PHILOSOPHER – FREUD


Vous savez…« L’homme énergique et qui réussit, c’est celui qui parvient à transformer en réalités les fantaisies du désir. »Freud.

Sigmund Freud est né le 6 mai 1856 à Freiberg (Autriche) et meurt le 23 septembre 1939 à Londres. Il est le fondateur de la psychanalyse.

La psychanalyse — dont l’idée a évolué depuis ses débuts, en 1896, aux derniers exposés de la plume de Freud, et ses continuateurs —est une conception globale de la psyché touchant à la vision même de l’humain. Son œuvre eu une très large influence jusqu’à nos jours.

J’ai toujours apprécié la psychologie, comprendre la psyché est un projet passionnant. Mais la psychanalyse m’a toujours laissé insatisfait. Et je sais maintenant pourquoi. Ses interprétations interchangeable, son individualisme méthodologique, et l’absence de référence aux processus concret que la psychanalyse n’entend cerner qu’avec des symboles, c’est cela qui ne m’a jamais satisfait et que je veux dépasser.

FREUD

Les travaux de Freud concerne principalement son concept « d’inconscient » considéré comme la « thèse inaugurale de la psychanalyse ». Depuis longtemps, il avait été remarqué que certains phénomènes échappent à la conscience. Le philosophe Leibniz considérait qu’il existe un arrière-plan à la conscience, il parlait de « petites perceptions ». Mais l’inconscient Freudien est spécifique et se présente plus comme un système indépendant de la conscience.

Freud désigne d’abord le fait qu’une représentation, qu’un élément psychique quelconque, soit présent à la conscience seulement de manière intermittente et sans en dépendre. Freud veut cerner les processus propres des représentations inconscientes, dont l’exemple le plus révélateur selon lui est le phénomène d’hystérie. L’ensemble de ces processus constitue pour lui un système

Dans ce système il distingue 3 instances, le « ça » d’où vient les « pulsions » que le « Surmoi » va gérer, nier, refouler ; laisser accéder ou non au « moi », à la conscience au sens large. Cette sélection des pulsions par le surmoi est selon Freud socialement déterminé alors que, comme nous allons le voir, les pulsions, elles, sont plus comme une énergie naturelle qu’il catégorise par le concept de Libido (« le désir » en latin).

Ces pulsions sont susceptibles de maintes transformations et adaptations selon la personnalité et l’environnement, mais elles prennent leur source dans une excitation corporelle et, en cela, elles sont proches de l’instinct. Le refoulement de la libido est le plus souvent à l’origine des troubles psychiques selon Freud alors que sa sublimation explique les productions culturelles, intellectuelles et artistiques de l’humanité.

Selon Freud, l’« interprétation des rêves est la voie royale qui mène à la connaissance de l’inconscient ». Les rêves sont en effet, dans le modèle psychanalytique, des représentations de désirs. Freud réalisa donc plusieurs observation et thérapies pour catégoriser ces pulsions et leurs logiques.

Pulsion de vie, pulsion de mort, pulsion sexuel… Les premières théories de l’instinct sexuel, qui deviendra l’attirance sexuelle, postule qu’un tel instinct est « normalement » orientée, pour les hommes, envers les femmes, et pour les femmes envers les hommes. La théorie de l’inversion, introduite par Havelock Ellis et qui inspirera les travaux de Freud, postule que cette orientation de l’instinct sexuel s’inverse chez certaines personnes, les fameux « invertis », ce qui explique qu’ils finissent par s’adonner à la sodomie entre hommes. Puis il finira par conclure que l’homosexualité est un choix d’objet inconscient.

Finissons avec un concept déterminant dans la pensée de Freud, le complexe d’œdipe

Dans l’ouvrage Totem et Tabou, Freud s’attache à étudier l’universalité, du complexe d’œdipe. Celui-ci est défini comme le désir inconscient d’entretenir un rapport sexuel avec le parent du sexe opposé (c’est l’inceste) et celui d’éliminer le parent rival du même sexe (le parricide). Ainsi, le fait qu’un garçon tombe amoureux de sa mère et désire tuer son père répond à l’impératif du complexe d’Œdipe. C’est pour Freud propre à l’inconscient humain.

Il théorisera aussi le complexe d’Electre pour les femmes. Cependant selon Freud, la fille, privée de pénis, ne peut entrer ouvertement en conflit avec le père. Aussi chez elle la castration n’est-elle pas ressentie comme la peur de perdre son pénis, mais comme la frustration de ne pas en avoir…

Avant de faire la critique de Freud, résumons sa pensée :

Freud entend définir une source universelle des comportements, les pulsions humaines, tout en mettant en avant leur prise en main, leur gestion par la société.

