Tu voudrais connaître la date de ta mort ?


C’est la question que m’a posé une amie. Sa question m’a un peu surpris puis amusé. Est-ce que je voudrais connaître la date de ma mort ?

En ce qui me concerne, je crois que si c’était une information disponible, j’aimerais la connaître. Mais je ferais pas d’effort pour la découvrir si cette information n’était pas disponible. Je crois pas que ce soit une information que je veuille, mais si elle peut être connue, je préfère la connaître.

C’est-à-dire que je préfère le savoir à l’ignorance ? Mon amie m’a fait remarquer que cette question ne portait pas vraiment sur des connaissances, du savoir, sur des explications ou des faits. Ce n’est que la date de notre mort. À moins qu’on puisse connaître également les causes de notre mort.

Mais si tu connais la date de ta mort et les causes, alors tu peux la changer. On pourrait alors tous vivre avec une montre qui nous donne la date de notre mort évoluant en direct selon les actions que l’on effectue.

« Oh ba non… ba non on va pas faire ça les gens, ça réduit l’espérance de vie de Camille… hooo. C’est pas cool… »

Je lui ai alors demandé ce qu’elle, elle en pensait. Elle, préférerait ne pas savoir. Elle pensait même que si c’était une information disponible et que tout le monde connaissait la date de sa mort, ça structurerait nos rapports sociaux, toute la hiérarchie sociale. Ce serait affreux que la date de notre mort deviennent la proie de processus de domination. Des groupes sociaux se divisant sur le critère de la date de mort, ceux qui mourront bientôt contre ceux qui ne mourront pas de si tôt.

J’ai alors répondu que le problème, ce n’était pas la date, c’était la hiérarchie. On peut même imaginer un monde sans hiérarchie ou au contraire, cette information nous aide à vivre mieux. On pourrait collectivement privilégier les politiques qui nous garantissent des vies plus longues. On verrait d’ailleurs que c’est justement une société égalitaire et écologique qui nous permet cela.

Et je me suis dit finalement que c’était un peu ce que fait le GIEC et ce que nous permettent déjà les sciences en général. Si seulement on accordait réellement un peu plus d’intérêts aux sciences et si on savait affirmer un peu plus fort que ces pourritures de dominant·e·s on tord… et mêler le geste à la parole.

Guillaume Deloison

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POURQUOI PROUVER QUE DIEU N’EXISTE PAS ?


Il y a quelque temps, KaleidosPop a parlé d’athéisme militant et je voulais vous partager ma réponse.

Il reproche à certain·e·s militant·e·s athée de s’acharner à prouver que Dieu n’existe pas. Il leur est alors opposé que l’on ne peut pas prouver que quelque chose n’existe pas et que la religion serait, avant tout, un rapport intime et personnel de l’ordre du spirituel et de l’immatériel.

KaleidosPop est athée mais à vrai dire, je trouve cette position plus proche de l’agnosticisme. J’aimerais proposer un autre argumentaire, radicalement athée mais qui ne sombre pas dans les dérives d’un certain athéisme militant qui est dénoncé ici à raison.

POURQUOI PROUVER QUE DIEU N’EXISTE PAS ?

En effet, on ne peut pas prouver que quelque chose n’existe pas. Mais cela ne doit pas être un appel a l’ignorance, car le revers de ce principe est que l’on peut et doit prouver que ce dont on parle existe. C’est le principe de la charge de la preuve : la charge de la preuve revient à celui qui affirme.

En l’absence de preuve fiable et solide, il est donc plus raisonnable de présumer que Dieu n’existe pas (Mahner, 2013). Ce n’est pas à nous athée de prouver que dieu n’existe pas, mais aux religieux d’être convaincant•es, ce qu’iels ne sont pas.

Après j’ai beau considérer que les religions ont tort, je suis lucide sur le fait que ce qui se joue ici ne sont pas des considérations ontologiques, il ne s’agit pas d’avoir raison. La religion en tant que phénomène social, et donc pleinement matériel, a d’autres raisons.

Au-delà du fait que comprendre les origines de la religion chez Homo sapiens est passionnant, son existence est à comprendre au présent. La religion fournie des références culturelles commune, légitime des rapports sociaux, réponds à des besoins psychologique et bien d’autres… (Bourrat, 2011)

Afin de réduire l’influence de la religion, il me semble alors plus efficace de partager librement les connaissances et d’œuvrer à un monde égalitaire, qui ne mobilisera pas des prétendus forces supérieures pour légitimer une quelconque hiérarchie sociale.

Il me semble même que vu l’état actuel du monde, et la place que prend la religion dans les problématiques de racisme et de géopolitique, il est, au mieux, on ne peut plus niais d’argumenter contre les religions sur un registre ontologique.

Il s’agit de comprendre réellement les enjeux que recouvre la confessionnalisation des problématiques politiques sans jamais, évidemment, confondre la lutte contre les religions, et la lutte contre les religieu•ses. Et être vigilant à ne pas donner de la voix à nos ennemies.

(« Mais pourquoi le « bouc émissaire » est-il devenu « musulman » et n’est pas resté « arabe », « travailleur immigré » ou « immigré » tout court ? »
Extrait de :
Classe / Race – faux dilemme, vrais problèmes.
https://m.youtube.com/watch?v=JnfvOy6bw9g )

RÉFÉRENCES :

Bourrat, P. (2011). Chapitre 37. L’évolution de la religion d’un point de vue darwinien : synthèse des différentes théories. Dans : éd., Les mondes darwiniens (pp. 1091-1121). Paris: Éditions Matériologiques. https://doi.org/10.3917/edmat.heams.2011.02.1091 » https://www.cairn-sciences.info/les-mondes-darwiniens-volume-2–9782919694402-page-1091.htm

Mahner, M. (2013). Chapitre 1. Le rôle du naturalisme métaphysique en science. Dans : Marc Silberstein éd., Matériaux philosophiques et scientifiques pour un matérialisme contemporain. Volume 1 : Sciences, ontologie, épistémologie (pp. 29-70). Paris : Editions Matériologiques. doi : 10.3917/edmat.silber.2013.01.0029. https://www.cairn.info/materiaux-philosophiques-et-scientifiques-vol-1–9782919694518-page-29.htm

Le thread de KaleidosPop :

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PHILOSOPHER – COMTE


« Il est temps aujourd’hui de prendre une marche plus raisonnable, de n’admirer, de n’estimer, de ne payer que ce qui est utile, que ce qui peut contribuer au bien-être de l’individu et de l’espèce […], que la faculté d’abstraire ne soit employée que pour faciliter la combinaison des idées concrètes ; en un mot, que ce ne soit plus l’abstrait qui domine, mais le positif. » – Comte, A. (1817). Programme d’un travail sur les rapports des sciences théoriques avec les sciences d’application.

Auguste Comte naît le 19 janvier 1798 à Montpellier. Il meurt le 5 septembre 1857 à Paris. Issu d’une famille catholique et monarchiste, Comte est professeur particulier de mathématiques, répétiteur et examinateur à l’École Polytechnique ainsi que précepteur dans un établissement préparatoire aux concours scientifiques. Pendant plus de vingt-cinq ans, il donne aux ouvriers plusieurs cours publics d’astronomie, puis d’histoire. Il développe durant toute sa vie une philosophie scientifique : le positivisme. Cette philosophie s’étendra à la politique et à la morale. Par la suite, elle prend un tournant avec la Religion de l’Humanité (« Auguste Comte », 2019). Sa pensée marquera profondément la philosophie. Les continuateurs et détracteurs sont nombreux.

Comte et son positivisme a inspiré de nombreux auteur·ice·s, certain·e·s le portant, d’autres le rejetant. Il en a d’ailleurs tellement été dit que la place de Comte parmi celleux se réclamant du positivisme n’est même plus centrale. Nous ne pouvons cependant pas critiquer Comte sans toucher au positivisme. Beaucoup rejettent trop facilement ce courant et son créateur alors qu’ils ont largement contribué au développement de la méthode scientifique. Pour les critiquer il faut le faire pour les bonnes raisons : Comte est intéressant, mais il est détestable. Comme nous le verrons, il rejette vigoureusement tout questionnement métaphysique et notamment le matérialisme parce qu’il serait anarchique : sans loi, la matière ne pourrait pas s’organiser. Plutôt que d’expliquer les choses par des processus matériels, il formule alors des lois à partir de la régularité des phénomènes observés. Par ailleurs, soucieux d’unifier les sciences, il met l’accent sur l’aspect utile des sciences pour l’Humanité. Cette perspective utilitariste est également centrale dans ses conceptions esthétiques et morales. Ainsi, il légitime qu’une classe de philosophe et d’industrielle gouverne la société pour son bien. Au nom de l’utilité, les scientifiques feraient l’autorité. Il développe ainsi une conception autoritaire et conservatrice de la science. Certain·e·s en profitent pour caricaturer et rejeter la science. Iels rejettent Comte et son positivisme au profit de la religion, alors qu’il répudiait pourtant le matérialisme et fonda même une religion. Portons une philosophie scientifique qui brise toute pensée autoritaire : celles prétendant se réclamer de la science pour contraindre, comme, au contraire, celles prétendant se libérer de toute contrainte en rejetant la science.

LE POSITIVISME EST UN IDÉALISME

Au 19e siècle, l’empire colonial français s’étend sur tous les continents du monde (« France au XIXe siècle », 2019). Dans ce contexte, même si Comte s’oppose à la colonisation, notamment en Algérie, ses plans de développement du positivisme à l’échelle mondiale trouvent malgré tout un écho dans les arguments coloniaux de la France du Second Empire (« Auguste Comte », 2019). Il inspire aussi la devise du brésil « Ordre et progrès » (Arbousse-Bastide, 1979). Par ailleurs, l’Église perd progressivement de son influence avec la laïcisation de l’État et l’influence culturelle des sciences. En effet, durant les 2 derniers siècles, les sciences ont énormément avancé et cela dans une autonomie grandissante. En 1847 par exemple, Hermann von Helmholtz publie la première loi de la thermodynamique : la conservation de l’énergie (« Chronologie de la thermodynamique et de la physique statistique », 2019). Les sciences s’étaient ainsi constituées en un domaine à part en dehors de la philosophie. Elles laissaient celle-ci à ses spéculations et à ses disputes. La science était forte de la puissance de ses conquêtes, de la sûreté de ses méthodes et de l’infaillibilité de ses résultats. Pour Comte, la science était justement une philosophie en soi. Il entreprend donc de formuler un discours philosophique propre aux sciences : la philosophie positive. Cette dernière devrait alors coordonner les principes de toutes les sciences. Elle devrait en établir la hiérarchie, les liaisons et l’unité (Janet, 1887).

Le mot « positivisme » dérive du participe passé du latin ponere : positus, « posé ». Au 13e siècle, « positif » signifie ce qui est « établi », généralement par institution divine ou humaine. Au 16e siècle, le terme en vient à désigner une connaissance fondée sur des faits, une connaissance certaine (Pickering, 2011). Ainsi, en qualifiant sa philosophie de « positiviste », Comte exprime sa volonté de combattre la pensée vague et les croyances incohérentes de la « métaphysique », qui a ici une connotation négative. Le terme « métaphysique » désigne un domaine de réflexion s’intéressant aux choses ordonnant le monde, par exemple Dieu, les idées, la matière, etc. Dans les débats scientifiques actuels, le terme privilégié est plutôt ontologie, terme issu du grec ancien ontos « être » et logos « discours ». Le terme métaphysique peut toutefois être également employé, avec ou sans connotation négative. La remarque du logicien et philosophe naturaliste Willard Van Orman Quine est intéressant pour saisir l’enjeu de ses considérations : « Ce qu’il y a de curieux avec le problème ontologique, c’est sa simplicité. On peut l’énoncer en trois mots : « Qu’y a-t-il ? » Et l’on peut, qui plus est, lui apporter une réponse en un mot : « Tout » – et chacun acceptera cette réponse comme vraie. Cependant, cela revient à dire simplement qu’il y a ce qu’il y a. Cela laisse la possibilité de désaccords au cas par cas ; et ainsi la question continue de se poser depuis des siècles. » – Quine, W.V.O. (1953). Du point de vue logique. Neuf essais logico-philosophiques. Métaphysique ou ontologique, le positivisme rejette donc toutes considérations de cet ordre. Ainsi, en rejetant tout questionnement sur ce qu’est le monde, toute ontologie, Comte rejette le matérialisme. « Le positivisme écarte irrévocablement à la fois, [le matérialisme] comme anarchique, [le spiritualisme] comme rétrograde » Comte, A. (1848). Discours sur l’ensemble du positivisme. Il s’intéresse seulement aux moyens que nous avons pour connaître le monde, à l’épistémologie, terme issu du grec ancien epistémê « connaissance » et logos « discours » (Premat, 2008). Comme Hume, Kant et d’autres, il n’appréhende que des phénomènes : « Nous ne saurons jamais de quoi sont faites les étoiles. » – Comte, A. (1850). Ainsi, face aux premières théories de l’atome, des positivistes rejetaient l’idée que les atomes existaient réellement. Accepter cette existence serait trop s’avancer : les phénomènes se présentent comme si les atomes existaient, mais cela ne nous permettrait pas de nous prononcer sur ce qu’est réellement le monde (Juignet, 2015). Cette conception tend ainsi vers un certain idéalisme : les idées ou en l’occurrence les modèles théoriques et les lois scientifiques sont privilégiées sur la réalité matérielle. Ce seraient ces idées qui détermineraient le monde et non la matière. Le monde serait loi, et s’expliquerait par elles. Mais cette formalisation n’explique rien. Constater que chauffer l’eau la fait bouillir n’explique rien. Et ce n’est pas cette loi qui fait augmenter le mouvement des molécules d’eau quand elle boue. C’est même le contraire (Drapeau Vieira Contim et Ludwig, 2013). C’est la matière qui fait les lois (Kistler, 2013 ; Sagaut, 2008-2009).

UNE ÉPISTÉMOLOGIE UTILITARISTE

Comte s’inspire de Bacon, Descartes, Kant, Hume et Hegel et tente de faire la synthèse de ces auteurs. Le positivisme ne serait pas un pur rationalisme ou, au contraire, un empirisme absolu (Pickering, 2011). Fonder nos connaissances sur la seule raison, sans expérience concrète, serait inefficace, et à l’inverse, un empirisme absolu, qui ne fonderait nos connaissances que sur notre expérience serait stérile : accumuler des faits ne permet de tirer aucune conclusion. La raison devrait donc organiser rationnellement les données de l’expérience. Par ailleurs, en rejetant tout questionnement sur ce qu’est le monde, Comte rejette la notion même de causalité. Il la juge métaphysique et préfère une conception du monde régi par des lois (Juignet, 2015). L’expérimentation devrait ainsi permettre de formuler des lois sur le fonctionnement des phénomènes. D’une certaine façon, Comte rejette le réalisme : certes la réalité existerait indépendamment de nos perceptions, mais elle ne serait connaissable qu’à travers nos perceptions (Bunge, 1993). En refusant de se référer directement à la réalité, Comte et les positivistes ne peuvent pas concevoir la vérité comme correspondance avec la réalité. Ce qui fonde leur notion de vérité est alors la cohérence logique. Ainsi, lorsque Comte se prononce contre l’existence d’un Dieu, ce n’est pas parce qu’elle serait contraire au fait. Comme de nombreux positivistes, ce qu’il réfute à propos de « Dieu », c’est seulement sa cohérence logique. Il n’existerait pas tel qu’on le décrit car son énoncé est incohérent (Silberstein, 2013). Comte conçoit ainsi l’expérimentation comme une source de données à ordonner logiquement, de façon cohérente, alors que c’est un moyen parmi d’autres de vérifier si les hypothèses correspondent à la réalité (Bunge, 1993 ; Bunge, 2012).

