PHILOSOPHER – COMTE


« Il est temps aujourd’hui de prendre une marche plus raisonnable, de n’admirer, de n’estimer, de ne payer que ce qui est utile, que ce qui peut contribuer au bien-être de l’individu et de l’espèce […], que la faculté d’abstraire ne soit employée que pour faciliter la combinaison des idées concrètes ; en un mot, que ce ne soit plus l’abstrait qui domine, mais le positif. » – Comte, A. (1817). Programme d’un travail sur les rapports des sciences théoriques avec les sciences d’application.

Auguste Comte naît le 19 janvier 1798 à Montpellier. Il meurt le 5 septembre 1857 à Paris. Issu d’une famille catholique et monarchiste, Comte est professeur particulier de mathématiques, répétiteur et examinateur à l’École Polytechnique ainsi que précepteur dans un établissement préparatoire aux concours scientifiques. Pendant plus de vingt-cinq ans, il donne aux ouvriers plusieurs cours publics d’astronomie, puis d’histoire. Il développe durant toute sa vie une philosophie scientifique : le positivisme. Cette philosophie s’étendra à la politique et à la morale. Par la suite, elle prend un tournant avec la Religion de l’Humanité (« Auguste Comte », 2019). Sa pensée marquera profondément la philosophie. Les continuateurs et détracteurs sont nombreux.

Comte et son positivisme a inspiré de nombreux auteur·ice·s, certain·e·s le portant, d’autres le rejetant. Il en a d’ailleurs tellement été dit que la place de Comte parmi celleux se réclamant du positivisme n’est même plus centrale. Nous ne pouvons cependant pas critiquer Comte sans toucher au positivisme. Beaucoup rejettent trop facilement ce courant et son créateur alors qu’ils ont largement contribué au développement de la méthode scientifique. Pour les critiquer il faut le faire pour les bonnes raisons : Comte est intéressant, mais il est détestable. Comme nous le verrons, il rejette vigoureusement tout questionnement métaphysique et notamment le matérialisme parce qu’il serait anarchique : sans loi, la matière ne pourrait pas s’organiser. Plutôt que d’expliquer les choses par des processus matériels, il formule alors des lois à partir de la régularité des phénomènes observés. Par ailleurs, soucieux d’unifier les sciences, il met l’accent sur l’aspect utile des sciences pour l’Humanité. Cette perspective utilitariste est également centrale dans ses conceptions esthétiques et morales. Ainsi, il légitime qu’une classe de philosophe et d’industrielle gouverne la société pour son bien. Au nom de l’utilité, les scientifiques feraient l’autorité. Il développe ainsi une conception autoritaire et conservatrice de la science. Certain·e·s en profitent pour caricaturer et rejeter la science. Iels rejettent Comte et son positivisme au profit de la religion, alors qu’il répudiait pourtant le matérialisme et fonda même une religion. Portons une philosophie scientifique qui brise toute pensée autoritaire : celles prétendant se réclamer de la science pour contraindre, comme, au contraire, celles prétendant se libérer de toute contrainte en rejetant la science.

LE POSITIVISME EST UN IDÉALISME

Au 19e siècle, l’empire colonial français s’étend sur tous les continents du monde (« France au XIXe siècle », 2019). Dans ce contexte, même si Comte s’oppose à la colonisation, notamment en Algérie, ses plans de développement du positivisme à l’échelle mondiale trouvent malgré tout un écho dans les arguments coloniaux de la France du Second Empire (« Auguste Comte », 2019). Il inspire aussi la devise du brésil « Ordre et progrès » (Arbousse-Bastide, 1979). Par ailleurs, l’Église perd progressivement de son influence avec la laïcisation de l’État et l’influence culturelle des sciences. En effet, durant les 2 derniers siècles, les sciences ont énormément avancé et cela dans une autonomie grandissante. En 1847 par exemple, Hermann von Helmholtz publie la première loi de la thermodynamique : la conservation de l’énergie (« Chronologie de la thermodynamique et de la physique statistique », 2019). Les sciences s’étaient ainsi constituées en un domaine à part en dehors de la philosophie. Elles laissaient celle-ci à ses spéculations et à ses disputes. La science était forte de la puissance de ses conquêtes, de la sûreté de ses méthodes et de l’infaillibilité de ses résultats. Pour Comte, la science était justement une philosophie en soi. Il entreprend donc de formuler un discours philosophique propre aux sciences : la philosophie positive. Cette dernière devrait alors coordonner les principes de toutes les sciences. Elle devrait en établir la hiérarchie, les liaisons et l’unité (Janet, 1887).

Le mot « positivisme » dérive du participe passé du latin ponere : positus, « posé ». Au 13e siècle, « positif » signifie ce qui est « établi », généralement par institution divine ou humaine. Au 16e siècle, le terme en vient à désigner une connaissance fondée sur des faits, une connaissance certaine (Pickering, 2011). Ainsi, en qualifiant sa philosophie de « positiviste », Comte exprime sa volonté de combattre la pensée vague et les croyances incohérentes de la « métaphysique », qui a ici une connotation négative. Le terme « métaphysique » désigne un domaine de réflexion s’intéressant aux choses ordonnant le monde, par exemple Dieu, les idées, la matière, etc. Dans les débats scientifiques actuels, le terme privilégié est plutôt ontologie, terme issu du grec ancien ontos « être » et logos « discours ». Le terme métaphysique peut toutefois être également employé, avec ou sans connotation négative. La remarque du logicien et philosophe naturaliste Willard Van Orman Quine est intéressant pour saisir l’enjeu de ses considérations : « Ce qu’il y a de curieux avec le problème ontologique, c’est sa simplicité. On peut l’énoncer en trois mots : « Qu’y a-t-il ? » Et l’on peut, qui plus est, lui apporter une réponse en un mot : « Tout » – et chacun acceptera cette réponse comme vraie. Cependant, cela revient à dire simplement qu’il y a ce qu’il y a. Cela laisse la possibilité de désaccords au cas par cas ; et ainsi la question continue de se poser depuis des siècles. » – Quine, W.V.O. (1953). Du point de vue logique. Neuf essais logico-philosophiques. Métaphysique ou ontologique, le positivisme rejette donc toutes considérations de cet ordre. Ainsi, en rejetant tout questionnement sur ce qu’est le monde, toute ontologie, Comte rejette le matérialisme. « Le positivisme écarte irrévocablement à la fois, [le matérialisme] comme anarchique, [le spiritualisme] comme rétrograde » Comte, A. (1848). Discours sur l’ensemble du positivisme. Il s’intéresse seulement aux moyens que nous avons pour connaître le monde, à l’épistémologie, terme issu du grec ancien epistémê « connaissance » et logos « discours » (Premat, 2008). Comme Hume, Kant et d’autres, il n’appréhende que des phénomènes : « Nous ne saurons jamais de quoi sont faites les étoiles. » – Comte, A. (1850). Ainsi, face aux premières théories de l’atome, des positivistes rejetaient l’idée que les atomes existaient réellement. Accepter cette existence serait trop s’avancer : les phénomènes se présentent comme si les atomes existaient, mais cela ne nous permettrait pas de nous prononcer sur ce qu’est réellement le monde (Juignet, 2015). Cette conception tend ainsi vers un certain idéalisme : les idées ou en l’occurrence les modèles théoriques et les lois scientifiques sont privilégiées sur la réalité matérielle. Ce seraient ces idées qui détermineraient le monde et non la matière. Le monde serait loi, et s’expliquerait par elles. Mais cette formalisation n’explique rien. Constater que chauffer l’eau la fait bouillir n’explique rien. Et ce n’est pas cette loi qui fait augmenter le mouvement des molécules d’eau quand elle boue. C’est même le contraire (Drapeau Vieira Contim et Ludwig, 2013). C’est la matière qui fait les lois (Kistler, 2013 ; Sagaut, 2008-2009).