Pour faire la critique de sa pensée, commençant par étudier le contexte matériel dans lequel elle apparaît.

Au 19éme siècle le mode de production capitaliste a remplacé le mode de production féodale. L’exploitation ne se justifie plus par un ordre divin, religieux, mais par les nécessité même de la production de marchandise. l’autorité de l’église et le contrôle social du prêtre s’affaiblissent.

Émancipant du pouvoir religieux, les sciences de la nature démontrent leur maîtrise de cette nature dans les usines, et la science commence à se projeter comme appréhendant l’humain lui-même. La science est accepté même par le pouvoir qui profite des avancées techniques qu’elle permet

Pour instituer la corvéabilité d’une masse suffisante d’individu, il a fallu toute une organisation social allant de la criminalisation des vagabond à la relégation social des femmes dans le foyer par différent moyens, menaces, motivation, sanction, misère, répression etc. Les hommes à la production, les femmes à la reproduction. Division sexuelle. Dans le capitalisme l’assignation social des femmes à la reproduction apparaît comme naturelle, mécaniquement nécessaire, comme allant de soi, comme une ressource social, même pas comme un travail et donc ne produisant même pas de valeur.

Le développement du capitalisme a arraché de nombreux individus de leur terre et a produit une masse d’ouvrier employé dans les usines. Alors que le féodalisme n’intervenait que très peu dans le processus même de production, les usines doivent être géré, le contrôle y est beaucoup plus développé et déterminant. Il faut gérer les masses au quotidien, appréhender les individus et leur psyché pour qu’il continue de produire et de se reproduire.

Le symbolisme se développe dans la littérature française, belge et russe en réaction aux explications rationnelle du monde. Pour les symbolistes, le monde ne saurait se limiter à une apparence concrète réductible à la connaissance rationnelle. Sons, couleurs, visions participent d’une même intuition qui fait du Poète une sorte de mage. Par la force des symboles ils veulent évoquer une réalité supérieure.

CRITIQUE DE FREUD

Après Spinoza définissant un pur « conatus » indistinct, un effort abstrait à persévérer dan son être en général, idée exprimant les exigences productives émergentes de l’époque(17éme siècle), la psychanalyse, d’abord freudienne, isole une énergie psychologique abstraite qu’il s’agit de gérer formellement. L’idée même de sexualité, c’est-à-dire de l’inclinaison de l’individu à certains comportements sexuels type, apparaît alors.

La dissociation entre le féminin et le masculin, en tant que comportement type, en tant que genre, sont posé par la psychanalyse comme d’origine naturel. L’apparence des genre peut évoluer, changer, il n’en reste pas moins que cette dissociation est affirmé comme naturel et universel. Le patriarcat, le pouvoir du père s’affirme comme naturelle, après s’être affirmé comme divin. L’attirance sexuelle, est présenté comme naturellement orientée, pour les hommes, envers les femmes, et pour les femmes envers les hommes. L’ensemble des comportements sexuelles est appréhendé selon ces forme de comportements, féminin/masculin. Les individus sont assigné à une forme de comportement sexuel type, niant alors leurs désirs concrets et leur diversité, leurs fluidités. Dans cette pensée, l’homosexualité est même vu comme « régressive » ou « narcissique », non « adulte », car incapable de se confronter à quelque « altérité », à « l’autre », permettant une sexualité que l’on voudrait « productive ». Certain iront jusqu’à parler de « stérilité menaçante ». L’ordre patriarcal et sa violence est donc ici naturaliser. Comme si cela suffisait à la justifier.

La souffrance féminine, ou « féminisée », produit d’un système social patriarcal fondé sur la domination, engage, si l’on veut effectivement l’abolir, un refus, une révolte, une émancipation stricte et autonome des personnes concernées, mais la psychanalyse en fait une pathologie à isoler, responsabilisant insidieusement la « patiente », devant travailler alors d’abord « sur elle-même » pour sortir de ses « refoulements ». Les personnes assignées à la « féminité », se révoltent légitimement, mais dangereusement, au sein d’un foyer patriarcal, qui les gère et les encadrent. Les symptômes, les souffrances et la détresse que produit le patriarcat sont présenté comme pulsionnel, comme problème pour cette ordre gestionnaire qui s’affirme comme naturel, comme allant de soi, universellement nécessaire

Des psychanalystes comme Adler, puis Jung, s’opposent à une conception de la libido comme essentiellement d’origine sexuelle, ils la voient plutôt comme une « pulsion de vie » au sens large, comme une énergie abstraite.