La loi des 3 états illustre assez bien cet accent que Comte met sur la cohérence logique. Selon cette loi, 3 modes de pensée se suivraient nécessairement dans l’histoire : théologique, métaphysique puis positif. Dans l’état théologique, les personnes expliqueraient le monde par des forces et des êtres surnaturels : objets mystiques, dieux multiples puis Dieu unique. Dans l’état métaphysique de l’Histoire, les personnes chercheraient ensuite les causes premières et les causes finales. Ils et elles expliqueraient le monde par des essences personnifiées ou des abstractions : la Nature, la Raison, etc. Ces abstractions ne seraient ni surnaturelles ni positives. Dans l’état positif, les personnes expliqueraient enfin le monde par des lois scientifiques. Elles formaliseraient les « relations constantes de similitude et de succession que les faits ont entre eux » – Comte, A. (1851-1854). « Considérations philosophiques sur les sciences ». Ainsi, dans sa pensée, les idées déterminent le monde. La pensée théologique déterminerait l’histoire médiévale, la pensée métaphysique déterminerait l’histoire d’une période plus récente et ainsi de suite (Muglioni, 2013). Chaque science et chaque société devraient ainsi passer par ces 3 états. Cela définirait leur développement (Kremer-Marietti, 2006). De plus, parce que Comte rejette l’introspection et la psychologie, il applique aussi sa loi des 3 états aux personnes : comprendre l’esprit humain passerait par son étude historique (Clauzade, 2003). Dans cette perspective, la biologie devrait donc certes étudier les relations entre la pensée et le fonctionnement cérébral, mais cela sans faire du cerveau la cause de la pensée. Ce serait rétrograder dans la métaphysique : ce serait oublier le vrai sens de la distinction entre cause et loi faite par le positivisme (Muglioni, 2013). Les conceptions de Comte ne nous permettent pas de comprendre les processus réels, cérébraux comme historiques (Bunge, 1981), ce sont de simples récits dont la seule qualité est d’être logique.

Puisque l’astronomie, la physique, la chimie et la biologie étaient devenues des sciences positives, selon Comte la méthode positive devrait également s’étendre aux phénomènes les plus complexes : la société. Ce serait un domaine où règne encore la pensée théologique et métaphysique. Cette science de la société serait la « sociologie », un terme qu’il contribue à populariser. Dans sa hiérarchie des sciences, la sociologie devrait d’ailleurs couronner toutes les autres sciences (Pickering, 2011). Elle permettrait de comprendre les sciences elle-même. Ainsi, Comte relativisera progressivement la méthode scientifique du philosophe anglais Francis Bacon (observer, conjecturer, vérifier) jusqu’à formuler la sienne : la synthèse subjective. Selon Comte, les connaissances auraient plus à voir avec ceux qui la produisent qu’avec la réalité. Il faudrait donc rapporter chaque science à l’Humanité et à son histoire pour en comprendre le sens (Muglioni, 2013). L’une des raisons pour laquelle Comte privilégie la sociologie sur les autres sciences est par exemple que toute observation présuppose certaine théorie et même un certain nombre d’instruments (Sagaut, 2008-2009). Certes, cela est vrai, mais ce n’est pas parce que l’observation peut être biaisée ou que les faits peuvent être sélectionnés que ces derniers sont subjectifs. Cela nous pousse plutôt à redoubler d’effort pour tendre vers l’objectivité (Bunge, 1993).

Ainsi, Comte conçoit la recherche scientifique avant tout comme un moyen de répondre aux besoins de l’Humanité. Pour cela, il s’oppose aux recherches « oiseuses ou vicieuses », qui n’aurait pas de rapport avec le bien de l’Humanité. Ainsi Comte s’oppose à la spécialisation dispersive des sciences, au « développement anarchique de la recherche scientifique » qui oublierait la philosophie et l’esprit d’unité des sciences (Muglioni, 2013). Nous pouvons effectivement déplorer le désengagement philosophique de certain·e·s scientifiques qui ouvrent la porte aux pseudo-sciences. Même en tant que scientifique, recycler des conceptions idéalistes comme peut justement le faire Comte, c’est entraver la recherche de processus matériels. Par ailleurs, avec sa notion d’unité Comte délégitime un certain nombre de recherches qu’il juge inutile. Si l’utilité des sciences a une telle importance selon Comte, c’est parce que selon lui les sciences seraient d’un grand secours pour résoudre un certain nombre de problèmes de l’époque, notamment d’un point de vue technique. Durant le 19e siècle, la France est bouleversée par une progressive industrialisation et des tensions sociales grandissantes (« Révolution industrielle », 2019). À cette époque la production n’est principalement plus agraire, même si celle-ci a progressé depuis le siècle précédent : 0,4 à 0,5 % par an, donc au moins 40 % sur le siècle (Bernier, n. d.). De nombreuses personnes sont privées de terre et sont contraintes d’aller vers les villes pour travailler dans les industries (« France au XIXe siécle », 2019). En province, une crise de subsistance provoque des troubles. Elle suit deux mauvaises récoltes de céréales (1845 et 1846) et une maladie de la pomme de terre. En 1847, à Buzangçais, les tisserands, ouvriers et journaliers réunis dans les faubourgs s’opposent alors fortement à un transport de grains. Une émeute éclate. Les inégalités se creusent entre les couches populaires qui s’appauvrissent et les notables qui s’enrichissent (« Révolution française de 1848 », 2019). Dans ce contexte, les problèmes sociaux ne peuvent clairement pas se résumer à des problèmes techniques, mais nous verrons par la suite comment l’utilitarisme épistémologique de Comte est en lien avec sa pensée politique. Avant cela, voyons comment de nos jours certains théoriciens et théoriciennes s’inspirent de son utilitarisme épistémologique et ce que nous pouvons y opposer. Ils et elles conçoivent les théories scientifiques comme des conventions et des fictions plus ou moins utile et affirment que ce qui ferait la vérité d’une idée, au-delà de sa cohérence logique, serait justement son utilité. Mais d’une part, beaucoup de connaissances inutiles sont néanmoins vraies et d’autre part, des croyances fausses peuvent être très utiles. Les entreprises partagent énormément ce type de croyances effectivement très utile à leurs fonctionnements, comme le lien entre le mérite et la réussite par exemple. Lorsqu’une connaissance est vraie, elle peut être utile, mais ce n’est pas parce qu’elle est utile qu’elle est vraie (Bunge, 1993).

UNE ÉSTHÉTIQUE DE LA LÉGITIMATION

Bien que les questionnements sur l’art ne soient pas centraux dans la pensée de Comte, il y consacre entre autres la 5e partie de son Discours sur l’ensemble du positivisme. L’approche positiviste de l’esthétique consiste à formaliser les régularités de notre appréciation esthétique. Même si Comte parle de processus physiologique, émotionnel et cérébral, il s’agit encore une fois de formuler des lois. En rejetant tout questionnement ontologique, Comte conçoit donc l’esthétique comme un ensemble de lois déterminantes pour notre appréciation de l’art. Ainsi, si l’on observe un goût partagé pour la symétrie par exemple, peu importe que la cause soit physiologique, culturelle ou autre (Lahbib, 2009). Cela a pour conséquences de définir l’esthétique comme un ensemble de lois idéelles. Nous retrouvons ici son idéalisme qui se désintéresse des processus matériels au profit de lois qui sont alors inexplicables. Nous gagnerions pourtant en compréhension à définir l’art comme une activité pratiquée par différentes espèces (Dissanayake, 2009) et faisant intervenir des propriétés matérielles, des qualités techniques, des effets physiologiques comme l’activation du système de la récompense par exemple (Skov & Nadal, 2017). Cela nous permettrait également de mieux en comprendre les causes culturelles, sociales, économiques, politiques et même écologiques, comme la congruence avec d’autres représentations préexistantes, la présence d’institutions pouvant faciliter la diffusion d’une œuvre, la présence d’un système de mémoire externe tel l’écrit, etc. (Boyd & Richerson, 1985 ; Boyd, 2005 ; Sperber, 1996 ; Sidanius & Pratto, 1999 ; Lorenz, 2021).

La conception esthétique de Comte s’ancre ainsi dans un débat plus large sur la place de l’esprit dans lequel la perspective positiviste se refuse à toute référence aux déterminations matérielles. Elle se contente de formalisation logique plutôt que de rechercher pourquoi certaines déterminations physiologiques, par exemple, détermine certaine expérience mentale (Kistler, 2013) ou certaines appréciations esthétiques pour ce qui nous intéresse ici. Par ailleurs, il est intéressant de voir que vers 1850 se développe un mouvement artistique et littéraire : le Réalisme. Ce courant qui s’oppose au Romantisme est caractérisé par une attitude de l’artiste face au réel, qui vise à représenter le plus fidèlement possible la réalité, avec des sujets et des personnages choisis dans les classes moyennes ou populaires plutôt que nobles ou bourgeoises. Le roman entre alors dans l’âge moderne et aborde des thèmes comme le travail salarié, les relations conjugales ou les affrontements sociaux (« Réalisme (littérature) », 2020). Au-delà de l’intérêt pour les classes populaires que Comte partage notamment en donnant ses cours publics, pour le réalisme littéraire comme pour le positivisme, il s’agit avant tout de montrer plus que d’expliquer.

Tout comme il effectue une classification logique des sciences, des industries ou même des espèces, Comte classifie les arts. Le premier des arts est la poésie, vient ensuite la musique puis la peinture, la sculpture et enfin l’architecture. (Premat, 2008). Ces classifications dont les seules qualités sont d’être logiques laissent dubitatif, mais elles expriment chez Comte ce souci d’unité philosophique. Cette unité permettrait de mettre fin à une sorte d’éclatement qui fait par exemple qu’en tant que mathématicien·ne, une personne n’a pas les mêmes pensées qu’en tant que parent ou admirateur·ices d’œuvres d’art (Muglioni, 2013). Comte s’oppose ainsi à la spécialisation esthétique. Dans l’avenir, il n’y aurait « plus de classes esthétiques proprement dites […] mais une éducation générale disposant à goûter profondément tous les modes d’idéalisation » (McWilliam et. al., 2004). L’unité philosophique du positivisme permettrait également à l’art de trouver son utilité pour la société. L’esthétique serait un moyen utile pour les personnes et la société de se réguler, notamment d’un point de vue moral ou émotionnel. Parce que l’art permettrait de communiquer, il impliquerait un rapport d’altérité à travers lequel les personnes pourraient réguler leurs comportements. L’esthétique ne serait pas un simple embellissement de l’extérieur, elle exprimerait également certaines normes et valeurs. Ainsi nous pourrions même voir les différentes phases sociales de l’Humanité, et à laquelle elle se trouve, à travers l’architecture des bâtiments publique (Premat, 2008). L’artiste devrait ainsi cultiver les « sentiments bienveillants », célébrer « les grandes époques et les grands hommes » et élaborer des fêtes consacrées aux cultes de la Femme et de l’Humanité (McWilliam et. al., 2004).

Comte a raison de déplorer que les connaissances artistiques ne soient pas plus partagées. Mais plus que la spécialisation, c’est la professionnalisation et la confiscation de l’art qui pose problème. La spécialisation n’est pas en soi un problème, le monde est plein de spécificité à exprimer. En revanche, la professionnalisation pousse les artistes à penser comme des entrepreneurs. Startuper ou entrepreneurs sociaux, iels pensent avant tout à plaire et vendre, que ce soit à un maximum de monde, à une niche ou à une élite. L’art ne devrait pas avoir à se plier à des impératifs économiques ou hiérarchique, même informelle. Par ailleurs, il a raison de mettre l’accent sur les normes et valeurs que véhicule l’art, mais son utilitarisme esthétique empêche de penser l’art autrement que comme l’expression d’un intérêt personnel ou collectif. Pourtant, nombre d’œuvres gratuites, d’attentions empathiques existe : des dessins d’enfants aux expressions d’affections soigneusement élaborées que l’on fait à celleux que l’on aime, juste pour qu’iel le sache. Selon Comte, l’art devrait donc célébrer l’humanité, mais il semble qu’il s’agisse plutôt de la complaire en légitimant le statu quo dont nous percevons d’ailleurs bien le sexisme bienveillant (Glick & Fiske, 1996) avec son culte de « la » Femme.

UNE EXPLOITATION ALTRUISTE

Vers la fin du premier volume du Système de politique positive, dans la section qui pose les fondements biologiques de son système social, Comte introduit un terme important de sa pensée : l’altruisme. C’est donc initialement dans un cadre biologique que Comte conçoit ce terme. Il entendait améliorer la description de la nature humaine proposée par saint Paul et par le christianisme. Ainsi la lutte fictive entre la nature et la grâce serait remplacée par l’opposition entre les instincts égoïstes et leurs contraires qu’il faudrait renforcer : les instincts altruistes. En effet, Comte pense qu’utiliser ou ne pas utiliser un organe particulier pouvait conduire à son développement ou à son atrophie. Ainsi les organes cérébraux associés aux fonctions affectives et altruistes pourraient, comme d’autre organe, être renforcés par un exercice régulier. Et cet « exercice » pourrait être transmis aux descendants. Comte est donc partisan de l’hérédité des caractères acquis et saluait à ce titre les travaux biologiques de Jean-Baptiste Lamarck. Pourtant, à la différence de ce dernier, Comte pensait que les espèces n’étaient pas susceptibles de varier indéfiniment. Les organismes pourraient seulement évoluer à l’intérieur des limites fixées par le type spécifique auquel ils appartiennent. Pour cela, des partisans anglais de Comte se sont montrés hostiles à la théorie darwinienne de l’évolution (Dixon, 2012). Certes, un certain nombre d’études montre en effet que des exercices respiratoires particuliers augmentent les performances à des tâches cognitives, diminue la vulnérabilité au stress et favorise la prosocialité, c’est-à-dire des comportements qui vise notamment à aider, soutenir et réconforter autrui (Bornemann et al., 2016 ; Gevirtz, 2013 ; Hallman, Olsson, von Schéele, Melin, & Lyskov, 2011 ; Lehrer et al., 2004 ; Wheat & Larkin, 2010). Mais l’accent excessif qu’il met sur les caractères acquis n’est que la reformulation de la morale chrétienne qui conçoit la morale comme un vernis fragile et récent qui nous distingue des animaux. Définis avant tout comme malveillants et égoïstes, les personnes devraient alors se voir imposer par le haut et par la force un cadre moral contraignant. Ce mythe légitimant un contrôle social autoritaire et punitif (Sidanius & Pratto, 1999) est contraire au fait. Comme l’ont montré de nombreux travaux, la morale est un trait évolutif partagé par les primates et d’autres animaux sociaux (De Waal, 2003 ; Kropotkine, 1906). Nous n’avons pas besoin d’autorité pour être moraux.

Dans la perspective de Comte, les relations sociales devraient être structurées par la production. Cette conception productiviste est d’ailleurs un des fondements des premiers socialismes. Ainsi Comte la partage avec Henri de Saint-Simon (1760-1825) : philosophe de l’industrialisme, économiste et militaire français. Il est aussi fondateur du saint-simonisme et l’un des premiers socialistes avec Fourier. Comte en fut justement le secrétaire. Selon Saint-Simon, le gouvernement doit être contrôlé par des savants, des artistes, des artisans et des chefs d’entreprises. Planifier le secteur agraire créerait ainsi des richesses et améliorerait le niveau de vie de la classe ouvrière (« Claude-Henri de Rouvroy de Saint-Simon », 2019). Par ailleurs, Saint-Simon exhorte les savants à créer une synthèse positive. Selon lui, une nouvelle synthèse de la connaissance scientifique doit remplacer l’Encyclopédie du 18e siècle. Celle-ci serait trop révolutionnaire et destructrice (Pickering, 2011). C’est exactement dans ce projet que s’inscrit Comte. La sociologie devrait donc guider les philosophes positivistes vers l’établissement du « plus grand bonheur possible » – Comte, A. (1817-1824) L’industrie. Dans l’état positif, les positivistes et les industriels gouverneraient alors avec intelligence et altruisme (Pickering, 2011). Ainsi les positivistes devraient formuler les lois de la nature et aussi les lois de la société. Ils devraient alors établir les lois de la production, mais sans s’attaquer à la hiérarchie sociale. Par cette sorte d’analogie entre lois scientifique et lois juridiques (Monvoisin, 2007), son positivisme légitime la hiérarchie sociale comme un état de fait indépassable. La hiérarchie ne serait ni bonne ni mauvaise. Elle ne devrait surtout pas être troublée pour produire. « L’antagonisme matériel se développera de manière à faire bientôt sentir des deux parts le besoin d’un régulateur spirituel » – Comte, A. (1998) Discours sur l’ensemble du positivisme. Éditions GF, Paris, p. 190. Les philosophes positivistes rappellent d’ailleurs les philosophes-rois de Platon, qui n’étaient pas associés aux industriels, mais à des figures de pouvoir caractéristiques d’une autre époque : les gardiens de la cité. Ainsi, l’utopie de Comte ne conduit qu’à un cauchemar hiérarchique et déshumanisant. Prétendre que la hiérarchie serait nécessaire pour résoudre la misère est une erreur. La hiérarchie est précisément ce qui produit la misère et les humiliations qui l’accompagne. En effet, le pouvoir affecte notre perception des autres : quand il ou elle domine, Homo-sapiens déshumanise l’autre. Cela consiste à agir envers les autres et à les percevoir comme s’ils et elles n’étaient pas humain·e·s, en particulier comme s’ils et elles étaient des « animaux » ou des « automates ». La déshumanisation semble empêcher l’identification et l’empathie avec une cible, et facilite l’agression (Gwinn, Judd, & Park, 2013). Par exemple, lorsqu’une personne cherche à maximiser son profit durant l’évaluation d’autrui, comme lors d’un recrutement, l’activité des régions cérébrale de la cognition sociale est réduite (Harris, Capestany, Cohen et Cornell, 2014). L’altruisme au sein d’une hiérarchie n’est donc bien souvent qu’un mythe quand elle ne sert pas à faire taire les conflits et à invisibiliser les inégalités.

