisme chomskyens. Histoire Épistémologie Langage. p. 139-167 : https://www.persee.fr/doc/hel_0750-8069_2010_num_32_1_3295

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CHRONIQUES DES MONDES PROBABLES


CHRONIQUES DES MONDES PROBABLES

 

Cette œuvre littéraire se présente comme un voyage interplanétaires, à la rencontre de formes de vie que l’imaginaire déploie sur les reliefs.
Plusieurs passages des fiches Wikipédia sur les planètes du système solaire sont directement insérés dans le récit. Ces informations servent de base et de contraintes créatrices pour imaginer des plantes, des insectes et des animaux uniques.

Télécharger le PDF (gratuit):
CHRONIQUES DES MONDES PROBABLES

Vous pouvez aussi vous procurer le livre papier au prix coutant:
https://www.blurb.fr/b/9532021-chroniques-des-mondes-probables

 

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LE TEMPS


LE TEMPS

LE TEMPS-01

« Le temps » prend toujours un S, car toujours il est divers. Pluie, vent, soleil, joie, ennui, le temps n’est jamais le même, il est toujours pluriel. Un jour, peut être, il perdra son S, lorsque ce temp abstrait, ce temp des horloges, toujours identique à lui-même, linéaire, monotone, dominera tout. Il n’y aura plus qu’un temp, celui de l’usine.

Guillaume Deloison

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Poétique du vivant par un Matérialisme Écologique


Poétique du vivant par un Matérialisme Écologique

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La question est de savoir si dans l’individu, il y a quelque chose d’irréductible, d’inexplicable, un mystère infini.
Une chose d’une autre nature que cette roche, ces vagues et ce vent.

Certain l’appel la volonté, d’autres y voit la marque de dieu.
Ils voient dans cette force vive, le commencement de tout, l’unicité logique du vivant.
L’atome social.

Le mystère unifie, le savoir scissionne.
La lame de la critique sectionne, les chaines du mystère, du divin, de l’individu.
L’entaille ouvre au collectif

L’inexplicable ? C’est le nœud singulier de la complexité.
Cette lame n’est pas celle de la mort. Elle nous libère et fait de l’individuel un éclat collectif.

Des galaxies pour organes, le cosmos m’inspire plus de respect et d’amour que le mystère.

Guillaume Deloison.

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1ére réflexions sur les « Nuit Debout » Democratie, Bourse du travail et international


1ére réflexions sur les « Nuit Debout » Democratie, Bourse du travail et international

Depuis le 31 Mars, suite aux premières manifestations contre la loi travail « El Khomri », la place de la république à paris et d’autres places en France sont remplies. Ce sont les « Nuit Debout », sous le thème de la convergence des luttes. Aujourd’hui le 37 mars, elle s’étende à Bruxelles et Valence. Présent le 31, 35 et 36 je vous partage mes premières réflexions.

nuit-debout-place-de-la-republique-paris-5575027

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Exercices créatifs


3 textes écrits en 7 minutes chacun.

LE MAGAZINE DE JOUET

Je suis la guerre, ou bien la course. La dînette ou l’ordinateur. Tout dépend des jours et des pages. Généralement on me feuillette, ou plutôt on me ventile, ça me donne l’impression d’avoir plein d’idée, d’être riche et différent. Mais avec le temps je me suis posé quelques questions, c’est surtout que ça me surprend, je suis quand même souvent ouvert à la même page. Lire la suite

Discours sur le stéréotype américain


discours sur le stéréotype américain-01

Technique, progrès,
compétitivité, évolution,
de belle valeur!

Le libéralisme,
l’incarnation de l’idée de liberté
comment vous blâmer?

Être le meilleur,
un beau projet.
Pas peur de la chute,
vous vous relèverez.

Mais être le plus fort,
Qu’est-ce que c’est?
Dans les faits,
la technique.
Monopoliser, tout manger.
Détruire l’autre,
être le seul.

OK, vous l’êtes,
mais pour vous.
Cette enfant dans la cours de récré qui se moque de tout,
se sent fort, demandons aux autres élèves qui il est?

« C’est cet idiot qui nous martyrise »

Alors qui est il vraiment?
Alors réellement, plus que factuellement, matériellement, qui est le plus fort?

La liberté ça se vit à deux.
Comment parler de liberté si cette enfant est seul sur sa chaise,
sans personne à qui parler.

Guillaume Deloison

Pour infos : Je vais bientôt publier un deuxième livre. Cette fois ci, ce sera un mythe sur l’histoire de la philosophie.