Cette formalisation des désirs même si elle se veut plus large, ne reste pas moins une façon de gérer les comportements par leurs catégorisation. La diversité des désirs et des comportements sont toujours réduit à des fonctions économique affirmé comme naturel. Les pulsion sont toujours présenté comme énergie abstraite, plutôt que comme production social dans un mode de production capitaliste.

Prêtres et psychanalystes sont assez peu différents, même si le psychanalyste n’a plus besoin de commandements divin pour assigner ou culpabiliser, mais se contente d’analyser de façon naturaliste, catégorielle, formel, les personnes dont il doit neutraliser les désirs d’émancipation. Le cadre de réflexion n’est plus « théocratique », mais davantage social ou « économique ». Mais cela la psychanalyse le nie, la logique économique se presente comme naturel. La psychanalyse ancre la logique marchande dans la psyché humaine. La valeur et son mouvement d’accumulation capitaliste est présenté comme essence psychologique et individuelle, comme pulsionnelle.

Freud développe donc une pensée censé encadrer la production, censé gérer séparément, individuellement, les individus et leurs psyché qui se révolte contre l’ordre marchand et patriarcal, contre l’exploitation des hommes et plus particulièrement des femmes. Mais cette pensée gestionnaire n’est pas le fait d’une volonté explicite de domination, elle est le fait du développement capitaliste, et de la nécessité d’accroître le contrôle de la production dans les usines et les foyers. La catégorisation des individus, leur réduction à une forme de comportement type, à leur simple fonction dans la production et la reproduction mutile les individus dans leurs qualités spécifiques. Ce contrôle des individus, aujourd’hui, c’est automatisé, mécanisé, ou encore informatisé. Les psychanalystes pense sincèrement aider leurs patient quand il ne font que gérer les crises que produit l’exploitation. La psychanalyse est d’ailleurs très apprécié des managers qui y trouve des moyens de gérer leurs employés

Le symbolisme de l’inconscient freudien empêche de plus toute analyse matérielle des conditions d’existence, tout n’est plus qu’affaire de symbole qui aurait une charge pulsionnelle en soi, des pures idées qui mettrait en mouvement les corps. Aucune expérimentation scientifique n’est envisagé, la psychanalyse se limite à l’observation de prétendu pulsion. Cette approche théorique profondément idéaliste est tendanciellement réactionnaire, n’attaquant jamais le mode d’exploitation, mais plutôt l’exploité. Quelque « soin » ou quelque « analyse » individuelle, sont structurellement incapable de s’attaquer directement aux conditions de vie capitalistes et patriarcal, constructions sociales et collectives qui produisent quotidiennement souffrance et détresse.

CONCLUSION

Même si beaucoup l’on reprit dans une perspective révolutionnaire, à travers le freudo-marxisme notamment, sa pensée comporte de profond écueils. Sa naturalisation des genres, et la gestion formel des individus, malgré leur intention louable, ne font qu’accompagner le développement du contrôle social de la production et de la reproduction. L’approche abstraite, formel, des désirs ne reflète que l’abstraction du travail en général, ne reflète que le statut de simple fonction des humains dans les rouages de la production. L’humain répète séparément, dans, et à l’extérieur des usines, les mêmes comportements déterminé qui apparaissent comme universelles.

Des notions issu de la théologie, de la religion, se transforme en notions naturel, fonctionnel. Le formalisme qui en découle, à travers la catégorisation des pulsions ne fait qu’accompagner le développement historique du mode d’exploitation. Malgré l’intérêt poétique ou symbolique que peuvent avoir sa pensée, elle n’offre aucune perspective d’émancipation de l’organisation social qui détruit aujourd’hui le vivant.

Ce n’est pas pas un nouveau formalisme qui nous permettra de sortir de l’exploitation capitaliste. Notre organisation doit être diversifié et ne pas s’enfermer dans une forme abstraite. l’état juqu’a ses formes les plus démocratique doit être abolie, pour libérer les individus et leurs désirs concrets, divers, de toute ordre mutilant. Déployons une rationalité concrète, pratique, qui brise les abstractions qui nous dominent. La diversité se forge dans l’expérimentation du commun

Guillaume Deloison

Source :

Freud et NietzscheFrançois Requet:
https://journals.openedition.org/philosophique/125

Homo 03. Naissance d’une « question sexuelle »:
https://ddt21.noblogs.org/?page_id=888

Les faux souvenirs :
https://www.scienceshumaines.com/les-faux-souvenirs_fr_11029.html

Freud, biologiste de l’esprit :
https://www.scienceshumaines.com/freud-biologiste-de-l-esprit_fr_10898.html

La philosophie derrière la pseudoscience:
https://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article695

Psychanalyse : une science ? – Jacques Van Rillaer:
https://www.youtube.com/watch?v=ytEwgpnDL8w

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