PHILOSOPHER 15# | Le temps des machines – Bergson et Heidegger


 

Dans cette épisode on aborde le temps et les machines à travers 2 auteurs apriori semblable mais franchement opposés: Bergson et Heidegger. Qu’est ce que « la durée pure », une « temporalité authentique »? Quel lien entre les machines et notre rapport au temps? Qu’est ce que l’homme dans le temps? Plein de questions qui opposeront une pensée potentiellement émancipatrice, et une pensée réactionnaire qui sera aux racines philosophiques d’un capitalisme autoritaire et nationaliste: le nazisme.

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LE TEMPS


LE TEMPS

LE TEMPS-01

 

« Le temps » prend toujours un S car toujours il est divers. Pluie, vent, soleil, joie, ennui, le temps n’est jamais le même, il est toujours pluriel. Un jour, peut être, il perdra son S, lorsque ce temp abstrait, ce temp des horloges, toujours identique à lui même, linéaire, monotone, dominera tout. Il n’y aura plus qu’un temp, celui de l’usine.

Guillaume Deloison

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Je ne me souviens de presque rien


je ne me souvien de presque rien-02

Les rayons de soleil de cette paisible matinée,
traverse l’épais rideau, et sublime son drapé.

Je me réveille, cette instant est beau.
De long cheveux voyage sur l’oreiller,
à mes cotés.
Au soleil ils sont presque blond,
dans la pénombre il brille d’un brun aux milles tons.

Des draps, s’échappe une épaule nue,
et sa main, ornée de quelques bracelets.
Au pied du lit, ses grands talons,
marqué par la boue et les affres de la rue.

Dans son sac, un débardeur ample
et des livres à propos de sa dernière passion.
Seul les oiseaux brisent ce silence,
que nous n’avons pas pourtant coutume de côtoyer,
entre nos discussions impliquées
et la bande son de notre vie qui défile
au rythme des différentes lectures

Son rire et son sourire sont magnifique.
Elle rayonne.
Je l’aime, et quand on s’interpelle,
on n’utilise pas de possessifs,
car tout les deux on se préfère libre.

Je ne sais plus dans quoi elle travaille.
Je ne connait pas non plus ses goûts.
Je ne sais pas comment je l’ai rencontré,
ni comment l’on s’est séduis.
Notre première fois était forte,
mais nous n’en mesurions pas la portée.
C’était léger, c’était simple
et c’est pour ça que c’était parfait.

Je ne me souviens de presque rien,
car ce ne sont que des souvenirs passés
de mon futur rêvée.

Guillaume Deloison.

L’ennui, abandon de l’être


L’ennui, abandon de l’être

L’ennui, le poids du temps. Ce temps qui juste avant s’envolait, que juste avant nous poursuivions, lorsqu’on s’ennui se fait sentir comme fade et dénué de tout sens, inintéressant. Comme si l’on rejetait ce temps après lequel nous avons pourtant couru. Mais que signifie alors ce sentiment, ce contrecoup, ce jugement de l’instant ?

À mon sens il y à un certain parallèle entre l’ennui et le désir, comme si l’ennui était l’absence de désir, du désir en négatif au sens graphique. S’ennuyer c’est  donc ne pas désirer. C’est face au domaine des possibles, rester impassible et insensible. L’ennui c’est l’inaction. Le néant de l’action, ou plutôt le désintérêt de l’action car on peut agir mais s’ennuyer, être ennuyer par une action que l’on fait qui ne nous intéresse pas. Mais l’ennui c’est aussi un sentiment « en réponse ». S’ennuyer c’est prendre conscience de ce manque d’intérêt envers l’action. Car sinon l’on est que dans un état neutre. Prendre conscience de son ennui donc, c’est passer d’un abandon de soi à un abandon de l’être. C’est passer d’une balade quelque peu insignifiante mais que l’on vit à une balade qui n’a aucun intérêt et qu’il serait plus agréable de ne pas vivre, en somme l’on se détache.

Abandonné la, plus vraiment lui même, seulement élément de perception d’autrui, il n’intéresse plus.

Rester dans l’ennui, ne pas désirer donc, car dés qu’on désire déjà l’on rentre dans l’action, l’on s’implique, l’on se défini, c’est donc ne pas s’exprimer, c’est laisser le temps faire de nous ce qu’il veut. Car c’est par le désir, l’action et son choix que l’on se dessine, que l’on forme ce que l’on est. Ce sont ces choses qui nous portent aux yeux du monde et qui nous définissent donc en contraste avec les positions d’autrui. Mais si l’on ne s’exprime pas, nous ne signifions rien, notre être même n’a plus de signification, Certes il « est » mais pas plus que cet objet ci ou cet objet la. S’ennuyer c’est abandonné son être au temps qui passe, aux autres.

Il y a aussi une dimension temporelle dans l’ennui. C’est pour cela qu’il est un abandon, et c’est pour ça même que le mot abandon, verbe d’action est approprié, car l’ennui par sa continuité dans le temps abandonne l’être,  Dans une dynamique de détachement par le temps, comme un oubli conscient. Conscient car rester dans l’ennui c’est ne rien faire pour en sortir alors qu’il ne suffit que de se lancer dans l’action, dans le projet de l’action même pour en sortir. Comme l’on cueille une fleur et décide finalement de faire un bouquet, ce dernier étant l’expression d’une envie, c’est lui qui extirpera de l’ennui par une action impliquée. Au final, l’ennui c’est le sentiment de l’inintéressant, de l’inutile, c’est le signal de la nécessité de changer

Guillaume Deloison.