Par delà l’emo’


Par dela l'émot

El langage
la pensée.

Peu porte intention
al force même

Sel mot
qui vil
écrit
tueraient cite la vie

Éprouver la forme
El sens comme unique
raison.
Dôme à Homme,
unité animé
par sel force même.
Comme unité,
quitter, la forme.
Car c’est l’Homme en puits science
Kiss it roove

El langage
la vie, la puissance
de l’homme.
Des fini pour des passé
l’instant proche, un fini.

Guillaume Deloison.

Un genre de poésie expérimental, des lettres pour pinceaux,
l’imaginaire de chaque homme pour oeuvre.

Le souffle d’une vie


le souffle d'une vie-01J’aurais pu commencer,
par 8h17 un matin de Mai.
Mais toutes ces futilités
ne font qu’agacer

Ce qui compte à la naissance,
c’est juste cette grande première.
La plus simple des prises de conscience
quand les poumons, se remplissent d’air.

Puis les muscles s’étirent,
cet enfant est en train de grandir.
Tout ce qui peut nous attendrir,
c’est le voir évoluer, rire, souffrir.

Puis le voir s’affirmer.
Rien à foutre de son adresse,
du nom de son père, sa mère, du reste.
Ce qui compte c’est cet effort.
Cette larme qui coule quand on a tort.
Cette âme qui doute, qui remet en tort.

Tous ces instants bien particuliers,
qui sont notre propriété,
ce qui nous fait, des choses privées.

A travers les autres se réinventer,
face à l’histoire, s’identifier.
Face à l’écran, le refléter.
Vivre au dedans,
ce que l’écran nous renvoie,
mais vivre comment,
quand rien ne ressemble à ce que l’on voit.

Se croire différent,
se voir comme l’enfant de l’instant,
vivre avec son temps.
Être plus qu’une donnée,
un individu isolé,
une inconnue sur leur papier.

Au fond de soi,
ressentir chaque moment.
Sans s’en rendre compte,
manquer des engagements.
Vouloir se rattraper à un rythme effréné.
Stress et contrariété pour se dépasser.
Être figé dans le passé,
oublier de se diriger,
comme si changer
n’était d’aucune nécessité pour évoluer.

J’aurais pu terminer,
Par un soir de Mai,
L’écran est en deuil,
le coeur est en recueil.
Les noms défilent et pourtant…
Tout ce qui compte c’est cet instant.
Ce souffle qui rapproche du néant.
Ce qui marque chaque moment.
Ces futilités qui nous rappellent que ce temps,
n’est que la causalité d’un espace donné.

8h17, l’heure d’un décès, mais pas seulement…

Guillaume Deloison

La causalité


la causlité-01

L’animal a fait et refait pour se créer,
pour créer l’homme et l’humanité,
la répétition des individualités.
L’homme fait et refait.
L’homme a à refaire pour se réaliser.
Pour se réaliser encore et évoluer.
Et parce-que c’est l’addition des hommes
qui fait l’humanité,
chaque homme a à se réaliser
pour que l’humanité puisse évoluer

Répétons les faits
nous y verrons des idées.
Répétons des idées,
nous y verrons le monde tel qu’il est.
Un équilibré mélange de faits et d’idées,
de rationnel et de spirituel.
Et si tu crois que répéter des idées est vain,
réfléchis à ce qui a fait de toi quelqu’un.
Quel équilibre créé le réel?

Ton identité, qu’est-ce que c’est?
Qu’est-ce qui t’a fait?
Qu’est-ce que tu fais?
N’as-tu pas l’idée du fait avant de le réaliser?
Avant de te réaliser? Faits après faits.
Le monde des idées n’est pas qu’un reflet,
c’est le monde synthétisé, équilibré.

L’homme ne s’est pas contenté,
comme l’animal, de répéter.
Il s’est compris puis maitrisé.
C’est utiliser comme un outil pour se réaliser.

Grandir c’est être marqué de faits.
Mais ce tableau, cette musique,
ces concrétisations d’idées,
ne vous ont-elles jamais formé?

Arrêter d’apprendre,
d’être marqué d’idées
c’est tout simplement arrêter d’évoluer.
Simplement s’arrêter.
Fini de vivre, de faire l’expérience du mouvement.
Voici la survie.
Voici l’homme qui subit la vie.

Faut-il alors attendre la crise,
ou l’anticiper?
Se réinventer par nécessité?