Comte développe non seulement une nouvelle conception de l’humain, mais aussi une nouvelle religion : la religion de l’Humanité. Sous son influence, la société serait dominée par la volonté de servir l’humanité. Les prolétaires comme les capitalistes devraient avoir pour but d’être utile au bien du « Grand-Être », c’est-à-dire de « l’Humanité » (Dixon, 2012). Dans cette perspective, la place des femmes est édifiante. Les femmes resteraient au foyer et réguleraient les affections des hommes, pendant que ceux-ci assureraient l’unité active du foyer, en allant au travail. Il cite notamment les écrits de Clotilde de Vaux à laquelle il voue d’ailleurs une dévotion spirituelle et romantique intense : « Le véritable rôle de la femme n’est-il pas de donner à l’homme les soins et les douceurs du foyer domestique, et de recevoir de lui, en échange, tous les moyens d’existence que procure le travail » (Premat, 2008). En cela, la conception utilitariste de Comte est en désaccord avec d’autres utilitaristes plus individualistes. Ainsi, John Stuart Mill s’est plaint de la politique antilibérale de Comte à la fois dans On liberty (1859) et dans Utilitarianism (1863) (Dixon, 2012). Nous voyons donc bien ici que son utilitarisme qu’il voudrait altruiste, est une légitimation de la hiérarchie sociale sur un registre bienveillant et paternaliste. Sa notion d’unité ou d’altruisme légitime avant tout le fait de se soumettre à l’organisation sexiste, aux contraintes et aux rythmes de la production.

LE POSITIVISME EST UN CONSERVATISME

Les prises de positions politiques de Comte lors de différents évènements sont très significatives, notamment contre le club La Voix des femmes qui en 1848 agit pour l’égalité entre hommes et femmes (« Droite de vote des femmes » 2019). Avant même le premier groupe suffragiste en France, fondé en 1876 par Hubertine Auclert, ce groupe est un lieu de débat provoquant de virulentes réactions : la parole libérée des femmes menacerait le modèle de la famille. Sa présidente – Eugénie Niboyet – est caricaturée dans la presse et certaines de ses séances tournent à l’émeute (« Place des femmes en politique en France ». 2019). Comte qualifie ces aspirations féministes naissantes de « vaine égalité ». Elles risqueraient de « plonger la société dans […] l’anarchie ». Le sexisme de la hiérarchie serait une « heureuse subordination spontanée » – Comte, A. (1839-1842). Physique sociale. Cours de philosophie positive. Leçons 46 à 60. Cette subordination serait même nécessaire à l’organisation sociale. Comte se complaît donc dans un déni béat pour légitimer la hiérarchie sociale et sa brutalité. Ainsi, lorsqu’arrive, après la Révolution française de 1789 et celle de 1830, la révolution de 1848, Comte adopte une attitude similaire. Sous l’impulsion des libéraux et des républicains, une partie du peuple de Paris se soulève et la Deuxième République est alors proclamée. Mais en juin 1848, la révolution est réprimée dans le sang : 5 700 morts (« Révolution française de 1848 », 2019). Après cette Révolution, Comte insiste sur le besoin pressant d’une reconstruction politique et sociale pour assurer le bien-être commun (Pickering, 2011). En 1851 il accueille ainsi favorablement le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte (Dixon, 2012). Son attitude politique est donc des plus conservatrices. Dans cette perspective, Comte développe une notion de progrès (Pickering, 2011) qui minore les multiples conflits sociaux. Dans la logique de sa loi des 3 états, les évènements historiques seraient dominés par une logique prétendument progressiste. Le progrès serait donc inéluctable. Sa conception du progrès étouffe ainsi sous un prétendu sens de l’histoire les cris des victimes du patriarcat et de la hiérarchie sociale en général. C’est une injonction au silence. Pourtant, le progrès n’est pas constant, immuable, fatal. Il peut s’arrêter et la situation peut évidemment même se dégrader. Le progrès se fait, il se prend contre toute hiérarchie.

La place que Comte donne à la science et aux scientifiques dans la société est également caractéristiques de son orientation politique. Selon Comte, lorsque la sociologie aura le même niveau de certitude que les sciences de la nature, la connaissance humaine sera unifiée. La science ne serait ainsi plus cette recherche foisonnante, mais une autorité incontestable. Les savants devraient ainsi devenir les « prêtres » d’un nouveau « Culte de l’Humanité ». Ils devraient assurer « Ordre et Progrès » à la société. Ainsi, Comte n’accumule pas des connaissances dans le but de se livrer au doute et au scepticisme. Il pense même que la critique serait préjudiciable à l’unité des sciences. Sa philosophie devrait plutôt constituer une autorité morale unifiant l’humanité (Pickering, 2011). Mais la science n’est pas une autorité. Le registre de la contrainte et de la soumission aux sciences, n’a de sens que dans une conception irréductiblement mystique ou idéaliste. Les scientifiques ne s’accordent pas arbitrairement. Ils et elles s’accordent selon la pertinence de leurs arguments et la force de leurs preuves. Une science incapable de convaincre n’en est pas une. Accepter des lois sans les comprendre n’a rien de scientifique, et lorsque nous partageons la même compréhension des choses l’autorité n’a aucune utilité (Bakounine, 1882). La hiérarchie sociale est d’ailleurs néfaste pour la recherche elle-même comme le montre l’exemple suivant : le nombre d’articles publiés est devenu la base de sélection pour les postes universitaires, pour la titularisation et les promotions. C’est également devenu le critère pour l’attribution des subventions, et cela pose problèmes (Rajasekaran, 2012). La concurrence croissante et cette culture du « publier ou périr » dans le monde universitaire entre en conflit avec l’objectivité et l’intégrité de la recherche. Il s’avère que les pressions de publication augmentent les biais scientifiques dans les environnements universitaires plus compétitifs et « productifs » (Fanelli, 2010).

Le problème politique des conceptions de Comte n’est pas son adhésion aux sciences. Un monde de mystère ne sera pas plus libre. Réhabiliter le mystère ou le subjectivisme au nom de la liberté, c’est promouvoir de nouveaux asservissements. Le problème c’est de limiter arbitrairement le questionnement scientifique. C’est d’imposer un monde de lois inexplicable ou encore, de limiter la science à une simple classification logique pour légitimer une hiérarchie sociale déshumanisante. Le problème c’est d’être conservateur et pour cela d’être un scientifique médiocre. C’est accepter la hiérarchie alors qu’elle s’oppose à la qualité des recherches. C’est faire de la science comme du maintien de l’ordre, en classifiant sans se poser plus de question : c’est faire de la pseudo-science qui n’a que la qualité d’être logique. Ce qui est assez ironique étant donné l’histoire du terme « pseudo-science » issu justement de ce positivisme prompt à tracer des frontières arbitraires.

CONCLUSION

Comte s’oppose au matérialisme et développe une conception des sciences unies par leur utilité sociale. En définitive, il met la science au service de la hiérarchie. De même pour sa conception de l’esthétique qui est des plus complaisantes. Il oppose aux affres de l’autorité un simple altruisme qui n’est qu’une reformulation de la morale paternaliste du christianisme. Le positivisme affirme, à raison, le bien-fondé de la science et de son potentiel égalitaire et progressiste. Mais la philosophie de Comte est autoritaire. Ses philosophes dispenseraient les bonnes paroles à un peuple serviable, servile. Il veut la science sans la lutte contre l’autorité qui l’anime. Sa stratégie politique atteint pour finir des sommets détestables : Comte concevant les idées et la science comme « le » moteur du changement historique (Pickering, 2011), il espérait concilier droite et gauche politique autour du positivisme et opéra alors un tournant conservateur (« Auguste Comte », 2019). Tout cela n’est qu’inconséquence.

Dans tous les courants politiques, certain·e·s se réclament de la science. C’est bien souvent pour éblouir et user d’autorité. Ce sont des charlatans. Mais d’autres rejettent la science car elle serait responsable de nombres d’horreurs. Celleux-là se gardent bien de dénoncer toute autorité. Et si jamais iels le font, c’est pour la remplacer bien sûr. La hiérarchie est la cause de nombre de nos malheurs. Pour y mettre fin, abolissons-la. Une science qui tolère les tourments infligés par la hiérarchie sociale est une science inconséquente. Une science matérialiste est anarchiste, oui ! Les faits sont clairs et explicites. La hiérarchie est un désastre (Sidanius & Pratto, 1999 ; Sapolsky, 2004 ; Sapolsky, 2005 ; Scholes et. al., 2018). Nous en crevons tous, humain, non humain, comme écosystème (« Rapport du GIEC : Réchauffement climatique de 1,5 °C », 2019). La révolution n’est pas inéluctable, elle est à faire : le seul avenir vivable pour l’humanité est l’abolition de tout ce qui nous hiérarchise. Une société égalitaire, anarchiste et écologique, est possible en défaisant tout ce qui nous détruit. Répéter simplement les conclusions des rapports scientifiques est inconséquent, suicidaire. L’Anarchie ou rien.

Guillaume Deloison – 2022

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PHILOSOPHER – HUME


« Tout raisonnement probable n’est rien d’autre qu’une espèce de sensation. Ce n’est pas seulement en poésie et en musique que nous devons suivre notre goût et notre sentiment, c’est également en philosophie. Lorsque je suis convaincu d’un principe, ce n’est qu’une idée qui me frappe plus fortement » – Hume, D. (1739-1740). Traité sur la nature humaine. 1. 3. 8.

David Hume naît le 7 mai 1711 et meurt le 25 août 1776. Il est issu d’une famille de la petite noblesse de la région des Borders en Écosse. Philosophe, économiste et historien, il est considéré comme un des penseurs les plus importants des Lumières écossaises (avec Adam Smith et Thomas Reid). Il est également considéré comme un des plus grands parmi les philosophes et écrivain·e·s de langue anglaise. Il fonde l’empirisme moderne (avec Locke et Berkeley). De par son scepticisme, c’est un des plus radicaux. Il s’oppose tout particulièrement à Descartes et aux philosophies considérant l’esprit humain d’un point de vue théologique ou métaphysique. Il ouvre ainsi la voie à l’application de la méthode expérimentale pour comprendre les phénomènes mentaux. Hume a une influence profonde sur Kant, sur la philosophie analytique du début du 20e siècle et sur la phénoménologie. Longtemps, il n’a cependant été retenu de sa pensée qu’un simple scepticisme destructeur (« David Hume », 2019).

Comme nous le verrons, Hume a contribué à l’essor de nouvelles connaissances ainsi qu’au développement de la méthode scientifique. Mais il est loin d’être exempt de critique. Sa philosophie n’est que peu subversive et ses failles servent les dominants. Critiquer Hume c’est s’attaquer à un courant de pensée très fécond : l’empirisme. En séparant perception et réalité, l’empirisme tend vers un certain dualisme ainsi qu’un idéalisme lorsque les perceptions et les idées qui en découle sont privilégiées sur la réalité. Ces conceptions en accord avec la culture religieuse de l’époque rejettent en effet la notion de nature ou de réalité pour se limiter à ce qu’on en perçoit, ce qui a de lourdes conséquences sur sa philosophie. Hume se contente de formaliser les régularités des phénomènes sans jamais pouvoir en expliquer les causes réelles. Ses conceptions conservatrices de l’esthétique en sont un bon exemple. Elles ne font que légitimer les normes de son époque sans réellement expliquer ce qui fait le beau. De même, son utilitarisme moral légitime avant tout le développement de l’économie en se désintéressant de la réalité douloureuse et inégalitaire. Hume légitime par exemple la colonisation de l’Écosse. Pour civiliser les Écossai·se·s en évitant le chaos social d’un conflit ouvert, il propose aux autorités britanniques de pousser les chef·fe·s de clans à privilégier les rapports économiques sur les rapports de clan. Il légitime l’État, la propriété et le système judiciaire parce que ce sont des choses très utiles pour les dominant·e·s alors que nous ferions mieux de nous en passer. Critiquons radicalement Hume et son empirisme. Contre toute vision dominatrice et mutilante, affirmons ce qu’est réellement le monde.

L’EMPIRISME CONTRE LA MATIÈRE

Au 18e siècle, un ensemble d’intellectuel·le·s que l’on appelle les Lumières veulent promouvoir les connaissances pour dépasser l’obscurantisme des institutions religieuses. Parmi les Lumières, les Écossai·se·s comme Hume sont en nombre. Iels influencent des auteur·ice·s dans toute l’Europe notamment via une série de clubs qui se développent en Écosse. Le premier apparaît à Édimbourg vers 1710. De nombreux sujets y sont discutés : politique, science, philosophie. Ces clubs contribuent ainsi fortement à la vie intellectuelle du pays (« Lumières écossaises », 2019). Newton y a une forte influence. En 1687, il décrit, après une série d’expérience, la loi universelle de la gravitation et pose ainsi les bases de la mécanique classique : les mêmes lois naturelles gouvernent le mouvement des objets terrestres et célestes. En concurrence avec les avancées de Leibniz, il crée le calcul infinitésimal. De plus, il développe en optique une théorie de la couleur basée sur l’observation d’un prisme décomposant la lumière blanche en un spectre visible. Ainsi, il convainc par le moyen d’expérience et fait la promotion de la méthode expérimentale (« Isaac Newton », 2019). Hume s’inspire grandement des travaux de Newton pour développer des sciences humaines qui, selon lui, devrait primer sur les sciences naturelles. Dans cette perspective, il veut repenser le traité de Newton sur la nature, toute en rejetant la notion même de nature (Schliesser & Demeter, 2020). Hume essaie ainsi d’introduire la méthode expérimentale dans la philosophie morale sans faire référence à une nature humaine (« David Hume », 2019).

Hume est empiriste. L’empirisme est un terme issu du latin « empiricus » : « expérience ». Il désigne une démarche qui s’intéresse à l’expérience avant tout à travers notre propre instrument de connaissance : l’esprit. Ainsi, un des concepts primordiaux de Hume est celui de perception. Hume définit deux sortes de perceptions : les impressions et les idées. Les impressions comporteraient « nos sensations, passions et émotions, telles qu’elles font leur première apparition dans l’âme ». Les idées, elles, seraient « les images affaiblies des impressions dans la pensée et le raisonnement ». Impressions et idées seraient ainsi les seules sources de nos connaissances. Leurs « associations » constitueraient l’intégralité de nos connaissances du monde empirique, moral et intellectuel. Hume renforce ainsi les thèses du philosophe anglais John Locke (1632-1704), qui réfute le concept « d’idées innées » de Descartes et affirme que toute connaissance est acquise par l’expérience. Locke compare la conscience à une table rase (« Tabula rasa »), c’est-à-dire à une page blanche sur laquelle viendrait s’imprimer les expériences (« David Hume », 2019). Un bon exemple de l’empirisme de Hume est son scepticisme religieux. Pour lui, l’origine de la religion serait à chercher dans l’Histoire et dans nos sensations. Nous représenter les anges « purement élevés » ne serait ainsi qu’une inversion de notre expérience de l’attraction terrestre (Menneteau, 2009). Un autre exemple de son scepticisme est son rejet de l’idée du « moi » en tant qu’âme ou substance. Il considère plutôt que l’identité personnelle se constitue à travers le vécu des individus. Dans cette conception où le monde est d’abord perçu à travers l’esprit, toute philosophie se rapporte donc à une Philosophie de l’Esprit (« David Hume », 2019).