UNE ÉPISTÉMOLOGIE UTILITARISTE

Comte s’inspire de Bacon, Descartes, Kant, Hume et Hegel et tente de faire la synthèse de ces auteurs. Le positivisme ne serait pas un pur rationalisme ou, au contraire, un empirisme absolu (Pickering, 2011). Fonder nos connaissances sur la seule raison, sans expérience concrète, serait inefficace, et à l’inverse, un empirisme absolu, qui ne fonderait nos connaissances que sur notre expérience serait stérile : accumuler des faits ne permet de tirer aucune conclusion. La raison devrait donc organiser rationnellement les données de l’expérience. Par ailleurs, en rejetant tout questionnement sur ce qu’est le monde, Comte rejette la notion même de causalité. Il la juge métaphysique et préfère une conception du monde régi par des lois (Juignet, 2015). L’expérimentation devrait ainsi permettre de formuler des lois sur le fonctionnement des phénomènes. D’une certaine façon, Comte rejette le réalisme : certes la réalité existerait indépendamment de nos perceptions, mais elle ne serait connaissable qu’à travers nos perceptions (Bunge, 1993). En refusant de se référer directement à la réalité, Comte et les positivistes ne peuvent pas concevoir la vérité comme correspondance avec la réalité. Ce qui fonde leur notion de vérité est alors la cohérence logique. Ainsi, lorsque Comte se prononce contre l’existence d’un Dieu, ce n’est pas parce qu’elle serait contraire au fait. Comme de nombreux positivistes, ce qu’il réfute à propos de « Dieu », c’est seulement sa cohérence logique. Il n’existerait pas tel qu’on le décrit car son énoncé est incohérent (Silberstein, 2013). Comte conçoit ainsi l’expérimentation comme une source de données à ordonner logiquement, de façon cohérente, alors que c’est un moyen parmi d’autres de vérifier si les hypothèses correspondent à la réalité (Bunge, 1993 ; Bunge, 2012).

La loi des 3 états illustre assez bien cet accent que Comte met sur la cohérence logique. Selon cette loi, 3 modes de pensée se suivraient nécessairement dans l’histoire : théologique, métaphysique puis positif. Dans l’état théologique, les personnes expliqueraient le monde par des forces et des êtres surnaturels : objets mystiques, dieux multiples puis Dieu unique. Dans l’état métaphysique de l’Histoire, les personnes chercheraient ensuite les causes premières et les causes finales. Ils et elles expliqueraient le monde par des essences personnifiées ou des abstractions : la Nature, la Raison, etc. Ces abstractions ne seraient ni surnaturelles ni positives. Dans l’état positif, les personnes expliqueraient enfin le monde par des lois scientifiques. Elles formaliseraient les « relations constantes de similitude et de succession que les faits ont entre eux » – Comte, A. (1851-1854). « Considérations philosophiques sur les sciences ». Ainsi, dans sa pensée, les idées déterminent le monde. La pensée théologique déterminerait l’histoire médiévale, la pensée métaphysique déterminerait l’histoire d’une période plus récente et ainsi de suite (Muglioni, 2013). Chaque science et chaque société devraient ainsi passer par ces 3 états. Cela définirait leur développement (Kremer-Marietti, 2006). De plus, parce que Comte rejette l’introspection et la psychologie, il applique aussi sa loi des 3 états aux personnes : comprendre l’esprit humain passerait par son étude historique (Clauzade, 2003). Dans cette perspective, la biologie devrait donc certes étudier les relations entre la pensée et le fonctionnement cérébral, mais cela sans faire du cerveau la cause de la pensée. Ce serait rétrograder dans la métaphysique : ce serait oublier le vrai sens de la distinction entre cause et loi faite par le positivisme (Muglioni, 2013). Les conceptions de Comte ne nous permettent pas de comprendre les processus réels, cérébraux comme historiques (Bunge, 1981), ce sont de simples récits dont la seule qualité est d’être logique.

Puisque l’astronomie, la physique, la chimie et la biologie étaient devenues des sciences positives, selon Comte la méthode positive devrait également s’étendre aux phénomènes les plus complexes : la société. Ce serait un domaine où règne encore la pensée théologique et métaphysique. Cette science de la société serait la « sociologie », un terme qu’il contribue à populariser. Dans sa hiérarchie des sciences, la sociologie devrait d’ailleurs couronner toutes les autres sciences (Pickering, 2011). Elle permettrait de comprendre les sciences elle-même. Ainsi, Comte relativisera progressivement la méthode scientifique du philosophe anglais Francis Bacon (observer, conjecturer, vérifier) jusqu’à formuler la sienne : la synthèse subjective. Selon Comte, les connaissances auraient plus à voir avec ceux qui la produisent qu’avec la réalité. Il faudrait donc rapporter chaque science à l’Humanité et à son histoire pour en comprendre le sens (Muglioni, 2013). L’une des raisons pour laquelle Comte privilégie la sociologie sur les autres sciences est par exemple que toute observation présuppose certaine théorie et même un certain nombre d’instruments (Sagaut, 2008-2009). Certes, cela est vrai, mais ce n’est pas parce que l’observation peut être biaisée ou que les faits peuvent être sélectionnés que ces derniers sont subjectifs. Cela nous pousse plutôt à redoubler d’effort pour tendre vers l’objectivité (Bunge, 1993).