2008, la crise.
La nécessité de faire l’équilibre des infinis.
Réinventer l’humanité.
Cet instant est pour l’instant
le plus beau de l’humanité.
À l’air de la communication,
L’homme a créé le lieu de la synthèse des idées.
Concrètement, maintenant les idées ont une place: Internet.

La réunion des hommes,
un lieu où se déchire toutes les idées opposées.
Un lieu où les time-lines et les localisations
ont recréé le poids de l’équilibre de l’espace-temps
dans le monde des idées.

Cette crise est peut-être
Cette recherche qui nous permettra
de nous dépasser nous-mêmes
par une compréhension plus profonde.

Nous vivons comme à chaque époque,
un grand moment!

Guillaume Deloison.

Liberté, de générations en générations


À croire qu'elle ne vit que dans les musées

À croire qu’elle ne vit que dans les musées

Liberté,
un mot bien souvent discuté,
un mot vibrant de passion, de désir,
de raison, de révolution.
Tant ce sont battus,
à coup de rafales ou de cailloux dans les rues,
justement pour les libérer.
Pour ne plus être broyé
par les rouages d’un système
contre lequel ils se sont levés.

Être libre à en crever.
Pour la liberté se donner.
Tirer des tranchés quand l’ennemi est identifié.
Cocktail à la main
Je veux juste qu’on entende raisonner la liberté,
plutôt que de participer à des dîners mondains.

Avoir la force de tout changer,
voir que de tout temps le système s’est imposé
avec l’illusion de la liberté, quelque chose de parfaitement réglé.
Tu marches à coup de peur, d’insécurité ou d’espoir.
Bienvenu en France, j’ai l’impression que tout est noir.
Certains ferment les yeux, impossible d’y voir.
Pas de problème, la télé s’en est chargée.
Ta vision est censurée, millimétrée,
au point que même les anciens, la liberté,
Ils l’ont bradé.

Ces gens, ces combattants, ont fini par oublier.
Nous trouvent violent, pour quelques rassemblements.
Vous croyez que le combat est terminé,
que ça sert à rien de continuer.
Mais vous êtes devenu les rouages d’un système
qui n’a rien à envier à ceux qui l’ont précédé.

Voir une foule se faire lyncher.
L’entendre crier paix, amour et liberté,
à coup de matraque se faire défigurer.
Massacrons cet adolescent,
il menace le système instauré.
Je veux voir sur le bitume toutes ces dents,
ce marginal pourra remercier les anciens combattants.
C’est leur désastre, mais c’est pour nous les coups et les bilans.

La liberté a été mise de côté, ringardisé.
Se battre pour elle c’est dépassé.
« Ils connaissent pas la guerre, faut pas abuser. »
C’est vrai que le système est pas trop mal…
Ta retraite te paie presque à manger.
Mais si ça te satisfait, si c’est pour ça qu’ils se battaient.

Des milices aux services de personnes morales.
Rassemblement mondial, j’ai payé l’exclusivité,
ça me donne droit à ta liberté,
c’est moi qui décide comment t’habiller, ce que tu dois manger.
Encore une fois dans l’histoire,
la morale va nous séquestrer.

Le vice a contourné la séparation des pouvoirs,
une idéologie s’est réapproprié l’état.

Guillaume Deloison.

Il s’agit donc de « vivre »


il s'agit de vivre-01

J’ai peur de ne pas assumer
la structure de pensée que je me suis créé.

Je n’ai pas peur de mourir
j’ai peur de ne pas vivre.

Comme je le voudrais,
comme je me suis pensé.

Me voir imposer des idées dépassées
me battre pour mes idées
surement jusqu’à en crever

Je ne veux pas avoir raison,
je veux la vérité.

Mais à quoi bon?!
Tout le monde s’en fout.
On est plus fier quand on est con.

Alors pourquoi je n’arrête pas tout,
rien à foutre d’être bon!

Pour changer le monde
il faut d’abord se changer soi-même.
Évident mais faux,
rien ne change.

Et si à la première des questions
en réponse à la substance, c’était rien…

Il s’agit donc de « vivre »…

De jouer des statues,
de faire l’enculer
pour mieux entuber
à ce qui parait ça permet de gagner,
c’est ce qui est recommandé,
c’est comme ça qu’on me l’a enseigné
à coup de stupidité qu’on est sensé s’approprier.
Vivre selon
la facilité d’idées,
d’esprit non-réfléchi.

