PHILOSOPHER 13# | La modernité – Science et humanisme


PHILOSOPHER 13# | La modernité – Science et humanisme

Dans cette épisode on aborde la philosophie moderne à travers 2 grands auteurs: Descartes et Spinoza. Qu’est ce que l' »individu », qu’est-ce que la raison, ou encore quel relation entre le déterminisme et la volonté, la pensée de l’homme. Plein de questions qui détermine de grands axes de pensée contemporain

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PHILOSOPHER 13

LA MODERNITÉ: DESCARTES VS SPINOZA

Salut, bienvenue dans philosopher, on va parler d’un grand renouveau, dans l’art, les sciences de noble chose. On va parler de la modernité.

L’époque moderne commence par la renaissance, en 1450 et continue toujours aujourd’hui (excepté en France mais c’est un détail un peu compliqué que je trouve pas pertinent, cf wikipédia). La renaissance se caractérise par plusieurs ruptures avec le moyen âge. Les œuvres ne s’inspirent plus du Moyen Âge mais de l’art gréco-romain. La période est marqué par une volonté de revenir à l’expérience. Quitter les théories et les textes chrétiens pour questionner directement la nature par l’expérience. C’est un grand retour aux sources, à l’expérience direct donc et aux textes antiques, qui sont depuis passé par l’orient et qui, comme nous l’avons vu, s’interroge sur la nature. De nouvelle approche du monde se développe, et niveau technique, outil, levier, presse d’imprimerie, toussa ça, ils maitrisent de mieux en mieux.

Mais ce n’est pas qu’une rupture, il y a aussi beaucoup de continuité avec le moyen âge.Par exemple les cloches des monastères ont contribué à rendre possible et à préparer le développement de la science et de la technique. En rythmant la vie de toute la société, les cloches ont permit un niveau d’organisation beaucoup plus précis qu’avant, chose qui sera absolument nécessaire plus tard pour la production industrielle et la société moderne que nous connaissons.

Autre continuité intéressante dans la vision de l’univers : Dieu est une sphère dont le centre serait partout et la circonférence nul-part – Nicolas de cuse. Ces réflexions de Nicolas de cuse, issu pourtant de la religion, vont contribuer au développement d’une nouvelle vision de l’univers, celle d’un espace infini. Alors qu’avant l’univers se limitait à ce que nous connaissions, à cette époque qui augure la modernité, le monde devient infini, les hiérarchies éclatent. La révolution copernicienne, ou c’est le soleil et non plus la terre le centre, est un autre exemple de ce qui bouscule les croyances sur lesquels se fondée l’autorité féodale.

Nous arrivons alors aux premiers modernes qui vont nous permettre de comprendre la pensée moderne. Pour cela nous allons nous attarder sur Descartes et Spinoza.

Descrates

René Descartes, est né en 1596 à La Haye-en-Touraine, aujourd’hui Descartes (Indre-et-Loire) Il meurt en 1650 à Stockholm. C’est un mathématicien, physicien et philosophe français. Il a étudié dans un collège jésuite, c’est un ordre religieux catholique, et vécu de nombreuses années de sa vie cachée, notamment en hollande.

Il est considéré comme l’un des fondateurs de la philosophie moderne. Il est célèbre notamment pour le cogito « Je doute, donc je pense, donc je suis ». Le cogito, je pense à cogiter pour m’en souvenir perso[ marque la naissance de la subjectivité. En physique, il est considéré comme l’un des fondateurs de la pensée mécaniste et en mathématiques, il est à l’origine de la géométrie analytique.

Spinoza

Baruch Spinoza, né en 1632 à Amsterdam et meurt dans la misère en 1677.Il fut à tort couramment compris comme un auteur athée et irréligieux alors que sa réflexion porte sur dieu identifié comme la nature au sens large. Ses conceptions théologiques qui relèvent du panthéisme seront très mal reçu par les autorités religieuses juives et chrétiennes.

Gilles Deleuze le surnommait le « Prince des philosophes », Nietzsche le qualifiait de « précurseur », et D’après Hegel, « Spinoza est un point crucial dans la philosophie moderne. L’alternative est : Spinoza ou pas de philosophie. » Rien que ça.