Ainsi, Comte conçoit la recherche scientifique avant tout comme un moyen de répondre aux besoins de l’Humanité. Pour cela, il s’oppose aux recherches « oiseuses ou vicieuses », qui n’aurait pas de rapport avec le bien de l’Humanité. Ainsi Comte s’oppose à la spécialisation dispersive des sciences, au « développement anarchique de la recherche scientifique » qui oublierait la philosophie et l’esprit d’unité des sciences (Muglioni, 2013). Nous pouvons effectivement déplorer le désengagement philosophique de certain·e·s scientifiques qui ouvrent la porte aux pseudo-sciences. Même en tant que scientifique, recycler des conceptions idéalistes comme peut justement le faire Comte, c’est entraver la recherche de processus matériels. Par ailleurs, avec sa notion d’unité Comte délégitime un certain nombre de recherches qu’il juge inutile. Si l’utilité des sciences a une telle importance selon Comte, c’est parce que selon lui les sciences seraient d’un grand secours pour résoudre un certain nombre de problèmes de l’époque, notamment d’un point de vue technique. Durant le 19e siècle, la France est bouleversée par une progressive industrialisation et des tensions sociales grandissantes (« Révolution industrielle », 2019). À cette époque la production n’est principalement plus agraire, même si celle-ci a progressé depuis le siècle précédent : 0,4 à 0,5 % par an, donc au moins 40 % sur le siècle (Bernier, n. d.). De nombreuses personnes sont privées de terre et sont contraintes d’aller vers les villes pour travailler dans les industries (« France au XIXe siécle », 2019). En province, une crise de subsistance provoque des troubles. Elle suit deux mauvaises récoltes de céréales (1845 et 1846) et une maladie de la pomme de terre. En 1847, à Buzangçais, les tisserands, ouvriers et journaliers réunis dans les faubourgs s’opposent alors fortement à un transport de grains. Une émeute éclate. Les inégalités se creusent entre les couches populaires qui s’appauvrissent et les notables qui s’enrichissent (« Révolution française de 1848 », 2019). Dans ce contexte, les problèmes sociaux ne peuvent clairement pas se résumer à des problèmes techniques, mais nous verrons par la suite comment l’utilitarisme épistémologique de Comte est en lien avec sa pensée politique. Avant cela, voyons comment de nos jours certains théoriciens et théoriciennes s’inspirent de son utilitarisme épistémologique et ce que nous pouvons y opposer. Ils et elles conçoivent les théories scientifiques comme des conventions et des fictions plus ou moins utile et affirment que ce qui ferait la vérité d’une idée, au-delà de sa cohérence logique, serait justement son utilité. Mais d’une part, beaucoup de connaissances inutiles sont néanmoins vraies et d’autre part, des croyances fausses peuvent être très utiles. Les entreprises partagent énormément ce type de croyances effectivement très utile à leurs fonctionnements, comme le lien entre le mérite et la réussite par exemple. Lorsqu’une connaissance est vraie, elle peut être utile, mais ce n’est pas parce qu’elle est utile qu’elle est vraie (Bunge, 1993).

UNE ÉSTHÉTIQUE DE LA LÉGITIMATION

Bien que les questionnements sur l’art ne soient pas centraux dans la pensée de Comte, il y consacre entre autres la 5e partie de son Discours sur l’ensemble du positivisme. L’approche positiviste de l’esthétique consiste à formaliser les régularités de notre appréciation esthétique. Même si Comte parle de processus physiologique, émotionnel et cérébral, il s’agit encore une fois de formuler des lois. En rejetant tout questionnement ontologique, Comte conçoit donc l’esthétique comme un ensemble de lois déterminantes pour notre appréciation de l’art. Ainsi, si l’on observe un goût partagé pour la symétrie par exemple, peu importe que la cause soit physiologique, culturelle ou autre (Lahbib, 2009). Cela a pour conséquences de définir l’esthétique comme un ensemble de lois idéelles. Nous retrouvons ici son idéalisme qui se désintéresse des processus matériels au profit de lois qui sont alors inexplicables. Nous gagnerions pourtant en compréhension à définir l’art comme une activité pratiquée par différentes espèces (Dissanayake, 2009) et faisant intervenir des propriétés matérielles, des qualités techniques, des effets physiologiques comme l’activation du système de la récompense par exemple (Skov & Nadal, 2017). Cela nous permettrait également de mieux en comprendre les causes culturelles, sociales, économiques, politiques et même écologiques, comme la congruence avec d’autres représentations préexistantes, la présence d’institutions pouvant faciliter la diffusion d’une œuvre, la présence d’un système de mémoire externe tel l’écrit, etc. (Boyd & Richerson, 1985 ; Boyd, 2005 ; Sperber, 1996 ; Sidanius & Pratto, 1999 ; Lorenz, 2021).

La conception esthétique de Comte s’ancre ainsi dans un débat plus large sur la place de l’esprit dans lequel la perspective positiviste se refuse à toute référence aux déterminations matérielles. Elle se contente de formalisation logique plutôt que de rechercher pourquoi certaines déterminations physiologiques, par exemple, détermine certaine expérience mentale (Kistler, 2013) ou certaines appréciations esthétiques pour ce qui nous intéresse ici. Par ailleurs, il est intéressant de voir que vers 1850 se développe un mouvement artistique et littéraire : le Réalisme. Ce courant qui s’oppose au Romantisme est caractérisé par une attitude de l’artiste face au réel, qui vise à représenter le plus fidèlement possible la réalité, avec des sujets et des personnages choisis dans les classes moyennes ou populaires plutôt que nobles ou bourgeoises. Le roman entre alors dans l’âge moderne et aborde des thèmes comme le travail salarié, les relations conjugales ou les affrontements sociaux (« Réalisme (littérature) », 2020). Au-delà de l’intérêt pour les classes populaires que Comte partage notamment en donnant ses cours publics, pour le réalisme littéraire comme pour le positivisme, il s’agit avant tout de montrer plus que d’expliquer.