C’est le suicide de mon humanité!
Rien à foutre de l’éthique,
je passe du statut d’homme
à celui de citoyen!
Mes années de scolarité
vont finir par me payer
un beau costume cintré.
Je veux participer
à notre enfermement dans la sécurité!
Je veux être surveillé!
Je veux pas pouvoir « quoté »
Je veux un cerveau étriqué…

Ah non, pardon!
Dans notre suicide social
on a interdit l’inspiration d’idées !
Dans un monde où l’important
est de se l’approprier

Guillaume Deloison.

En haut des blocs


en haut des blocs-01

Je suis en place dans ma tour,
je dérange, ce que je fait personne n’est vraiment pour.
Mais j’ai des relations,
des mecs avec de hautes fonctions

Ça me permet de faire pas mal de billets.
C’est vrai, on me dit que je détruit ma cité,
mais comme on dit, c’est la loi du marché.

J’ai employé quelques gars,
C’est eux qui mettent les mains dans le tas.
Je leur ai acheté leur liberté
et c’est vrai que dans ce milieu on fini par bosser
à en crever.
Même celui qui me fournit
j’ai réussi à ce qu’il me doit la vie.

Ah, au faite… je ne me suis pas présenté,
Je suis PDG pour une grande marque de textile…

Guillaume Deloison.

Le voyage


le voyage-01
Voyager,
c’est bien le seul mot qui pourrait remplacer le suivant:
Vivre.

D’excès en excès,
D’expériences à d’autres,
d’invités à hôte,
d’idées en idées,
de plaisir à souffrir
de sourires en sourires
Pour découvrir, s’enrichir
Pour rien, pour en rire,
Pour s’enivrer
pour s’enfermer et se libérer.
Pour être en vie,
par envie.
Parfois même par dépit.
Par simplicité,
pour profiter comme pour le voyage, ,
à vivre pour lui même et non pour la destination.

Je t’enfume naturellement


je t'enfle naturellement-01

 

Petite chemise ceintrèe,
cheveux bien coiffés
archétype de cette parfaite société.

Le sourire aiguisé
pour mieux t’enfler.
Ce mec passe à la télé,
fait des discours bien structurés
pour t’expliquer comment évoluer.
Se mouvoir dans cette société
ou tu est tantôt utopiste
délinquant, rêveur, ou hors de piste.

Formaté, comme lui tu ne doit
avoir rien à te reprocher.
T’inquiète pas les crimes d’éthique
ne te seront pas rapportés
si tu leur ramène quelques billets.

Pas compliqué d’être exemplaire
quand un sourire suffit pour plaire.

Hypocrite, cette société n’a pas d’éthique
préfère s’enfermer de sens pour rester statique.

Malheureusement la folie actuel est,
il parait naturelle.

Guillaume Deloison.

 

Penser progrès


Quand par respect
tout le monde s’est mis à penser,
la bêtise en particulier.

Quand l’intolérance,
le fanatisme et l’extrémisme
réclame la tolérance.

Quand les généralités,
l’inception d’idée,
est devenu la vérité

C’est là que le progrès,
se doit de continuer de penser.
Sapere aude
La réelle confrontation des intuitions.
Savoir dire NON!

Guillaume Deloison.

L’humanité, individuellement dépossédé d’elle même.


Comme le philosophe disait
Ne crois pas que tu fais,
tu es fait.

Mais de quoi? De qui, par qui?
Des pensées d’autrui ou d’absurdités collectives.
Se complaire dans de communes idioties.

Cet adage doit il suffir
à faire de chacun une victime.
« je ne suis rien, je déprime »
Pas même moi même,
à déculpabiliser l’on s’est dépossédé

« Outil je te condamne! »
Non coupable l’homme n’a rien fait.
Certains disent…
Il est fait.

A croire que dans ce monde construit par l’homme, c’est le monde le problème.

Guillaume Deloison.

Assassinat pré-supposé


Il est 20h, j’ouvre les yeux, le bruit de la télé m’a réveiller. A l’écran j’y vois la dizaine de candidat pour les élèctions. Tous ridicule comparé au président que la France a eu le plaisir d’avoir tout au long de ses années. 83 ans demain, alors des présidents j’en est vue, même qu’avec d’autres cultivateur on s’était mobilisé quelquefois quand j’était plus jeune, pour lui dire ce qu’on pensée. Mais aujourd’hui…. PFFF. Le président y nous laisserez crever. Avec tout ces fous dehors… on est plus en sécurité de nos jours…
Justement, qu’est-ce que disais… Il annonce encore un crime à Marseille. Ça m’étonne même pas tiens! Marseille… il y a tellement d’arabe et de noir la bas…
J’entend ma femme dans la cuisine, elle m’appel.
C’est l’heure de manger.