Ces 2 auteurs ont eu un impact très différent sur la philosophie. Cela va nous permettre de comprendre les forces et limites de la pensée moderne

DESCARTES

Il approuvait le projet de Galilée de rendre compte de la nature en langage mathématique, car oui ce n’est pas forcément évident. Imaginer le monde en mathématique ça implique déjà beaucoup de choses. C’était pas le cas en Grèce antique par exemple. Il commença donc par élaborer une méthode, aspirant à étendre la certitude mathématique à l’ensemble du savoir, et espérant ainsi fonder une science universelle. Il affirme ainsi que « l’univers dans son ensemble (mis à part l’esprit qui est d’une autre nature que le corps) est susceptible d’une interprétation mathématique. » Adaptation de descartes. Tous les phénomènes doivent pouvoir s’expliquer par des raisons mathématiques, c’est-à-dire par des figures et des mouvements conformément à des « lois ».

Il y a cependant pour Descartes une grande différence entre l’âme et le corps : le corps est une chose étendue (res extensa) une substance passive, déterminé, alors que l’âme est une chose qui pense (res cogitans) une substance active. On y voit très bien l’opposition Déterminisme/volonté. La méthode s’emploi donc à cerner ce déterminisme des corps, à comprendre la chaine des causes conséquences. Pour illustrer, il imagina une fois, contemplant une fissure, que l’on aurait pu prévoir et saisir les mouvements déterminé qui l’avait créé, dans un langage mathématique. Pour aller plus loin, il concevait les animaux comme des machines, qui ne suivait que leurs instinct déterminé, incapable de volonté, au contraire de l’homme.

«On peut trouver une pratique, par laquelle, connoissant la force de tous les corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connoissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature. »

Mais il sentira la nécessité d’un fondement métaphysique pour la connaissance. C’est le rôle qu’aura le cogito, la chose pensante.

Pour s’assurer de la solidité de nos connaissances, il nous faut trouver, une bonne fois pour toutes, un fondement inébranlable à partir duquel nous pourrions déduire tout le reste. Nous pouvons douter de tout, il nous faut donc quelque chose de solide auquel se rattraper.

Le doute cartésien est dit « hyperbolique ». Il ne repose pas sur la mise en question de l’objet lui-même, de son existence, mais sur le sujet. Par les imperfections de ces perceptions, on peut toujours douter du sujet, de celui qui pense. Même les mathématiques, aussi évidentes soient-elles pour notre entendement, pourraient bien n’être que le résultat d’une tromperie dont nous sommes les victimes. Pourquoi pas ?

Mais il reste, dans ce néant universel quelque chose dont nous ne saurions jamais douter : nous savons que nous doutons, et s’il y a un doute, c’est qu’il y a nécessairement quelqu’un qui est là pour douter : cogito, ergo sum, « je pense donc je suis »

Mais il lui faut plus que de s’enfermer dans la subjectivité pour déduire un fondement inébranlable à la connaissance. L’idée de l’infini va lui permettre d’en sortir. La notion de l’infini ne peut venir d’un être imparfait, un être pensant qui doute et qui désire. Cette idée ne nous vient pas de l’expérience nous ne pouvons faire l’expérience de l’infini. Mais cette idée à bien une raison, un fondement, forcément extérieur.

Et alors Dieu existe, l’idée que j’ai de l’infini selon Descartes, est la marque qu’il a laissée sur son ouvrage ; c’est la marque du créateur dans sa créature. Notre conscience, le cogito, ce fil de pensée ininterrompue qui dit « je » est donc de l’ordre du divin. Le fondement est donc extérieur, c’est une vision transcendante du sujet, ou la vérité vient de l’extérieur, de dieu.

Pour récapituler avant Spinoza, on a donc Déterminisme et Transcendance

SPINOZA

Contrairement à Descartes qui s’inspiré des mathématiques, Spinoza s’inspire de la Géométrie. Toutes sa pensée prend la forme d’un traité théorique, avec ses axiomes, ses définitions et démonstrations.

Pour Spinoza dieu est la nature. Dieu, la nature, l’univers tout ça c’est la même chose. C’est une substance infinie composée d’attributs infiniment nombreux, dont la pensée et la réalité physique feraient partie. Cette substance infini se compose à la fois du corps et de l’esprit, sans aucune différence entre ces aspects. On y retrouve ici les catégories de Descartes, mais ici elles ne sont pas dissociée l’une de l’autre, elles sont issu de la même substance infini. Mais pour Spinoza, Dieu ne règne pas sur l’univers, mais est lui-même le système déterministe dont tout dans la nature est une partie. La nature c’est dieu dans sa complexité, vous êtes donc vous-même un déploiement de la substance infini, comme une pierre ou un arbre, et tout aussi déterminé. Pour vous représenter tout ça J’aime bien utiliser l’image des fractales. Tout en étant déterminée, les fractales laissent émerger une infini complexité. Les lois de se déploiement sont intérieur à la fractal même, elles ne viennent pas du dehors. C’est ce qu’on appel l’immanence, qui s’oppose justement à la pensée transcendante de la chrétienté et même de Descartes, ou dieu gouverne le monde et exerce sa volonté de l’extérieur.