Tout comme il effectue une classification logique des sciences, des industries ou même des espèces, Comte classifie les arts. Le premier des arts est la poésie, vient ensuite la musique puis la peinture, la sculpture et enfin l’architecture. (Premat, 2008). Ces classifications dont les seules qualités sont d’être logiques laissent dubitatif, mais elles expriment chez Comte ce souci d’unité philosophique. Cette unité permettrait de mettre fin à une sorte d’éclatement qui fait par exemple qu’en tant que mathématicien·ne, une personne n’a pas les mêmes pensées qu’en tant que parent ou admirateur·ices d’œuvres d’art (Muglioni, 2013). Comte s’oppose ainsi à la spécialisation esthétique. Dans l’avenir, il n’y aurait « plus de classes esthétiques proprement dites […] mais une éducation générale disposant à goûter profondément tous les modes d’idéalisation » (McWilliam et. al., 2004). L’unité philosophique du positivisme permettrait également à l’art de trouver son utilité pour la société. L’esthétique serait un moyen utile pour les personnes et la société de se réguler, notamment d’un point de vue moral ou émotionnel. Parce que l’art permettrait de communiquer, il impliquerait un rapport d’altérité à travers lequel les personnes pourraient réguler leurs comportements. L’esthétique ne serait pas un simple embellissement de l’extérieur, elle exprimerait également certaines normes et valeurs. Ainsi nous pourrions même voir les différentes phases sociales de l’Humanité, et à laquelle elle se trouve, à travers l’architecture des bâtiments publique (Premat, 2008). L’artiste devrait ainsi cultiver les « sentiments bienveillants », célébrer « les grandes époques et les grands hommes » et élaborer des fêtes consacrées aux cultes de la Femme et de l’Humanité (McWilliam et. al., 2004).

Comte a raison de déplorer que les connaissances artistiques ne soient pas plus partagées. Mais plus que la spécialisation, c’est la professionnalisation et la confiscation de l’art qui pose problème. La spécialisation n’est pas en soi un problème, le monde est plein de spécificité à exprimer. En revanche, la professionnalisation pousse les artistes à penser comme des entrepreneurs. Startuper ou entrepreneurs sociaux, iels pensent avant tout à plaire et vendre, que ce soit à un maximum de monde, à une niche ou à une élite. L’art ne devrait pas avoir à se plier à des impératifs économiques ou hiérarchique, même informelle. Par ailleurs, il a raison de mettre l’accent sur les normes et valeurs que véhicule l’art, mais son utilitarisme esthétique empêche de penser l’art autrement que comme l’expression d’un intérêt personnel ou collectif. Pourtant, nombre d’œuvres gratuites, d’attentions empathiques existe : des dessins d’enfants aux expressions d’affections soigneusement élaborées que l’on fait à celleux que l’on aime, juste pour qu’iel le sache. Selon Comte, l’art devrait donc célébrer l’humanité, mais il semble qu’il s’agisse plutôt de la complaire en légitimant le statu quo dont nous percevons d’ailleurs bien le sexisme bienveillant (Glick & Fiske, 1996) avec son culte de « la » Femme.

UNE EXPLOITATION ALTRUISTE

Vers la fin du premier volume du Système de politique positive, dans la section qui pose les fondements biologiques de son système social, Comte introduit un terme important de sa pensée : l’altruisme. C’est donc initialement dans un cadre biologique que Comte conçoit ce terme. Il entendait améliorer la description de la nature humaine proposée par saint Paul et par le christianisme. Ainsi la lutte fictive entre la nature et la grâce serait remplacée par l’opposition entre les instincts égoïstes et leurs contraires qu’il faudrait renforcer : les instincts altruistes. En effet, Comte pense qu’utiliser ou ne pas utiliser un organe particulier pouvait conduire à son développement ou à son atrophie. Ainsi les organes cérébraux associés aux fonctions affectives et altruistes pourraient, comme d’autre organe, être renforcés par un exercice régulier. Et cet « exercice » pourrait être transmis aux descendants. Comte est donc partisan de l’hérédité des caractères acquis et saluait à ce titre les travaux biologiques de Jean-Baptiste Lamarck. Pourtant, à la différence de ce dernier, Comte pensait que les espèces n’étaient pas susceptibles de varier indéfiniment. Les organismes pourraient seulement évoluer à l’intérieur des limites fixées par le type spécifique auquel ils appartiennent. Pour cela, des partisans anglais de Comte se sont montrés hostiles à la théorie darwinienne de l’évolution (Dixon, 2012). Certes, un certain nombre d’études montre en effet que des exercices respiratoires particuliers augmentent les performances à des tâches cognitives, diminue la vulnérabilité au stress et favorise la prosocialité, c’est-à-dire des comportements qui vise notamment à aider, soutenir et réconforter autrui (Bornemann et al., 2016 ; Gevirtz, 2013 ; Hallman, Olsson, von Schéele, Melin, & Lyskov, 2011 ; Lehrer et al., 2004 ; Wheat & Larkin, 2010). Mais l’accent excessif qu’il met sur les caractères acquis n’est que la reformulation de la morale chrétienne qui conçoit la morale comme un vernis fragile et récent qui nous distingue des animaux. Définis avant tout comme malveillants et égoïstes, les personnes devraient alors se voir imposer par le haut et par la force un cadre moral contraignant. Ce mythe légitimant un contrôle social autoritaire et punitif (Sidanius & Pratto, 1999) est contraire au fait. Comme l’ont montré de nombreux travaux, la morale est un trait évolutif partagé par les primates et d’autres animaux sociaux (De Waal, 2003 ; Kropotkine, 1906). Nous n’avons pas besoin d’autorité pour être moraux.