Ta vue chérie, encore un mort à Marseille.
Ah je peux te dire que si j’était flic moi, je te ferais du ménage la bas!

C’est moi ce mec qu’est sensé faire le ménage. Je suis flic depuis quelques années, je suis nouveau dans cette banlieue mais j’en est eu des échos, pas que du bon d’ailleurs.
A ce qu’y parait des jeunes con on abattu un collègue pendant une émeute. Des petits branleurs! Il vont même plus à l’école je suis sur…
Ah si je les tenais! Si je pouvait les avoir en face de moi!

Non mais c’est vrai quoi! C’est le travail de la police a ce que je sache! Mais faut dire aussi, on leur donne pas les moyens. Faut faire des économies qu’ils disent!
Pourtant elle est bien contente la petite dame de pouvoir rentrer chez elle le soir en voiture, sans avoir trop peur de se la faire cassez.
Elle me dit de la fermer.

Celle qui a peur de se faire cassez sa voiture c’est moi, je rentre du travail, une sale journée! Ah si je pouvais lui dire ce que je pense à cette conne de Marie qui se croie supérieur. Mentalité de patron!
Tiens regarde le lui justement avec sa grosse BM!

Il est 7h, je me léve.
Je m’habille et me dirige vers la cuisine. Je repense à l’engueulade avec ma femme hier…
Elle me reproche de faire des généralités.
Je me suis levée et j’ouvre la porte du garage.
Elle me dit que je regarde trop la télé, que je suis lobotomisés.
J’ai prit ma voiture et là je me suis garé.
Elle me di que je suis un produit du JT, que j’ai oublier de penser, de critiquer.

Je le souhaitai, eh voila ! Nez à  nez avec un de ces gamins . Je l’ai trouvé dans une rue un peu plus loin de l’émeute. Je lui est dit que si y bougeait, je le butais. Yeux dans les yeux, on attend, je l’ai au bout de mon arme!

Putain ce con avec sa BM il va me rentrer dedans! Il croit qu’il va me passer devant !? Monsieur il se croit tout permit!?

Je suis sorti de ma voiture, j’ai ouvert la porte, « bonjour », prit les papiers, puis je me suis isolé.

Je le sentais, il voulait s’échapper. D’un geste brusque il s’est mit à courir.

Il était à deux doigt de me toucher mais je voulais pas le laisser passer !
J’ai accéléré…

Á voté.

J’ai tiré.

Collision, je l’ai tué…

J’ai choisi de ne pas relater les pensées des victimes, ça ne vous empêchera pas de vous faire une idée de qui ils étaient. Les personnages, eux, ne ce sont pas gêné.
Ce qu’il faut savoir c’est que les victimes, elles, n’était pas des personnages  des caricatures faites de généralité, dépourvu d’une quelconque nuance d’individualité .

Guillaume Deloison

Une seule peur


Je n’ai q’u’une peur
c’est faire l’erreur
de m’enfermer dans mes idées.
Arrêter de penser,
fini d’évoluer.
croire que ce monde est figé.
Ne plus savoir écouter,
imposer mes pensées.
Ne plus m’émerveiller,
chaque jour recommencer,
ce dessin faussement parfait.

Comme si l’avenir, je m’en défaisais.
Laisser le changement responsable de lui-même,
le voir coupable d’une destruction de soi même.
Alors que c’est en cette chose immuable
que l’homme a pu s’élever, s’édifier.
Grandir, se construire.

Je n’ai qu’une peur.
Voir le changement comme une terreur,
comme extérieur.

Guillaume Deloison.

Incandescence illicite



La pierre crépite, le gaz s’enflamme,
j’approche mes lèvres, serein,
et dans ce geste anodin j’entends le blâme.

Je croise des regards pleins de préjugés, accusateur.
Je suis coupable de mettre en danger, et alors?
Il m’accuse à tort de tous les maux
d’une société, une bière à la main…

« Cette substance est dangereuse »
Même si cela reste à prouver,
tant d’arguments sont opposés,
moi tout ce que je vois c’est
qu’interdit depuis seulement 40 ans
à cause de banals accidents,
cela fait de moi un délinquant.