Hume ne cherche pas à connaître la substance du monde. Il n’accorde que peu d’intérêt à l’ontologie, terme issu du grec ancien ontos « être » et logos « discours », qui désigne l’étude de ce qu’est le monde. Selon lui, le monde pourrait aussi bien être déterminé par des idées que par la matière. « Le début du mouvement dans la matière elle-même est a priori aussi concevable que sa communication par l’esprit et l’intelligence. » – Hume, D. (1779). Dialogues sur la religion naturelle. Hume s’intéresse seulement à la méthode d’élaboration des connaissances, c’est-à-dire à l’épistémologie, terme issu du grec ancien epistémê « connaissance » et logos « discours ». Mais si l’étude méthodique des phénomènes est fondamentale, parce qu’elle se limite à la perception, elle ne nous apprendrait rien sur le monde en soi. Hume décrit alors les choses par ce qu’il en perçoit : leurs changements. Les choses se comprendraient par ce qu’elles font, non par ce qu’elles sont. Dans cette conception, tout pourrait bien être fait de fromage (comme le dit Putnam cité par Kistler, 2013), cela n’aurait pas d’importance, car l’attention ne devrait se porter que sur les changements. Aujourd’hui, une partie des scientifiques qui étudie la cognition s’inspire de cette perspective. Ces derniers dissocient d’une part les processus physiologiques s’activant à la vision d’une couleur et d’autre part « l’effet que ça fait » de voir une couleur. Cet « effet » est séparé du corps qui le produit, et il est considéré comme profondément subjectif. Cette expérience subjective est nommée « qualia ». En adoptant cette conception de l’esprit, ces scientifiques se désintéressent des processus cérébraux ou les minorent. Cependant « l’effet que ça fait » ne peut être compris séparément des processus matériels. Le cerveau ne « produit » pas la pensée, il pense. Faire l’impasse sur les questions ontologiques conduit à considérer la perception comme quelque chose de distinct et de surajouté à la matière. Ce serait une sorte de dualisme qui obscurcit le raisonnement en produisant de nouveaux mystères comme celui de la connexion entre le corps et l’esprit (Drapeau Vieira Contim et Ludwig, 2013 ; Mahner, 2013). Nos sensations ne sont pas celles d’un esprit immatériel mais celles de nos corps bien réels. Pour cela nous pouvons connaître leurs mécanismes et ainsi nous comprendre nous-même et le monde qui nous entoure d’autant mieux.

En plaçant l’esprit au centre, la réflexion de Hume tend vers un certain idéalisme : les perceptions et donc les « idées » structureraient la réalité. C’est notamment la conception de son contemporain George Berkeley (1685 – 1753), philosophe et évêque anglican irlandais. Ce dernier est souvent classé dans les empiristes entre John Locke et David Hume. Il défend l’immatérialisme qui se résume par la formule « être, c’est être perçu ou percevoir ». Selon Berkeley, les individu·e·s ne connaîtraient que des sensations et les idées qui en dérivent. Les entités générales tel « la matière » ne serait qu’une abstraction. À la différence de Hume qui se désintéresse des questions ontologiques et n’affirme donc rien avec certitude à ce sujet, Berkeley affirme que le monde objectif n’existe pas (« George Berkeley », 2019). De ce point de vue, la réalité ne serait que le rêve de Dieu. De nos jours, cette conception est reprise dans un style plus contemporain : la réalité ne serait que le rêve de la machine au sein duquel nous vivons une existence virtuelle (Chazal, 2013). Curieusement, celleux qui adoptent cette conception ne se demande pas où se trouve le serveur informatique qui fait fonctionner cette réalité virtuelle… Nous pouvons aussi comparer l’empirisme de Berkeley à la philosophie solipsiste dans laquelle la réalité ne serait qu’une illusion de votre seul esprit. Là encore, parce que cette philosophie à une dimension ontologique, elle se distingue de celle de Hume. En revanche, elle a une certaine cohérence avec la philosophie de ce dernier à un niveau épistémologique : toute connaissance serait avant tout relative au sujet connaissant. Un certain relativisme a donc marqué la postérité de Hume. Dans sa philosophie, l’existence de la réalité est toujours incertaine et précaire.

L’EMPIRISME CONTRE LA RÉALITÉ

Son refus des questions ontologiques a de lourdes implications épistémologiques. La philosophie de Hume s’oppose à la conception réaliste selon laquelle la réalité existe indépendamment de ce que nous en percevons. Ainsi, Hume développe un certain anti-réalisme : nous pourrions comprendre le monde sans comprendre ce qu’il est réellement. Dans cette conception, Hume affirme que la causalité n’existerait pas réellement. Elle existerait seulement dans notre esprit. Elle ne serait qu’une croyance fondée sur l’habitude. Prenons l’exemple d’un corps en mouvement qui en percute un autre. Le premier ne causerait pas le mouvement du second : ce ne serait qu’une suite d’évènements ordonnés dans le temps. Ce ne serait qu’une simple corrélation à laquelle nous serions habitué·e·s (Sagaut, 2008-2009). Hume nous met ainsi en garde contre les généralisations abusives, comme le serait justement la notion de cause et de réalité selon lui. C’est d’ailleurs pour s’opposer à cette idée que Kant a réalisé son œuvre. Selon ce dernier, la causalité, et un certain nombre d’autres catégories, ne serait pas de simples idées subjectives mais plutôt des idées transcendantales, c’est-à-dire des idées au fondement de tout entendement. Plus récemment de nombreux auteurs et autrices se sont inspiré·e·s de Hume, notamment au sein du Cercle de Vienne (1929-1936), un groupement de savants et de philosophes qui visait à développer une conception scientifique du monde, et parmi elleux plus particulièrement Ernst Mach. Selon lui, la science organiserait rationnellement les relations entre nos sensations et le concept de réalité objective ne serait pas utile en science. Dans son ouvrage La mécanique (1871) il ajoute : « Il n’y a aucune cause ni aucun effet dans la nature […]. [Elles] n’existent que dans l’abstraction que nous effectuons afin de reproduire mentalement les faits » (« Empirisme logique », 2019).

Hume a raison de mettre en garde contre les généralisations abusives : aucune accumulation d’expérience ne suffit seul à produire de nouvelles connaissances. Et en effet, les scientifiques ne font pas qu’ordonner nos perceptions pour produire des connaissances : en plus de formuler des hypothèses et de vérifier leur correspondance avec la réalité, ils et elles utilisent des opérations logiques et des outils mathématiques qui ne sont pas à strictement parler de l’ordre de l’empirique. La racine carrée de 2 par exemple, ou d’autres concepts mathématiques encore plus abstrait comme les nombres imaginaires ne correspondent à aucune perception bien qu’ils soient utiles. Les empiristes minorent l’importance des raisonnements logiques dont sont capables nos cerveaux. D’ailleurs cette mise en garde contre les généralisations abusives peut aussi se retourner contre l’empirisme : si l’expérience ne peut produire seul des connaissances, alors aucun empiriste ne devrait se permettre de formuler de grand principe comme iels le font (Bunge 2008). Dans la même perspective, Hume nous met en garde quant à la possibilité de faire des prédictions à partir d’expérience passé : un ensemble d’expérience passé ne suffirait pas à justifier une prédiction. Cela ne ferait effectivement que projeter notre habitude passée sur le futur alors que quelque chose de nouveau pourrait advenir. Ainsi, même si nous n’avons observé que des cygnes blancs, peut être que le prochain sera noir. Hume a cependant tort d’abandonner toute tentative de justification. Si nous pouvons prédire que le Soleil se lèvera demain par exemple, ce n’est pas simplement car il l’a toujours fait précédemment. Nous pouvons le prédire car nous pouvons l’expliquer : une prédiction se justifie par une explication. Or, il se trouve qu’une explication entend décrire réellement le monde. Elle est plus ou moins vraie selon si elle correspond plus ou moins effectivement au processus réel (Bunge, 2012). Ainsi, le Soleil se lève parce que la rotation de la Terre détermine réellement ce cycle-là, jour après jour. Et il se lèvera demain que nous le percevions ou non. Tout comme la lune existe même si personne ne la regarde, comme le disait Einstein. La science, grâce à sa méthode, nous permet de penser les choses telles qu’elles sont réellement, même si ce n’est qu’imparfaitement et partiellement (Bunge, 2008).

Cette importance de la réalité dans l’élaboration de nos connaissances a notamment été explicitement défendue par Galilée. Son réalisme scientifique a été au centre de son tristement célèbre procès (1616). À la suite d’observation à la lunette astronomique, convaincue que le soleil était au centre de l’univers, il a développé un modèle mathématique bien meilleur que les autres pour décrire le mouvement des planètes. En réaction, l’inquisiteur de Galilée, le cardinal Bellarmin, a adopté le point de vue suivant : la tâche de l’astronome serait de rendre compte des apparences et non de découvrir comment les choses sont réellement. Afin que la nouvelle astronomie ne réfute pas les Écritures, l’Inquisition réclamait de Galilée qu’il déclare équivalentes les deux conceptions rivales au prétexte qu’elles étaient toutes deux compatibles avec les données. L’Église a mis fin à la controverse théologique, mais le réalisme scientifique a été justifié des années plus tard. La mécanique céleste newtonienne a justifié l’hypothèse héliocentrique : les planètes tournent réellement autour du Soleil car il est au moins mille fois plus massif (Bunge, 1993). Nos connaissances peuvent progresser et ne sont pas de simples généralisations, l’expression d’habitudes ou encore des vues de l’esprit si nous vérifions méthodiquement leurs correspondances avec la réalité. Il est alors intéressant de voir que la conception de Hume vient soutenir la conception religieuse du cardinal Bellarmin rejetant la notion de réalité. Même si pour l’époque le scepticisme de Hume à propos de la religion est progressiste, son anti-réalisme et son rejet du newtonisme sont réactionnaires (Bunge, 2016).

UN CLASSICISME EMPIRISTE

Une bonne illustration de l’épistémologie empiriste de Hume est sa conception esthétique. Il affirme que la beauté n’est pas dans les choses, mais dans les yeux des spectateur·ice·s. Il ne serait pas question de beauté en soi ou réelle : « Le plaisir et la douleur ne sont pas seulement les compagnons nécessaires de la beauté et de la laideur, ils en constituent l’essence même » – Hume, D. (1731). Traité de la nature humaine. II. Le beau serait une question de plaisir et de sensibilité de l’esprit humain. Néanmoins, l’art n’en resterait pas moins lié à des règles. Ces règles ne seraient pas issues d’une raison précédant toute expérience, au contraire elles seraient comprises par la répétition et le « raffinement des sens ». Le développement du goût serait une question d’éducation et de pratique répétée de l’art. Ainsi, le critique d’art devrait en formuler les règles, analyser les expériences pour y découvrir des régularités et rectifier ses propres règles pour tenir compte de tout ce qui plaît. Le bon goût esthétique consisterait donc en ce qui plaît dans tous les temps et dans tous les pays. Dans la perspective de Hume il est alors impossible de penser l’évolution des normes esthétiques sans référence à un bon goût abstrait et prétendument universelle. De manière cohérente avec sa conception de l’esthétique, Hume apprécie Virgile, Racine, Corneille, des auteurs du classicisme (Ruby, 2011). Les passions des héros et héroïnes de ce mouvement artistique sont souvent violentes et l’écriture des auteur·ice·s consiste à les rendre intelligibles. Le classicisme est caractérisé par des principes assez contraignants comme la règle des 3 unités au théâtre : unité de temps, de lieu et d’action. Ces règles doivent permettre la production d’œuvres de goût inspirées des modèles de l’art antique marqué par l’équilibre, la mesure et la vraisemblance (« Classicisme », 2020). Ainsi en érigeant le classicisme au rang de bon goût prétendument universel sa conception de l’esthétique apparaît avant tout comme un moyen de légitimer les normes artistiques des dominant·e·s.

Pour mettre l’accent sur l’expérience du beau à travers nos sens, notre plaisir et notre douleur, Hume rejette la notion de réalité et d’objectivité esthétique. Ce rejet est cohérent avec son empirisme mais c’est une erreur. Hume a raison de rejeter une conception absolue de la beauté existant indépendamment du spectateur et de la spectatrice, mais cela n’implique pas de rejeter la notion de réalité et d’objectivité (Boyd, 2005). Bien qu’une œuvre ne soit ni belle ni laide s’il n’existe personne pour en profiter, le spectacle est aussi réel que les spectateur·rice·s. Le beau existe réellement comme un rapport matériel impliquant différents objets et individu·e·s (Dutton, 2014). Nous pouvons ainsi analyser une œuvre non pas seulement à travers notre goût personnel, ou même collectif, mais aussi comme un objet avec des propriétés matérielles déterminantes, des qualités techniques, des effets physiologiques (Skov & Nadal, 2017) et des conséquences culturelles, économiques, sociales, politiques et même écologiques (Boyd, 2005 ; Sidanius & Pratto, 1999 ; Lorenz, 2021). L’art est une activité parmi d’autres qui ne se résume pas à quelques conventions de goût. Si l’effort esthétique consistait simplement à plaire à tout le monde, ou à quelques critiques hauts placé·e·s, les révoltes ne pourraient pas être belles. Et à l’inverse comment un éloge du fascisme pourrait-il être beau ? Même si cet éloge avait des qualités techniques et en l’occurrence littéraire, il n’y a rien de beau à légitimer la hiérarchie.

Dans une conception similaire à celle de Hume, certain·e·s auteur·ice·s contemporain analysent la culture en mettant l’accent sur la réception de certaines œuvres d’art et sur les interprétations qu’en font les spectateur·ice·s (Glevarec, Macé, & Maigret, 2011). Là encore une conception subjectiviste mène à se désintéresser des caractéristiques réelles des œuvres étudiées. Il ne s’agirait pas d’expliquer l’art mais de renseigner sur les interprétations que suscite l’œuvre. Dans cette conception, les méthodes des sciences naturelles ne pourraient d’ailleurs pas expliquer l’esthétique, car cette dernière serait au-delà de notre nature. Cela confine à une perspective dualiste dans laquelle les sciences sociales, comme celle étudiant l’art par exemple, sont séparées des sciences naturelles. Pourquoi Homo sapiens fait de l’art et certaine œuvre d’art en particulier reste alors un mystère. De même pour ce qui motive les personnes à rendre certains aspects du monde « spéciaux ». Si nous voulons réellement comprendre l’art, nous ferions pourtant mieux de l’analyser en tant qu’activité sociale parmi d’autres (Dissanayake, 2009).

UNE CHARITÉ INCONSÉQUENTE

Selon Hume, la source de la morale serait les passions. Si nous n’éprouvions pas du désir ou de l’aversion, nous n’agirions pas. Dans cette logique, la raison serait une passion moins turbulente, plus englobante, tempérée : « La moralité est donc plus proprement sentie que jugée. » – Hume, D. (1739-1740). Traité de la nature humaine. 3. 1. 2. La conception de la morale de Hume ne se base pas sur des règles préétablies, c’est une morale conséquentialiste : une action est morale quand ses conséquences sont bonnes. La notion d’utilité est alors fondamentale dans sa morale ainsi que dans son esthétique d’ailleurs (Brunet, 1965 ; « David Hume », 2019). Ce qui serait moral serait ce qui est utile à l’individu·e et à la société. Mais contrairement à d’autres utilitaristes comme Hobbes, il parle d’utilité sociale. Il insiste sur la « sympathie » et l’intérêt qu’on porte aux autres car aucune action humaine ne serait parfaitement isolée, elles entretiendraient toutes un rapport mutuel. Avec ces considérations, les utilitaristes devraient élargir leurs conceptions selon Hume. L’intérêt personnel serait pour lui un principe social. La situation donne d’ailleurs du crédit aux thèses de Hume. À l’époque le commerce anglais s’étend, non seulement en Europe, mais aussi dans le « Nouveau Monde ». Les comptoirs anglais se multiplient. À la fin du 16e siècle, la flotte anglaise comptait à peine 50 000 tonneaux. Elle en compte plus de 300 000 au milieu du 18e siècle, soit 6 fois plus. À noter que la production des matières premières et leurs débouchés sont assurés par l’accroissement rapide de l’Empire colonial. Par ailleurs, l’agriculture se développe, les procédés de cultures se perfectionnent, les activités marchandes se multiplient. Leurs impacts sociaux sont déterminants. Se développe alors un domaine d’étude indépendant : l’économie politique. En 1776, Adam Smith publie Richesse des nations, œuvre classique du genre. Nous pouvons justement y retrouver de nombreuses notes de Hume, son proche ami (Schatz, 1902).