Dans la perspective de Comte, les relations sociales devraient être structurées par la production. Cette conception productiviste est d’ailleurs un des fondements des premiers socialismes. Ainsi Comte la partage avec Henri de Saint-Simon (1760-1825) : philosophe de l’industrialisme, économiste et militaire français. Il est aussi fondateur du saint-simonisme et l’un des premiers socialistes avec Fourier. Comte en fut justement le secrétaire. Selon Saint-Simon, le gouvernement doit être contrôlé par des savants, des artistes, des artisans et des chefs d’entreprises. Planifier le secteur agraire créerait ainsi des richesses et améliorerait le niveau de vie de la classe ouvrière (« Claude-Henri de Rouvroy de Saint-Simon », 2019). Par ailleurs, Saint-Simon exhorte les savants à créer une synthèse positive. Selon lui, une nouvelle synthèse de la connaissance scientifique doit remplacer l’Encyclopédie du 18e siècle. Celle-ci serait trop révolutionnaire et destructrice (Pickering, 2011). C’est exactement dans ce projet que s’inscrit Comte. La sociologie devrait donc guider les philosophes positivistes vers l’établissement du « plus grand bonheur possible » – Comte, A. (1817-1824) L’industrie. Dans l’état positif, les positivistes et les industriels gouverneraient alors avec intelligence et altruisme (Pickering, 2011). Ainsi les positivistes devraient formuler les lois de la nature et aussi les lois de la société. Ils devraient alors établir les lois de la production, mais sans s’attaquer à la hiérarchie sociale. Par cette sorte d’analogie entre lois scientifique et lois juridiques (Monvoisin, 2007), son positivisme légitime la hiérarchie sociale comme un état de fait indépassable. La hiérarchie ne serait ni bonne ni mauvaise. Elle ne devrait surtout pas être troublée pour produire. « L’antagonisme matériel se développera de manière à faire bientôt sentir des deux parts le besoin d’un régulateur spirituel » – Comte, A. (1998) Discours sur l’ensemble du positivisme. Éditions GF, Paris, p. 190. Les philosophes positivistes rappellent d’ailleurs les philosophes-rois de Platon, qui n’étaient pas associés aux industriels, mais à des figures de pouvoir caractéristiques d’une autre époque : les gardiens de la cité. Ainsi, l’utopie de Comte ne conduit qu’à un cauchemar hiérarchique et déshumanisant. Prétendre que la hiérarchie serait nécessaire pour résoudre la misère est une erreur. La hiérarchie est précisément ce qui produit la misère et les humiliations qui l’accompagne. En effet, le pouvoir affecte notre perception des autres : quand il ou elle domine, Homo-sapiens déshumanise l’autre. Cela consiste à agir envers les autres et à les percevoir comme s’ils et elles n’étaient pas humain·e·s, en particulier comme s’ils et elles étaient des « animaux » ou des « automates ». La déshumanisation semble empêcher l’identification et l’empathie avec une cible, et facilite l’agression (Gwinn, Judd, & Park, 2013). Par exemple, lorsqu’une personne cherche à maximiser son profit durant l’évaluation d’autrui, comme lors d’un recrutement, l’activité des régions cérébrale de la cognition sociale est réduite (Harris, Capestany, Cohen et Cornell, 2014). L’altruisme au sein d’une hiérarchie n’est donc bien souvent qu’un mythe quand elle ne sert pas à faire taire les conflits et à invisibiliser les inégalités.

Comte développe non seulement une nouvelle conception de l’humain, mais aussi une nouvelle religion : la religion de l’Humanité. Sous son influence, la société serait dominée par la volonté de servir l’humanité. Les prolétaires comme les capitalistes devraient avoir pour but d’être utile au bien du « Grand-Être », c’est-à-dire de « l’Humanité » (Dixon, 2012). Dans cette perspective, la place des femmes est édifiante. Les femmes resteraient au foyer et réguleraient les affections des hommes, pendant que ceux-ci assureraient l’unité active du foyer, en allant au travail. Il cite notamment les écrits de Clotilde de Vaux à laquelle il voue d’ailleurs une dévotion spirituelle et romantique intense : « Le véritable rôle de la femme n’est-il pas de donner à l’homme les soins et les douceurs du foyer domestique, et de recevoir de lui, en échange, tous les moyens d’existence que procure le travail » (Premat, 2008). En cela, la conception utilitariste de Comte est en désaccord avec d’autres utilitaristes plus individualistes. Ainsi, John Stuart Mill s’est plaint de la politique antilibérale de Comte à la fois dans On liberty (1859) et dans Utilitarianism (1863) (Dixon, 2012). Nous voyons donc bien ici que son utilitarisme qu’il voudrait altruiste, est une légitimation de la hiérarchie sociale sur un registre bienveillant et paternaliste. Sa notion d’unité ou d’altruisme légitime avant tout le fait de se soumettre à l’organisation sexiste, aux contraintes et aux rythmes de la production.

LE POSITIVISME EST UN CONSERVATISME

Les prises de positions politiques de Comte lors de différents évènements sont très significatives, notamment contre le club La Voix des femmes qui en 1848 agit pour l’égalité entre hommes et femmes (« Droite de vote des femmes » 2019). Avant même le premier groupe suffragiste en France, fondé en 1876 par Hubertine Auclert, ce groupe est un lieu de débat provoquant de virulentes réactions : la parole libérée des femmes menacerait le modèle de la famille. Sa présidente – Eugénie Niboyet – est caricaturée dans la presse et certaines de ses séances tournent à l’émeute (« Place des femmes en politique en France ». 2019). Comte qualifie ces aspirations féministes naissantes de « vaine égalité ». Elles risqueraient de « plonger la société dans […] l’anarchie ». Le sexisme de la hiérarchie serait une « heureuse subordination spontanée » – Comte, A. (1839-1842). Physique sociale. Cours de philosophie positive. Leçons 46 à 60. Cette subordination serait même nécessaire à l’organisation sociale. Comte se complaît donc dans un déni béat pour légitimer la hiérarchie sociale et sa brutalité. Ainsi, lorsqu’arrive, après la Révolution française de 1789 et celle de 1830, la révolution de 1848, Comte adopte une attitude similaire. Sous l’impulsion des libéraux et des républicains, une partie du peuple de Paris se soulève et la Deuxième République est alors proclamée. Mais en juin 1848, la révolution est réprimée dans le sang : 5 700 morts (« Révolution française de 1848 », 2019). Après cette Révolution, Comte insiste sur le besoin pressant d’une reconstruction politique et sociale pour assurer le bien-être commun (Pickering, 2011). En 1851 il accueille ainsi favorablement le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte (Dixon, 2012). Son attitude politique est donc des plus conservatrices. Dans cette perspective, Comte développe une notion de progrès (Pickering, 2011) qui minore les multiples conflits sociaux. Dans la logique de sa loi des 3 états, les évènements historiques seraient dominés par une logique prétendument progressiste. Le progrès serait donc inéluctable. Sa conception du progrès étouffe ainsi sous un prétendu sens de l’histoire les cris des victimes du patriarcat et de la hiérarchie sociale en général. C’est une injonction au silence. Pourtant, le progrès n’est pas constant, immuable, fatal. Il peut s’arrêter et la situation peut évidemment même se dégrader. Le progrès se fait, il se prend contre toute hiérarchie.