Ne faudrait il pas savoir si l’objet à blâmer
n’est pas vraiment le produit mais ce qu’on en fait?
Faut il se garder de tout danger?
S’enfermer dans la sécurité? liberté surveillée.

Ne suis-je pas assez grand?
« Certains tombent dedans! »
Doit on faire de cas particuliers une généralité…

Silence… derrière moi j’entends « Monsieur, vos papiers »

Guillaume Deloison.

L’éducation comme initiation à la réflexion.


“Pourquoi?”
Humblement j’y réponds ce que je crois.
Nuancé, je lui donne les outils pour s’interroger.
Il fallut moins de 24h pour que les parents m’aient blâmé.

L’éducation, beaucoup pensent que c’est des notions,
une vision, un savoir à faire passer.
Mais plus proche de la lobotomie,
cette conception n’a pas compris
que penser, c’est d’abord avoir son autonomie.

Sous tutelle mentale, les parents se placent en tant que béquille.
Ils n’aident pas, ils enferment.
Plus besoin de penser, oublier la nécessité,
C’est déjà fait.

Face aux pourquoi d’un enfant, cette force de réflexion,
que faire?
Lui apprendre à faire l’effort de peut être se tromper,
ou bien tronquer sa pensée,
lui imposer la “vérité”.

Guillaume Deloison.

Et si j’écrivais ce que je vis?


Et si j’écrivais ce que je vis?

J’ai 19 ans, vie d’étudiant, la philo me passionne,
je doute pense et raisonne.

Je dois vivre dans le sens d’un monde
qui pour moi n’en a aucun.

La vie me parait courte j’ai déjà
l’impression d’en voir la fin.

Curieux, je voudrais me passionner de tous
mais le temps impose des choix, bien assez.

Le néant de mes conventions dérange, trouble.
On me dit non j’y réponds pourquoi?

Riche de paradoxes, je n’y vois que des idées complémentaires.

J’ai raisonné mon cœur, éduqué pour une vision du monde voulu
objective, absolu que je construisais.

J’ai voulu faire la synthèse, de 0, j’ai fais abstraction de tout
afin de déconstruire pour construire.

Oublié la géographie des idées ou leurs provenances
pour me pencher seulement sur l’essence
Citoyen du monde, j’ai comme l’impression d’incarner tous ses contresens.
Sans prétention, je ne suis qu’un homme égal à tout autre.

Mesuré l’histoire m’a appris combien les idées
Peuvent tuer, enfermer, torturer.
Religion, société, des codes dont j’ai voulu m’épargner
Car futiles et dénués de vérité
mais qui m’agressent jusque dans ma vie privée.

Je vis dans un monde de sens qui
pour moi n’en a aucun

Guillaume Deloison.

Ces fours …


Ces fours …

J’allume le four, enfin…
Pas tout à fait…
J’ai reçu un ordre et je le fait passer.

Tout les soirs j’y pense,
quel malheur de ne plus être vivant
de n’être qu’un moyen
et non une fin.
Plus proche de la fonction que de la réalisation.
De ne plus vivre si ce n’est qu’au travers des autres et de leur volonté.

Je ne vis plus,
Tel un fantôme, mes pensées n’ont aucune portée.
Chaque jour j’obéis
à mon supérieur qui lui vit.
Il est odieux, répugnant, intolérant mais lui reste vivant
Ses actes prolongent ses pensées, il ose l’infamie.

Le telephone sonne, des ordres, je m’exécute je n’ai pas le choix…
Et pour ne pas entendre ces cris de souffrance, de torture, l’Homme que je suis s’enfuit,
vis dans ses pensées

Guillaume Deloison.

Crise d’ado’


Crise d’ado’

Elle vit comme ça au jour le jour.
Elle vit mais chaque jour elle a peur,
peur du lendemain,
peur du changement.
Elle fait la fière, alors qu’au fond elle se laisse enfermer par la terreur de ce JT

Condescendante, elle donne des leçons,
aux autres, à ses parents,
et pas seulement à ceux d’aujourd’hui.
Elle est sûr d’elle mais pas du lendemain.
Elle fait la grande, mais elle est incapable de grandir, de prendre conscience d’elle même. Des problèmes  elle en a mais « c’est jamais sa faute ».

De la peur à l’hystérie, elle survit, se débat, se bat contre la vie…
France…
Jeune fille en pleine crise qui comme ses amies adolescente, doit faire Un, de tous ce qui l’oppose.

Guillaume Deloison.