La pensée de Spinoza bouleverse donc profondément les conceptions modernes notamment par rapport au libre arbitre, qui oppose la volonté et le déterminisme. L’éthique spinoziste consiste justement au contraire à concilier déterminisme et liberté. « Les hommes se croient libres parce qu’ils sont conscients de leurs désirs mais ignorants des causes qui les déterminent ».

Pour lui toute chose s’efforce de « persévérer dans son être » (concept qu’il nomme conatus) de la même manière que la pierre persévère dans son mouvement, ou l’être vivant dans la vie. Le conatus c’est la gravité du vivant genre, la nécessité qui nous maintient en vie. Il s’agit alors de prendre connaissance de cette nécessité, de ce déterminisme afin de mieux s’employer à la réaliser. La liberté consiste ainsi dans la compréhension des causes de l’action. De la formation des émotions comme positive ou négative, par rapport au conatus, à sa vie propre tout simplement, jusqu’à leurs émergence et leur compréhension dans la conscience. C’est le déterminisme digéré par le corps et dont l’esprit ne serait que le produit. C’est la substance infinie qui par le déterminisme prend vie. Pour Spinoza, l’existence, n’est pas un jugement, une comparaison avec le divin, mais une expérimentation du divin lui même.

reprise de l’illustre précédente avec fond ligne invert, ouverture des yeux de l’homme. Dans son système, c’est alors par le déterminisme que nous sommes libres, car ce déterminisme ouvre à la multiplicité. La liberté, c’est le déterminisme qui se réalise dans sa complexité.

Petit recap’ avant de les comparer et de tenter une petite synthèse

Déterminisme et Immanence (multiplicité-complexité)

Comment faire une certaine synthèse de ces deux auteurs ? Qu’est ce qui les opposent ou les réunis ? Descartes fonde la connaissance sur une cause extérieur, c’est dieu qui dicte les lois, c’est une vision transcendante ou le tout se trouve scinder en deux substance, l’une active et l’autre passive. Cette substance passive s’explique par un fonctionnement déterministe, cause-conséquences. Alors que Spinoza n’oppose pas ces deux substances, elles sont unes, et infini, toutes deux déterminées. C’est une vision immanente, la cause est intérieur, les lois émerges de la substance elle-même.

Il s’oppose donc sur l’axe transcendance/immanence. Mais ils s’accordent, du moins en partie sur le déterminisme. Concept qui fait justement écho à l’influence qu’on eux les grecs antiques et le « retour à l’expérience ». Mais cela n’ai pas suffisant pour cerner la pensée de l’époque, et comprendre l’importance qu’aura l’opposition de ces deux auteurs pour la période moderne.

Attardons nous donc sur la force de la modernité

Il nous faut re-contextualiser quelques éléments historiques pour mieux comprendre cette période qui bien sur n’est pas la pure production des idées elles mêmes, mais bien la production d’éléments matériels qui ont façonnés la pensée de l’époque.

Il est fréquent de dire que durant la Renaissance, on s’intéressa de nouveau à l’Antiquité, ce qui accompagna le mouvement intellectuel de l’« humanisme ». En fait, l’Antiquité était loin d’être inconnue au Moyen Âge. Les textes qui ont été sauvés de l’Antiquité l’ont été par les copistes médiévaux mais cette culture était réservée à une élite composée essentiellement de clercs, dans les monastères, et dans les écoles scolastiques.

On sortit progressivement de cette situation de monopole après 1453, L’invention de l’imprimerie permit brusquement d’ouvrir l’accès à la connaissance à un public beaucoup plus large, tout en ouvrant les textes, et donc la légitimation de l’autorité, à la critique

La pratique individuelle de la lecture renforce chez chacun la conscience de sa propre intériorité. En permettant à tout individu de se procurer un exemplaire de la Bible et de la lire par lui-même sans une interprétation officielle venant de l’Église, l’imprimerie encourage la pratique du libre examen et donc l’exercice de la raison. Cette activité individuelle, tout comme la science, fonde alors son autorité sur la raison qui permet au lecteur de dépasser son individualité dans un universalisme. La raison, commune à chaque individu, nous relie tous. Où encore, l’humain, par la raison participe de l’humanité. Projet cher à Descartes.