La place que Comte donne à la science et aux scientifiques dans la société est également caractéristiques de son orientation politique. Selon Comte, lorsque la sociologie aura le même niveau de certitude que les sciences de la nature, la connaissance humaine sera unifiée. La science ne serait ainsi plus cette recherche foisonnante, mais une autorité incontestable. Les savants devraient ainsi devenir les « prêtres » d’un nouveau « Culte de l’Humanité ». Ils devraient assurer « Ordre et Progrès » à la société. Ainsi, Comte n’accumule pas des connaissances dans le but de se livrer au doute et au scepticisme. Il pense même que la critique serait préjudiciable à l’unité des sciences. Sa philosophie devrait plutôt constituer une autorité morale unifiant l’humanité (Pickering, 2011). Mais la science n’est pas une autorité. Le registre de la contrainte et de la soumission aux sciences, n’a de sens que dans une conception irréductiblement mystique ou idéaliste. Les scientifiques ne s’accordent pas arbitrairement. Ils et elles s’accordent selon la pertinence de leurs arguments et la force de leurs preuves. Une science incapable de convaincre n’en est pas une. Accepter des lois sans les comprendre n’a rien de scientifique, et lorsque nous partageons la même compréhension des choses l’autorité n’a aucune utilité (Bakounine, 1882). La hiérarchie sociale est d’ailleurs néfaste pour la recherche elle-même comme le montre l’exemple suivant : le nombre d’articles publiés est devenu la base de sélection pour les postes universitaires, pour la titularisation et les promotions. C’est également devenu le critère pour l’attribution des subventions, et cela pose problèmes (Rajasekaran, 2012). La concurrence croissante et cette culture du « publier ou périr » dans le monde universitaire entre en conflit avec l’objectivité et l’intégrité de la recherche. Il s’avère que les pressions de publication augmentent les biais scientifiques dans les environnements universitaires plus compétitifs et « productifs » (Fanelli, 2010).

Le problème politique des conceptions de Comte n’est pas son adhésion aux sciences. Un monde de mystère ne sera pas plus libre. Réhabiliter le mystère ou le subjectivisme au nom de la liberté, c’est promouvoir de nouveaux asservissements. Le problème c’est de limiter arbitrairement le questionnement scientifique. C’est d’imposer un monde de lois inexplicable ou encore, de limiter la science à une simple classification logique pour légitimer une hiérarchie sociale déshumanisante. Le problème c’est d’être conservateur et pour cela d’être un scientifique médiocre. C’est accepter la hiérarchie alors qu’elle s’oppose à la qualité des recherches. C’est faire de la science comme du maintien de l’ordre, en classifiant sans se poser plus de question : c’est faire de la pseudo-science qui n’a que la qualité d’être logique. Ce qui est assez ironique étant donné l’histoire du terme « pseudo-science » issu justement de ce positivisme prompt à tracer des frontières arbitraires.

CONCLUSION

Comte s’oppose au matérialisme et développe une conception des sciences unies par leur utilité sociale. En définitive, il met la science au service de la hiérarchie. De même pour sa conception de l’esthétique qui est des plus complaisantes. Il oppose aux affres de l’autorité un simple altruisme qui n’est qu’une reformulation de la morale paternaliste du christianisme. Le positivisme affirme, à raison, le bien-fondé de la science et de son potentiel égalitaire et progressiste. Mais la philosophie de Comte est autoritaire. Ses philosophes dispenseraient les bonnes paroles à un peuple serviable, servile. Il veut la science sans la lutte contre l’autorité qui l’anime. Sa stratégie politique atteint pour finir des sommets détestables : Comte concevant les idées et la science comme « le » moteur du changement historique (Pickering, 2011), il espérait concilier droite et gauche politique autour du positivisme et opéra alors un tournant conservateur (« Auguste Comte », 2019). Tout cela n’est qu’inconséquence.

Dans tous les courants politiques, certain·e·s se réclament de la science. C’est bien souvent pour éblouir et user d’autorité. Ce sont des charlatans. Mais d’autres rejettent la science car elle serait responsable de nombres d’horreurs. Celleux-là se gardent bien de dénoncer toute autorité. Et si jamais iels le font, c’est pour la remplacer bien sûr. La hiérarchie est la cause de nombre de nos malheurs. Pour y mettre fin, abolissons-la. Une science qui tolère les tourments infligés par la hiérarchie sociale est une science inconséquente. Une science matérialiste est anarchiste, oui ! Les faits sont clairs et explicites. La hiérarchie est un désastre (Sidanius & Pratto, 1999 ; Sapolsky, 2004 ; Sapolsky, 2005 ; Scholes et. al., 2018). Nous en crevons tous, humain, non humain, comme écosystème (« Rapport du GIEC : Réchauffement climatique de 1,5 °C », 2019). La révolution n’est pas inéluctable, elle est à faire : le seul avenir vivable pour l’humanité est l’abolition de tout ce qui nous hiérarchise. Une société égalitaire, anarchiste et écologique, est possible en défaisant tout ce qui nous détruit. Répéter simplement les conclusions des rapports scientifiques est inconséquent, suicidaire. L’Anarchie ou rien.

Guillaume Deloison – 2022

RÉFÉRENCES :

Auguste Comte. (2019, 21 juillet). Wikipédia, l’encyclopédie libre. À partir de https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Auguste_Comte&oldid=161163064

Arbousse-Bastide, P. (1979). Sur le positivisme politique et religieux au Brésil. Romantisme, 23. p. 79-97 URL : https://www.persee.fr/doc/roman_0048-8593_1979_num_9_23_5253

Bakounine, M. (1882) Dieu et l’État. Disponible à l’adresse : https://www.socialisme-libertaire.fr/2017/01/bakounine-dieu-et-l-etat.html

Bernier, I. (n. d.) France : l’agriculture a-t-elle fait sa révolution au XVIIIe siècle ?. Futura-sciences. https://www.futura-sciences.com/sciences/questions-reponses/histoire-france-agriculture-t-elle-fait-revolution-xviiie-siecle-11014/

Bornemann, B., Kok, B. E., Böckler, A., & Singer, T. (2016). Helping from the heart: Voluntary up-regulation of heart rate variability predicts altruistic behavior. Biological Psychology, 119, 54-63. doi: 10.1016/j.biopsycho.2016.07.004

Boyd, B. (2005) Literature and Evolution – a Bio-cultural Approach. Philosophy and Literature. 29. doi : 10.1353/phl.2005.0002 https://www.researchgate.net/publication/236812947_Literature_and_Evolution_A_Bio-Cultural_Approach

Boyd, R. & Richerson, P. J. (1985). Culture and the evolutionary process. University of Chicago Press. https://press.uchicago.edu/ucp/books/book/chicago/C/bo5970597.html Bunge, M. (1993). Realism and antirealism in social science. Theory and decision. 35. https://doi.org/10.1007/BF01075199 https://link.springer.com/article/10.1007%2FBF01075199

Bunge, M. (2008). Le Matérialisme Scientifique. Syllepse.