Qui est ce Je?


Qui est ce Je?

Qui est-ce?
Cette homme dont l’ombre me suit?
Dont ses pas et les miens, résonnent d’un même bruit?

Cette homme qui devant son écran, éteint
Regarde son reflet, le mien.

Il appuie sur le bouton qui s’éclaire d’un léger vert.
Il déroule sa page d’accueil.
Sentiments, ressentiments, informations et mobilisations,
défile sur cette page ornée,
d’un bleu claire ou bien foncée.

Je publie, il a la bouche bâillonné.
Surpris, je rafraîchie.
Sur la toile je lis:
Censure, liberté d’expression et droit de l’Homme.
J’entend une voix, on m’appelle, échap et je descend

Qui suis-je?
Non pas pour moi mais pour les autres
Un individu de plus ou une force de vie?

Guillaume Deloison.

L’art comme l’âme d’une société


L’art comme l’âme d’une société

A mon sens l’art ne se résume pas par certaines pratiques ou activités. Ce n’est pas cette somme de règles de syntaxes ou la façon de réaliser un tracé, au contraire. L’art est pour moi beaucoup plus brut et se passe de bienséance, de règles ou de beau. L’art est à mon sens l’incarnation de l’âme d’une société. L’incarnation de ce qui touche l’homme, de ce qui le fait réfléchir, qui le fait s’arrêter, et peut importe que ce soit beau, semblable ou contraire à tous ce qui à était fait auparavant car cette manifestation touche et incarne des pensées. Qu’à ton faire de la forme quand c’est le fond qui compte, qu’a ton faire du critère de « beau » quand il ne demande qu’à être trouvé dans chaque œuvre.

c’est parce que chaque oeuvre est ancrée dans une société qu’elle en est son âme, sa matière sensible

      Il me semble que le travail de l’artiste est d’être créateur avant tout, ou plutôt géniteur. Car l’artiste d’une société pouvant appréhender toutes les spécificités de son lieu de vie, après un effort de maïeutique donnera au monde une représentation, une incarnation de sentiments, d’émotions. C’est cela à mon sens un effort artistique. C’est nourrir le monde d’émotions communes et fortes pour un grand nombre

C’est en ce sens que pour moi l’art est représentative de l’ame d’une société, par le caractère commun et leur somme qui forment comme une entité propre et sensible, touchant l’ensemble d’une société. Et c’est par ce qu’elle est ce qui touche une société qu’elle est comme son âme, sa matière sensible.

Guillaume Deloison.

Je suppose que c’est avec cette question que j’ai grandi…


     Je suppose que c’est avec cette question que j’ai grandi. tant de philosophes, tant de réponses pour si peu de questions au final. une seule question et 6 milliard de réponses finalement.

Je suppose que c’est avec cette question que j’ai grandi et que je me suis efforcé de faire preuve de tolérance, car vraiment, qui peut avoir la prétention d’avoir raison? tant de grands Hommes, de grands penseurs… qui peut avoir la prétention de tout balayer si ce n’est avec des arguments qui reposent non pas sur la raison mais sur la logique. sur l’essence même des mécanismes naturels.

Je suppose que c’est avec cette question que j’ai grandi et que j’ai appris à penser par moi même (si je peut avoir la prétention de le faire). Car face à toutes ces réponses cohérentes, laquelle peut être la bonne? Peut être même que la bonne n’a jamais était pensée, pourquoi l’aurait elle était? Laquelle peut être la bonne pour moi, et comment pourrait elle l’être si je ne prends pas même la peine de les examiner.

Je suppose que j’ai grandi grâce à cette question… tout est vérité, rien n’est vrai. alors avec cette question j’ai grandi et maintenant je vis, pour simplement vivre car comment pourrai-je vivre autrement que libre? car qui aurait la prétention de m’ordonner mon comportement en énonçant des théories de bon sens, de savoir vivre, ou simplement de « bien ». qui aurait cette prétention alors que je ne l’ai pas eu moi même pour ma propre personne, de me trouver des réponses absolues.

Guillaume Deloison.

Notes sur La Notion de Folie.