Hume a raison de mettre l’accent sur l’importance des émotions dans notre morale. Elle est bien trop souvent conçue comme quelque chose d’avant tout rationnelle. Mais comme nous allons le voir, là encore il a tort de rejeter toute référence à la réalité : en effet selon Hume, les économistes et les politicien·ne·s n’auraient pas à se préoccuper du monde réel et du fondement des institutions, cela serait inconnaissable. S’iels ne s’occupaient que de ce qui est utile, leur tâche serait remplie (Schatz, 1902). Dans cette conception, l’économie apparaît comme un phénomène suffisant pour percevoir et comprendre le fonctionnement de la société. L’important, ce serait que ça tourne ! Pour les dualistes, les données économiques seraient suffisantes pour gouverner la société. Dans une sorte d’idéalisme, elle serait même plus que ça : tous ce qui ne serait pas pris en compte par l’économie n’existerait pas ou serait d’importance mineure. La réalité de tout travail, sa violence et son autorité seraient négligeables. D’ailleurs, placé·e·s dans une situation de dilemme moral, les individu·e·s adhérant à une morale utilitariste se distingue par une moindre aversion pour l’atteinte à autrui. C’est-à-dire que si tuer une personne pouvait en sauver d’autres plus estimé·e·s, alors ils et elles le feront plus facilement (Bandura, 1999). Nous pouvons aisément imaginer qu’exploiter les autres est un mal négligeable pour les utilitaristes. Hume légitime donc avant tout le développement de l’économie, et son insistance sur la sympathie ne change pas grand-chose.

Les rapports de productions sont douloureux et hiérarchiques, et l’économie est surtout un moyen de hiérarchisation sociale. C’est parce que tous ces chiffres dans les comptes en banques sont utilisés pour nous hiérarchiser qu’ils sont utiles pour les dominant·e·s. La monnaie et le mythe de sa valeur est surtout utile pour légitimer la hiérarchisation que l’économie institue. Cette réalité est négligée par les économistes. De même lorsque Hume parle de charité comme d’un devoir moral pour les plus riches, c’est avant tout à des fins de pacification sociale. Il adopte une posture faussement sympathique qui permet de ne pas s’interroger sur les causes de la guerre sociale et des inégalités : la hiérarchie. Quand la charité complaît les dominant·e·s dans leur rôle, elle n’a plus rien de moral. Au contraire, parce que la hiérarchie peut avoir une incidence considérable sur la santé des personnes, notamment en ce qui concerne les maladies liées au stress (Sapolsky, 2004), un acte réellement moral est égalitariste.

UN CONSERVATISME SYMPATHIQUE

Après la Bataille de Culloden (1746), bataille décisive dans la colonisation de l’Écosse, les autorités britanniques veulent supprimer la culture écossaise traditionnelle. Le port du tartan ou jouer de la cornemuse est interdit. Les chef·fe·s de clan sont poussé·e·s à se considérer propriétaires des terres qu’iels contrôlent. Ces terres étaient pourtant des biens communs. Iels transforment alors les terres en pâtures à moutons, plus rentables. Les habitant·e·s dépossédé·e·s sont ainsi forcé·e·s à l’exil. Certain·e·s habitant·e·s sont recrutés pour servir dans l’Empire britannique, d’autres émigrent au nord de l’Amérique et d’autres encore sont embauché·e·s dans les premières usines. C’est le début de la révolution industrielle écossaise (« Histoire de l’Écosse », 2019). Pour Hume, l’esprit de clan porte tous les signes d’une étape antérieure de la société qui agirait comme l’ennemi d’une grande société commerciale. Plutôt qu’une transformation ouvertement conflictuelle, Hume suggère alors une transformation économique. Là encore, un parallèle avec Newton est présent : comme la force gravitationnelle pour les planètes Hume conçoit l’argent comme une force active pour changer les sociétés. Son raisonnement est le suivant : parce que le sentiment familial ne serait pas inné et qu’il n’existerait qu’en raison de nos interactions répétées, si l’objet auquel nous sommes lié·e·s changeait, alors notre sentiment d’amour changerait aussi. Il faudrait alors selon Hume prévoir une stratégie économique qui lierait les futures augmentations de la productivité agricole des clans écossais à une politique qui fournirait, au-delà de la subsistance, des produits de base lucratifs. Il faudrait les faire adhérer et aimer cette grande société commerciale dont Hume soutient le développement. Son attitude vis-à-vis de l’Annexing Act (un ensemble de mesure concernant l’annexion de l’Écosse) au-delà du clivage monarchique contre républicain de l’époque, vise donc avant tout à limiter les guerres civiles et révolutions (Caffentzis, 2005). Il ne fait ainsi que légitimer la domination des autorités britanniques en pensant faire pour le mieux.

Pour Hume, l’État est un mal nécessaire. Il serait utile dans l’histoire de la société. Ce recours à la notion d’Histoire lui permet de justifier l’existence de l’État, sans se référer à des notions qu’il rejette comme la nature. Il en critique d’ailleurs l’usage par d’autres économistes, les physiocrates. Ainsi, la liberté humaine ne serait pas un principe de droit naturel. Ce ne serait pas un principe intangible et sacré. L’État garantirait simplement la bonne conciliation de la liberté avec l’utilité sociale, cela non par promesse ni par contrat, mais par convention (Schatz, 1902). Lorsque Hume légitime l’État comme garant historique du fonctionnement de la société, il légitime en réalité le développement des États-nations dans la violence et la contrainte (Kropotkine, 1906 ; Sidanius & Pratto, 1999). Hume adopte également un raisonnement similaire en ce qui concerne la propriété. Elle ne serait pas naturelle mais serait simplement utile pour stabiliser les relations humaines. Elle permettrait aux êtres humains de s’assurer de leurs biens. La division du travail étant alors possible, plus de biens, et de meilleure qualité, seraient produits. La population prospérant, l’État prospérerait aussi. Cette prospérité rendrait alors meilleurs les êtres humains, elle affinerait leur morale (Schatz, 1902). Mais la propriété est surtout utile pour instituer la hiérarchie, pour favoriser l’accès des dominant·e·s aux ressources et restreindre celui des dominé·e·s.

Hume s’oppose en revanche à l’esclavage : la liberté serait la source de la prospérité. Vivre au milieu « de la flatterie, de la soumission, [et] de l’avilissement », serait avilissant pour soi-même. Les rapports de maître·sse à esclave devraient donc être libres. Il faudrait servir librement. Il affirme d’ailleurs la fécondité de l’activité libre et des mécanismes sociaux harmonieux (Schatz, 1902). L’utilité sociale consisterait donc au concours libre de chacun·e dans un monde hiérarchique. Mais que signifie « agir librement » lorsqu’on ne l’est pas ? « Servir librement un·e maître·sse » n’est qu’une affirmation autoritaire fournissant une illusion de liberté rassurante. Il est souvent plus efficace de pousser les gens à se soumettre de leur propre volonté car les pratiques ouvertement autoritaires sont source de tensions, voire de conflits, et conduisent souvent à des surenchères (Joule & Beauvois, 2010). Cependant, une soumission librement consentie n’en est pas moins une soumission avec son cortège d’horreur. Le salariat n’est pas la liberté.

Par ailleurs, Hume affirme que la justice n’aurait aucune utilité dans une société d’abondance. La justice ne serait pas un instinct de l’être humain : ce ne serait qu’une production artificielle, culturelle. La justice ne servirait qu’à maintenir un certain statu-quo (Schatz, 1902). Cependant de nombreuses espèces non humaines très coopératives, semblent guidées par un ensemble d’attentes concernant le résultat de la coopération et la répartition des ressources. Le singe capucin brun (Cebus apella) par exemple, réagit négativement à la distribution inégale des récompenses dans les échanges avec un expérimentateur humain. Les singes refusaient de participer aux exercices s’ils voyaient un congénère obtenir une récompense plus attrayante pour un effort égal, et ce d’autant plus si le partenaire recevait une telle récompense sans aucun effort. Cela soutien la thèse d’une origine évolutive précoce et partagée de l’aversion pour l’iniquité (Brosnan & De Waal, 2003). La justice n’est donc pas une pure construction artificielle. En revanche il est vrai que comme l’État et la propriété, le système judiciaire sert avant tout à maintenir le statu-quo, c’est-à-dire à maintenir la hiérarchie sociale et à punir les pauvres (Sidanius & Pratto, 1999). Toutes ces choses sont très utiles pour les dominant·e·s, mais nous ferions mieux de nous en passer.

Il est impossible de porter une critique radicale en adoptant la perspective économique de Hume. Ce n’est pas simplement qu’il privilégie une approche quantitative insuffisante pour comprendre le monde ; d’autres économistes se croyant plus critique ont aussi pour objet d’étude les désirs et privilégient une approche qualitative (Cléro, 2002). Le problème n’est pas de privilégier les aspects quantitatifs ou qualitatifs de nos activités. Le problème c’est que les économistes se contentent de formaliser leur perception du monde, cela quand iels ne sombrent pas dans le dualisme ou même l’idéalisme (Marx, & Engels, 1846). Le problème c’est de ne pas réellement éclairer les processus douloureux qui maintiennent la hiérarchie et ainsi de ne pas briser les mythes qui la légitime.

CONCLUSION

Hume a marqué la philosophie. Il a contribué à l’essor des sciences. Mais Il a aussi actualisé des conceptions religieuses pouvant s’accorder avec les jeunes conceptions scientifiques de l’époque. Parce qu’il minore ou rejette la notion de réel, son empirisme se confine à des perspectives dualistes et idéalistes qui n’explique pas vraiment les choses. Ainsi il réduit l’art à ce qui plaît à tout le monde ou à quelques critiques hauts placés connaissant les conventions de goût mais sans réellement expliquer ce qui fait le beau. Ses préférences pour le classicisme expriment ainsi des conceptions esthétiques légitimant le bon goût de l’époque et son statu quo. D’autres part, sa notion de charité légitime la hiérarchie qui reste pour lui un mal nécessaire. Hume prône volontiers la liberté, mais en défendant entre autres la propriété, il affirme une conception autoritaire et conservatrice (Schatz, 1902).

Aujourd’hui encore, les libéraux pensent que le travail est une liberté. Celleux qui acceptent cela ne sont que des autoritaires qui s’ignorent. Parler de liberté ou d’égalité sans critiquer la hiérarchie, est une bouffonnerie. Penser que toute activité s’évalue en termes économiques n’est qu’un des mythes qui légitiment le statu quo. Les dominé·e·s peuvent bien faire les efforts qu’iels veulent, leur temps et leur vie sont négligés. Les dominant·e·s négligent tout ce qui les entoure. Alors, afin d’avoir une appréhension réaliste du monde, l’écologie doit faire la critique de l’économie. Et nous devons en prendre acte. L’important c’est que ça ne tourne plus ! La dégradation due aux activités humaines a un impact négatif sur le bien-être d’au moins 3,2 milliards de personnes et a poussé la planète dans une sixième extinction de masse des espèces. Environ 41 % des amphibiens et plus d’un quart des mammifères sont menacés d’extinction à court-terme. Les populations de poissons, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles ont diminué de 60 % depuis 1970. 90 % des grands mammifères marins ont déjà disparu. Sans parler des insectes ou encore des plantes… Le capitalisme extermine 26 000 espèces par an (Campagne, 2017 ; CDP Report, 2017 ; Scholes et. al., 2018). Ces espèces ne reviendront pas. Notre écosystème n’est pas remplaçable. Il n’est pas à notre disposition. Ce n’est pas une simple ressource. Nous pouvons et nous devons stopper ce massacre. Abolissons la hiérarchie.

Guillaume Deloison – 2021

RÉFÉRENCES :

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Lorenz, D. (2021). De la censure au blockbuster. Étude culturelle des comics de super-héros en France. https://www.theses.fr/s115801

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Menneteau, P. (2009). David Hume et l’essor du modèle scientifique au XVIIIe siècle dans les Dialogues sur la religion naturelle. Études écossaises. mis en ligne le 30 avril 2010, consulté le 04 août 2019. https://journals.openedition.org/etudesecossaises/185

Ruby, C. (2011). L’expérience du spectateur, dans le programme « esthétique » humien. Le Philosophoire, 36(2), 179-206. doi : 10.3917/phoir.036.0179. https://www.cairn.info/revue-le-philosophoire-2011-2-page-179.htm

Sagaut P. (2008-2009). Introduction à la pensée scientifique moderne. Université Pierre et Marie Curie – Paris 6. https://www.lmm.jussieu.fr/~sagaut/epistemologie-v14.pdf

Sapolsky, R.(2004). Social Status and Health in Humans and Other Animals. Annu. Rev. Anthropol. 33. 393-418. 10.1146/annurev.anthro.33.070203.144000. https://www.researchgate.net/publication/228982398_Social_Status_and_Health_in_Humans_and_Other_Animals

Schatz, A. (1902). L’oeuvre économique de David Hume. Paris. https://philotra.pagesperso-orange.fr/schatz_oeuvre_eco_hume.htm

Schliesser, E., Demeter, T. (2020). Hume’s Newtonianism and Anti-Newtonianism. https://plato.stanford.edu/entries/hume-newton/

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+Plus :

Ferrand, J. (2011, 1 mai) La généalogie de l’utilitarisme européen. Revue d’études benthamiennes. consulté le 04 août 2019. https://journals.openedition.org/etudes-benthamiennes/292 ; doi : 10.4000/etudes-benthamiennes.292

Blitman, D. (2010) Chomsky et l’empirisme : de la critique de l’empirisme au sens de l’innéisme et du rationalisme chomskyens. Histoire Épistémologie Langage. p. 139-167 : https://www.persee.fr/doc/hel_0750-8069_2010_num_32_1_3295

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La Théorie de la Dominance Sociale et la Dynamique des Relations Intergroupes : Bilan et perspectives


Avec cette lecture du texte de Pratto, Sidanius et Levin (2006), je vous propose de découvrir un ensemble de recherche très important en psychologie sociale. Héritage des recherches commencées dans la première moitié du 20ᵉ siècle, la Théorie de la Dominance Sociale est aujourd’hui incontournable.

« Ce chapitre passe en revue les 15 dernières années de recherche inspirée par la théorie de la dominance sociale, une théorie générale de l’inégalité sociale basée sur les groupes. Ce faisant, nous esquissons les grandes lignes de la théorie et discutons de certaines des controverses qui l’entourent, telles que l’« hypothèse d’invariance » concernant les différences de genre dans l’orientation à la dominance sociale (ODS) et l’effet du contexte social sur l’expression de l’ODS. Nous discutons également du rôle central du genre dans la construction et le maintien de l’inégalité des groupes sociaux et passons en revue certaines des nouvelles recherches inspirées par la perspective de la théorie de la dominance sociale. Enfin, nous identifions et discutons certaines des questions théoriques les plus importantes posées par la théorie de la dominance sociale qui n’ont pas encore fait l’objet de recherches. »

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RÉALITÉ


RÉALITÉ est une lecture du texte de Mario Bunge (1993) Réalisme et Anti-Réalisme dans les Sciences Sociales. Cette lecture est entrecoupée d’une conversation avec mon amie Aurèle Decht sur la place du réalisme dans la lutte contre toute hiérarchie. La lecture donne des éléments de réflexion et la discussion illustre un vrai cheminement soulevant différentes thématiques. S’ouvre alors une réflexion mêlant philosophie, science, morale et politique.

Après les abominations du 20e siècle, et l’extermination de la moitié des espèces sur terre durant les dernières décennies, certain se donne des aires rebelles à critiquer la science et à la caricaturer comme la nouvelle religion. Des concepts comme l’objectivité, la vérité ou encore la réalité serait ringard et le summum de la modernité serait d’être ouvert à la spiritualité pour ne pas dire au mysticisme. Ainsi depuis les années 60 certains sociologues dans l’air du temps recycle certaines épistémologies hostiles aux sciences : le subjectivisme, le conventionnalisme, le fictionnisme, le constructivisme social, le relativisme et l’herméneutique. Bunge critique ces approches et explique que toute activité scientifique adopte une épistémologie réaliste, même tacitement. En parallèle nous développons au cours de notre discussion avec Aurèle Decht, pourquoi toute perspective égalitariste et anarchiste devrait endosser un réalisme scientifique.