Bunge, M. (2012). The correspondence theory of truth, Semiotica, 2012(188), 65-75. doi : https://doi.org/10.1515/sem-2012-0004

Bunge, M. (2013). Chapitre 13. La physique quantique réfute-t-elle le réalisme, le matérialisme et le déterminisme ?. Dans : Marc Silberstein éd., Matériaux philosophiques et scientifiques pour un matérialisme contemporain. Volume 1 : Sciences, ontologie, épistémologie (pp. 419-435). Paris : Éditions Matériologiques. https://doi.org/10.3917/edmat.silber.2013.01.0419 » https://www.cairn.info/materiaux-philosophiques-et-scientifiques-vol-1–9782919694518-page-419.htm

Chronologie de la thermodynamique et de la physique statistique. (2019, 1 août). Wikipédia, l’encyclopédie libre. À partir de https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Chronologie_de_la_thermodynamique_et_de_la_physique_statistique&oldid=161451843

Claude-Henri de Rouvroy de Saint-Simon. (2019, 25 mai). Wikipédia, l’encyclopédie libre. À partir de https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Claude-Henri_de_Rouvroy_de_Saint-Simon&oldid=159561840

Clauzade, L. (2003). Auguste Comte et Stuart Mill. Les enjeux de la psychologie. Revue d’Histoire des Sciences Humaines, no 8(1), 41-56. doi : 10.3917/rhsh.008.0041. https://www.cairn.info/revue-histoire-des-sciences-humaines-2003-1-page-41.htm

Dessalles, J. L. (2015). Human Language : A Evolutionary Anomaly. Dans Handbook of Evolutionary Thinking in the Sciences. chap. 33. doi : 10.1007/978-94-017-9014-7_33

De Waal, F. B. M. (2003). Morality and the Social Instincts: Continuity with the Other Primates. Dans G. B. Peterson (Ed.), The Tanner Lectures on Human Values (Vol. 25, pp. 1-40). Salt Lake City, UT : University of Utah Press. Retrieved from https://tannerlectures.utah.edu/_documents/a-to-z/d/deWaal_2005.pdf

Dissanayake, E. (2009). The Artification Hypothesis and Its Relevance to Cognitive Science, Evolutionary Aesthetics, and Neuroaesthetics. Cognitive Semiotics. 5.

Dixon, T. (2012). La science du cerveau et la religion de l’Humanité : Auguste Comte et l’altruisme dans l’Angleterre victorienne. Revue d’histoire des sciences, tome 65(2), 287-316. doi : 10.3917/rhs.652.0287. https://www.cairn.info/revue-d-histoire-des-sciences-2012-2-page-287.htm

Drapeau Vieira Contim, F. & Ludwig, P. (2013). Chapitre 26. Le physicalisme peut-il s’accommoder du fossé explicatif ?. Dans : Marc Silberstein éd., Matériaux philosophiques et scientifiques pour un matérialisme contemporain. Volume 2 : Sciences, ontologie, épistémologie (pp. 849-925). Paris : Éditions Matériologiques. https://doi.org/10.3917/edmat.silber.2013.02.0849 » https://www.cairn.info/materiaux-philosophiques-et-scientifiques-vol-2–9782919694525-page-849.htm

Droit de vote des femmes. (2019, 18 août). Wikipédia, l’encyclopédie libre. À partir de https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Droit_de_vote_des_femmes&oldid=161911817.

Fanelli, D. (2010). Do Pressures to Publish Increase Scientists’ Bias? An Empirical Support from US States Data. PLoS ONE 5(4) : e10271. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0010271

France au XIXe siècle. (2019, 5 mars). Wikipédia, l’encyclopédie libre. À partir de https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=France_au_XIXe_si%C3%A8cle&oldid=157268900

Gevirtz, Richard. (2013). The Promise of Heart Rate Variability Biofeedback: Evidence-Based Applications. Biofeedback. 41. 110-120. 10.5298/1081-5937-41.3.01. https://www.researchgate.net/publication/272703513_The_Promise_of_Heart_Rate_Variability_Biofeedback_Evidence-Based_Applications

Glick, P., & Fiske, S. T. (1996). The Ambivalent Sexism Inventory Differentiating hostile and benevolent sexism. Journal of Personality and Social Psychology, 70(3), 491–512. https://www.researchgate.net/publication/232548173_The_Ambivalent_Sexism_Inventory_Differentiating_Hostile_and_Benevolent_Sexism

Gwinn, J. D., Judd, C. M., & Park, B. (2013). Less power = less human? Effects of power differentials on dehumanization. Journal of Experimental Social Psychology, 49(3), 464-470.

https://dx.doi.org/10.1016/j.jesp.2013.01.005

Hallman, D. M., Olsson, E. M. G., von Schéele, B., Melin, L., & Lyskov, E. (2011). Effects of Heart Rate Variability Biofeedback in Subjects with Stress-Related Chronic Neck Pain : A Pilot Study. Applied Psychophysiology and Biofeedback, 36(2), 71-80. doi:10.1007/s10484-011-9147-0 http://hig.diva-portal.org/smash/get/diva2:412778/FULLTEXT01

Harris, L. T., Lee, V. K. Capestany B. H., Cohen A. O. et Cornell, W. (2014) Assigning Economic Value to People Results in Dehumanization Brain Response, Journal of Neuroscience, Psychology, and Economics. Vol. 7, nᵒ 3, 151–163 URL : https://psycnet.apa.org/record/2014-36334-002

Janet, P. (1887). Les Origines de la philosophie d’Auguste Comte – Comte et Saint-Simon. Revue des Deux Mondes, 3e période, tome 82, (p. 593-629). disponible sur https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Les_Origines_de_la_philosophie_d%E2%80%99Auguste_Comte_-_Comte_et_Saint-Simon&oldid=5264382

Juignet, P. (2015). Le positivisme scientifique. Philosophie, science et société. https://philosciences.com/philosophie-et-science/methode-scientifique-paradigme-scientifique/115-positivisme-scientifique

Kistler, M. (2013). Chapitre 27. Matérialisme et réduction de l’esprit. Dans : Marc Silberstein éd., Matériaux philosophiques et scientifiques pour un matérialisme contemporain. Volume 2 : Sciences, ontologie, épistémologie (pp. 927-962). Paris : Éditions Matériologiques. https://doi.org/10.3917/edmat.silber.2013.02.0927 » https://www.cairn.info/materiaux-philosophiques-et-scientifiques-vol-2–9782919694525-page-927.htm