Les progrès techniques et la science vont considérablement changer la vision du monde. On passe d’un univers clos, avec la terre au centre, à un univers infini. D’autant plus qu’avec ces progrès, la navigation est grandement facilitée, les limites concrètes du monde sont bouleversées par les possibilités qu’impliquent ces progrès de la navigation. Cela va permettre une phase de colonisation qui n’était pas possible auparavant, ba ouai pour exercer un pouvoir encore faut il pouvoir communiquer, échanger etc.

Depuis l’époque de Christophe Colomb, dans la bouche et l’esprit des colonisateurs européens, la colonisation s’est prévalue d’une volonté d’extension humaniste, d’abord du christianisme, puis d’une volonté civilisatrice. Cette conception, tout en se réclamant de généreux sentiments, a méconnu la culture des colonisés et les droits de l’homme dans ces pays

Et avant de conclure cette parenthèse historique, définissons un concept qui deviendra fondamental, un concept qui structure notre vision de monde, l’humanisme : Les humanistes développent une morale universelle fondée sur la condition humaine.

D’un point de vue général, l’humanisme est une morale reconnaissant à l’homme la valeur suprême. Sa philosophie propre défend l’idée d’un progrès de la civilisation vers une forme idéale de l’humanité, où l’homme serait à la fois libre, grâce au progrès technique, à l’égard des contingences de la nature et libre à l’égard des autres hommes grâce à une constitution mondiale. Quelle que soit la variante philosophique de l’humanisme, elles ont toutes en commun d’accorder à l’homme une dignité absolue, qui ne saurait être dépassée.

Réexaminons maintenant la pensée de nos deux philosophes dans l’ensemble auquel ils appartiennent

La force de Descartes

Descartes à profondément marqué l’histoire des idées, notamment la science qu’il fonda dans un paradigme de simplification. Comment Descartes a-t-il formulé ce paradigme de simplification? En disjoignant le sujet pensant (l’ego cogitans) et la chose étendue (res extensa) puis en avançant comme principe de vérité les « idées claires et distinctes », Disjonction du réel(séparation de ce qui est lié) puis réduction(unification de ce qui est divers), c’est le processus simplifiant. C’est à dire en posant les fondements de la pensée disjonctive elle-même. Cela donne une certaine indépendance aux idées, et à la raison qui est alors considéré comme source première des connaissances

Tout cela est autant du fait de Descartes que de ces continuateurs. Cette indépendance des idées et de la raison contribua à développer une vision du monde linéaire, une suite éternelle avec un début et une fin supérieur, pensée qui concorda avec celle de progrès technique très en vogue en cette période. L’humanité du alors se lire comme en progrès vers l’unification. C’est la constitution d’un certain mythe du progrès.

Remarquons toutefois que le fondement du raisonnement de Descartes est le déterminisme. On peut donc se demander avec Pascal si Descartes avait réellement besoin de Dieu, et de cette raison totalisante pour fonder la science. Spinoza n’en eu pas besoin.

D’ailleurs Au XVIIIe siècle, La Mettrie étend le concept d’animal-machine de Descartes à l’homme, mais se faisant, il s’oppose au dualisme de Descartes. Et inversement, À la même époque, l’Église catholique qui jusque là se méfiait de son rationalisme, manque de grands philosophes pour soutenir sa cause et elle fait appel aux écrits de Descartes pour donner un fondement métaphysique à la religion. On comprend donc l’évolution, et la réappropriation de ces idées par la société. Ce qui explique sa postérité.

Le dualisme cartésien, qui divise la réalité en deux substances fondamentalement différentes, la pensée et la matière, a donc profondément marqué toute la philosophie jusqu’à nos jours. C’est cette distinction qui permet de conférer à l’homme cette importance suprême, hérité de dieu. [Cette approche de l’homme cultive de plus les idées de libre arbitre et de volonté indépendante que lui confère la raison totalisante, Il me semble qu’on peut même définir cette pensée comme le fondement métaphysique de la propriété privée, qui extrait l’individu du collectif, pour lui permettre de s’élever, de posséder le collectif. Cet individualisme légitime le fait de posséder la terre, les rues, la cité. Cette approche empêche de se penser comme un être déterminé, dans un collectif donné, et alors de comprendre ces déterminismes.

Vous comprenez donc le problème qu’implique cette approche qui sera la source d’un mysticisme volontariste sur la motivation, la responsabilité, et une sacralisation de l’humanité et de son devenir. En somme il incarne très bien la pensée moderne et ce qu’elle recouvre, l’humanisme, le capitalisme industriel, et plus largement les questionnements sur l’individu et le progrès.