Il ne s’agit évidemment pas de promouvoir une perspective autoritaire et élitiste des sciences comme tour d’ivoire délivrant ses connaissances à la plèbe. La science avance avec la critique. C’est d’ailleurs bien triste de devoir le rappeler car il est vrai que la critique n’est plus immédiatement associé à la science. Et même si ce n’est pas le sujet de la vidéo, il faudrait effectivement développer sur cet état de fait qui n’est pas dépourvue de sens à une époque ou la majeure partie des scientifiques a abandonné le registre de l’insubordination.

Mario Augusto Bunge, (1919-2020) est un physicien et philosophe argentin. Son œuvre philosophique s’inscrit dans la pensée matérialiste, et plus précisément dans le courant évolutionniste du matérialisme scientifique. Il s’opposait au régime militaire du Groupe d’officiers unis, et considérait que « la guerre contre le fascisme impliquait le combat philosophique contre l’irrationalisme. »

Si vous préférez vous pouvez directement lire le PDF du texte de Mario Bunge :
Bunge, M. (1993). Réalisme et Anti-réalisme dans les Sciences Sociales. Theory and decision

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A CERCLÉ 05/20


Troisième numéro de ce cercle de discussion avec Alexandre, anarchiste qui vient de lancer sa chaine Rationaliste Matérialiste, Cécile et Gaspard, communistes libertaires. On y parle de femme anarchiste, de science, d’éducation et de plein d’autre trucs

La chaine Rationaliste Matérialiste :
https://www.youtube.com/channel/UCIKREu4XyoPTLPJWDRXs98g

Duckitt, John & Sibley, Chris. (2010). Personality, Ideology, Prejudice, and Politics: A Dual-Process Motivational Model. Journal of personality. 78.
https://www.researchgate.net/publication/47642855_Personality_Ideology_Prejudice_and_Politics_A_Dual-Process_Motivational_Model

Les enfants, victimes invisibles du confinement :
https://www.facebook.com/UnionCommunisteLibertaire/posts/3814503175289693

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CONTRE LES PSEUDO-ECOLOGIES D’EXTRÊME DROITE


 

L’extrême droite se définit comme un ensemble de courants politiques œuvrant à accentuer la hiérarchie sociale. Iels s’accordent sur une vision du monde autoritaire mais la place de la nature dans leur discours change selon les situations politiques. Aujourd’hui, quelle place prend la nature dans leurs discours pseudo-écologistes ? Quel horizon écologique leur opposer ? Lire la suite

A CERCLÉ 04/20


Second numero de ce cercle de discussion avec Nada qui vient de sortir son album et Rim Mava militant·e anarchocommuniste.

Nada : https://nadamusic.bandcamp.com/

RÉFÉRENCES (dans l’ordre chronologique énnoncé):
Générateur de nom de parti politique :
https://atelier.leparisien.fr/widgets/pages/generateur/partispolitiques.html
Viciss Hackso (2017). [F1] Espèce de facho ! Études sur la personnalité autoritaire
https://www.hacking-social.com/2017/01/16/f1-espece-de-facho-etudes-sur-la-personnalite-autoritaire/
Viciss Hackso (2019). [MQC] Le potentiel fasciste, l’autoritaire et le dominateur.
https://www.hacking-social.com/2019/09/02/mcq-le-potentiel-fasciste-lautoritaire-et-le-dominateur/
Sortir du capitalisme (2020). Validisme et darwinisme social à l’ère du coronavirus
http://sortirducapitalisme.fr/emissions/310-validisme-et-darwinisme-social-a-l-ere-du-coronavirus
Brigades de Solidarité Populaire :
https://www.facebook.com/BrigadesSolidaritePopulaire/
Covid Entraide :
https://covid-entraide.fr/
Greve des Loyers:
https://grevedesloyers.info/
Appel à la solidarité pour aider les TDS les plus précariséEs par le Virus Covid-19.
https://www.leetchi.com/c/aider-les-tds-face-au-covid19
fond d’action sociale trans :
https://www.helloasso.com/associations/acceptess-t/formulaires/2/
Faire un don à 2MSG MIGRATIONS, MINORITÉS SEXUELLES ET DE GENRE :
https://www.helloasso.com/associations/2msg-migrations-minorites-sexuelles-et-de-genre/formulaires/1
Prisonniers: les grands oubliés du confinement – Interview avec Guillaume Deloison
https://blogs.mediapart.fr/desobeissance-ecolo-paris/blog/290320/prisonniers-les-grands-oublies-du-confinement-interview-avec-guillaume-deloison
Étude sur le confinement:
https://ecostudies.frama.site/
Générateur de texte appelo :
http://iqvator.atwebpages.com/
Lundi Matin et son virus bourgeois :
https://blogs.mediapart.fr/merome-jardin/blog/220320/lundi-matin-et-son-virus-bourgeois

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PSYCHANALYSE / SCIENCE & ANARCHISME


Avec Armaruak et Reflexion Faite on parle de psychanalyse. Après avoir critiqué le bien-fondé scientifique de ce courant, nous élargirons la réflexion sur la place que prend la psychanalyse à gauche de l’échiquier politique et notamment avec les théories marxistes. Il sera aussi par la suite question de notre rapport à la science en tant qu’anarchiste.

Armaruak : https://twitter.com/armaruak
Reflexion Faite : https://www.youtube.com/channel/UCb4GwqOR5bIUHpvDS_UOC1A

RÉFÉRENCES :
Arte. (2018). Propaganda, la fabrique du consentement.
Bakounine, M. (1882). Dieu et l’état. https://www.youtube.com/watch?v=Jc4IWUfua9g
Bakshi, R., Czarnecki, D., Shaikh, Z. A., Priore, R. L., Janardhan, V., Kaliszky, Z., Kinkel, P. R.(2000). Brain MRI lesions and atrophy are related to depression in multiple sclerosis. NeuroReport. 11. 6. p 1153-1158 https://journals.lww.com/neuroreport/Abstract/2000/04270/Brain_MRI_lesions_and_atrophy_are_related_to.3.aspx
Bunge, M. (1981). Le matérialisme Scientifique. Syllepse.
Bouveresse, J. (1999). Prodiges et vertiges de l’analogie. éd. Raisons d’agir.
Catherine Meyer – Le livre noir de la psychanalyse
Depardon, R. (2017).12 jours.
Kling, A. S., Metter, E. J., Riege, W. H., & Kuhl, D. E. (1986). Comparison of PET measurement of local brain glucose metabolism and CAT measurement of brain atrophy in chronic schizophrenia and depression. The American Journal of Psychiatry, 143(2), 175–180. https://psycnet.apa.org/record/1986-17378-001
Le phallus et le néant. https://lephallusetleneant.com/
Pálsson, S., Aevarsson, Ó, & Skoog, I. (1999). Depression, cerebral atrophy, cognitive performance and incidence of dementia: Population study of 85-year-olds. British Journal of Psychiatry, 174(3), 249-253. doi:10.1192/bjp.174.3.249 https://www.cambridge.org/core/journals/the-british-journal-of-psychiatry/article/depression-cerebral-atrophy-cognitive-performance-and-incidence-of-dementia/C6F4A5A049AB93C3393ACC2F107A6D3C
Ponce, C. & Arellano Hernández, A. (2015). Articulation science et société : un guide méthodologique pour les étues sociales des sciences et technologies: À propos de Dominique VINCK (2015). Ciencias y sociedad. Sociología del trabajo científico. Barcelona, Gedisa. Revue d’anthropologie des connaissances, vol. 9, 4(4), 503-511. doi:10.3917/rac.029.0503. https://www.cairn.info/revue-anthropologie-des-connaissances-2015-4-page-503.htm
Robert, S. (2014). Les déconvertis de la psychanalyse. Dragonbleu TV. https://www.youtube.com/watch?v=LgD9I31JD30
Robert, S. (2019). Hold up sur la psychologie. https://www.youtube.com/watch?v=uHKxxjB3kps
Robert, S. (2019). Le mur : l’autisme à l’épreuve de la psychanalyse. Dragon Bleu TV. https://www.youtube.com/watch?v=PS2dlJh5U60
Sapolsky, R. M. (2005). The influence of social hierarchy on primate health. Science. 308. https://pdfs.semanticscholar.org/7536/e80f645c536ba6445be569ecec8b8e68dcad.pdf
Sapolsky, R. B. (2004). Social Status and Health in Humans and Other Animals. https://www.researchgate.net/publication/228982398_Social_Status_and_Health_in_Humans_and_Other_Animals
Sidanius, J., & Pratto, F. (1999). Social Dominance: An Intergroup Theory of Social Hierarchy and Oppression. Cambridge: Cambridge University Press. doi:10.1017/CBO9781139175043
Zététique :
Hygiéne Mentale https://www.youtube.com/user/fauxsceptique
Esprit critique https://www.youtube.com/channel/UC0yPCUmdMZIGtnxSnx5_ifA
Le CorteX https://cortecs.org/

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PHILOSOPHER – VOLTAIRE


« L’esprit d’une nation réside toujours dans le petit nombre, qui fait travailler le grand, est nourri par lui, et le gouverne. Certainement cet esprit de la nation chinoise est le plus ancien monument de la raison qui soit sur la terre » – Voltaire. (1756). Essai sur les mœurs et l’esprit des nations

François-Marie Arouet, dit Voltaire, naît le 21 novembre 1694 à Paris. Il meurt dans la même ville le 30 mai 1778 à 83 ans. C’est un écrivain et philosophe français. Représentant le plus connu de la philosophie des Lumières, anglomane, Voltaire est féru d’arts et de sciences. Il est en faveur d’une monarchie libérale, éclairée par les philosophes. Son œuvre littéraire est riche et variée. Par sa production théâtrale importante, ses longs poèmes épiques, telle La Henriade, et ses œuvres historiques, il est l’un des écrivains français les plus célèbres du 18e siècle (« Voltaire », 2019).

Voltaire n’est qu’une sale merde. C’est facile de jouer les rebelles quand on n’est qu’un bouffon de grande renommée. Je le hais car il fait de la liberté et de la raison des inepties mutilantes. Attaquons radicalement ses conceptions d’une rageante actualité. C’est l’autorité sous un masque hypocrite. Lire la suite

PHILOSOPHER – DIDEROT


« À qui, barbares, ferez-vous croire qu’un homme peut être la propriété des souverains ; un fils, la propriété d’un père ; une femme, la propriété d’un mari ; un domestique, la propriété d’un maître ; un nègre, la propriété d’un colon ? » – Diderot. (1770). L’histoire des Deux Indes

Denis Diderot, naît le 5 octobre 1713 à Langres et meurt le 31 juillet 1784 à Paris. C’est un écrivain, philosophe et encyclopédiste français des Lumières. Il est romancier, dramaturge, conteur, essayiste, dialoguiste, critique d’art, critique littéraire et traducteur. Il pose les bases du drame bourgeois au théâtre, révolutionne le roman avec Jacques le fataliste et participe au développement de la critique dans ses Salons. De plus, il supervise la rédaction d’un des ouvrages les plus marquants de son siècle : la célèbre Encyclopédie. Il vit sous la menace de la répression. En 1749, Il fit 3 mois de prison au château de Vincennes. Diderot préfère alors fonder ses espoirs dans la publication posthume de certains de ses textes. Ce n’est qu’à la fin du 19e siècle que son travail accède effectivement à la postérité. (« Denis Diderot », 2019).

J’ai beaucoup de tendresse pour Diderot. Il démontre une force et une détermination sublime. Face à son œuvre, je me sens son ami. Je partage ses douleurs ; celles qu’impliquent la lutte pour la liberté. J’écris ces lignes en son honneur. Étudions la fécondité de sa philosophie sans l’idéaliser. Cela lui aurait plu. Lire la suite

Révolutions, contre-révolutions et guerres de l’Algérie à l’Iran et de Syrie au Yémen (2011-2019)


Une discussion de Guillaume Deloison et d’Armand Paris de Sortir du capitalisme autour des révolutions, des contre-révolutions et des guerres de l’Algérie à l’Iran et de Syrie au Yémen des premiers « Printemps arabes » à nos jours.

L’émission comporte :

Une définition des caractéristiques communes de l’espace allant de l’Algérie à l’Iran et de la Syrie au Yémen, aux racines des soulèvements de cette région : héritage colonial ou semi-colonial, sous-industrialisation, prédominance du capitalisme d’Etat et rentier (hydrocarbures, construction, tourisme), dépendance aux importations, à l’envoi d’argent des diasporas et aux institutions internationales (FMI), chômage et travail informel massifs, fortes inégalités ;

Une description du cycle révolutionnaire et contre-révolutionnaire en Egypte (2011-2013) et de ses composantes : prolétariat urbain, prolétariat industriel, classes moyennes, commandement militaire, président et ses proches, classe politique, capitalistes de connivence, capitalistes indépendants ;

Une analyse du rôle contre-révolutionnaire des impérialismes régionaux et internationaux depuis 2011 ;

Une critique du conspirationnisme d’Etat et de gauche « anti-impérialiste » et des lectures orientalistes des soulèvements et des conflits, vus sous un prisme confessionnaliste, ethniciste, romantique révolutionnaire, sécuritaire ou encore islamophobes ;

Une analyse des positions de l’extrême-droite soralienne et des rouges-bruns vis-à-vis des soulèvements ;

Une évaluation critique des réalisations du PYD au Rojava ;

Une discussion des luttes et des problèmes écologiques (correctif à ce sujet), des gauches et des perspectives politiques dans cette région du monde ;

Une analyse des causes de l’échec des modernisations de rattrapage « socialistes » des années 1960-1970 en Égypte, en Syrie, en Irak et en Algérie ;

Une description des modalités d’intégration au capitalisme mondial des pays de cette région du monde ;

Une analyse de Daech comme un État de milices rebelles islamistes armées plutôt que comme fasciste, et de l’islamisme comme mouvement d’opposition néo-conservateur, interclassiste, hégémonique face à un nationalisme arabe en crise de légitimité, et promoteur d’un dépassement illusoire des difficultés socio-économiques au travers d’un capitalisme pieux, donc « vertueux », « moral » et charitable ;

Une conclusion sous forme d’un bilan des révolutions et des contre-révolutions, avec des perspectives au sujet de l’évolution politique future de cette région.

Émission sur le site Sortir du capitalisme avec ses sources :
http://sortirducapitalisme.fr/emissions/304-revolutions-contre-revolutions-et-guerres-de-l-algerie-a-l-iran-et-de-syrie-au-yemen-2011-2019

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GUILLEMET N°2


Cette fois on s’intéresse à:
Bolo’ Bolo’ – P.M.
La brochure de the anarchist library – La société contre l’État de Pierre Clastres
Liberté et déterminisme : un point de vue neurobiologique est il possible ? – Delphine Blitman

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PHILOSOPHER – MARX


« Pour nous, le communisme n’est pas un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel des choses. » Karl Marx.

Karl Marx, naît le 5 mai 1818 à Trêves en Rhénanie et meurt le 14 mars 1883 à Londres. Il est historien, journaliste, philosophe, sociologue, économiste, essayiste, théoricien de la révolution, socialiste et communiste. Connu pour sa conception matérialiste de l’histoire, sa description des rouages du capitalisme, et pour son activité révolutionnaire au sein du mouvement ouvrier, il a notamment participé à l’Association internationale des travailleurs. Marx a eu une grande influence sur le développement ultérieur des sciences humaines et sociales. Ses travaux ont influencé de façon considérable le XXe siècle, au cours duquel de nombreux mouvements révolutionnaires se sont réclamés de sa pensée.

Marx a été déterminant dans l’évolution de ma pensée. Ces réflexions critiques hantent nombre de mes écrits. Mais la plupart des Marxistes m’agacent. J’ai sûrement plus lu de commentaires de ces textes que sa propre prose. Ses édifices théoriques sont bien souvent tenus plus par son nom que par les faits. Marx répugnerait le marxisme, c’est certain. Il faut le critiquer, il faut le dépasser et faire de son matérialisme, plus qu’une posture. Vivifions sa pensée.