Kremer-Marietti, A. (2006). La science sociale (1819-1822) : Introduction : Auguste Comte et la science social, Collection « Les auteur(e)s classiques ». consultée le 19:48, août 4, 2019 à l’adresse : https://classiques.uqac.ca/classiques/Comte_auguste/la_science_sociale_extraits/sc_soc_intro.html

Kropotkine, P. (1906). L’entraide, un facteur de l’évolution. Hachette. https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Entraide,_un_facteur_de_l%E2%80%99%C3%A9volution

Lahbib, O. (2009). Sur l’esthétique positiviste. Revue de métaphysique et de morale, 62(2), 227-245. doi : 10.3917/rmm.092.0227. https://www.cairn.info/revue-de-metaphysique-et-de-morale-2009-2-page-227.htm

Lehrer, P. M.,Vaschillo, Evgeny & Vaschillo, Bronya & Lu, Shou-En & Scardella, Anthony & Siddique, Mahmood & Habib, Robert. (2004). Biofeedback treatment for asthma. Chest, 126, 352-361. Chest. 126. 352-61. 10.1378/chest.126.2.352. https://www.researchgate.net/publication/8407852_Biofeedback_treatment_for_asthma_Chest_126_352-361

Lorenz, D. (2021). De la censure au blockbuster. Étude culturelle des comics de super-héros en France. https://www.theses.fr/s115801

McWilliam, N., Méneux, C., Ramos, J., Fraixe, C., Thibault, E., Tillier, B., Vaisse, P. (Eds.) (2014). L’Art social de la Révolution à la Grande Guerre: Anthologie de textes sources. Publications de l’Institut national d’histoire de l’art. doi : 10.4000/books.inha.4825 https://books.openedition.org/inha/5150

Monvoisin, R. (2007). 4.4.4.7 la métaphore juridique. Pour une didactique de l’esprit critique. À partir de https://cortecs.org/materiel/epistemologie-la-loi-en-science-et-la-metaphore-juridique/

Muglioni, J. (2013). Le lien social selon Auguste Comte. Le Philosophoire, 39(1), 241-272. doi : 10.3917/phoir.039.0241. https://www.cairn.info/revue-le-philosophoire-2013-1-page-241.htm

Pickering, M. (2011). Le positivisme philosophique : Auguste Comte. Revue interdisciplinaire d’études juridiques, volume 67(2), 49-67. doi : 10.3917/riej.067.0049. https://www.cairn.info/revue-interdisciplinaire-d-etudes-juridiques-2011-2-page-49.htm

Place des femmes en politique en France. (2019, 22 juin). Wikipédia, l’encyclopédie libre. À partir de https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Place_des_femmes_en_politique_en_France&oldid=160331773.

Premat, C. (2008). Critique du matérialisme dans le « Discours sur l’ensemble du positivisme » d’Auguste Comte. Sens Public. Consultée le 19:59, 4 août, 2019 à partir de : https://sens-public.org/article504.html

Rajasekaran, S. (2012). Publish to Florish – is it corrupting science ?. Bone & Joint 360. 1. 4. https://doi.org/10.1302/2048-0105.14.360057

Rapport du GIEC : Réchauffement climatique de 1,5°C. (2019, 1 septembre). Wikisource. À partir de https://fr.wikisource.org/w/index.php?title=Rapport_du_GIEC_:_R%C3%A9chauffement_climatique_de_1,5%C2%B0C&oldid=9856398

Réalisme (littérature). (2020, avril 15). Wikipédia, l’encyclopédie libre. À partir de https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=R%C3%A9alisme_(litt%C3%A9rature)&oldid=169587010.

Révolution française de 1848. (2019, 25 juillet). Wikipédia, l’encyclopédie libre. À partir de https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=R%C3%A9volution_fran%C3%A7aise_de_1848&oldid=161286770.

Révolution industrielle. (2019, 4 août). Wikipédia, l’encyclopédie libre. À partir de https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=R%C3%A9volution_industrielle&oldid=161518245

Sagaut P. (2008-2009). Introduction à la pensée scientifique moderne. Université Pierre et Marie Curie – Paris 6. https://www.lmm.jussieu.fr/~sagaut/epistemologie-v14.pdf

Sapolsky, R. M. (2004). Social Status and Health in Humans and Other Animals. Annual Review Of Anthropology, 33, 393-418. https://www.researchgate.net/publication/228982398_Social_Status_and_Health_in_Humans_and_Other_Animals

Sapolsky, R. M. (2005). The influence of social hierarchy on primate health. Science. 308. https://pdfs.semanticscholar.org/7536/e80f645c536ba6445be569ecec8b8e68dcad.pdf

Sidanius, J., & Pratto, F. (1999). Social Dominance : An Intergroup Theory of Social Hierarchy and Oppression. Cambridge : Cambridge University Press. doi : 10.1017/CBO9781139175043

Silberstein, M. (2013). Chapitre 2. La fonction architectonique du matérialisme. Dans : Marc Silberstein éd., Matériaux philosophiques et scientifiques pour un matérialisme contemporain. Volume 1 : Sciences, ontologie, épistémologie (pp. 71-93). Paris : Éditions Matériologiques. https://doi.org/10.3917/edmat.silber.2013.01.0071 » https://www.cairn.info/materiaux-philosophiques-et-scientifiques-vol-1–9782919694518-page-71.htm

Skov, M. & Nadal, M. (2017). Art is not special : An assault on the last lines of defense against the naturalization of the human mind. Reviews in the neurosciences. 29. 10.1515/revneuro-2017-0085. https://www.researchgate.net/publication/320730539_Art_is_not_special_An_assault_on_the_last_lines_of_defense_against_the_naturalization_of_the_human_mind

Sperber, D. (1996). La Contagion des Idées : théorie naturaliste de la culture. Odile Jacob.

Sperber, D., Mercier, H. (2010). Reasoning as a Social Competence. https://www.researchgate.net/publication/228299782_Reasoning_as_a_Social_Competence

Wheat, A. L., & Larkin, K. T. (2010). Biofeedback of heart rate variability and relatedphysiology: a critical review. Applied Psychophysiology Biofeedback, 35(3), 229-242.doi:10.1007/s10484-010-9133-y. https://forum.quantifiedself.com/uploads/default/original/2X/9/9f81be74730dc4ad3cd62ad1a7b4368a2c674400.pdf

Ce contenu est en libre accès, je vous invite à le partager le plus possible et à me suivre sur les réseaux sociaux.
Si vous voulez me soutenir, je vous invite à aller sur ma page Utip

Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s