Qu’est-ce que la folie et où commence-t-elle ? Où commence-t-elle véritablement, objectivement ? Certains actes sont définis comme appartenant à la folie pour des raisons culturelles et des habitudes. Alors est-ce-qu’une pure folie, dans le sens de commune à toutes les cultures, comme essence même de cette notion existe-t-elle? Et si elle existe ou commence-t-elle encore une fois ? Lorsque l’acte mène à une autodestruction ? Mais qu’en est-il de l’acte de fumer pour l’autodestruction sur le long terme, et du suicide pour l’acte soudain ? Alors la folie résiderait-elle dans l’enchainement d’actes incohérents, paradoxaux ? Mais ces apparents paradoxes, non sens, proviennent peut être de la limite de perception de l’observateur. Est-ce-que parce que l’observateur ne peut comprendre le raisonnement de l’autre, cela signifie qu’il est fou ? Pourquoi serait-ce celui qui est observé plutôt que l’observateur limité par sa perception qui serait le fou ?

Ou est la limite entre Tolérance et démence? comment, pourquoi et quand, le savant devient démens? Ou est la limite entre le génie et la folie? Le génie se doit de défier les limites de perception de la société mais est-ce être fou que de vivre dans un monde voisin, cohérent mais différent?

Notes sur la Notion de Quartier


Comment des dénominations par fonction ont pu être données à des groupes d’individus pour former des quartiers? Comment des artistes ont pu se regrouper naturellement pour donner « le quartier des artistes » comme Saint Germain des Prés. Naitre et vivre à saint germain permettrait des acquis qui pousseraient à devenir artistes ?

Auparavant les quartiers étaient nommés différemment dans les villes, l’on disait que ce quartier était « le quartier des artistes » ou encore, « le quartier  des marchands de beauté ». Maintenant ils sont nommés différemment, et cela témoigne d’un changement de la société, de son organisation et de la vision de ses membres sur eux-mêmes.  Maintenant on parle de quartier défavorisé, aisé ou encore de quartier latin, chinois. Alors qu’avant la dénomination relevait de la fonction, ces derniers témoignent maintenant d’une plus grande importance de l’origine sociale.

Le philosophe, seul vrai fou ?


Tout les modèles de pensées pour être viables se doivent d’être cohérent, mais le philosophe prônant la remise en question de touts les principes et toutes les conclusions, est sans cesse dans la remise en question de son propre système de pensée, dans un incertain perpétuel qui remettrait même les autres pensées en question et en situation de non cohérence. Alors finalement le philosophe ne serait il pas le seul vrai fou ? vivant dans un monde incohérent. Mais la cohérence finalement est elle un gage de viabilité pour les modèles de pensée?

Pensées d’un trajet


Pensées d’un trajet

Petite musique qui accompagne très bien ces pensées

Je regarde à travers les vitres de mon RER C, écoutant cet artiste qui m’a maintes fois éclairé, le ciel ensoleillé, moitié nuage, moitié infinité. Les pylônes défilent face à moi et je pense. Ces pylônes défilent face à moi et m’éloignent de chez moi, de la où j’ai grandi pour m’emmener vers cette grande ville que j’ai longtemps rêvée. Cette grande ville où je vis maintenant et où je m’enracine avec les pensées que j’ai réussi à cultiver. Pensant à ces premières lignes, ces premiers articles sur mon blog, qui représente en quelque sorte la fleuraison de mes réflexions. Les pylônes défilent et la bibliothèque nationale se rapproche, et bientôt touts les gens de ce wagon descendront, ayant constitué un magnifique tableau de diversité, éclairé par ce soleil nouveau qui nous éblouit. Des éclats de rire résonnent et me font sourire. En ce lieu je suis sûr d’avoir un instant été heureux, pour la simplicité de l’événement mais aussi pour sa beauté qu’il fallait savoir admirer

Guillaume Deloison.

 

 

 

 

De être à Avoir


De être a Avoir

Aujourd’hui en s’abstenant quant au cogito, on ne prend plus le temps de s’interroger sur autrui et sur soi. Alors que nous sommes définis par la perception que l’on a de nous même à travers lui, elle. Car la première des questions que l’on se pose en ce siècle  n’est plus être ou ne pas être mais avoir ou ne pas avoir.

Hommage a Abd Al Malik qui m’a permis de faire évoluer mes réflexions

Guillaume Deloison.

Le blog de mes réflexions philosophiques


Je me lance dans la rédaction de mes pensées

Je ne voulais pas écrire de la philosophie de bistrot alors je me suis longtemps censuré ne me sentant pas à la hauteur. Je m’essaye maintenant à cette exercice en espérant ne pas tomber dans des lieux communs et en espérant ne serait-ce que pour une personne, faire évoluer sa réflexion.

Merci et bonnes lectures

Guillaume Deloison.