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GUILLEMET N°1


Nouveau format assez simple. Je vous partage mes lectures du moment :
Mona Chollet – Sorcières
Noam Chomsky – Raison et liberté
Guide du jardinage biologique
Marc Silberstein – Matériaux philosophique et scientifique pour un matérialisme contemporain

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LIVE SUR LE NEW AGE


Live avec Jessy sur le thème du new age et ses rapports avec la politique. On aborde les traces de cette idéologie dans différents courants politiques de l’extrême gauche à l’extrême droite en passant par la gauche et la droite. Pseudo-science, développement personnel, pratique sectaire, on aborde ici quelque éléments pour une critique radicale.

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ANTIFASCISTE – Révolutionnaire ou rien


ANTIFASCISTE

– RÉVOLUTIONNAIRE OU RIEN –

« Cinq juin 2013, le jeune syndicaliste antifasciste Clément Méric meurt sous les coups d’Esteban Morillo, sympathisant de Troisième voie. Tout au long du procès aux assises, début septembre 2018, le Comité pour Clément organise de nombreux événements dont un meeting, le 8, à la Bourse du travail de Paris. Les rangs étaient clairsemés, à l’heure où les gouvernements d’Europe ouvrent leur portes à l’extrême droite en tolérant génération identitaire dans les alpes, à l’heure où des occupations d’universités (Montpellier, Lille, Strasbourg, Angers, Tolbiac…) sont évacuées par des groupuscules fascistes, où le lycée autogéré de Paris est attaqué, où le groupuscule Action des forces opérationnelles prévoit des attentats, où des êtres humains sont chassés par des néonazis à Chemnitz, et sans parler de la confusion et du nationalisme des gilets jaunes.. Les thèmes de l’extrême droite structurent tout le débat public. Les groupes antifascistes peinent à mobiliser. Le combat antifasciste est relégué alors qu’il a toutes les raisons d’être central. »

Fascisme : Restructuration autoritaire d’un capitalisme en crise. Cette définition nous est offerte par le triptyque brossé par Emilio Gentile dans Qu’est-ce que le fascisme ? Histoire et interprétation : « l’essence totalitaire du fascisme » est articulée autour de ses trois dimensions constitutives : l’organisation (mouvement de masse où prévalent des jeunes organisés en parti milice et fondant son identité sur le sens de la camaraderie et une volonté de destruction de la démocratie parlementaire), la culture (mythique, identitaire et excluante, anti-égalitaire et hierarchique) et les institutions (appareil policier, parti unique, symbiose entre le parti et l’État, corporatisme économique, esprit impérialiste) ». C’est une base solide pour expliciter le combat antifasciste.

J’ai découvert l’antifascisme et sa force théorique à nuit debout. Cette lutte m’a sorti d’un marasme subjectiviste et m’a appris ce que signifie politiquement la solidarité. l’antifascisme m’a appris à discerner les monstres qui se cache dans le clair/obscur des illusions, des espoirs déchues et de la colère. J’ai appris à regarder de face l’horreur de ce monde et sa banalité, la souffrance et la douleur qu’il a produit et tend à produire encore, et ce que le combattre implique, dans sa chair, dans son cœur, dans ses relations. Il y a bien pire que la violence, son injustice continue. Dans la situation actuel d’effondrement la lutte antifasciste est criante d’actualité et aucune révolution ne saurait se passer de son expérience. Parce que lutter contre toute obéissance, contre toute autorité et ses ravages est une nécessité : Je suis antifasciste. Ne pas l’être c’est fermé les yeux sur la trajectoire abominable du capitalisme, c’est laisser crever les autres dans le confort de l’apathie.

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LIVE 16/02/19 Projet, Anti-autoritaire, Psychologie et dominance sociale


Salut, je sais plus à combien de live je suis mais bref ici je parle de mes futurs projets, notamment des causeries, des formes de live collectif qui pourront voir le jour quand j’aurais changé d’ordinateur (surement avant l’été, j’espère), la réduction de nombre de vidéo plus formel comme à mon habitudes pour des raisons d’autres projet perso et de découverte théorique qui me prennent du temps, et aussi par envie de beaucoup plus travailler mes vidéos à l’avenir. Découverte théorique dont je vous partage quelques lignes pendant la suite du live notamment en abordant les recherches en psychologie sociales de Sherif et sa théorie du conflit réaliste, Tajfel et turner et la théorie de l’identifié sociale que l’on retrouve dans la théorie de la dominance sociales de Sidanius et pratto

Source:
Manifeste des chômeurs heureux:
https://inventin.lautre.net/livres/Le-manifeste-des-chomeurs-heureux.pdf
https://agitationautonome.com
http://sortirducapitalisme.fr/
Théorie de la dominance sociale:
http://www.prejuges-stereotypes.net/espaceDocumentaire/dambrunTDS.pdf
+Cadeau:
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01769505/document

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CLASSE – GENRE : PLUS QU’UNE INTERSECTION


Au cours de leur vie, une femme sur sept (14,5 %) et un homme sur vingt-cinq (3,9 %) déclarent avoir vécu au moins une forme d’agression sexuelle (hors harcèlement et exhibitionnisme). Les femmes sont 6 fois plus souvent victimes de viol ou de tentative de viol que les hommes. Les violences sexuelles que subissent les femmes sont non seulement beaucoup plus fréquentes, mais elles se produisent dans tous les espaces de vie et tout au long de la vie. Pour quasiment toutes les violences sexuelles subies par les femmes, les auteurs sont des hommes (entre 94 et 98 % des cas). Dans 90% des cas, les victimes connaissent leur agresseur. Dans 37% des cas l’auteur est le conjoint, dans 17% des cas c’est quelqu’un d’autre qui vit à la maison. Dans 36% des cas c’est une personne connue de la victime, mais qui n’habite pas avec elle.

Andrea Dworkin écrivait en 1983 : « Nous utilisons les statistiques non pour essayer de quantifier les blessures, mais pour simplement convaincre le monde qu’elles existent bel et bien. Ces statistiques ne sont pas des abstractions. » Les choses ne changent pas et, en 2018, nous passons encore un temps infini, à tenter de convaincre que les violences sexuelles existent. Les statistiques ne suffisent pas, les témoignages ne suffisent pas, les analyses ne suffisent pas ; j’en viens à penser que seule la parole des violeurs pourrait convaincre que nous ne mentons pas, nous n’exagérons pas, nous n’en rajoutons pas. Je cherche encore, au vu de ce qui attend les femmes qui parlent des violences de genre qu’elles peuvent subir, quel intérêt elle aurais à le faire.

Malgré qu’on ai fait de moi un homme, qu’on m’ai appris à m’affirmer, à couper la parole, qu’on m’emploie plus volontiers, que je peux me déplacer dans la rue sans avoir peur et bien d’autres choses encore, malgré que je profite de ce statut, j’en veux la fin, je veux que cela cesse. Ce statut n’est que le reflet d’une hiérarchie sociale effroyable. Dans cette société, chaque plaisir a le goût du sang et l’amertume de la douleur. Je veux la fin de toute hiérarchie car toute cette souffrance est insoutenable, injuste et cruelle, je pleure de voir mes amies, ceux que j’aime, ou simplement des innocentes souffrir de cette hiérarchie sociale mutilante et meurtrière. Je suis anarchiste et je ne serais libre que lorsque toutes et tous nous le serons. Lire la suite

Live 27/11 Confusion et Révolution


Ce soir on parle gilet jaune, confusionnisme et et révolution entendu comme abolition de toute hiérarchie et du travail

Dans la premiére demi heure je donne des élèments d’analyse des gilets jaunes pour ensuite analyser une vidéo « confusioniste » et la critiquer point par point en contraste avec une critique radical du travail et des hiérarchies

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CRITIQUE-CEPTION


CRITIQUE-CEPTION

critique de la critique de la critique

Le texte qui va servir de point de départ à notre réflexion sur les déterminations sociales de la critique est de Elsa Rambaud, « La petite critique, la grande et la révolution ». Pour une acception non normative de la critique», issu de la Revue française de science politique publié en 2017. Dans ce texte, Rambaud remet en question la définition de la critique en analysant le bien fondé de ses critères d’acception. Après avoir relativisé les critères d’émancipation et de révolution lié à la critique, l’auteure nous invite à pratiquer une étude non-normative de la critique

Nous allons, dans un premier temps, reconstitué l’argumentation de l’auteure, avant d’ouvrir à une réflexion critique sur sa posture théorique.

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CONTRE LA GAUCHE DU CAPITAL


CONTRE LA GAUCHE DU CAPITAL

L’idée de révolution semble s’être dissoute en l’air, de même que toute critique radicale du capitalisme. Bien sûr, on admet généralement qu’il y aurait de nombreux détails à changer dans l’ordre du monde. Mais sortir du capitalisme tout court ? Et pour le remplacer par quoi ? Qui pose cette question risque de passer soit pour un nostalgique des totalitarismes du passé, soit pour un rêveur naïf. Mais au regard de notre situation écologique et sociale il est bien nécessaire de porter une critique radicale du capitalisme, de mettre à nu son caractère destructeur, et en même temps historiquement limité.

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CLASSE / RACE : FAUX DILEMME, VRAI PROBLÈME


CLASSE / RACE : FAUX DILEMME, VRAI PROBLÈME

Pour certain le racisme n’a jamais ségrégué les personnes en « communautés distinctes », il faut « l’action d’individus » plus ou moins malintentionnés vis-à-vis de la lutte de classe, de la classe ouvrière et ses institutions pour que tels malheurs arrivent, pour que la lutte des classes soit effacé par la lutte des races.

Comme s’il n’y avait pas eu d’ « affaires du foulard », de déclarations gouvernementales lors des grèves de l’automobile au début des années 1980, de débats sur la construction de mosquées et des menus de substitution dans les cantines scolaires, de tapages médiatiques autour des perquisitions administratives et des assignations à résidence, comme si la « double peine » et l’inflation du soupçon administratif à chaque étape de la vie quotidienne n’existé pas, comme si personne n’aurait entendu parler de l’effondrement des « Twin Towers » sans les xénophobes et les xénophiles, sans qui également le massacre du Bataclan serait sans doute resté « confidentiel ».

Mais pourquoi le « bouc émissaire » est-il devenu « musulman » et n’est pas resté « arabe », « travailleur immigré » ou « immigré » tout court ? La « décomposition du mouvement ouvrier » est un facteur objectif bien général et bien antérieur à la fabrication du musulman comme marqueur racial. Les causes de la « culturalisation » de l’immigré et de sa descendance puis la confessionnalisation de cette « culturalisation » sont des processus réels de la crise et de la restructuration des années 1970 aux années 1980, le regroupement familial, les « deuxième et troisième générations » pour exemple… étudions ces processus. Lire la suite

CRITIQUE DE LA DEMOCRATIE


CRITIQUE DE LA DEMOCRATIE

Depuis une trentaine d’années en France, toute la conflictualité sociale paraît devoir s’exprimer à travers les luttes de la fonction publique, par le biais de grandes grèves orchestrées par les syndicats, dans ce qu’on appelle des mouvements sociaux. La plupart de ces mouvements ont eu pour enjeu de s’opposer à une réforme touchant le service public, ou la gestion par l’Etat de différents éléments ayant trait à la reproduction globale de la force de travail (assurance chômage, sécurité sociale, retraites, etc.) Dans ces luttes c’est affirmé un citoyenisme qui entend faire de la democratie, le moyen indépassable du changement social.

La « démocratie représentative », c’est-à-dire l’État capitaliste parlementaire, n’a plus de légitimité chez une part grandissante des gens, d’où un engouement toujours plus fort des déçu-e-s pour un mot d’ordre, celui de « démocratie directe ». Le mot d’ordre de « démocratie directe » peut être effectivement une étape vers une critique émancipatrice des hiérarchies et de l’État, et témoigne assez souvent d’une authentique volonté d’égalité réelle ( quoi que pas toujours, l’extrême-droite s’en servant de plus en plus comme cheval de Troie de diffusion de ses idées). Les « assemblées générales » (AG), sont souvent nécessaires dans une lutte, mais leurs répétition et leur mystification comme incarnation de la democratie est elle un moyen de lutte émancipateur, cette forme de democratie est elle même un horizon souhaitable ? Lire la suite

COMBAT AVEC BOURDIEU, CA TOURNE MAL!! [CRITIQUE DE LA SOCIOLOGIE]


Pierre Bourdieu, dans l’œuvre « Questions de sociologie » s’intéresse aux processus même des sciences. Selon l’auteur ce qui circule entre les chercheurs et les non-spécialistes, ou même entre une science et les spécialistes des autres sciences, ce sont, au mieux, les résultats, mais jamais les opérations. On n’entre jamais dans les cuisines de la science. Ce sont donc ces secrets de métier, ces recettes de fabrication, ces tours de main, que Pierre Bourdieu tente de livrer dans cette œuvre. Il y développe particulièrement tout un passage sur la place de la sociologie dans la société. C’est cette extrait qui va nous intéresser. Bourdieu aborde plusieurs notion et opère des distinctions précises lui permettant d’ancrer sa position dans un débat que l’on peut qualifier d’historique : La place de la science, du savoir, dans la société. A partir de cette extrait nous ferons la critique de la sociologie avec des auteurs comme Weber, Lukacs et Marx.

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LECTURE #3 : Qu’est-ce que l’écologie sociale ? – Murray Bookchin


LECTURE #3 : Qu’est-ce que l’écologie sociale ? – Murray Bookchin

 

 
L’écologie sociale appréhende notre société comme un ensemble liés et divers. En étendant le concept d’écologie au social, Murray Bookchin en fait un outil déterminant pour analyser les rapports de dominations de notre modernité capitaliste. Comme arme théorique, l’écologie sociale permet, de plus, de déployer une société libérée de toute autorité, de toute domination.
 
Largement méconnue en France, Murray Bookchin est un auteur libertaire fondamental de notre époque qui a déjà influencé de nombreuses luttes à l’internationale.
 

Cette vidéo est une lecture d’une grande partie du livre auquel j’ai recoupé quelques parties pour réduire la durée de la vidéo

Vous pouvez trouver l’œuvre complète ici :
https://inventin.lautre.net/livres/Bookchin-qu-est-ce-que-l-ecologie-sociale.pdf

 
 

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LECTURE 2#| Complet/ Autonomie individuelle et force collective – Alexandre Skirda


LECTURE 2#| Autonomie individuelle et force collective – Alexandre skirda

Lecture de « Autonomie individuelle et force collective.
Les anarchistes et l’organisation. » d’Alexandre Skirda

20 étapes déterminantes dans l’histoire de l’anarchisme depuis ses origines jusqu’à 1968. Les pensées de grands noms anarchistes sont étudiées comme Bakounine, Kropotkine, Malatesta, Pouget, Makhno mais aussi Proudhon, Stirner, Voline, et bien d’autres. De la propagande par le fait, à l’action directe syndicaliste, les grands concepts anarchistes sont étudiés au regard de l’histoire et de leurs spécificités organisationnelles. Comment constituer un mouvement anarchiste souple et puissant, c’est à cette question que l’histoire nous apporte des éléments de réponses.

Cette adaptation a été réalisée en recoupant certaine partie au texte d’origine pour des questions de longueur, l’œuvre complète est ici:
https://fr.scribd.com/document/53691656/Autonomie-Individuelle-et-Force-Colletive-Les-anarchistes-et-l-organisation-de-Proudhon-a-nos-jours

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LECTURE 2#| 20/20: Se donner les moyens de ses fins


LECTURE 2#| 20/20: Se donner les moyens de ses fins

Lecture de « Autonomie individuelle et force collective.
Les anarchistes et l’organisation. » d’Alexandre Skirda

Vingtième partie sous forme de conclusion. Nous avons étudié l’histoire du mouvement anarchiste en France, Espagne et Russie. Nous avons appris beaucoup et il s’agit maintenant de s’organiser, fort de cette expérience passée. L’anarchisme social au sens large a ouvert la voie à des pratiques émancipatrices, elle a était l’expérimentation la plus authentique d’abolition de la société de classe. Il s’agit aujourd’hui de lui redonner sa place dans l’histoire pour relever les défis écologiques de notre temps

Cette adaptation a été réalisée en recoupant certaine partie au texte d’origine pour des questions de longueur, l’œuvre complète est ici :
https://fr.scribd.com/document/53691656/Autonomie-Individuelle-et-Force-Colletive-Les-anarchistes-et-l-organisation-de-Proudhon-a-nos-jours

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LECTURE 2#| 19/20: La sortie du tunnel : mai 1968


LECTURE 2#| 19/20: La sortie du tunnel : mai 1968

Lecture de « Autonomie individuelle et force collective.
Les anarchistes et l’organisation. » d’Alexandre Skirda

Dix-neuvième partie sur un retour en force de l’anarchisme. Le mai 68 français voit le retour des drapeaux noir, du lyrisme révolutionnaire. La critique de la vie quotidienne semble ouvrir les champs du possible. Malheureusement le mouvement anarchiste passera dans cet évènement comme un ectoplasme. La Fédération Anarchiste possède maintenant des bons moyens de propagande, espérons et construisons un mouvement libertaire puissant.