La force de Spinoza

Les écrits de Spinoza sont reçus très différemment. [Le dualisme cartésien de la matière et de l’esprit est rejeté. L’univers ne forme qu’une seule substance dont la pensée est une des manifestations. Cette radicalité implique un rejet du compromis avec les autorités religieuses, intellectuelles, politiques ou sociales.

« Le grand secret du régime monarchique et son intérêt majeur est de tromper les hommes et de couvrir du nom de religion la crainte qui doit les maîtriser » Spinoza

La pensée de Spinoza a été une des « traditions » auxquelles les intellectuels des Lumières se sont confrontés. Spinoza est en effet un « épouvantail » des Lumières contre lesquels tout le monde crache, mais que tout le monde utilise. Ainsi au XVIIIe siècle « Spinoza » et « spinozistes » sont souvent des caractérisations vagues et relève souvent de l’insulte et non de l’analyse. [clashes d’insulte synchro labiale « spinoziste »

Ces écrit sont donc très mal reçu, ce n’est que plus tard, et toujours dans une perspective radicale que sera repris Spinoza, notamment aujourd’hui.

Le renouveau des études sur Spinoza a été souvent marqué par sa lecture croisée avec Karl Marx et l’insistance sur son « matérialisme ». Le caractère immanent de sa philosophie et sa pensée du social permettent de remettre en question les postulats de l’individualisme méthodologique de Descartes et la vision étatique, centralisé, du progrès qui y est liée. De plus, la référence, dans « le Traité politique », à l’organisation de la multitude libre unie par des affects communs, offre de nouvelles bases pour penser l’organisation politique.

Et plus récemment, Antonio Damasio, neurologue a écrit « Spinoza avait raison »en s’inspirant de l’approche des émotions de Spinoza.

« Le sentiment est la perception du corps réel modifié par l’émotion ». Notre corps réagit à des stimulations de façon mécanique, et le sentiment est la perception de ce changement dans notre corps. C’est donc au sommet seulement de processus empilés qu’apparaissent les sentiments.Du fait que ceux-ci sont conscients, leur importance a été surestimée, tandis que les mécanismes leur donnant naissance, restant inconscients, ont été ignorés ou peu étudiés.

Cette pensée nous invite donc à retourner le cogito, ce n’est plus « je pense donc j’existe » mais au contraire « J’existe donc je pense. »

Synthèse et dépassement

Donc Descartes est très bien accueilli, son universalisme justifié par un individualisme, le tout enveloppé d’un progressisme marquera profondément l’époque moderne. Sa vision influencera donc l’humanisme vers un espèce d’homme total, un fantôme de l’humanité, ou la raison est essentialisé. Je pense alors pouvoir dire que l’habituelle rupture que représente sa pensée, est aussi largement à replacer dans une continuité avec le moyen-age[PHILOSOPHER 12# Le médieval] Notamment à travers les concepts d’individu et de raison.

Contrairement donc à Spinoza qui tout en exerçant une influence certaine sur cette période, sera mal reçu pendant longtemps. Sa pensée beaucoup plus radicale, remettant en question la place première de la raison, au profit des émotions humaines et de l’importance de la nature. C’est toute une autre tradition de l’humanisme qui en découle. Mais cette pensée, dans un contexte de maitrise de la nature, de développement industriel, de gestions des masses laborieuses, était en opposition. C’est d’ailleurs à mon sens ce qui fait tout sa valeur aujourd’hui, face aux défis écologique de notre temps.

La Force de cette période, l’époque moderne, est donc cet humanisme pluriel, oscillant entre cette approche presque sacrée de l’homme, et cette approche plus radicale. Il est d’ailleurs difficile de les dissocier l’une de l’autre, car en s’opposant, elles s’influencent l’une l’autre même si il me semble clair que la vision de Descartes a exercer une domination certaine.

Réhabiliter un humanisme radical au sens de Spinoza me semble difficile, et pourtant nécessaire. Le plus aisée reste alors de dépasser cet humanisme, et de l’enrichir de l’aventure de ces derniers siècles, et l’approche écologique me semble tout à fait approprier à notre temps. Elle peut bousculer dans leurs fondements l’état, par rapport à l’horizon que nous donne cette approche universaliste de la raison selon Descartes, et le capitalisme, dans la légitimité que l’individualisme donne à la propriété privée, considéré comme essentiel

Il nous faut donc accepter le déterminisme dans sa complexité, pour nous permettre de faire émerger notre liberté collective, une liberté en accord avec les nécessités locales et diverses qui font la force du vivant.

Guillaume Deloison.

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