Cette adaptation a été réalisée en recoupant certaine partie au texte d’origine pour des questions de longueur, l’œuvre complète est ici :
https://fr.scribd.com/document/53691656/Autonomie-Individuelle-et-Force-Colletive-Les-anarchistes-et-l-organisation-de-Proudhon-a-nos-jours

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LECTURE 2#| 18/20: L’OPB et la FCL (Fédération Communiste Libertaire)


LECTURE 2#| 18/20: L’OPB et la FCL (Fédération Communiste Libertaire)

Lecture de « Autonomie individuelle et force collective.
Les anarchistes et l’organisation. » d’Alexandre Skirda

Dix-huitième partie sur une période peu connu de l’anarchisme. Après la seconde guerre mondiale une fédération anarchiste est fondé sous de bon auspices. Malheureusement l’organisation se désagrégera jusqu’à devenir des chapelles groupusculaires. Les anarchistes mènerons cependant une vrai lutte de classe, renouvelant leur pensée et s’impliquant contre le colonialisme français.

Cette adaptation a été réalisée en recoupant certaine partie au texte d’origine pour des questions de longueur, l’œuvre complète est ici:
https://fr.scribd.com/document/536916…

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LE TEMPS


LE TEMPS

LE TEMPS-01

« Le temps » prend toujours un S, car toujours il est divers. Pluie, vent, soleil, joie, ennui, le temps n’est jamais le même, il est toujours pluriel. Un jour, peut être, il perdra son S, lorsque ce temp abstrait, ce temp des horloges, toujours identique à lui-même, linéaire, monotone, dominera tout. Il n’y aura plus qu’un temp, celui de l’usine.

Guillaume Deloison

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LECTURE 2#| 11/20: Le congrès anarchiste international d’Amsterdam


LECTURE 2#| 11/20: Le congrès anarchiste international d’Amsterdam

Lecture de « Autonomie individuelle et force collective.
Les anarchistes et l’organisation. » d’Alexandre Skirda

Onzième partie sur un évènement important pour l’anarchisme. Le congrès international d’Amsterdam, 3 jours d’échanges qui fonderons pour l’anarchisme des principes fondamentaux qui incarne l’expérience accumulée du mouvement depuis des décennies. Auto-critique sur la dérive du bombisme, la problématique du syndicalisme et encore d’autres sujets.

Cette adaptation a été réalisée en recoupant certaine partie au texte d’origine pour des questions de longueur, l’œuvre complète est ici :
https://fr.scribd.com/document/536916…

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Sans chaines sera ma condition


sans chaine-01

Prose ou poésie contemplative?
Tableau des passions, ou réflexion collective
Empêcher la nécrose de nos pensées
ou du plus beau de notre monde,
se nourrir de riches allusions.
Détruire leur passive illusion.
Amener l’autre à explorer d’autre visions.

Le plus gloq c’est quand ces cons
s’auto-persuade, dans leur prétention
que c’est les autres qui le sont, cons.

… Les problématiques s’enchainent
La forme se fait plus systématique …

Les conclusions politiques martèlent notre soumission.
Informé par de stupides et basses émissions
Charmer la connerie humaine, leur seul ambition.

Gavé au rythme des chaines de télé,
cette homme moderne c’est oublié.
A l’artiste de le ressusciter,
créer les liens qui font l’humanité.
Rappeler que derrières ces images,
c’est simplement des hommes, et des femmes.

Déchainer les passions.
A jour notre sensibilité,
pour les ramener parmi les vivants.
De ceux qui vivent dans leur temps, dans l’instant.

…protéiforme, le texte tisse l’individuel et le collectif …

Oublier les problèmes passés.
Les horreurs télévisés,
les crimes médiatisés,
la violence des pensées normalisées.

Cette croissance, source d’inquiétude à venir
aujourd’hui utopie, toujours paradigme.
Idéologie qui nous regarde crever
pendant qu’ont feint de s’affronter,
sur de minable plateau de discussion.
Petite écran et cravates pour pensées partisanes,
plus que de la réflexion dictez nos opinions,
traitez vous de con, garder vos positions.
On est pas la pour la solution,
seulement pour entretenir votre vision…
« Le peuple est con »

…La plume respire,
lucide dans un soupire …

Entretenir ce que vous avez institué
la complaisance de la majorité
est le seul moyen, et la seul finalité.

Guillaume Deloison

Il s’agit donc de « vivre »


il s'agit de vivre-01

J’ai peur de ne pas assumer
la structure de pensée que je me suis créé.

Je n’ai pas peur de mourir
j’ai peur de ne pas vivre.

Comme je le voudrais,
comme je me suis pensé.

Me voir imposer des idées dépassées
me battre pour mes idées
surement jusqu’à en crever

Je ne veux pas avoir raison,
je veux la vérité.

Mais à quoi bon?!
Tout le monde s’en fout.
On est plus fier quand on est con.

Alors pourquoi je n’arrête pas tout,
rien à foutre d’être bon!

Pour changer le monde
il faut d’abord se changer soi-même.
Évident mais faux,
rien ne change.

Et si à la première des questions
en réponse à la substance, c’était rien…

Il s’agit donc de « vivre »…

De jouer des statues,
de faire l’enculer
pour mieux entuber
à ce qui parait ça permet de gagner,
c’est ce qui est recommandé,
c’est comme ça qu’on me l’a enseigné
à coup de stupidité qu’on est sensé s’approprier.
Vivre selon
la facilité d’idées,
d’esprit non-réfléchi.

C’est le suicide de mon humanité!
Rien à foutre de l’éthique,
je passe du statut d’homme
à celui de citoyen!
Mes années de scolarité
vont finir par me payer
un beau costume cintré.
Je veux participer
à notre enfermement dans la sécurité!
Je veux être surveillé!
Je veux pas pouvoir « quoté »
Je veux un cerveau étriqué…

Ah non, pardon!
Dans notre suicide social
on a interdit l’inspiration d’idées !
Dans un monde où l’important
est de se l’approprier

Guillaume Deloison.

Qui est ce Je?


Qui est ce Je?

Qui est-ce?
Cette homme dont l’ombre me suit?
Dont ses pas et les miens, résonnent d’un même bruit?

Cette homme qui devant son écran, éteint
Regarde son reflet, le mien.

Il appuie sur le bouton qui s’éclaire d’un léger vert.
Il déroule sa page d’accueil.
Sentiments, ressentiments, informations et mobilisations,
défile sur cette page ornée,
d’un bleu claire ou bien foncée.

Je publie, il a la bouche bâillonné.
Surpris, je rafraîchie.
Sur la toile je lis:
Censure, liberté d’expression et droit de l’Homme.
J’entend une voix, on m’appelle, échap et je descend

Qui suis-je?
Non pas pour moi mais pour les autres
Un individu de plus ou une force de vie?

Guillaume Deloison.

L’art comme l’âme d’une société


L’art comme l’âme d’une société

A mon sens l’art ne se résume pas par certaines pratiques ou activités. Ce n’est pas cette somme de règles de syntaxes ou la façon de réaliser un tracé, au contraire. L’art est pour moi beaucoup plus brut et se passe de bienséance, de règles ou de beau. L’art est à mon sens l’incarnation de l’âme d’une société. L’incarnation de ce qui touche l’homme, de ce qui le fait réfléchir, qui le fait s’arrêter, et peut importe que ce soit beau, semblable ou contraire à tous ce qui à était fait auparavant car cette manifestation touche et incarne des pensées. Qu’à ton faire de la forme quand c’est le fond qui compte, qu’a ton faire du critère de « beau » quand il ne demande qu’à être trouvé dans chaque œuvre.

c’est parce que chaque oeuvre est ancrée dans une société qu’elle en est son âme, sa matière sensible

      Il me semble que le travail de l’artiste est d’être créateur avant tout, ou plutôt géniteur. Car l’artiste d’une société pouvant appréhender toutes les spécificités de son lieu de vie, après un effort de maïeutique donnera au monde une représentation, une incarnation de sentiments, d’émotions. C’est cela à mon sens un effort artistique. C’est nourrir le monde d’émotions communes et fortes pour un grand nombre

C’est en ce sens que pour moi l’art est représentative de l’ame d’une société, par le caractère commun et leur somme qui forment comme une entité propre et sensible, touchant l’ensemble d’une société. Et c’est par ce qu’elle est ce qui touche une société qu’elle est comme son âme, sa matière sensible.

Guillaume Deloison.

La raison, Marque personnelle de son appartenance à l’humanité


La raison, Marque personnelle de son appartenance à l’humanité

                Les débats, les disputes ont toujours mis au jour un phénomène qui m’intrigue. Cette façon qu’a chaque individu d’exposer ses idées et d’user de raison comme si ses derniers dires devaient écraser tout ce qui s’était dit auparavant. Mais le plus amusant ce n’est pas ca, car jusque là rien de bien étonnant, c’est plutôt la réaction de l’interlocuteur qui toujours s’amuse et répond de la même façon pour finalement intervertir les rôles. Je trouve ca réellement intéressant de voir combien chacun semble justifier ses dires par la raison. Une raison qui finalement est bien personnelle car elle ne fait pas écho chez l’autre en face. Et pourtant même si les arguments de chacun semblent dépourvus de raison pour l’autre, ils s’accordent à attribuer une importance capitale à user de raison.

La raison est cette empreinte faite par la culture.

                L’homme est à mon sens, un animal de raison car il est tout comme cette dernière issu de la nature, d’une logique mécanique et naturelle mais est aussi culture. La raison pourrait alors pour moi se résumer dans l’équation suivante : Raison=Logique+Culture car il est clair que la raison ne fait pas preuve partout aux mêmes endroits dans chaque culture, cette dernière a donc un rôle. Une fois la logique influencée, elle ne peut rester pure logique, elle est donc à mon sens raison. Pour certains, c’est par raison que l’on arrive à l’évidence de l’existence de Dieu, tandis que d’autres appellent encore à la raison pour prouver son inexistence

                La raison est donc alors comme une marque, et non un outil, de la culture sur la nature. Non un outil car la raison n’est pas à la disposition de tous, elle est constitutive même de chaque être qui en use instinctivement et comme chaque culture est différente, chaque éducation est différente alors chaque marque est personnelle. C’est donc pour ça qu’à mon sens elle est la marque personnelle que chaque homme a son appartenance à l’humanité. La raison est donc à la fois personnelle et communautaire à l’image des sujets qui l’opposent.

Guillaume Deloison.

Notes sur la Notion de Quartier


Comment des dénominations par fonction ont pu être données à des groupes d’individus pour former des quartiers? Comment des artistes ont pu se regrouper naturellement pour donner « le quartier des artistes » comme Saint Germain des Prés. Naitre et vivre à saint germain permettrait des acquis qui pousseraient à devenir artistes ?

Auparavant les quartiers étaient nommés différemment dans les villes, l’on disait que ce quartier était « le quartier des artistes » ou encore, « le quartier  des marchands de beauté ». Maintenant ils sont nommés différemment, et cela témoigne d’un changement de la société, de son organisation et de la vision de ses membres sur eux-mêmes.  Maintenant on parle de quartier défavorisé, aisé ou encore de quartier latin, chinois. Alors qu’avant la dénomination relevait de la fonction, ces derniers témoignent maintenant d’une plus grande importance de l’origine sociale.

Le bonheur, tributaire de la société.


Le bonheur, tributaire de la société.

Le bonheur, concept compliqué et riche en définition. Parfois l’assouvissement de tout les désirs et d’autres fois la réalisation de tout ce qui est « bien ». Dans chacune de ses définitions pourtant revient un élément qui est lui aussi omniprésent dans chacune de nos existences. La société. En effet, c’est elle qui détermine ce qui est « bien » ou « mal » pour chaque membre dont elle est constituée. Et c’est elle aussi qui fait d’une chose un objet désirable et plus ou moins nécessaire. Le bonheur est il donc une création de la société ou nous permet elle d’accéder à ce bonheur bien réel mais définit par elle-même ?

comme un tracée vers le bonheur, les immeubles créent des lignes horizontales qui guide le regard vers ce ciel pure.

Cette réflexion semble donc s’opposer totalement à une pensée sartrienne qui placerait  la société comme un enfer : « l’enfer c’est les autres ». Mais supposons donc un individu absent d’une quelconque société. L’idée même de « bien » et de « mal » n’aurait aucun impact sur lui, il serait simplement sujet à ses pulsions animales et ses besoins naturels, physiologiques. Se contenterait-il de vivre alors ? Ne pourrait-il pas être heureux ?  L’état de cet homme ne pourrait être rapproché de l’animal car ce dernier est très souvent en société et les exceptions qui échapperaient à cette généralité pourrait alors se rapprocher de notre exemple et pourrait alors même le confirmer dans une certaine mesure car ces êtres solitaires semblent bien étrangers au bonheur. Mais si j’écris ne serais-ce pas car la société à laquelle j’appartiens érige le bonheur comme le « bien » qui doit être la quête dans la vie de chacun. « Just be happy ».En somme la société qui détermine le « bien » et le « mal » crée le bonheur, mais aussi donc le malheur. La société fait donc plus que créer le bonheur, elle apporte UNE sensibilité, dans le sens ou un homme non socialisé obtiendrait sûrement une sensibilité propre de par son expérience de la vie, ce qui lui aurait apporté de la douleur physique définit alors comme « mauvais ». Une société semble  alors plus apporter une sensibilité par l’expérience de ces membres passés et par son influence sur ces membres présents que le bonheur en lui-même. UNE société définit Un bonheur en quelque sorte mais ne crée pas le bonheur, le concept en lui-même. C’est finalement plus l’expérience de la vie qui crée le concept, la relation avec la société n’est donc pas si éloignée et l’interrogation est donc légitime et affirmer que la société crée le bonheur n’est pas absolument faux, l’expérience de la vie individuelle n’étant pas permise par la difficulté pour l’homme à vivre en bête de proie et sa nécessité d’ériger des sociétés pour vivre.

La société ne crée donc pas à proprement parlé le bonheur mais en définissant le « bien » et le « mal » et créant un système de valeur elle cristallise Un bonheur qu’il est souhaitable d’atteindre dans une société donnée. De cette manière elle permet à ses membres d’identifier le bonheur et de le rendre accessible, visible. Elle offre donc un ensemble de valeurs et de normes qui intériorisées mènent au bonheur, de la même façon que la religion offre un système de valeurs à respecter. Mais dans un contexte de crise de valeurs, de rencontre des sociétés, comment intérioriser un système plutôt qu’un autre qui affirme que le mien est mauvais et vice-versa ? C’est alors qu’il faut faire preuve de réflexion pour se créer son propre système avec ses propres valeurs, mosaïque des cultures ou, quand on n’a pas les pièces suffisantes pour réellement créer quelque chose, bêtement, simplement intérioriser les valeurs de sa société mais c’est alors que la haine prendra forme, incapable de tolérer un système alternatif qui remet en cause notre chemin vers notre bonheur.

La société, qui se compose par nécessité humaine (Comme Nietzsche a pu l’expliquer dans « le gai savoir ») créer donc le bonheur par l’appréciation de la vie qu’elle donne à ses membres en apportant une sensibilité par sa définition du « bien et du mal ». Par la suite, c’est l’intériorisation, remise en cause par la pluralité des sociétés qui se rencontrent, de certaines valeurs qui permettent d’identifier son propre bonheur et de le rendre accessible.

Guillaume Deloison.